Dernière mise à jour le 27/09/2026
LAAZY : de Reims à BIG L, le parcours d’un artiste qui refuse les cases
NEW KG • EST-CE QUE TU ME CONNAIS ? Portrait • LAAZY LAAZY : construire sa voie sans jamais entrer dans une seule case Rap, R&B, chant, expérimentation, scène, entrepreneuriat culturel : depuis Reims, LAAZY construit un parcours qui refuse les frontières trop simples. De SoundCloud à SIO 2, de BIG L à MUCHLUV, il raconte à NEW KG comment sa vie est progressivement devenue la matière première de son œuvre. Avant LAAZY Chez LAAZY, il n’y a jamais eu une seule musique. Il y en a eu plusieurs, très tôt : variété francophone, rumba congolaise, musiques centrafricaines, hip-hop, rock, métal, électro, indie ou encore house. Un mélange absorbé au fil d’une famille où chacun apportait ses propres références. 01 • Reims, la famille et les premiers textes Grandir dans un brassage musical permanent Son premier rapport à la musique passe par sa famille. Ses parents écoutent de la variété française et francophone, mais également de la rumba congolaise avec des noms comme Extra Musica, Papa Wemba ou Koffi Olomide, ainsi que des titres centrafricains. Dernier d’une fratrie, LAAZY se décrit comme « le bout de l’entonnoir » : celui qui reçoit les influences de tout le monde. Ses frères et sa sœur élargissent encore le spectre. Hip-hop, R&B, soul, pop, électro, métal, rock indépendant, folk ou musique expérimentale : à l’époque de MCM, MTV, des premiers MP3, d’Emule et de LimeWire, LAAZY absorbe tout. “ Ma source était déjà riche. L’écriture apparaît elle aussi très tôt. Il raconte sa vie sur Word dès l’enfance, écrit des poèmes au collège, expérimente ses premières confrontations rap dans la cour puis écrit son premier véritable texte au lycée. C’est à ce moment-là que LAAZY naît. [caption id="attachment_5193" align="aligncenter" width="611"] @drac.mp5[/caption] SoundCloud : apprendre sans être attendu Avant même de publier ses propres titres, LAAZY expérimente avec son frère Kuroi Payne. Guitare, refrains, harmonies et premiers enregistrements : sa voix finit par apparaître sur SoundCloud. Quelques années plus tard, il publie ses premiers morceaux seul. Puis arrive « Alien ». Sans préparation ni campagne, le morceau dépasse les 10 000 écoutes. Une première démonstration que sa musique peut voyager bien au-delà de son environnement immédiat. « J’ai compris que ma musique pouvait toucher le plus grand nombre même si j’étais dans une petite ville de province et que peu importe ce que je pouvais proposer, c’est l’authenticité de la proposition qui serait retenue. » SoundCloud devient un laboratoire : un espace pour publier, tester, recommencer et créer sans devoir répondre aux attentes d’une industrie. [caption id="attachment_5189" align="aligncenter" width="700"] @drac.mp5[/caption] 02 • Le déclic Carto Blaster : quand la passion devient un projet En 2017, le dispositif Carto Blaster, porté par La Cartonnerie à Reims, marque un tournant. Déjà repéré localement, LAAZY devient lauréat du dispositif. L’accompagnement lui permet de mieux comprendre le démarchage des médias, celui des salles, certains aspects techniques, mais aussi d’accéder à de nouvelles scènes. C’est surtout à ce moment qu’il prend conscience de son rapport au live. « J’ai compris que je voulais faire ça toute ma vie. » Dans le public, certaines personnes connaissent déjà ses paroles. D’autres les reprennent rapidement. Cette énergie va progressivement modifier sa manière de penser ses morceaux. Une part importante de sa musique est désormais également conçue avec la scène en tête. 03 • Construire LAAZY Le problème n’était pas de choisir entre rapper et chanter Aujourd’hui, mélanger chant et rap semble presque naturel. Lorsque LAAZY commence pourtant à développer son projet, cette polyvalence est moins facilement comprise. Ses influences sont trop nombreuses pour qu’il accepte de se limiter à une discipline. Il apprend à chanter tout en apprenant à rapper. Au début, cette liberté lui est régulièrement reprochée. Il affine alors son écriture, améliore sa technique, expérimente différentes directions et finit par trouver une forme où chant et rap peuvent réellement cohabiter. La vraie bascule « Satisfaire les autres avant moi dans mon art, ce n’est pas la direction que j’ai souhaité prendre. » Une discographie comme mémoire de vie Pour comprendre les changements de LAAZY, il faut regarder ses projets comme autant de photographies de périodes vécues. MADNESS — la dépression. Summer Is Over — la mélancolie d’une vie appréciée mais passée. RED MOON — le cri de l’ego et l’appel de la scène. BLUE LAGOON — le point de départ d’un éveil. BUBBLE — l’expérimentation. Days Before Starlight — le tunnel du flow. BUBBLE II — la purge, la mise à nu. Ses projets deviennent ainsi des mémoires musicales : des archives de périodes qui participent toutes à construire autant l’individu que l’artiste. [caption id="attachment_5190" align="aligncenter" width="647"] @drac.mp5[/caption] Écouter LAAZY Entrez dans sa discographie De ses premières expérimentations à SIO 2, découvrez les projets qui racontent les différentes étapes de son parcours. 04 • BIG L Celui qui ne perd jamais Avec Days Before Starlight, une nouvelle facette apparaît : BIG L. Pas simplement un personnage. Plutôt une version de lui-même capable d’exprimer plus frontalement ce que LAAZY retenait encore. BIG L est celui qui en a assez de ne pas être entendu, vu ou reconnu à sa juste valeur. C’est aussi celui qui refuse d’abandonner lorsque les résultats n’arrivent pas immédiatement. « Celui qui ne baisse pas les bras quand le résultat escompté n’arrive pas, qui considère que la répétition est la cousine de la réussite. » BIG L devient même son identité sur les réseaux : une manière de ne pas oublier qui il est et ce qu’il veut montrer au monde. Déconstruire pour continuer Son arrivée à Paris ouvre pourtant une période beaucoup plus complexe. Départ du foyer familial, construction d’une vie à deux, arbitrages financiers, projet musical et manque de connexions directes avec les grands médias : LAAZY doit repenser son rapport à la musique. Il fréquente des artistes, des événements et certains acteurs de l’industrie, tout en ayant parfois l’impression de ne pas appartenir totalement au « club ». « Ne pas faire de musique, c’est comme ne pas respirer. » 05 • Summer Is Over 2 De la douleur à la nostalgie En 2019, le premier Summer Is Over naît dans une période de rupture. LAAZY sort d’une longue relation, mais également d’une période dépressive. À 21 ans, il ressent davantage le besoin de dire que celui d’être compris. Lorsqu’il revient à cet univers avec SIO 2, la temporalité a changé. Il ne crée plus uniquement par nécessité. Il prend le temps de faire mûrir le projet, de concentrer ses intentions et d’aller à l’essentiel. « J’ai vécu pleinement des années qui ont filé comme un voyage et dont le souvenir subsiste dans la nostalgie et plus dans la douleur. » Le projet reste profondément lié à l’introspection, la spiritualité, la mémoire et la manière dont le temps transforme la douleur en souvenir. À voir Découvrez le dernier clip de LAAZY Une autre porte d’entrée dans son univers musical et visuel. Voir le clip sur YouTube 06 • Connexion avant collaboration Avec Mak Kitah, l’humain vient avant le featuring LAAZY fait peu de collaborations. Avec Mak Kitah, présent notamment sur « Carry On », la relation dépasse largement la musique. Il le décrit comme un frère, une source de joie, une inspiration et le premier artiste MUCHLUV. « Ce qui fait la vraie connexion artistique, c’est la connexion humaine au-delà de la musique elle-même. » Une collaboration prend davantage de sens lorsqu’elle repose sur des valeurs communes, de l’estime, une véritable connexion et l’envie de partager un moment. Écrire moins, mais avec davantage d’intention Son rapport à l’écriture évolue également. LAAZY confie écrire de moins en moins et développer une nouvelle manière de rapper plus intentionnellement. Il continue néanmoins de vouloir raconter, créer une atmosphère et provoquer une émotion. [caption id="attachment_5191" align="aligncenter" width="590"] @drac.mp5[/caption] 07 • Au-delà de l’artiste LAAZY n’est plus seulement un artiste : c’est un projet Comment faire cohabiter création, événements, organisation et développement culturel ? Sa réponse tient en trois verbes : s’organiser, s’entourer et déléguer. Organisateur depuis 2017, il a progressivement appris à identifier les compétences, les rôles et les personnes nécessaires autour de lui. « Celui qui dit qu’on se fait tout seul a menti. On a besoin les uns des autres. » LAAZY considère désormais son identité comme un projet complet, dont chaque facette doit avoir sa propre organisation en coulisses. 08 • Construire autrement Pour les indépendants, créer une vraie communauté Lorsqu’on lui demande ce qui manque encore aux artistes indépendants, LAAZY pointe d’abord la nécessité d’un esprit de communauté plus fort. Il appelle également à davantage d’acteurs réellement investis dans le développement des artistes, mais aussi à une meilleure compréhension des aspects administratifs et professionnels du métier. Pour lui, le terme « indépendant » recouvre aujourd’hui des réalités extrêmement différentes : artistes débutants, projets hors labels ou simplement personnes souhaitant construire leur carrière autrement. LAAZY défend également une meilleure transmission entre générations : partager davantage les informations, les codes, les expériences et les connaissances pour aider les artistes à construire des parcours plus durables. Dans cinq ans Un label, un festival… et la Centrafrique Lorsque LAAZY se projette dans cinq ans, ses ambitions dépassent sa seule carrière personnelle. Ouvrir son label. Développer son festival. Organiser des événements culturels et musicaux partout en France et à l’étranger. Et créer en Centrafrique un environnement permettant à davantage de talents de développer leurs projets. Conclusion Ne pas choisir entre les différentes versions de soi Pendant longtemps, la polyvalence de LAAZY a pu sembler difficile à classer. Avec le recul, c’est précisément cette impossibilité de choisir entre plusieurs influences, plusieurs façons de créer et plusieurs rôles qui raconte le mieux son parcours. Il y a l’enfant nourri de rumba congolaise, de variété, de rock et de hip-hop. Le lycéen qui écrit ses premiers textes. Le jeune artiste qui expérimente sur SoundCloud. Le performeur révélé par Carto Blaster. LAAZY. BIG L. L’organisateur. L’entrepreneur culturel. Derrière toutes ces versions, une même idée persiste : continuer d’avancer même lorsque la reconnaissance n’arrive pas immédiatement. [caption id="attachment_5192" align="aligncenter" width="611"] @drac.mp5[/caption] La vision de LAAZY « Rendre au berceau du monde ce qu’il nous a apporté. » NEW KG • Est-ce que tu me connais ? Derrière LAAZY, combien de versions d’un même artiste reste-t-il encore à découvrir ? Un parcours où chaque projet devient une archive de vie, chaque évolution une nouvelle possibilité et chaque détour une manière supplémentaire de construire sa propre voie. ◎ Suivre LAAZY Continuez l’histoire avec BIG L Musique, projets, scènes, coulisses et nouvelles créations : retrouvez LAAZY sur Instagram et suivez les prochaines étapes de son univers. Instagram • @biglneverlose Retrouvez NEW KG Culture • Musique • Découvertes Instagram NEW-KG.COM @newkgofficial
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