Musique du Mexique : voix, mémoire et scènes vivantes

NEW KG · FOCUS PAYS

Édition du 29 octobre 2026

Couverture NEW KG Focus Pays Mexique : instrument à cordes, vinyle, fleurs orange et papier découpé autour du titre « Voix, mémoire & scènes vivantes ».
Écouter la transmission et les créations du Mexique. Illustration éditoriale NEW KG créée avec l’aide d’une IA.

Une voix peut porter un lieu, une histoire familiale ou une manière de raconter l’absence. À l’approche de Día de Muertos, NEW KG explore la musique du Mexique à travers ses transmissions et ses créations. Un voyage entre répertoires régionaux, grandes interprètes et scènes qui déplacent les habitudes d’écoute.

01 · ÉCOUTER LES LIEUX ET LES LIENS

Día de Muertos, mémoire et diversité des répertoires

La semaine Halloween de NEW KG croise un autre calendrier culturel. Au Mexique, les fêtes indigènes dédiées aux morts commémorent le retour temporaire des proches disparus auprès des vivants. L’UNESCO situe ces célébrations entre la fin d’octobre et le début de novembre ; elles figurent depuis 2008 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, après une proclamation en 2003. [1]

Día de Muertos possède ses contextes et ses significations propres. Les pratiques varient selon les communautés, les lieux et les familles. Ce Focus Pays choisit de s’en approcher par une question : comment les musiques transmettent-elles une mémoire tout en continuant à changer ? La playlist accompagne cette exploration culturelle ; les chansons proposées ne sont pas toutes des chants rituels.

Le son jarocho : une porte régionale

Dans le Veracruz, le son jarocho offre un premier repère. Les ressources du Smithsonian Folkways décrivent le rôle de la voix et d’instruments comme la jarana, le requinto et la harpe dans cette tradition. Elles rappellent également l’importance des échanges entre musiciens et des apprentissages au sein de la famille. [2] Prendre le temps de nommer les instruments et leur rôle permet déjà d’entendre la musique plus précisément.

Le mariachi constitue une autre famille de pratiques et de répertoires. Inscrit à l’UNESCO en 2011, il peut associer, dans ses formations modernes, violons, trompettes, vihuela et guitarrón. Son répertoire traverse plusieurs formes, dont les rancheras, les corridos et les sérénades. [3] Le mot « mexicain » rassemble donc une diversité qu’une seule sonorité ne peut résumer.

Pour entendre comment un morceau peut faire circuler références locales et énergie collective : Lila Downs — « La Cumbia del Mole », dans une captation officielle en public. Cette version est bien présentée comme un live. [4]

Lila Downs — La Cumbia del Mole (En Vivo) · Captation officielle · Lila en Bellas Artes · © 2022 Sony Music Entertainment México

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02 · TRANSMETTRE PAR L’INTERPRÉTATION

De Chavela Vargas à Natalia Lafourcade, la mémoire comme matière vivante

Dans une chanson, l’histoire tient aussi à la manière dont une personne entre dans les mots : la durée d’une note, un silence, une respiration. Chavela Vargas offre une porte majeure vers cette force de l’interprétation. Née au Costa Rica, elle a construit une place essentielle dans les répertoires mexicains. La Secretaría de Cultura rappelle ce parcours et son empreinte dans la culture ibéro-américaine. [5] Écouter sa voix invite à prêter attention à la présence d’une interprète autant qu’à la composition.

Le répertoire de La Llorona, que Chavela a notamment interprété, peut servir de premier jalon. Pour poursuivre cette découverte, comparez plusieurs interprétations sans chercher tout de suite une version définitive : observez ce qui change dans l’intensité, le tempo et la manière de laisser les phrases résonner.

Avec Natalia Lafourcade, la transmission prend aussi la forme d’un travail de composition et d’arrangement. Dans son entretien pour Song Exploder, l’artiste détaille la fabrication de Hasta la Raíz. L’émission explique que la chanson associe des éléments empruntés au huapango à une sensibilité pop et à l’usage d’un synthétiseur Juno. [6] Ce récit de fabrication donne une manière concrète d’écouter ensemble héritage et invention.

On peut alors revenir au morceau avec une attention nouvelle : suivre le mouvement rythmique, repérer les couches qui s’ajoutent, puis écouter la voix dans cet ensemble. Le lien à une tradition devient audible à travers des choix musicaux. Le clip officiel, réalisé par Alonso Ruizpalacios, prolonge cette porte d’entrée. [7]

Natalia Lafourcade — Hasta la Raíz · Clip officiel · Réalisation : Alonso Ruizpalacios · © 2015 Sony Music Entertainment México

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Les grandes voix gagnent à être abordées dans leur singularité. Lila Downs, Chavela Vargas et Natalia Lafourcade invitent à entendre des intentions, des timbres et des gestes distincts. Pour approfondir, choisissez un titre, puis écoutez l’album ou le contexte de répertoire autour de lui : la chanson devient le début d’un parcours.

03 · ENTENDRE LES DÉPLACEMENTS

Silvana Estrada, Son Rompe Pera : d’autres manières de faire circuler la musique

La découverte peut ensuite se poursuivre par une voix et une chanson, sans chercher à reconstituer immédiatement une carte entière. Avec Te Guardo, Silvana Estrada propose une écoute à laquelle on peut revenir en se concentrant sur le phrasé, l’intensité et les respirations. La vidéo ci-dessous provient de sa chaîne officielle. [8]

Silvana Estrada — Te Guardo · Vidéo officielle · Chaîne de Silvana Estrada

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Son Rompe Pera ouvre un autre espace. Le groupe se présente à travers la marimba, la cumbia et une énergie punk. Sa présentation pour Tiny Desk raconte la transmission familiale de la marimba aux frères Gama et leurs explorations autour de cet instrument. [9] Ici, l’héritage se prolonge dans une manière de jouer, d’assembler des influences et de mettre le collectif en mouvement.

Cette circulation fait partie de ce que NEW KG souhaite entendre dans un Focus Pays : des continuités, des transformations et des points de rencontre. La marimba, une guitare ou une voix peuvent prendre d’autres places selon le groupe et le projet. Une tradition reste aussi une pratique portée par des personnes qui choisissent comment la transmettre.

Trois chemins pour prolonger le voyage

  • Par un territoire : commencer par le son jarocho et ses ressources documentaires sur le Veracruz.
  • Par une interprète : suivre un titre de Chavela Vargas, Natalia Lafourcade ou Silvana Estrada vers un répertoire plus large.
  • Par un instrument : écouter la marimba chez Son Rompe Pera, puis observer comment son rôle évolue selon les ensembles.

Cette traversée reste une sélection : la musique du Mexique comprend bien d’autres langues, régions, générations et scènes. Elle donne envie de continuer à chercher, de lire les crédits, d’identifier les interprètes et de revenir aux œuvres. La mémoire peut s’y entendre comme quelque chose que l’on reçoit, puis que l’on remet en circulation.

LA PLAYLIST NEW KG

Mexique — Voix & mémoire | NEW KG

La playlist « Mexique — Voix & mémoire » prolonge ce Focus Pays. Elle accompagne une découverte musicale entre transmission et création ; elle ne prétend pas représenter à elle seule les traditions de Día de Muertos ni l’ensemble des musiques du pays.

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Quelle voix, quel instrument ou quelle région du Mexique souhaitez-vous explorer ensuite ? Partagez votre découverte et gardez ce dossier comme point de départ.

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Darkwave et gothic rock : la nuit a plusieurs voix

NEW KG · RADAR GENRES

Édition du 27 octobre 2026

Couverture NEW KG Radar Genres : synthétiseur, guitare et vinyle devant une arche gothique violette, avec le titre « Darkwave & Gothic Rock ».
Guitares, machines et atmosphères nocturnes : plusieurs chemins d’écoute. Illustration éditoriale NEW KG créée avec l’aide d’une IA.

Une basse qui avance seule, une guitare qui semble rester en suspens, une voix au milieu de la réverbération : la nuit peut s’entendre de plusieurs façons. Pour Halloween Week, Radar Genres ouvre les portes de la darkwave et du gothic rock, à travers leurs sons, leurs passages communs et quelques repères pour commencer.

01 · DES REPÈRES POUR ÉCOUTER

Dans le sillage du post-punk, des musiques qui travaillent l’atmosphère

À la charnière des années 1970 et 1980, les prolongements du punk ouvrent de nombreuses possibilités : transformer le rôle de la basse, expérimenter avec les machines, laisser davantage d’espace au silence ou à la répétition. Le gothic rock et les courants réunis sous le terme darkwave prennent place dans ce paysage, avec des histoires qui se croisent.

Le coffret No Songs Tomorrow: Darkwave, Ethereal Rock and Coldwave 1981–1990, publié par Cherry Red, rassemble des artistes du Royaume-Uni, d’Europe et des États-Unis. Sa sélection fait voisiner The Cure, Clan of Xymox, Cocteau Twins, Malaria! ou encore Kas Product. Cette diversité donne un bon point de départ : le vocabulaire recouvre des pratiques électroniques, des textures atmosphériques et des formes héritées du rock. [1]

The Cure : suivre la basse, puis l’espace autour d’elle

A Forest figure sur Seventeen Seconds, paru le 22 avril 1980, comme le confirme la discographie officielle de The Cure. [2] Pour une première écoute, laissez la basse servir de fil conducteur. Puis portez votre attention sur la place laissée aux guitares et à la voix. Ce déplacement de l’attention aide à percevoir comment une atmosphère se construit à partir de motifs relativement économes.

Bauhaus, Siouxsie and the Banshees ou The Sisters of Mercy constituent d’autres portes d’entrée vers des sensibilités gothiques. Leur voisinage dans une sélection n’implique pas une identité sonore. Le caractère théâtral d’une voix, la tension d’une guitare ou la manière de faire avancer un rythme peuvent orienter l’écoute dans des directions très différentes.

Premier repère : The Cure — « A Forest », vidéo référencée sur le site officiel du groupe. [3]

The Cure — A Forest · Vidéo de référence · Répertoriée sur thecure.com

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02 · GUITARES, MACHINES ET PASSERELLES

Darkwave et gothic rock : des différences utiles, des frontières poreuses

Pour se repérer, on peut écouter la place respective de la formation rock et de la programmation électronique. Les guitares, la basse et la batterie occupent souvent un rôle structurant dans le gothic rock. Le mot darkwave sert fréquemment à décrire des propositions où synthétiseurs, séquences et rythmiques électroniques contribuent fortement à une atmosphère sombre ou mélancolique. Cette distinction reste un outil d’écoute : les instruments et les sensibilités circulent entre les deux.

Repère Point d’attention Entrée proposée
Versant gothic rock / post-punk Jeu de basse, guitare, tension de l’ensemble et présence vocale The Cure — A Forest
Versant darkwave Synthétiseurs, séquences, pulsation et profondeur de l’espace sonore Clan of Xymox — A Day
Zone de rencontre Dialogue entre guitare mélodique et programmation électronique Twin Tribes — Shadows

Clan of Xymox, l’album éponyme publié par 4AD en 1985, contient notamment A Day. Le catalogue du label et la discographie du groupe permettent de situer ce jalon. [4] Il invite à entendre ensemble la pulsation, les couches de synthétiseurs et une présence vocale qui prend place à l’intérieur de l’ensemble.

Le terme coldwave apparaît également dans ce voisinage. Selon les scènes et les usages, il accompagne des esthétiques plus dépouillées, tendues ou minimales. Les catégories se chevauchent et varient selon les périodes. Pour commencer, une question simple reste féconde : quel élément vous fait revenir au morceau ? La mélodie, la cadence, une texture, la voix ?

Twin Tribes permet d’entendre cette circulation dans une proposition contemporaine. Le groupe se présente depuis Brownsville, au Texas, et son premier album Shadows est daté du 31 janvier 2018 sur sa page officielle Bandcamp. [5] Le titre donne son nom au clip ci-dessous. Suivez la façon dont la mélodie et la pulsation maintiennent le mouvement.

Twin Tribes — Shadows · Clip officiel · Réalisation et montage : John Giorgio

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03 · LAISSER LA NUIT CIRCULER

Des héritages vivants, des voix et des sensations différentes

Ces musiques offrent plusieurs manières d’habiter une émotion. Certaines écoutes invitent à danser ; d’autres font sentir davantage la distance, la tension ou le flottement. Une voix peut être retenue, théâtrale, incisive ou fragile. Réduire cet ensemble à un registre vocal ou à un vestiaire ferait perdre une grande part de ce qui le rend intéressant.

Pour prolonger les premiers repères, la sélection préparée pour ce Radar fait dialoguer des noms historiques et des propositions plus récentes : Siouxsie and the Banshees, Cocteau Twins, Lebanon Hanover, She Past Away, Boy Harsher, Kælan Mikla, Hante. ou Minuit Machine. Nous les abordons comme des points de découverte. Un titre peut éclairer un aspect d’un univers sans suffire à classer toute une discographie.

Le morceau Don’t Run From The Fire de Minuit Machine donne une autre place au corps et à la pulsation. Sa vidéo officielle crédite la musique à Hélène de Thoury, la ligne vocale à Amandine Stioui, ainsi que la réalisation et le montage à Hélène de Thoury. La description annonce l’EP du même nom chez Synth Religion en octobre 2020. [6] C’est une entrée pertinente pour écouter le dialogue entre une voix et une construction électronique.

Minuit Machine — Don’t Run From The Fire · Clip officiel · Réalisation et montage : Hélène de Thoury

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Un parcours d’écoute en trois passages

Commencez par un titre dont la mélodie vous retient. À la deuxième écoute, isolez mentalement la basse ou la rythmique. À la troisième, revenez à la voix et à l’espace qui l’entoure. Comparez ensuite deux morceaux éloignés dans le temps. Cette petite expérience aide à entendre les liens et les écarts plus précisément qu’une étiquette seule.

Halloween offre une occasion d’ouvrir cette porte. Les artistes, les disques et les lieux de diffusion qui nourrissent ces univers invitent ensuite à poursuivre la découverte toute l’année. Pour aller plus loin, explorez les albums autour des titres retenus et les catalogues des labels cités : la seconde écoute révèle souvent un autre chemin.

LA PLAYLIST NEW KG

Darkwave & Gothic Rock — La nuit a plusieurs voix | NEW KG

La playlist NEW KG rassemble les repères de cette traversée nocturne. Écoutez-la comme un parcours entre des sensibilités proches : guitares, voix, machines et textures y offrent différentes manières d’entrer dans le sujet.

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Quel morceau vous donne envie d’explorer un album entier ? Partagez votre porte d’entrée et transmettez ce guide à une personne curieuse de ces scènes.

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Tiemoko : la longévité comme conviction, Summer Watts comme lumière

 

NEW KG • EST-CE QUE TU ME CONNAIS ? • ÉPISODE 06
Portrait • Tiemoko

Tiemoko : durer sans se perdre

Il fait du rap depuis suffisamment longtemps pour avoir vu les modes,
les codes et l’industrie se transformer. Pourtant, Tiemoko continue
d’avancer avec la même conviction : protéger la passion, le plaisir
de créer et cette envie de prendre le micro tant qu’elle restera intacte.
Entre « Longévité » et « Summer Watts », il se confie à NEW KG.

L’homme des gens

Si Tiemoko devait se présenter sans parler de son métier,
de son âge ou de son parcours, il commencerait par son prénom.
Parce que Tiemoko n’est pas un nom de scène.
C’est son vrai prénom, et sa signification dit déjà quelque chose
de celui qu’il veut être : « l’homme des gens ».

01 • Le temps comme révélateur

Quand arrêter devient la preuve qu’il faut continuer

Il existe parfois un moment où une passion doit répondre
à une question beaucoup plus concrète :
à quoi sert-elle si elle ne permet pas d’en vivre ?

Pour Tiemoko, cette confrontation arrive dans sa vie de couple.
Sa compagne de l’époque lui fait comprendre qu’il devrait peut-être
arrêter la musique puisqu’elle ne lui apporte pas de salaire.

Et paradoxalement, c’est précisément là qu’il comprend
qu’elle ne quittera pas sa vie.

“

Je l’ai compris quand on m’a fait comprendre
qu’il fallait que j’arrête parce que ça ne rapportait pas un salaire.

Continuer malgré ce constat n’a donc rien d’un automatisme.
C’est déjà un choix.

Et probablement la première définition de cette
longévité qui deviendra progressivement
l’un des mots-clés de son parcours.

Positif dès les premiers textes

Lorsqu’il relit mentalement ses premiers textes,
Tiemoko retient deux choses qui lui ressemblent encore aujourd’hui :
une écriture positive et l’absence de grossièreté.

Plusieurs années, plusieurs projets et plusieurs époques plus tard,
cette volonté de chercher de la lumière,
même lorsqu’il parle des difficultés,
reste présente dans sa musique.

@e2c.photo

02 • Plusieurs époques du rap

Quand la musique change, toute la chaîne change avec elle

Tiemoko a traversé suffisamment d’années de rap
pour observer la transformation de la musique,
des artistes et de l’industrie simultanément.

Il voit notamment les États-Unis continuer à impulser
une partie des flows, des tendances,
des compositions et des nouveaux sous-genres
qui viennent ensuite influencer les autres scènes.

Mais son regard devient beaucoup plus critique
lorsqu’il parle de l’industrie.

Pour lui, la logique du profit ne coïncide pas toujours
avec l’intérêt des artistes. Les contrats,
les codes de visibilité et la nécessité de rentrer dans certaines cases
peuvent progressivement modifier la relation que l’on entretient
avec sa propre création.

Dans ce contexte, durer devient donc autant une question musicale
qu’une capacité à ne pas perdre de vue les raisons
pour lesquelles on a commencé.

03 • Longévité

Durer ne veut pas dire rester immobile

Chez Tiemoko, la longévité n’est pas une posture construite
après coup.

Elle existe d’abord parce qu’il est toujours là.

Mais rester ne signifie pas rester identique.

« C’est très facile de se perdre en chemin,
surtout quand le chemin est long.
[…] Nous sommes comme les saisons et le temps,
avec des histoires qui nous font évoluer. »

La fidélité à soi-même n’exclut donc pas la transformation.
Elle impose plutôt de savoir distinguer
ce qui peut évoluer de ce qui mérite d’être protégé.

@e2c.photo

Un tournant

Sunday School : une autre architecture musicale

Parmi les moments qui ont véritablement déplacé quelque chose
dans son rapport à la musique,
Tiemoko cite Sunday School.

L’événement se déroule au Trabendo,
anciennement Hot Brass,
et est présenté par Sydney.
Après audition, des artistes peuvent être sélectionnés
pour interpréter un morceau accompagné par des musiciens professionnels.

Tiemoko est retenu.

Sur place, il rencontre le groupe Soulkadelic.
Cette connexion lui ouvre les portes d’univers
qu’il approfondira ensuite à travers des artistes
comme J Dilla, Slum Village ou Common.

« Ça a été une révélation pour mon architecture musicale. »

04 • Sortir de sa zone de confort

Continuer implique parfois de réapprendre

Avec les années,
certaines habitudes artistiques peuvent devenir rassurantes.

Mais pour Tiemoko,
continuer à avancer nécessite parfois
de se faire violence et de changer son workflow.

Il cite un exemple très concret :
l’enregistrement.

Longtemps, mettre lui-même le nez
dans les logiciels de recording lui mettait la pression.
Il a récemment décidé d’investir dans du matériel
afin de pouvoir désormais s’enregistrer par ses propres moyens.

Un geste apparemment technique,
mais qui résume bien sa manière de penser la longévité :
ne jamais considérer que sa méthode est définitive.

@e2c.photo

Ce qu’il faut protéger

La passion avant les chiffres

« Je protège surtout la passion,
l’amour de la pratique
et le plaisir de créer. »

Cette protection est devenue d’autant plus importante
que la musique se mesure aujourd’hui en abonnés,
en écoutes et en performances visibles.Tiemoko observe qu’une personne qui apprend
qu’un artiste fait de la musique
demande parfois immédiatement
s’il en vit,
combien il a d’abonnés
ou quels chiffres affiche son Spotify,
avant même de s’intéresser aux morceaux.

Ne pas se protéger de cette logique peut,
selon lui, conduire à l’aigreur et au dégoût
simplement parce que « ça ne pète pas ».

Sa réponse consiste donc à revenir à l’origine :
aimer pratiquer,
aimer écrire,
aimer créer
même lorsque la récompense extérieure tarde à arriver.

Écouter Tiemoko

Entrez dans la Tiemosphère

Retrouvez « Longévité », « Summer Watts »
et les différentes étapes du parcours musical de Tiemoko.

05 • Écrire ce qui traverse

La production donne souvent le premier mouvement

Lorsqu’il écrit aujourd’hui,
Tiemoko part très souvent de la production.

C’est elle qui déclenche le rythme,
la première impulsion
et la direction du texte.

Mais l’inspiration peut aussi venir
d’une discussion,
d’un film,
d’une citation
ou simplement d’un bon moment partagé
avec sa famille ou ses amis.

Avec les années,
la fonction de l’écriture a également changé.

Avant, il ne percevait pas nécessairement
l’écriture comme un exutoire.
Aujourd’hui, elle le devient de plus en plus.

Se livrer n’est pas naturel pour lui.
Pourtant, il ressent désormais davantage
le besoin de le faire,
et surtout le sentiment d’être enfin prêt.

06 • Mali

Parler de ses origines : l’évidence la plus difficile

Il existe pourtant un sujet
que Tiemoko n’a pas encore réussi
à déployer totalement dans sa musique :
le Mali.

Ses origines l’accompagnent,
apparaissent progressivement
dans sa manière de s’habiller
et commencent aussi à entrer dans ses chansons.

Mais raconter pleinement ce rapport
à son pays d’origine reste plus complexe
que l’évidence du sujet pourrait le laisser penser.

« C’est tellement évident,
mais pas aussi facile que ça.
C’est un épisode à suivre. »

Une première porte existe déjà avec
« La Graille De La Mama »,
où la nourriture devient un moyen
de parler de transmission,
de famille
et de double culture.

07 • Summer Watts

Mettre davantage de lumière après une période difficile

Sur Summer Watts,
quelque chose paraît plus lumineux.

Tiemoko ne dit pourtant pas
avoir construit cette énergie autour d’un concept rigide.

Le projet naît dans l’énergie du moment,
porté par les productions sélectionnées
et par des titres qui se sont parfois imposés tardivement.

« Si on écoute mes albums,
il y a souvent de la lumière et de la good vibe.
Mais sur Summer Watts, il y en a plus. »

Tiemoko avance lui-même une hypothèse :
cette lumière pourrait être une manière
de contrebalancer la période difficile
qu’il a traversée au début de 2026.

La bonne énergie n’est donc pas nécessairement
l’absence de difficultés.

Elle peut aussi devenir
une réponse à celles-ci.

@e2c.photo

Une vie en morceaux

Les différentes versions de Tiemoko

Lorsqu’on lui demande quels titres permettent
de comprendre les différentes versions de son parcours,
Tiemoko ne choisit pas un seul morceau.

Mokostyle
Fragments De Vie
Boulanger
J’rap Remix
Poing en L’r
Slow Down
Longévité
Tiemo Summer Chill

08 • Deux projets, une même trajectoire

« Longévité » regarde le chemin. « Summer Watts » continue d’avancer.

Les deux projets peuvent presque être lus
comme deux faces complémentaires du même artiste.

Longévité porte le poids du temps,
de la résistance,
de la transformation
et de tout ce qu’il faut préserver
lorsqu’on pratique son art sur la durée.

Summer Watts,
lui, remet davantage de soleil,
de mouvement,
de sourire
et de plaisir dans le cadre.

L’un dit : « je suis encore là ».
L’autre répond : « et j’ai encore envie de kiffer. »

À la nouvelle génération

« Pourquoi tu fais de la musique ? »

Si un jeune artiste lui demandait aujourd’hui
comment construire une carrière capable de durer,
Tiemoko commencerait par une question,
pas par une stratégie.

« Pourquoi tu fais de la musique ? »

Puis il lui conseillerait de s’accrocher à cette réponse.
Parce que pratiquer son art doit,
selon lui, relever d’une conviction
suffisamment sincère et profonde
pour que le temps ne puisse pas la briser.

Conclusion

La longévité n’est pas le nombre d’années. C’est ce qui reste intact.

Le parcours de Tiemoko ne raconte pas simplement
un artiste qui fait du rap depuis longtemps.

Il raconte quelqu’un qui a dû répondre plusieurs fois
à la même question :
est-ce que ça vaut encore la peine de continuer ?

Quand l’argent n’était pas au rendez-vous.
Quand les règles de l’industrie changeaient.
Quand il fallait sortir de sa zone de confort.
Quand les réseaux réduisaient parfois la valeur d’un artiste
à quelques chiffres.
Quand la vie elle-même imposait d’autres priorités.

Pourtant, la réponse est restée.

La passion.
La pratique.
Le micro.
L’écriture.
Le plaisir.
La scène.
Et cette envie de continuer à apprendre.

Peut-être est-ce finalement cela,
la véritable définition de la longévité :
accepter de changer sans laisser disparaître
la raison profonde pour laquelle on a commencé.

@e2c.photo
Le dernier mot

« Pratiquer son art doit être une conviction sincère et profonde
que le temps ne peut briser. »

NEW KG • Est-ce que tu me connais ?

Après toutes ces années… est-ce qu’on connaît vraiment Tiemoko ?

Derrière la longévité apparaît surtout un artiste
qui continue de se transformer,
de chercher,
d’apprendre
et de protéger l’essentiel :
le plaisir de faire de la musique.

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Culture • Musique • Rencontres

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Musiques de Géorgie : polyphonies, instruments et nouvelles scènes

NEW KG · FOCUS PAYS

Géorgie.

Des voix plurielles aux scènes actuelles.

Par NEW KG  ·  Édition du 22 octobre 2026

Une voix commence, une autre prend sa place à côté d’elle. Bientôt, l’écoute suit plusieurs lignes à la fois. La musique géorgienne offre cette expérience, puis bien d’autres : le grain d’une corde pincée, l’élan d’un groupe, une improvisation vocale ou une pulsation électronique.

Pour ce Focus Pays, NEW KG traverse des traditions et des scènes plutôt que de chercher un son qui résumerait toute la Géorgie. Entre régions, langues, générations et parcours artistiques, les différences comptent autant que les rencontres.

De Rustavi à Tamada, de Trio Mandili à Bedford Falls, voici cinq portes d’entrée, des vidéos identifiées et une playlist de vingt titres pour poursuivre le voyage.

01 /

Les polyphonies géorgiennes : plusieurs voix, plusieurs traditions

La polyphonie désigne la présence de plusieurs lignes vocales qui se déploient ensemble. Dans les traditions géorgiennes, elle prend des formes différentes selon les régions et les répertoires. Le chant polyphonique géorgien a été proclamé chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel en 2001, puis inscrit sur la Liste représentative de l’UNESCO en 2008. Ces deux dates correspondent à deux étapes distinctes de reconnaissance. [1]

Le Centre international de recherche sur la polyphonie distingue de nombreux dialectes musicaux. Pour commencer, retenez la Svanétie, la Kakhétie et la Gourie : les manières de construire les voix, de les orner et de les faire répondre ne sont pas interchangeables. Certaines traditions privilégient des lignes parallèles ; d’autres organisent un dialogue au-dessus d’un soutien vocal ou la rencontre de parties plus indépendantes. [2]

Une première écoute peut être très simple : suivez la voix la plus grave, puis recommencez en choisissant une partie plus aiguë. Laissez ensuite l’ensemble reprendre sa place. Vous entendrez autrement les moments où les voix se rejoignent ou s’écartent.

Le document de l’UNESCO ci-dessous propose une entrée dans cette diversité. Il s’agit d’un repère patrimonial, pas d’un résumé de toutes les musiques produites dans le pays.

Georgian Polyphonic Singing — UNESCO
Documentaire · UNESCO. Une introduction aux pratiques vocales, à leurs contextes et à la reconnaissance patrimoniale du chant polyphonique géorgien.
Voir sur YouTube ↗

02 /

Panduri, chonguri et doli : écouter les instruments géorgiens

La voix ne raconte pas seule cette histoire. Parmi les instruments traditionnels, le panduri et le chonguri appartiennent aux luths à cordes pincées, avec des constructions et des ancrages régionaux différents. Le doli est un tambour à deux peaux. Leur présence varie selon les régions et les usages ; ces trois noms ne constituent pas l’instrumentarium complet du pays. [3]

Pour les découvrir, partez d’une situation musicale concrète plutôt que d’un catalogue d’objets. Dans la vidéo « Apareka » de Trio Mandili, le panduri accompagne les voix. Écoutez comment l’instrument soutient le mouvement du chant, puis ce qui attire votre attention quand les voix entrent ensemble.

La simplicité apparente du dispositif n’enlève rien au travail de l’interprétation. Elle permet de se concentrer sur les relations entre les parties, la langue et la pulsation. Une vidéo de ce trio ne doit toutefois pas être présentée comme l’illustration de toutes les traditions régionales géorgiennes.

La description officielle de « Apareka » identifie ses auteurs et son éditeur : c’est également un rappel utile. Un morceau aux couleurs folk possède une histoire précise et des crédits ; il ne faut pas le déclarer anonyme par réflexe.

Trio Mandili — Apareka
Publication officielle · Trio Mandili. Pour écouter le panduri aux côtés des voix. Les crédits de la chanson figurent dans la description de la vidéo officielle.
Voir sur YouTube ↗

03 /

De Rustavi à Nino Katamadze : des portes d’entrée vocales

Avec Rustavi, l’écoute peut se concentrer sur le chant d’ensemble et les répertoires traditionnels. Notre playlist propose notamment « Gaprindi Sharo Mertskhalo », « Dida voi Nana » et « Svanuri Mgzavruti Perkhuli », interprétés par Rustavi Folk Choir et crédités avec Anzor Erkomaishvili. Regardez les crédits de chaque enregistrement pour garder les bons repères. [4]

Nino Katamadze ouvre une autre perspective. Son univers associe improvisation jazz, traditions géorgiennes et recherches sur les textures de la voix, avec des passages par le rock et d’autres formes d’expérimentation. Son travail avec Insight fait partie des points d’écoute de notre sélection. [5]

Ces propositions peuvent se côtoyer dans un parcours sans former une histoire linéaire où un style remplacerait l’autre. Le chant d’ensemble, la chanson et l’improvisation continuent d’occuper des espaces différents.

La session « Olei » ci-dessous est publiée sur le compte officiel de Nino Katamadze. Cette version avec son groupe est distincte de l’enregistrement figurant dans la playlist Spotify : profitez de cette différence pour comparer deux situations d’interprétation, sans chercher laquelle serait la seule version valable.

Nino Katamadze & Band — Olei, Lenø Sessions 2020
Session publiée sur la chaîne officielle de Nino Katamadze. Une performance pour prolonger la partie consacrée aux voix. Il ne s’agit pas de la version studio intégrée à la playlist.
Voir sur YouTube ↗

04 /

Mgzavrebi et Bedford Falls : découvrir d’autres scènes

Explorer les musiques de Géorgie demande aussi de quitter les seules catégories patrimoniales. Notre sélection passe par Mgzavrebi, avec « Mtvare », « Tsremlebs Tuchebze » et « Gaigvidza Bunebam », puis par Bedford Falls, avec « KINO », « Macedonia » et « Anara ».

Ces choix proposent une écoute de groupes, de chansons et d’arrangements actuels. Ils ne supposent pas qu’un artiste géorgien devrait nécessairement citer un chant ancien pour être relié à sa scène. Les influences, les parcours et les langues de création peuvent se croiser de nombreuses façons.

Bedford Falls figure notamment dans la programmation du Montreux Jazz Festival, dont la présentation officielle renvoie au clip « KINO ». Ce nom de festival ne suffit pas à classer le groupe dans le jazz : il offre ici un point de repérage et une source pour retrouver la bonne vidéo. [6]

À l’écoute, demandez-vous ce qui vous donne envie de revenir à un morceau : un refrain, une couleur de guitare, une tension ou une façon de faire sonner la langue. Ces détails personnels constituent souvent la meilleure suite du voyage.

Bedford Falls — KINO
Clip officiel · Bedford Falls. Pour ouvrir le Focus aux musiques de groupes et aux créations contemporaines.
Voir sur YouTube ↗

05 /

Anushka Chkheidze, kordz et Tamada : d’autres horizons sonores

Anushka Chkheidze et kordz font partie des artistes qui permettent d’explorer des créations électroniques liées à la Géorgie. La compilation « Temples & Pharmacies » de Luna Flowers documente, par ses crédits, plusieurs rencontres et relectures où leurs noms apparaissent. Notre playlist propose d’autres enregistrements de ces artistes, notamment « Olympic » et « Day 2 Remember ». [7]

Tamada offre un autre passage entre écriture vocale, instruments et production électronique. « Dao » figure sur son album « 9 Deadly Sins For Tamada », publié par Alt Orient. La version présentée chez COLORS, intégrée ci-dessous, prolonge cette découverte ; elle est distincte de la version d’album choisie dans notre playlist. [8]

Il serait réducteur de rassembler toutes ces propositions sous une formule unique de « tradition modernisée ». Les artistes disposent de leurs propres langages. Écoutez les textures, le rythme et la place de la voix, puis cherchez les autres œuvres de celui ou celle qui vous intrigue.

Ce Focus reste une invitation à poursuivre. Un pays ne tient ni dans un genre, ni dans une sélection de vingt morceaux : chaque titre peut ouvrir une nouvelle recherche.

Tamada — Dao | A COLORS SHOW
Performance officielle · COLORS. Une autre version de « Dao » pour accompagner cette porte d’entrée vers les créations électroniques.
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La playlist Géorgie NEW KG : 20 titres pour poursuivre

Un parcours des voix de Rustavi et Trio Mandili jusqu’aux propositions de Nino Katamadze, Mgzavrebi, Bedford Falls, Anushka Chkheidze, kordz et Tamada. Écoutez dans l’ordre pour suivre le voyage proposé, puis revenez librement aux artistes qui vous ont retenu.

LA SÉLECTION NEW KG · 20 TITRES

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  1. Gaprindi Sharo Mertskhalo
    Rustavi Folk Choir, Anzor Erkomaishvili
  2. Dida voi Nana
    Rustavi Folk Choir, Anzor Erkomaishvili
  3. Svanuri Mgzavruti Perkhuli
    Rustavi Folk Choir, Anzor Erkomaishvili
  4. Apareka
    Trio Mandili
  5. Kakhuri (Kakhetian)
    Trio Mandili
  6. Svanuri
    Trio Mandili
  7. I Will Come as a Snow
    Nino Katamadze, Insight
  8. Once in the Street
    Nino Katamadze, Insight
  9. Olei
    Nino Katamadze, Insight
  10. Mtvare (Moon)
    Mgzavrebi
  11. Tsremlebs Tuchebze (Tears on Your Lips)
    Mgzavrebi
  12. Gaigvidza Bunebam (Nature Waked)
    Mgzavrebi
  13. KINO
    Bedford Falls
  14. Macedonia
    Bedford Falls
  15. Anara
    Bedford Falls
  16. Day 2 Remember
    kordz
  17. Olympic
    Anushka Chkheidze
  18. Meine Freunde
    Alexandre Kordzaia, kordz, Tamriko Kordzaia
  19. Dao
    Tamada
  20. Tsatsa
    Tamada, Chveneburebi

POUR POURSUIVRE

Quelle Géorgie musicale souhaitez-vous explorer ensuite ?

Polyphonies, instruments, jazz vocal, musiques de groupes ou électronique : choisissez votre prochaine porte d’entrée. Enregistrez la playlist, partagez votre découverte avec NEW KG et laissez un artiste vous conduire vers un autre.

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Rumba cubaine : histoire, rythmes et artistes à écouter

NEW KG · RADAR GENRES

Rumba
cubaine.

Voix, tambours & mémoire collective.

Par NEW KG  ·  Édition du 20 octobre 2026

Une voix lance une phrase. D’autres lui répondent. Les mains reviennent sur les peaux, un motif se dessine, puis un corps entre dans le dialogue. Pour découvrir la rumba cubaine, le disque est un début ; regarder la manière dont les personnes s’écoutent et se répondent ouvre une autre porte.

Chant, percussions et danse forment ici une pratique collective. Les savoir-faire circulent entre interprètes, familles, quartiers et scènes. Leur reconnaissance par l’UNESCO en 2016 met en lumière un patrimoine vivant, porté par celles et ceux qui continuent de le pratiquer. [1]

Après notre exploration de la rumba congolaise, NEW KG consacre ce Radar Genres à Cuba : ses contextes, ses formes et ses ensembles, avec une playlist de vingt enregistrements pour prolonger l’écoute.

01 /

Qu’est-ce que la rumba cubaine et d’où vient-elle ?

La rumba cubaine s’est construite dans des milieux populaires, au contact de plusieurs héritages. L’UNESCO souligne l’importance des cultures africaines et la présence d’éléments antillais et du flamenco espagnol. Ces circulations ont donné lieu à des pratiques transformées sur le sol cubain, dans des contextes urbains comme ruraux. [1]

Parler de cette histoire demande donc plus qu’un lieu d’origine unique ou qu’un rythme supposé intact. La rumba s’est développée dans les rencontres, les contraintes sociales et les espaces où l’on pouvait se réunir. La Havane et Matanzas constituent des repères importants pour explorer ses interprètes et ses répertoires. Les enregistrements ne montrent toutefois qu’une partie de cette vie collective.

Le mot « rumba » a aussi circulé hors de Cuba, notamment dans les musiques de spectacle et les danses de salon. Pour cet article, nous parlons du complexe cubain de chant, danse et percussion. Son histoire ne se confond pas avec celle de la rumba congolaise : les échanges transatlantiques méritent d’être racontés sans effacer les créations et les trajectoires propres à chaque territoire.

Commencez par le film de candidature présenté par l’UNESCO. Il replace la musique parmi les gestes, les lieux et les personnes qui la font vivre.

La rumba à Cuba — film présenté par l’UNESCO
UNESCO · film de candidature · AHS, 2015. Une ressource documentaire pour aborder ensemble musique, danse, contexte social et transmission.
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02 /

Yambú, guaguancó, columbia : trois portes d’entrée

Trois formes servent de premiers repères : yambú, guaguancó et columbia. Elles ne se distinguent pas uniquement par leur vitesse. Le chant, les appuis rythmiques et la relation entre danse et percussion participent à leur identité. [2]

Le yambú offre généralement une allure plus posée. Pour une première écoute, « Baila mi Yambú » de Los Papines permet de porter l’attention sur le balancement et la place laissée aux réponses vocales. Il ne faut pas en déduire que tous les yambús possèdent exactement le même arrangement.

Le guaguancó donne une place importante au dialogue dansé du couple, avec un jeu de séduction et d’esquive. Son énergie ne se résume pas à une démonstration de vitesse : les réponses, les déplacements et les attentes comptent aussi. [3]

La columbia est traditionnellement associée à une danse individuelle, historiquement masculine, et à une conversation serrée avec le percussionniste. Le morceau « Campana de oro », interprété par Grupo Afrocuba et documenté par Smithsonian Folkways, fournit un autre point d’écoute. Ces repères décrivent des traditions ; ils ne ferment pas la porte aux transformations des pratiques. [4]

Los Papines — Baila mi Yambú
Audio officiel · Los Papines – Topic. Exemple d’écoute du yambú. Cette publication YouTube est un enregistrement audio, pas une captation de danse.
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Grupo Afrocuba — Campana de oro
Audio officiel · Grupo Afrocuba – Topic. Pour comparer les repères de la columbia avec le yambú précédent. La vidéo présente un enregistrement audio.
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03 /

Voix, claves et tambours : comment écouter le dialogue

Le socle d’un ensemble de rumba repose sur des relations : le chant soliste et le chœur, les motifs des percussions, puis les réponses du mouvement. Les claves, deux pièces de bois frappées l’une contre l’autre, peuvent désigner l’instrument ; le mot « clave » sert également à parler d’un principe d’organisation rythmique. Les deux usages sont liés sans être identiques. [5]

Les tambours ne jouent pas tous le même rôle. Des parties installent un soutien, tandis que le quinto, plus aigu, laisse une place importante aux interventions du percussionniste. Selon les formations et les périodes, le bois, les cajones et d’autres ressources percussives enrichissent cet espace sonore. [5]

Pour commencer, choisissez un seul élément à suivre. Écoutez d’abord le retour du chœur. Reprenez ensuite le même passage en vous concentrant sur le bois, puis sur les tambours. Vous n’avez pas besoin d’identifier chaque motif pour percevoir que les parties se complètent.

La vidéo de Los Muñequitos de Matanzas publiée par Bis Music prolonge cette découverte. Gardez une question en tête : qu’est-ce qui change lorsque votre attention passe du soliste au collectif ?

Los Muñequitos de Matanzas — La leyenda del guaguancó
Publication officielle · Bis Music. Une porte d’entrée dans le travail d’un ensemble de référence, à regarder avec une attention particulière aux échanges entre interprètes.
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04 /

Quels artistes et groupes écouter pour découvrir la rumba ?

Los Muñequitos de Matanzas constituent une porte d’entrée essentielle. Dans notre sélection, plusieurs enregistrements permettent de revenir à un même ensemble et de découvrir la variété de son répertoire. Cette continuité aide à construire une écoute, au-delà d’un titre isolé.

Los Papines invitent à porter l’attention sur l’association des voix et des percussions. Clave y Guaguancó et Grupo Afrocuba de Matanzas ouvrent d’autres chemins parmi les traditions et les répertoires collectifs. Les publications des labels et les notices discographiques restent utiles pour identifier une version et ses interprètes.

Ajoutez Carlos Embale, Alberto Zayas, Gregorio Hernández et les rencontres avec Yoruba Andabo. Les noms ne forment pas un classement : ils proposent des points de départ. Certains artistes et ensembles pratiquent également d’autres répertoires afro-cubains ; leur nom seul ne suffit donc pas à identifier le genre d’un enregistrement.

La vidéo « Rumba Tap », publiée par Bis Music, permet de prolonger ce parcours dans une production audiovisuelle. Comparez ensuite les versions de la playlist : retenez une voix, une réponse du chœur ou un moment qui vous donne envie de relancer le morceau.

Los Muñequitos de Matanzas — Rumba Tap
Vidéo officielle · Bis Music. Pour poursuivre la découverte de l’ensemble et observer une autre manière de présenter la rumba à l’image.
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La playlist rumba cubaine de NEW KG : 20 enregistrements

Commencez par « Tributo a los grandes », passez par Los Papines et Los Muñequitos de Matanzas, puis revenez aux rencontres entre ensembles avec « 5 Raíces ». L’ordre proposé construit un parcours d’écoute ; il ne classe pas chaque morceau dans une seule case. Retrouvez la sélection complète sur le Spotify de NEW KG.

LA SÉLECTION NEW KG · 20 TITRES

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Voir les 20 titres de la playlist
  1. Tributo a los grandes
    Yoruba Andabo, Los Muñequitos De Matanzas, Clave y Guaguancó, Grupo Afrocuba de Matanzas, Los Papines
  2. No quiero problemas
    Los Muñequitos De Matanzas
  3. Soy el mulato rumbero
    Carlos Embale
  4. A mi no me toquen la campana
    Alberto Zayas
  5. La prueba del ritmo
    Clave y Guaguancó
  6. Baila mi Yambú
    Los Papines
  7. La Gitana
    Los Muñequitos De Matanzas
  8. Saludo de Matanzas
    Grupo Afrocuba de Matanzas
  9. Guaguanco sabroso
    Carlos Embale, Los Roncos Chiquitos
  10. Cada día peor
    Gregorio Hernández
  11. Yo soy el tonelero
    Clave y Guaguancó
  12. Mi Quinto
    Los Papines
  13. Yo vengo caminando
    Los Muñequitos De Matanzas
  14. La última rumba
    Alberto Zayas
  15. Elena la cumbanchera
    Carlos Embale
  16. Caridad
    Grupo Afrocuba de Matanzas
  17. Los Muñequitos
    Los Muñequitos De Matanzas
  18. La Historia de un Rumbero
    Los Papines
  19. Los Beodos
    Los Muñequitos De Matanzas
  20. 5 Raíces
    Yoruba Andabo, Los Muñequitos De Matanzas, Clave y Guaguancó, Grupo Afrocuba de Matanzas, Los Papines

POUR POURSUIVRE

Entrez dans le cercle, puis revenez écouter.

La première découverte peut tenir à une réponse du chœur ou à un mouvement. Retenez ce détail et cherchez l’enregistrement, l’ensemble et le contexte qui l’entourent. Yambú, guaguancó ou columbia : quelle porte d’entrée choisirez-vous pour votre prochaine écoute ?

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Marwa Loud dévoile le clip « PIM-POM », un nouveau single aux sonorités bouyon

NEW KG
MUSIC • CULTURE • WORLD
NEW RELEASE • MUSIC VIDEO

MUSIQUE • FRANCE • 16 OCTOBRE 2026

MARWA LOUD
PIM-POM

Marwa Loud fait monter la température avec un nouveau single aux sonorités bouyon et dévoile son clip.

Marwa Loud, nouvelle sortie PIM-POM, octobre 2026
MARWA LOUD — PIM-POM (2026)

Marwa Loud est de retour. Après
Fendi Gang aux côtés de TK, la chanteuse
poursuit son actualité musicale avec
« PIM-POM », un nouveau single
disponible depuis le 16 octobre 2026.
Au programme : une énergie festive, des rythmes
entraînants et une incursion dans l’univers du bouyon.

Une nouvelle énergie, entre bouyon et affirmation de soi

Avec « PIM-POM », Marwa Loud explore les sonorités
du bouyon, un genre musical caribéen connu pour
ses rythmes rapides et son énergie dansante.
L’artiste y apporte sa signature mélodique,
mêlant refrains accrocheurs et production percutante.

Mais derrière l’ambiance festive, le morceau porte
également un message affirmé : celui d’une femme
qui connaît ses attentes et revendique ses exigences
en amour. Une manière pour Marwa Loud de conjuguer
légèreté musicale et personnalité assumée.

« PIM-POM » : une énergie contagieuse,
des mélodies entêtantes et une nouvelle
couleur musicale pour Marwa Loud.

LE REGARD NEW KG

Marwa Loud poursuit son évolution musicale

Avec cette nouvelle sortie, Marwa Loud reste fidèle
à ce qui caractérise sa musique : des mélodies
facilement reconnaissables, des refrains fédérateurs
et une capacité à naviguer entre différentes
influences musicales.

Le choix du bouyon apporte une nouvelle dynamique
à son univers et confirme son envie d’explorer
des rythmes capables de réunir les auditeurs
sur la piste de danse.

NEW KG • VIDEO PREMIERE

DÉCOUVREZ LE CLIP

MARWA LOUD — PIM-POM


REGARDER SUR YOUTUBE ↗

L’ŒIL DE NEW KG

Un nouveau chapitre à suivre

Entre influences caribéennes, énergie festive
et caractère affirmé, « PIM-POM » offre
une nouvelle facette de Marwa Loud.
Un titre qui s’inscrit dans la volonté de
l’artiste de continuer à faire évoluer son
univers tout en conservant son identité.

Et vous, que pensez-vous de « PIM-POM » ?

Partagez votre avis et retrouvez toute
l’actualité musicale sur NEW KG.


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NinjA Cyborg : « Burn It All », la synthwave prend feu

NEW KG / ELECTRONIC MUSIC / 2026

NinjA Cyborg

BURN IT ALL

La synthwave prend feu :
une nouvelle décharge électronique
entre nostalgie futuriste et énergie punk.

SYNTHWAVE · ELECTRO-ROCK · FRANCE

Pochette officielle du single Burn It All de NinjA Cyborg

NINJA CYBORG — BURN IT ALL

Et si les années 80 n’avaient jamais vraiment disparu ?
Avec Burn It All, le duo français
NinjA Cyborg ouvre un nouveau
chapitre de son aventure musicale.
Synthétiseurs analogiques, énergie punk,
imaginaire cinématographique et esthétique
rétrofuturiste : le groupe fait évoluer sa
synthwave vers un territoire plus brut,
plus nerveux et résolument électrique.

Un duo entre passé et futur

Formé par Martin Antiphon
et Marc Botté
, NinjA Cyborg évolue
dans un univers où les synthétiseurs
semblent dialoguer avec les bandes originales
de films d’action et de science-fiction
des années 80.

Depuis ses débuts, le duo puise son inspiration
dans une culture visuelle et sonore qui évoque
les néons des métropoles imaginaires,
les courses-poursuites nocturnes,
les jeux vidéo rétro et les héros
de cinéma.

Mais NinjA Cyborg ne cherche pas simplement
à reproduire le passé. Les deux musiciens
s’approprient ces références pour construire
une musique actuelle, nourrie de mélodies,
de rythmiques électroniques et d’un
véritable sens de la narration.

Leur univers peut rappeler certaines productions
de Carpenter Brut,
Perturbator, Dan Terminus ou Kavinsky
,
sans se limiter aux codes traditionnels
de la synthwave.

« Ici, les années 80 ne sont pas
un refuge nostalgique.
Elles deviennent un carburant
pour inventer le futur. »

LE REGARD DE NEW KG

« Burn It All » : quand la synthwave rencontre le punk

Après deux EP qui ont contribué à définir
leur identité, NinjA Cyborg revient
avec « Burn It All »,
un single qui marque une évolution
dans son approche musicale.

Les synthétiseurs restent au cœur du projet,
mais le duo y injecte cette fois une énergie
plus directe, inspirée notamment du
punk anglais des années 80.

Là où certaines compositions synthwave
privilégient les atmosphères contemplatives,
« Burn It All » revendique une autre intensité.
La musique se fait plus incisive,
plus tendue et plus électrique.

Cette rencontre entre électronique et punk
ne constitue pas une rupture totale.
Elle prolonge au contraire l’ambition
du groupe : créer de véritables chansons,
avec une identité mélodique forte,
plutôt que de simples exercices
de style rétro.


Le résultat est une proposition
qui conserve l’ADN cinématographique
de NinjA Cyborg tout en affirmant
une nouvelle puissance sonore.

Des machines analogiques, une énergie contemporaine

Dans un paysage électronique dominé
par les possibilités infinies
de la production numérique,
NinjA Cyborg revendique un attachement
aux instruments et aux textures analogiques.

Le duo travaille notamment avec des machines
emblématiques comme le
Roland Juno-60
et la TR-808
,
deux références qui ont marqué
l’histoire de la musique électronique.

Leurs morceaux sont majoritairement réalisés
en analogique et mixés sur la console
Studer 903 de Music Unit.
Une approche qui témoigne de leur attention
particulière portée aux timbres,
aux textures et à la personnalité du son.

Cette recherche sonore participe
à l’identité du groupe :

une musique qui regarde vers le passé
dans ses outils, mais vers l’avenir
dans ses intentions.

Portrait du duo français NinjA Cyborg

MARTIN ANTIPHON & MARC BOTTÉ

Le cinéma comme seconde identité

Chez NinjA Cyborg, la musique
ne se limite jamais totalement au son.
Depuis ses premières productions,
le duo construit des univers
qui empruntent au cinéma populaire,
à la science-fiction et à la culture
des films d’action.

Son premier EP,
Night of the Cobra,
était déjà pensé comme la bande originale
d’un improbable film de kung-fu.
Une manière originale de faire dialoguer
création musicale et récit imaginaire.

Avec The Sunny Road,
les musiciens sont allés plus loin en imaginant
les aventures de Gordon, un Cyber Ninja
chargé de combattre les ennemis
de Sun City.

Cet univers avait notamment pris vie
à travers une animation en stop motion,
réalisée avec des personnages
en pâte à modeler.
Une esthétique volontairement décalée,
à l’image du projet.

« Burn It All » s’inscrit dans cette continuité :
celle d’un groupe qui considère l’image
comme un prolongement de son identité
musicale et non comme un simple
outil de promotion.

NEW KG / WATCH THE VIDEO

NinjA Cyborg — Burn It All


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ÉCOUTER LE SINGLE SUR LES PLATEFORMES ↗

Un nouveau chapitre, bientôt sur scène

La sortie de « Burn It All » ne représente
pas seulement une nouvelle étape musicale.
Elle accompagne aussi une évolution
importante dans le parcours
de NinjA Cyborg.

Le groupe a annoncé son arrivée
au sein de Rage Tour,
une collaboration qui doit accompagner
son retour sur scène.

Une tournée est prévue en
2027,
tandis qu’un nouvel EP doit prolonger
ce chapitre artistique.

Une perspective particulièrement intéressante
pour une formation dont les compositions,
à la croisée de l’électro et du rock,
semblent naturellement destinées
à prendre une autre dimension en concert.

L’ŒIL DE NEW KG

Plus qu’un retour vers le futur

Chez NEW KG,
nous aimons les projets qui construisent
un véritable monde autour de leur musique.
NinjA Cyborg appartient à cette famille
d’artistes pour lesquels l’identité sonore,
l’image et le récit se répondent.

Ce qui retient notre attention avec
« Burn It All », ce n’est pas uniquement
l’utilisation de synthétiseurs vintage
ou le recours aux références des années 80.
C’est la volonté de ne pas rester
prisonnier de ces influences.

En introduisant une énergie punk
dans son univers électronique,
le duo affirme qu’une esthétique
rétro peut aussi être un terrain
d’expérimentation.

Entre production analogique,
imaginaire cinématographique
et ambitions scéniques,
NinjA Cyborg dispose des éléments
pour poursuivre le développement
d’une identité bien à lui.

« Burn It All » ne cherche pas
à ramener les années 80.
Il tente de les propulser
dans une nouvelle dimension.

ARTIST INFO / NINJA CYBORG

Artistes :
Martin Antiphon & Marc Botté

Single :
Burn It All

Genre :
Synthwave / Electro-rock / Punk électronique

Pays :
France

À venir :
Nouvel EP et tournée annoncée pour 2027


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Antoine Roland : avec « Croque-mort », il transforme la mort en une déclaration à la vie

NEW KG · DÉCOUVERTE MUSICALE

Antoine Roland

« Croque-mort » : chanter la vie,
raconter l’essentiel.

Croque-mort le jour, chanteur par passion.
Avec son premier single, Antoine Roland
transforme un parcours singulier en une
chanson bouleversante sur la vie,
l’absence et les émotions humaines.

FRANCE · FOLK / POP-ROCK · OCTOBRE 2026

Portrait du chanteur Antoine Roland

ANTOINE ROLAND · CROQUE-MORT

À 26 ans, Antoine Roland possède
une histoire peu ordinaire.

Révélé au grand public dans
La France a un incroyable talent,
cet artiste originaire du Nord de la France
dévoile le clip de « Croque-mort ».
Une première chanson sensible qui,
derrière son titre inattendu,
célèbre avant tout la vie.

Un artiste au parcours hors du commun

Certaines histoires d’artistes commencent dans
une chambre, un studio ou sur une scène.
Celle d’Antoine Roland
trouve une partie de son inspiration dans
un univers bien différent :
celui des pompes funèbres.

Le jeune artiste partage son quotidien
entre son métier de croque-mort et
sa passion pour la musique.
Deux univers qui pourraient sembler opposés,
mais qui se rejoignent dans sa manière
d’observer le monde et de raconter
les émotions humaines.

Son travail le confronte régulièrement
au deuil, aux adieux, aux souvenirs
et à la fragilité de l’existence.
Des expériences qu’il transforme
aujourd’hui en matière artistique.

Avec son premier single,
« Croque-mort »,
Antoine Roland ne cherche ni à provoquer
ni à cultiver une fascination pour la mort.
Il choisit au contraire d’interroger
ce qui donne du sens à la vie :
les liens, les instants partagés
et les sentiments qui nous accompagnent.

« Parler de la fin,
pour mieux raconter la vie. »

LE REGARD DE NEW KG

« Croque-mort » : une chanson qui célèbre les vivants

Derrière ce titre qui pourrait surprendre
se cache une composition sensible,
construite autour d’un message universel.

La chanson débute dans une atmosphère
intimiste, presque confidentielle.
Une guitare folk accompagne la voix
d’Antoine Roland, qui privilégie
une interprétation directe,
sans chercher à masquer
les aspérités de son timbre.

Puis, progressivement, le morceau
prend de l’ampleur.
Les arrangements s’intensifient,
les guitares deviennent plus incisives
et l’univers folk laisse place
à une énergie pop-rock.

Cette évolution musicale accompagne
la portée émotionnelle du texte.
La mélancolie initiale se transforme
peu à peu en un élan presque libérateur.

Le morceau évoque l’absence,
mais aussi la permanence des liens affectifs.
Il rappelle que la conscience du temps
qui passe peut devenir une invitation
à vivre pleinement.

C’est précisément dans ce contraste
que réside la force de « Croque-mort » :
parler de la fin pour mieux rappeler
la beauté de ce qui existe.

Madame Monsieur, une collaboration au service de l’émotion

Pour donner forme à cette première chanson,
Antoine Roland s’est entouré du duo
Madame Monsieur,
composé d’Émilie Satt et Jean-Karl Lucas,
notamment connu pour avoir représenté
la France à l’Eurovision en 2018.

Les deux artistes ont participé à l’écriture
et assuré la production du morceau.

Leur contribution permet de construire
une progression musicale qui laisse
d’abord toute sa place à la voix
et au récit, avant d’élargir
progressivement l’espace sonore.

La rencontre entre une écriture personnelle,
une sensibilité folk et une production
pop-rock donne à « Croque-mort »
une intensité particulière.
Loin d’effacer la singularité de son
interprète, cette collaboration
contribue à la mettre en valeur.

Un clip sobre pour une histoire profondément personnelle

Dévoilé en octobre 2026, le clip
de « Croque-mort » prolonge
l’univers émotionnel du single,
disponible depuis le 26 juin 2026
chez 13TREIZE.

L’esthétique privilégie la sobriété
et une approche cinématographique.
Antoine Roland apparaît notamment
en costume, guitare à la main,
dans une mise en images qui place
son interprétation au centre du récit.

Plutôt que de multiplier les artifices,
l’univers visuel accompagne la chanson
et son intensité croissante.

Cette retenue correspond à l’identité
que l’artiste commence à affirmer :
une musique où l’histoire racontée
et la sincérité de l’interprétation
occupent une place essentielle.

DÉCOUVRIR LE CLIP

Antoine Roland — Croque-mort


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De « La France a un incroyable talent » à une nouvelle visibilité

En octobre 2026, Antoine Roland franchit
une étape importante grâce à son passage
dans l’émission
La France a un incroyable talent,
diffusée sur M6.

Son parcours inhabituel et son interprétation
attirent l’attention du public.
Cette exposition télévisuelle donne
une nouvelle résonance à son premier single
et à son univers artistique.

Mais au-delà de cette reconnaissance,
le véritable enjeu sera désormais
de faire découvrir son identité
d’auteur-compositeur-interprète.

Car si son métier attire naturellement
la curiosité, c’est bien la musique
qui devra construire la suite
de son parcours.

L’ŒIL DE NEW KG

Une voix singulière à suivre

Chez NEW KG, nous aimons
les artistes dont la musique raconte
une histoire qui dépasse les frontières
habituelles des genres et des parcours.

Antoine Roland appartient à cette
catégorie de découvertes qui interrogent
autant qu’elles émeuvent.

Son originalité ne réside pas simplement
dans le fait d’exercer un métier
inhabituel pour un chanteur.
Elle tient surtout à sa capacité
à transformer une expérience
professionnelle chargée d’émotions
en un langage musical accessible à tous.

Avec « Croque-mort », il esquisse
une identité artistique où la vulnérabilité
devient une force et où les sujets difficiles
peuvent trouver leur place
dans une chanson populaire.

Ce premier single laisse entrevoir
un potentiel intéressant, même s’il
faudra attendre ses prochaines créations
pour mesurer toute l’étendue
de son univers.

Une chose est certaine :
Antoine Roland a choisi de chanter
la vie là où l’on s’attendait à
entendre parler de la mort.

NEW KG

Les musiques, les artistes et
les cultures du monde.
Sans frontières.


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Grèce : du rebétiko à la pop, une odyssée musicale

NEW KG · FOCUS PAYS · GRÈCE

Racines & horizons

Des cordes du bouzouki aux productions électroniques : écouter un pays à travers ses héritages, ses grandes voix et ses nouvelles scènes.

Repères culturels · Vidéos · 20 titres sur Spotify

Un bouzouki, une terrasse et quelques pas de danse : l’image est familière. Elle raconte pourtant une petite partie des musiques de Grèce. Il faut aussi entendre les voix qui se répondent en Épire, les cordes frottées de Crète, les chansons populaires des villes, les textes devenus refrains collectifs et les productions qui circulent aujourd’hui entre pop, rock et électronique.

Ce Focus NEW KG propose un parcours pour relier ces univers sans les confondre. Du rebétiko à Marina Satti, de Domna Samiou à Σtella et Evita Manji, le fil conducteur est la transformation : ce que les artistes transmettent, ce qu’ils déplacent et ce qu’ils inventent. Notre playlist Spotify de 20 titres accompagne la découverte.

1. Musiques traditionnelles grecques : écouter les territoires

Parler de musique grecque au singulier efface une diversité essentielle. En Crète, la lyra est un instrument à archet : elle ne doit pas être confondue avec la lyre antique. Le laouto, à cordes pincées, appartient à un autre univers de timbres. Le bouzouki et le petit baglamas offrent encore d’autres couleurs. Le catalogue de l’association Domna Samiou permet de découvrir ces instruments dans leurs contextes régionaux.

Les musiques sont aussi des pratiques collectives. Lors des panigyria, fêtes locales souvent liées au calendrier religieux, le chant et la danse prennent place dans la vie des communautés. En Épire, le chant polyphonique donne à entendre plusieurs rôles vocaux complémentaires. Le programme La Caravane polyphonique a été sélectionné en 2020 au Registre des bonnes pratiques de sauvegarde de l’UNESCO : cette reconnaissance concerne le programme de transmission.

Ces héritages continuent de changer de cadre. Originaire d’Ioannina, le groupe Villagers of Ioannina City associe rock psychédélique et références musicales d’Épire. Zvara constitue une porte d’entrée vers ce travail de transformation. Le morceau invite à suivre une tradition lorsqu’elle rencontre une amplification et une énergie de groupe différentes.

À voir : Villagers of Ioannina City — Zvara. Publication du groupe : un prolongement rock des héritages d’Épire.
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2. Le rebétiko : une mémoire urbaine et populaire

Le rebétiko se développe dans les milieux populaires urbains au début du XXe siècle. Son histoire traverse les ports, les déplacements de populations et les circulations musicales entre la Grèce et l’Asie Mineure. Les arrivées de réfugiés dans les années 1920 contribuent à transformer ces scènes. Le Pirée est l’un de leurs lieux majeurs, sans être leur seule origine.

Les chansons abordent l’amour, l’absence, la précarité, l’exil ou les marges de la société. Une histoire seulement pittoresque laisserait de côté cette dimension sociale. Greek News Agenda retrace le passage du rebétiko des marges à une reconnaissance plus large, ainsi que le rôle de figures comme Markos Vamvakaris et Vassilis Tsitsanis.

L’inscription du rebétiko à l’UNESCO, en 2017 reconnaît une pratique vivante associant musique, chant, danse et transmission. Elle n’en fait pas un répertoire figé. Les interprétations et les lieux d’écoute continuent d’en renouveler le sens.

Pour comprendre : Rebetiko, film de présentation publié par l’UNESCO. Des repères sur les pratiques et leur transmission.
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3. Laïkó et éntekhno : quand la chanson rencontre la poésie

Deux termes reviennent souvent pour se repérer dans la chanson grecque. Le laïkó désigne un vaste champ de chanson populaire, dont les évolutions croisent notamment celles du rebétiko. L’éntekhno renvoie à une démarche de chanson composée qui accorde une place importante à la poésie. Ces catégories ont des frontières poreuses : elles servent à comprendre des trajectoires, pas à hiérarchiser les émotions.

Mikis Theodorakis et Manos Hadjidakis sont deux figures essentielles de ce dialogue. Avec Epitafios, enregistré en 1960 sur des poèmes de Yannis Ritsos, Theodorakis rapproche poésie, interprétation populaire et bouzouki. Le parcours du compositeur montre combien cet échange dépasse la seule musique de Zorba le Grec.

De son côté, Hadjidakis défend publiquement le rebétiko dès 1948 et développe une œuvre aux formes multiples. Ces compositeurs permettent d’entendre un lien durable entre écriture, mémoire collective et chanson. Dans notre sélection, Tis Dikeosinis Ilie Noite, interprété par Grigoris Bithikotsis, et Odos Oneiron offrent deux chemins pour poursuivre cette exploration.

À écouter : Tis Dikeosinis Ilie Noite, version du Mikis Theodorakis Orchestra publiée sur le canal officiel du compositeur. Enregistrement de concert, distinct de la version de la playlist.
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4. Grandes voix grecques : l’interprétation comme transmission

Une chanson change avec la personne qui la porte. Pour découvrir les grandes voix grecques, notre parcours rapproche Sotiria Bellou, Haris Alexiou, Eleftheria Arvanitaki et Domna Samiou. Ce sont quatre entrées dans des répertoires et des démarches différents, à découvrir au-delà d’une compilation de noms célèbres.

Dans la playlist, passez de Mi Mou Xanafygeis Pia à Panselinos, puis à la version en concert de Dynata. Prenez le temps de suivre les attaques, les silences et les changements d’intensité. Même sans comprendre le grec, cette attention permet de commencer à entendre le rôle de l’interprétation. Elle ne remplace pas le sens des paroles, qu’une traduction fiable viendra ensuite éclairer.

Le travail de collecte et de transmission associé à Domna Samiou rappelle aussi l’importance des personnes qui documentent les répertoires. Quant à Eleftheria Arvanitaki, sa collaboration avec Eleonora Zouganeli sur Rock Mpalanta, présentée sur son site officiel, prolonge cette idée de circulation entre les voix et les générations.

À voir : Eleftheria Arvanitaki & Eleonora Zouganeli — Rock Mpalanta. Clip officiel publié par Panik Records.
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5. Pop grecque actuelle : des héritages qui changent de forme

Marina Satti : faire circuler les références

Chez Marina Satti, les références grecques et balkaniques dialoguent avec la pop et les productions contemporaines. Cette démarche est décrite par son label Minos EMI et par la Fondation Onassis. Mantissa, paru en 2017, constitue un premier point d’entrée ; ZARI permet d’en ouvrir un autre.

L’intérêt de les rapprocher est de chercher ce qui se transforme : la place de la voix, l’organisation du rythme, la relation entre le collectif et la personne qui chante. Une scène contemporaine peut travailler ses références avec liberté, sans être tenue de présenter à chaque morceau un résumé du patrimoine national.

À voir : Marina Satti — Mantissa. Clip de 2017 publié sur la chaîne officielle de l’artiste.
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Σtella : une autre entrée dans la pop grecque

La scène actuelle passe également par Σtella. Son parcours chez Sub Pop relie une pop indépendante aux couleurs psychédéliques à des recherches personnelles. Up and Away, réalisé avec Redinho, figure dans notre sélection. Il ouvre un espace différent de celui de Marina Satti et rappelle qu’un même pays accueille plusieurs écritures pop.

Nous retenons aussi Belinda, single annoncé le 16 septembre 2026 et coproduit avec Rodaidh McDonald. La découverte peut ainsi faire dialoguer les repères d’un catalogue avec une parution récente, sans opposer systématiquement les anciennes et les nouvelles chansons.

À découvrir : Σtella — Belinda. Visualizer officiel ; single annoncé par Sub Pop le 16 septembre 2026.
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6. NEW KG Discovery : Evita Manji et les horizons électroniques

Pour déplacer encore le point d’écoute, notre sélection se termine avec Evita Manji. L’album Spandrel?, paru en 2023 chez PAN, relie écriture vocale, production électronique et formes expérimentales. Le label décrit notamment un travail sur le corps et l’autonomie, porté par une construction sonore qui traverse plusieurs univers.

Body/Prison est le titre retenu dans la playlist. Pour élargir la découverte, la publication audio de Vixen House est intégrée ci-dessous. L’exercice d’écoute est simple : suivre la manière dont la voix se place dans la production, puis revenir aux morceaux précédents. Ce rapprochement n’établit pas une filiation directe entre toutes ces musiques ; il permet de prendre la mesure de leurs différences.

Pour aller plus loin : Evita Manji — Vixen House, publication audio sur la chaîne Topic de l’artiste. Le titre choisi pour la playlist est Body/Prison.
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7. La playlist Spotify NEW KG : Grèce — Racines & horizons

Retrouvez 20 titres pour prolonger ce Focus sur le Spotify de NEW KG. La sélection va des repères du rebétiko aux grandes voix, puis à la pop, au rock et aux productions électroniques. Elle inclut aussi Vangelis, Monika et Melisses : un parcours de découverte, volontairement ouvert, plutôt qu’un classement définitif des musiques de Grèce.

LA SÉLECTION NEW KG · 20 TITRES

Grèce — Racines & horizons

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Les 20 titres de la sélection

  1. Markos Vamvakaris — Fragosiriani
  2. Vassilis Tsitsanis — Synnefismeni kyriaki
  3. Sotiria Bellou — Mi Mou Xanafygeis Pia – Remastered
  4. Stelios Kazantzidis — Yparxo – Remastered 2011
  5. Grigoris Bithikotsis — Tis Dikeosinis Ilie Noite
  6. Mikis Theodorakis — Zorba’s Dance
  7. Manolis Karantinis, Tania Tsanaklidou — Odos Oneiron
  8. Haris Alexiou — Panselinos
  9. Eleftheria Arvanitaki — Dynata – Live
  10. Domna Samiou — Karotseris
  11. Yannis Markopoulos, Nikos Xilouris — Agrimia Ki Agrimakia Mou
  12. Vangelis — Conquest of Paradise
  13. Monika — Over the Hill
  14. Melisses — To Kyma
  15. Marina Satti — Mantissa
  16. Marina Satti — ZARI
  17. Σtella, Redinho — Up and Away
  18. Σtella — Belinda
  19. Villagers of Ioannina City — Zvara
  20. Evita Manji — Body/Prison

Pour commencer : trois écoutes, trois découvertes

Choisissez d’abord un morceau dont vous connaissez déjà l’artiste. Écoutez ensuite un titre d’un univers différent, puis une découverte totale. Gardez une question pour chaque passage : qu’est-ce qui retient votre attention, qu’aimeriez-vous comprendre et qu’avez-vous envie de réécouter ?

Revenez enfin à un repère de l’article : un lieu, un instrument, une pratique ou un nom. Ce petit détour transforme une playlist en exploration. Vous n’avez pas besoin de tout connaître pour commencer ; prendre le temps de distinguer les contextes enrichit déjà l’écoute.

Sources & repères pour approfondir

Repères documentaires et liens contrôlés le 14 octobre 2026. Les intitulés des morceaux ci-dessus reprennent les versions présentes dans la playlist.

Cap-Vert : de la morna au funaná, les voix d’un archipel


NEW KG  /  FOCUS PAYS  /  CAP-VERT

Dix îles, des voix qui traversent l’Atlantique et bien plus d’un rythme à découvrir.

Il suffit parfois de quelques notes de « Sodade » pour reconnaître le Cap-Vert. La voix de Cesária Évora a fait connaître la morna bien au-delà de l’archipel. Mais que se passe-t-il si l’on reste encore un peu ? On entend le frottement du ferrinho, les voix des batukadeiras, une coladeira qui appelle la danse, puis une nouvelle génération qui fait voyager le kriolu dans d’autres productions.

Ce Focus Pays NEW KG suit ces fils sans prétendre enfermer tout un pays dans quelques titres. Chaque partie propose un contexte, une piste d’écoute et une vidéo à regarder. La playlist Spotify, en fin d’article, permet ensuite de poursuivre la traversée à son rythme.

La musique cap-verdienne se raconte au pluriel : d’une île à l’autre, d’une génération à la suivante, chaque voix déplace le paysage.

Un archipel, une langue qui voyage

Cabo Verde compte dix îles, dont neuf sont habitées, au large de la côte ouest-africaine. Les îles du Barlavento, au nord, et celles du Sotavento, au sud, composent un même pays, sans offrir partout le même paysage ni les mêmes scènes musicales. Mindelo, sur São Vicente, tient une place forte dans l’histoire de la morna ; Santiago, où se trouve la capitale Praia, est un repère essentiel pour le batuque et le funaná. Cette géographie donne un premier conseil : lorsqu’un morceau vous plaît, cherchez aussi l’île et le parcours de la personne qui l’interprète.

Le portugais est la langue officielle. La langue cabo-verdienne, souvent appelée kriolu, est au cœur des échanges quotidiens et de la création. Elle est issue d’une histoire de contacts entre langues africaines et portugais dans un contexte colonial ; ses usages et ses sonorités varient selon les îles. Dans la chanson, elle devient une manière directe de raconter l’amour, le départ, les tensions sociales, la fête ou la famille. Une phrase chantée peut passer de la confidence à la réponse d’un chœur : le sens se construit aussi dans cette relation entre les voix.

La circulation des artistes et des familles a prolongé ces musiques au-delà de l’archipel. Une chanson peut garder le souvenir d’un lieu tout en trouvant une vie nouvelle sur une autre scène. Pour situer cette diversité avant d’entrer dans les styles, regardez la courte vidéo culturelle de Visit Cabo Verde, puis revenez au son : que reconnaissez-vous quand les paysages disparaissent de l’écran ?

À voir : « Culture & Tradition | Cabo Verde », dans la sélection vidéo de Visit Cabo Verde. Voir sur YouTube.

La morna : une poésie que l’on joue, chante et danse

La morna figure depuis 2019 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. Cette reconnaissance porte sur une pratique vivante, pas seulement sur des enregistrements célèbres. Voix, musique, poésie et danse s’y rencontrent ; la morna peut aussi être interprétée sans chant. Guitare, violon et autres instruments à cordes accompagnent une mélodie dont la force tient autant à la manière de la jouer qu’aux notes elles-mêmes.

Ses textes peuvent parler d’amour, de départ, de séparation, de retrouvailles et du pays. Le mot sodade aide à comprendre une part de ce répertoire, mais il ne faut pas l’entendre comme une humeur uniforme. Une voix peut être retenue, chaleureuse, grave ou lumineuse ; un même sujet change selon la personne qui l’interprète. La morna se transmet aussi lors de rencontres, de fêtes et de moments de la vie familiale. Le documentaire présenté dans le dossier de l’UNESCO permet de voir cette pratique au-delà d’une seule figure artistique.

À voir : le film consacré à la morna dans le dossier d’inscription de l’UNESCO. Voir sur YouTube.

Cesária Évora est devenue, pour beaucoup, la première rencontre avec la musique cap-verdienne. Sa manière de chanter « Sodade » laisse une place immense aux mots et à l’accompagnement. Mais cette histoire compte d’autres grandes voix : Bana, Ildo Lobo et tant d’interprètes qui ont fait vivre leurs répertoires sur les îles et dans la diaspora. Les écouter après Cesária évite de confondre un genre entier avec une seule chanson.

Dans la vidéo suivante, essayez de suivre successivement trois choses : la voix, les cordes, puis le silence juste avant le retour d’une phrase. On entend alors comment une interprétation peut raconter même lorsqu’elle semble suspendre le temps.

À écouter : Cesária Évora, « Sodade », sur sa chaîne officielle. Voir sur YouTube.

Coladeira, batuque, funaná : trois autres façons d’entrer dans la musique

La morna n’est qu’une porte d’entrée. Le Cap-Vert possède aussi des musiques où l’élan de la danse, la parole collective et l’énergie de l’accordéon prennent des places très différentes. Les trois vidéos qui suivent permettent d’entendre ces écarts, sans réduire chaque genre à une formule unique.

La coladeira : la chanson dans le mouvement

Plus vive dans son élan, la coladeira donne envie de suivre la pulsation et le jeu du chant. Selon les morceaux, la voix raconte, s’amuse, interpelle ; les instruments lui laissent des espaces pour rebondir. Le genre a évolué au contact d’autres rythmes atlantiques et latino-américains. Dans « Dança ma mi Criola », Tito Paris offre un point d’écoute particulièrement vivant : regardez comment il conduit le morceau et comment le public lui répond.

À voir : Tito Paris, « Dança ma mi Criola » en concert, vidéo publiée par Lusafrica. Voir sur YouTube.

Le batuque : des voix qui se répondent

Le batuque, ou batuku, est une pratique de musique et de danse particulièrement associée à Santiago. Les batukadeiras y font entendre la force du groupe : une voix mène, d’autres répondent, tandis que la percussion organise l’élan commun. Ce n’est pas seulement un effet sonore. L’écoute change lorsqu’on voit qui lance une phrase, qui la reprend et comment le rythme se partage entre les participantes.

La vidéo du groupe Pé na Tradison, documentée dans le projet Mulleres a Fronte, a été filmée à Ribeira Grande de Santiago. Elle donne à voir une pratique portée par ses interprètes. Prenez le temps de regarder les réponses du groupe avant de revenir à la voix soliste : leur relation fait avancer le morceau.

À voir : Pé na Tradison, performance filmée pour Mulleres a Fronte. Voir sur YouTube ou découvrir le projet et les interprètes.

Le funaná : la gaita et le ferrinho

Fortement lié à l’intérieur de Santiago, le funaná repose notamment sur le dialogue entre la gaita, accordéon diatonique, et le ferrinho, pièce métallique frottée pour marquer le rythme. On peut entendre la mélodie partir de l’accordéon, puis sentir comment la pulsation lui donne une autre urgence. Des groupes comme Bulimundo ont joué un rôle dans la diffusion de ce son ; Ferro Gaita en propose une autre incarnation collective et dansante.

Le classement du funaná comme patrimoine culturel immatériel national en 2024 concerne une pratique transmise par des musiciens, des chanteurs et des danseurs. La vidéo de Ferro Gaita permet de regarder les instruments autant que d’écouter le refrain. Essayez de garder votre attention sur le ferrinho pendant quelques mesures : vous entendrez mieux ce qui soutient le mouvement.

À voir : Ferro Gaita, « Rei Di Tabanka », vidéo publiée par Lusafrica. Voir sur YouTube.

Des héritages qui nourrissent les scènes actuelles

Une tradition reste vivante parce que les artistes peuvent la reprendre, la discuter et lui donner leur propre forme. Lucibela, née à São Nicolau puis passée par Mindelo et Praia, chante la morna et la coladeira sans chercher à devenir une copie de Cesária Évora. Dans « Lembra Tempo », sa voix invite à écouter ce qu’elle choisit de prolonger, mais aussi ce qui lui appartient.

À écouter : Lucibela, « Lembra Tempo », vidéo produite par Lusafrica. Voir sur YouTube.

Elida Almeida vient de Santiago. Son écriture personnelle s’ouvre au batuque, au funaná, à la coladeira et à des arrangements contemporains. « Nta Konsigui » donne à entendre la place du récit intime dans cette trajectoire. Écoutez comment l’intensité de sa voix modifie la chanson, même lorsque l’accompagnement reste mesuré.

À écouter : Elida Almeida, « Nta Konsigui », sur sa chaîne officielle. Voir sur YouTube.

Mayra Andrade ouvre encore d’autres horizons. Née à Cuba, elle a grandi au Cap-Vert et construit une trajectoire artistique entre plusieurs lieux et sonorités. « Afeto » offre une écoute attentive à la voix et à une production différente des repères entendus plus haut. Le passage d’une vidéo à l’autre montre qu’il n’existe pas un unique son cap-verdien contemporain.

Soraia Ramos et Dino D’Santiago prolongent, chacun à sa manière, les dialogues avec la pop et les scènes de la diaspora. Ces parcours ne se confondent pas : c’est leur diversité qui donne envie de chercher au-delà des titres les plus connus.

À écouter : Mayra Andrade, « Afeto », vidéo officielle. Voir sur YouTube.
NEW KG / DISCOVERY

Samoel de Sousa : mémoire en mouvement

Chanteur et guitariste cap-verdien basé à Paris, Samoel de Sousa construit avec Traços de Memória un projet autour des souvenirs, de l’appartenance et de la transmission. Cette démarche donne une place aux histoires personnelles et à ce que l’on emporte d’un pays vers un autre.

La vidéo de « Rekadu » montre une autre facette de son travail, liée à l’expression spirituelle. Elle n’est pas présentée comme un extrait de Traços de Memória : c’est une première rencontre avec sa voix et son écriture. Écoutez la place du chant et du kriolu avant de suivre ses projets plus récents.

À voir : Samoel de Sousa, « Rekadu », vidéo Kriolu Gospel. Voir sur YouTube.

À ÉCOUTER · PLAYLIST NEW KG

Les voix d’un archipel

Après les vidéos, place à une écoute continue. Lancez la playlist, repérez une voix ou un instrument qui vous intrigue, puis revenez sur le titre pour mieux l’entendre. Les vidéos et la sélection Spotify sont deux parcours complémentaires ; leur contenu et leur ordre peuvent différer.

Le lecteur ne s’affiche pas ? Ouvrir la playlist sur Spotify.

Le Cap-Vert ne se laisse pas réduire à une voix, à une île ou à un sentiment. Revenez sur un morceau après en avoir découvert un autre, comparez deux interprétations, suivez un nom nouveau et écoutez les mots en kriolu avec curiosité. Ce Focus n’est qu’un début : les chansons donnent elles-mêmes les meilleures pistes pour continuer.

Quelle voix vous donne envie de poursuivre le voyage ? Partagez votre découverte avec @newkgofficial.