Musique du Ghana : du highlife aux scènes actuelles

NEW KG • FOCUS PAYS

Ghana.
Héritages & nouvelles voix.

Des orchestres de highlife aux voix contemporaines, une invitation à écouter les transmissions, les voyages et les collectifs qui composent les musiques du Ghana.

JEUDI 5 NOVEMBRE 2026 • PAR LA RÉDACTION NEW KG

Guitare électrique et trompette sur un textile rouge, jaune et vert, sous le titre « Ghana, héritages et nouvelles voix ».
Des guitares du highlife aux collectifs actuels, les musiques ghanéennes se transmettent et se transforment. Illustration éditoriale NEW KG.

Une guitare qui relance le mouvement, une voix qui appelle une réponse, un couplet rappé qui change la perspective : la musique du Ghana offre plusieurs entrées, et aucune ne peut contenir toutes les autres. Commencer par le highlife permet d’ouvrir une histoire de rencontres. Poursuivre vers le hiplife, le gospel et les créations actuelles révèle combien cette histoire reste mobile.

La musique et la danse highlife ont été inscrites en 2025 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Cette reconnaissance concerne une pratique vivante, liée à la narration et à la vie quotidienne : elle n’en fait pas une forme figée à conserver hors de son époque.

Avec vingt morceaux sur Spotify et des vidéos au fil de l’article, NEW KG propose un premier itinéraire. Il réunit des artistes historiques, des voix féminines, des collaborations et des collectifs, sans prétendre offrir un inventaire de toutes les régions, langues et traditions du pays.

1. Le highlife : une porte d’entrée dans les musiques du Ghana

Le highlife permet d’aborder le lien entre musique, danse et récit. La notice de l’UNESCO insiste sur son inscription dans la vie quotidienne. Pour notre écoute, cela invite à prêter attention à la façon dont le chant et les instruments entretiennent le mouvement, plutôt qu’à isoler une mélodie de son environnement.

Dans la playlist, E.T. Mensah, Ebo Taylor et Pat Thomas constituent trois premiers repères. Notre proposition est de comparer « All For You », « Love and Death » et « Gyae Su » : comment la voix s’installe-t-elle ? Qu’est-ce qui relance la danse ? Quels instruments retiennent votre attention au deuxième passage ? Il ne s’agit pas de chercher une version unique du highlife.

Le disque de Pat Thomas avec Kwashibu Area Band offre également un point d’écoute collectif. Le crédit du groupe est essentiel : la rencontre entre une voix et un ensemble fait partie de ce que l’on entend. Prenez le temps de suivre une ligne instrumentale avant de revenir au chant.

Repères : UNESCO — La musique et la danse highlife, inscription en 2025 · Strut Records — Pat Thomas & Kwashibu Area Band.

Pat Thomas & Kwashibu Area Band — « Gyae Su », vidéo publiée par le label Strut Records. Voir sur YouTube.

2. Des guitares aux studios de la diaspora : une musique qui voyage

Les musiques circulent avec les personnes, les disques et les lieux de travail. Le Goethe-Institut rappelle que le burger highlife s’est développé dans les années 1980, notamment dans les studios de Düsseldorf et de Berlin, par des collaborations entre musiciens ghanéens et ingénieurs du son allemands, au contact du disco et du funk.

George Darko et Daddy Lumba permettent d’ouvrir ce chapitre dans la playlist, aux côtés de Kojo Antwi et d’Amakye Dede pour prolonger le parcours. Écoutez la place des claviers, des guitares et du chant sans supposer que tous ces artistes, tous leurs morceaux ou toutes leurs périodes relèvent exactement du même style.

Osibisa offre un autre regard sur la circulation. Groupe formé à Londres réunissant des musiciens ghanéens et caribéens, il rappelle qu’un lien avec le Ghana peut coexister avec une histoire collective transnationale. « Sunshine Day » sert ici de passage vers un imaginaire de groupe, de scène et de danse : les voyages participent à la création.

Repères : Goethe-Institut — Who Is Highlife?, présentation du documentaire · BFI — Osibisa, archives de performance et présentation du groupe.

Osibisa — « Sunshine Day », audio officiel de l’album « Welcome Home », distribué sur YouTube par Castle Communications. Voir sur YouTube.

3. Hiplife et rap : raconter le présent avec d’autres outils

Le hiplife met en relation le highlife et le hip-hop. Le dossier de Music In Africa souligne notamment le rôle des langues ghanéennes dans cette rencontre. Reggie Rockstone constitue un repère majeur pour aborder son histoire ; la playlist le fait entendre avec « Agoo », avant « Pae Mu Ka » d’Obrafour avec CY Lover.

La présence d’un rappeur dans ce parcours ne signifie pas que tout son répertoire doive être rangé sous la même étiquette. Il est plus intéressant de suivre la manière dont une voix s’inscrit dans un rythme, alterne les formes ou dialogue avec une autre génération. Les noms de genres donnent des repères ; les morceaux permettent de les préciser.

« No Shortcut to Heaven », de M.anifest avec Obrafour, propose cette écoute à deux voix. Dans notre lecture, comparez les timbres, la place laissée aux phrases et le contraste entre les interventions. La collaboration devient une bonne entrée pour continuer ensuite séparément dans leurs discographies, plutôt que s’arrêter au seul morceau partagé.

Repères : Music In Africa — Hiplife in Ghana.

M.anifest feat. Obrafour — « No Shortcut to Heaven », vidéo officielle publiée sur la chaîne de M.anifest. Voir sur YouTube.

4. Voix féminines, pop et gospel : plusieurs espaces d’expression

Efya, Becca, Wiyaala, Wendy Shay, Gyakie et Amaarae avec MOLIY occupent plusieurs étapes de la sélection. Les réunir donne de la place à des voix et à des écritures différentes ; cela ne crée pas un genre unique. De « Best in Me » à « Forever », puis à « SAD GIRLZ LUV MONEY », prenez les changements d’ambiance comme une invitation à explorer des parcours distincts.

Avec « Forever », notre point d’écoute est la relation entre une mélodie qui reste en tête et l’espace laissé dans la production. Le clip constitue un prolongement visuel du morceau, sans remplacer ce que l’écoute seule peut vous faire découvrir. Évitez de réduire chaque nouvelle voix ghanéenne à une comparaison avec un artiste déjà connu ailleurs.

Le gospel a également sa place dans cet itinéraire. « Bo Noo Ni », de Joe Mettle avec Luigi Maclean, propose un autre contexte vocal et spirituel. Écoutez la progression de l’interprétation et les réponses de l’ensemble. Le rapprochement avec les titres précédents sert à montrer une pluralité d’expressions, sans effacer leurs cadres respectifs.

Gyakie — « Forever », clip officiel. Une porte d’entrée dans l’un des parcours vocaux de la sélection. Voir sur YouTube.
Joe Mettle feat. Luigi Maclean — « Bo Noo Ni », vidéo officielle. Un prolongement consacré à l’expression gospel. Voir sur YouTube.

5. Santrofi et SuperJazzClub : faire vivre l’héritage, ouvrir d’autres chemins

Un héritage musical peut rester un terrain de création. La présentation de l’album « Alewa » par Santrofi et son label décrit un groupe réuni autour du highlife et de ses possibilités. Dans notre parcours, le titre « Alewa » permet de revenir au jeu collectif après les morceaux plus centrés sur une voix individuelle.

SuperJazzClub ouvre une autre perspective. La radio indépendante Oroko présente cette formation d’Accra comme un collectif créatif réunissant musique, cinéma, photographie et design. Cette organisation rappelle qu’une scène se compose aussi de manières de travailler, d’images et de collaborations, au-delà d’une seule catégorie musicale.

La playlist se termine par « MAD ». Après l’avoir écouté, revenez au premier titre d’E.T. Mensah : le contraste ne raconte pas le remplacement d’une musique par une autre. Il fait entendre plusieurs options qui peuvent coexister dans notre regard sur le Ghana. Entre transmission et invention, une nouvelle génération choisit ses propres points d’appui.

Repères : Santrofi / Outhere Records — Alewa, présentation et crédits · Oroko Radio — Présentation de SuperJazzClub.

Santrofi — « Alewa », vidéo officielle. Le titre apparaît sur Spotify comme « Alewa (Black and White) » et sur YouTube comme « Alewa (Black or White) ». Voir sur YouTube.

LA BANDE-SON NEW KG

La playlist Focus Ghana NEW KG : héritages et nouvelles voix

Vingt morceaux pour commencer un voyage entre highlife, hiplife, gospel et créations contemporaines. L’ordre proposé fait dialoguer des répertoires et des générations. Gardez les titres qui vous touchent, puis poursuivez vers les albums et les collaborations des artistes découverts.

Ouvrir la playlist directement sur Spotify ↗

Retrouver les 20 titres de la sélection
  1. E.T. Mensah Of Ghana — All For You (Latest)
  2. Ebo Taylor — Love and Death
  3. Pat Thomas, Kwashibu Area Band — Gyae Su
  4. Osibisa — Sunshine Day
  5. George Darko — Akoo Te Brofo
  6. Daddy Lumba — Aben Wo Aha
  7. Kojo Antwi — Adiepena
  8. Amakye Dede — Iron Boy
  9. Reggie Rockstone — Agoo
  10. Obrafour, CY Lover — Pae Mu Ka
  11. M.anifest, Obrafour — No Shortcut to Heaven
  12. Efya — Best in Me
  13. Becca — Daa Ke Da (Bonus)
  14. Wiyaala — Woman
  15. Wendy Shay — Uber Driver
  16. Santrofi — Alewa (Black and White)
  17. Joe Mettle, LUIGI MACLEAN — Bo Noo Ni
  18. Gyakie — Forever
  19. Amaarae, MOLIY — SAD GIRLZ LUV MONEY
  20. SuperJazzClub — MAD

Ce premier itinéraire ne couvre pas toutes les langues, régions et traditions du Ghana. Il invite à élargir l’écoute, avec les noms et les crédits comme points de départ.

Continuer le voyage au-delà de cette sélection

  1. Écoutez le début et la fin de la playlist, puis comparez vos premières impressions.
  2. Choisissez un artiste historique, une voix féminine et un collectif.
  3. Explorez un album ou une autre collaboration de chacun.
  4. Gardez les intitulés et les crédits pour retrouver la version qui vous a plu.

La musique du Ghana gagne à être découverte comme un ensemble de trajectoires. Le highlife ouvre une porte, le rap en déplace une autre, les voix et les collectifs dessinent d’autres chemins. L’essentiel est de continuer à écouter les artistes pour ce qu’ils créent, avec leur histoire et leur singularité.

Quel artiste ou quel courant ghanéen souhaitez-vous découvrir davantage ? Partagez ce voyage musical avec une personne qui aime explorer de nouveaux répertoires.