Rumba cubaine : histoire, rythmes et artistes à écouter

NEW KG · RADAR GENRES

Rumba
cubaine.

Voix, tambours & mémoire collective.

Par NEW KG  ·  Édition du 20 octobre 2026

Une voix lance une phrase. D’autres lui répondent. Les mains reviennent sur les peaux, un motif se dessine, puis un corps entre dans le dialogue. Pour découvrir la rumba cubaine, le disque est un début ; regarder la manière dont les personnes s’écoutent et se répondent ouvre une autre porte.

Chant, percussions et danse forment ici une pratique collective. Les savoir-faire circulent entre interprètes, familles, quartiers et scènes. Leur reconnaissance par l’UNESCO en 2016 met en lumière un patrimoine vivant, porté par celles et ceux qui continuent de le pratiquer. [1]

Après notre exploration de la rumba congolaise, NEW KG consacre ce Radar Genres à Cuba : ses contextes, ses formes et ses ensembles, avec une playlist de vingt enregistrements pour prolonger l’écoute.

01 /

Qu’est-ce que la rumba cubaine et d’où vient-elle ?

La rumba cubaine s’est construite dans des milieux populaires, au contact de plusieurs héritages. L’UNESCO souligne l’importance des cultures africaines et la présence d’éléments antillais et du flamenco espagnol. Ces circulations ont donné lieu à des pratiques transformées sur le sol cubain, dans des contextes urbains comme ruraux. [1]

Parler de cette histoire demande donc plus qu’un lieu d’origine unique ou qu’un rythme supposé intact. La rumba s’est développée dans les rencontres, les contraintes sociales et les espaces où l’on pouvait se réunir. La Havane et Matanzas constituent des repères importants pour explorer ses interprètes et ses répertoires. Les enregistrements ne montrent toutefois qu’une partie de cette vie collective.

Le mot « rumba » a aussi circulé hors de Cuba, notamment dans les musiques de spectacle et les danses de salon. Pour cet article, nous parlons du complexe cubain de chant, danse et percussion. Son histoire ne se confond pas avec celle de la rumba congolaise : les échanges transatlantiques méritent d’être racontés sans effacer les créations et les trajectoires propres à chaque territoire.

Commencez par le film de candidature présenté par l’UNESCO. Il replace la musique parmi les gestes, les lieux et les personnes qui la font vivre.

La rumba à Cuba — film présenté par l’UNESCO
UNESCO · film de candidature · AHS, 2015. Une ressource documentaire pour aborder ensemble musique, danse, contexte social et transmission.
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02 /

Yambú, guaguancó, columbia : trois portes d’entrée

Trois formes servent de premiers repères : yambú, guaguancó et columbia. Elles ne se distinguent pas uniquement par leur vitesse. Le chant, les appuis rythmiques et la relation entre danse et percussion participent à leur identité. [2]

Le yambú offre généralement une allure plus posée. Pour une première écoute, « Baila mi Yambú » de Los Papines permet de porter l’attention sur le balancement et la place laissée aux réponses vocales. Il ne faut pas en déduire que tous les yambús possèdent exactement le même arrangement.

Le guaguancó donne une place importante au dialogue dansé du couple, avec un jeu de séduction et d’esquive. Son énergie ne se résume pas à une démonstration de vitesse : les réponses, les déplacements et les attentes comptent aussi. [3]

La columbia est traditionnellement associée à une danse individuelle, historiquement masculine, et à une conversation serrée avec le percussionniste. Le morceau « Campana de oro », interprété par Grupo Afrocuba et documenté par Smithsonian Folkways, fournit un autre point d’écoute. Ces repères décrivent des traditions ; ils ne ferment pas la porte aux transformations des pratiques. [4]

Los Papines — Baila mi Yambú
Audio officiel · Los Papines – Topic. Exemple d’écoute du yambú. Cette publication YouTube est un enregistrement audio, pas une captation de danse.
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Grupo Afrocuba — Campana de oro
Audio officiel · Grupo Afrocuba – Topic. Pour comparer les repères de la columbia avec le yambú précédent. La vidéo présente un enregistrement audio.
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Voix, claves et tambours : comment écouter le dialogue

Le socle d’un ensemble de rumba repose sur des relations : le chant soliste et le chœur, les motifs des percussions, puis les réponses du mouvement. Les claves, deux pièces de bois frappées l’une contre l’autre, peuvent désigner l’instrument ; le mot « clave » sert également à parler d’un principe d’organisation rythmique. Les deux usages sont liés sans être identiques. [5]

Les tambours ne jouent pas tous le même rôle. Des parties installent un soutien, tandis que le quinto, plus aigu, laisse une place importante aux interventions du percussionniste. Selon les formations et les périodes, le bois, les cajones et d’autres ressources percussives enrichissent cet espace sonore. [5]

Pour commencer, choisissez un seul élément à suivre. Écoutez d’abord le retour du chœur. Reprenez ensuite le même passage en vous concentrant sur le bois, puis sur les tambours. Vous n’avez pas besoin d’identifier chaque motif pour percevoir que les parties se complètent.

La vidéo de Los Muñequitos de Matanzas publiée par Bis Music prolonge cette découverte. Gardez une question en tête : qu’est-ce qui change lorsque votre attention passe du soliste au collectif ?

Los Muñequitos de Matanzas — La leyenda del guaguancó
Publication officielle · Bis Music. Une porte d’entrée dans le travail d’un ensemble de référence, à regarder avec une attention particulière aux échanges entre interprètes.
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Quels artistes et groupes écouter pour découvrir la rumba ?

Los Muñequitos de Matanzas constituent une porte d’entrée essentielle. Dans notre sélection, plusieurs enregistrements permettent de revenir à un même ensemble et de découvrir la variété de son répertoire. Cette continuité aide à construire une écoute, au-delà d’un titre isolé.

Los Papines invitent à porter l’attention sur l’association des voix et des percussions. Clave y Guaguancó et Grupo Afrocuba de Matanzas ouvrent d’autres chemins parmi les traditions et les répertoires collectifs. Les publications des labels et les notices discographiques restent utiles pour identifier une version et ses interprètes.

Ajoutez Carlos Embale, Alberto Zayas, Gregorio Hernández et les rencontres avec Yoruba Andabo. Les noms ne forment pas un classement : ils proposent des points de départ. Certains artistes et ensembles pratiquent également d’autres répertoires afro-cubains ; leur nom seul ne suffit donc pas à identifier le genre d’un enregistrement.

La vidéo « Rumba Tap », publiée par Bis Music, permet de prolonger ce parcours dans une production audiovisuelle. Comparez ensuite les versions de la playlist : retenez une voix, une réponse du chœur ou un moment qui vous donne envie de relancer le morceau.

Los Muñequitos de Matanzas — Rumba Tap
Vidéo officielle · Bis Music. Pour poursuivre la découverte de l’ensemble et observer une autre manière de présenter la rumba à l’image.
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La playlist rumba cubaine de NEW KG : 20 enregistrements

Commencez par « Tributo a los grandes », passez par Los Papines et Los Muñequitos de Matanzas, puis revenez aux rencontres entre ensembles avec « 5 Raíces ». L’ordre proposé construit un parcours d’écoute ; il ne classe pas chaque morceau dans une seule case. Retrouvez la sélection complète sur le Spotify de NEW KG.

LA SÉLECTION NEW KG · 20 TITRES

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Voir les 20 titres de la playlist
  1. Tributo a los grandes
    Yoruba Andabo, Los Muñequitos De Matanzas, Clave y Guaguancó, Grupo Afrocuba de Matanzas, Los Papines
  2. No quiero problemas
    Los Muñequitos De Matanzas
  3. Soy el mulato rumbero
    Carlos Embale
  4. A mi no me toquen la campana
    Alberto Zayas
  5. La prueba del ritmo
    Clave y Guaguancó
  6. Baila mi Yambú
    Los Papines
  7. La Gitana
    Los Muñequitos De Matanzas
  8. Saludo de Matanzas
    Grupo Afrocuba de Matanzas
  9. Guaguanco sabroso
    Carlos Embale, Los Roncos Chiquitos
  10. Cada día peor
    Gregorio Hernández
  11. Yo soy el tonelero
    Clave y Guaguancó
  12. Mi Quinto
    Los Papines
  13. Yo vengo caminando
    Los Muñequitos De Matanzas
  14. La última rumba
    Alberto Zayas
  15. Elena la cumbanchera
    Carlos Embale
  16. Caridad
    Grupo Afrocuba de Matanzas
  17. Los Muñequitos
    Los Muñequitos De Matanzas
  18. La Historia de un Rumbero
    Los Papines
  19. Los Beodos
    Los Muñequitos De Matanzas
  20. 5 Raíces
    Yoruba Andabo, Los Muñequitos De Matanzas, Clave y Guaguancó, Grupo Afrocuba de Matanzas, Los Papines

POUR POURSUIVRE

Entrez dans le cercle, puis revenez écouter.

La première découverte peut tenir à une réponse du chœur ou à un mouvement. Retenez ce détail et cherchez l’enregistrement, l’ensemble et le contexte qui l’entourent. Yambú, guaguancó ou columbia : quelle porte d’entrée choisirez-vous pour votre prochaine écoute ?

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Grèce : du rebétiko à la pop, une odyssée musicale

NEW KG · FOCUS PAYS · GRÈCE

Racines & horizons

Des cordes du bouzouki aux productions électroniques : écouter un pays à travers ses héritages, ses grandes voix et ses nouvelles scènes.

Repères culturels · Vidéos · 20 titres sur Spotify

Un bouzouki, une terrasse et quelques pas de danse : l’image est familière. Elle raconte pourtant une petite partie des musiques de Grèce. Il faut aussi entendre les voix qui se répondent en Épire, les cordes frottées de Crète, les chansons populaires des villes, les textes devenus refrains collectifs et les productions qui circulent aujourd’hui entre pop, rock et électronique.

Ce Focus NEW KG propose un parcours pour relier ces univers sans les confondre. Du rebétiko à Marina Satti, de Domna Samiou à Σtella et Evita Manji, le fil conducteur est la transformation : ce que les artistes transmettent, ce qu’ils déplacent et ce qu’ils inventent. Notre playlist Spotify de 20 titres accompagne la découverte.

1. Musiques traditionnelles grecques : écouter les territoires

Parler de musique grecque au singulier efface une diversité essentielle. En Crète, la lyra est un instrument à archet : elle ne doit pas être confondue avec la lyre antique. Le laouto, à cordes pincées, appartient à un autre univers de timbres. Le bouzouki et le petit baglamas offrent encore d’autres couleurs. Le catalogue de l’association Domna Samiou permet de découvrir ces instruments dans leurs contextes régionaux.

Les musiques sont aussi des pratiques collectives. Lors des panigyria, fêtes locales souvent liées au calendrier religieux, le chant et la danse prennent place dans la vie des communautés. En Épire, le chant polyphonique donne à entendre plusieurs rôles vocaux complémentaires. Le programme La Caravane polyphonique a été sélectionné en 2020 au Registre des bonnes pratiques de sauvegarde de l’UNESCO : cette reconnaissance concerne le programme de transmission.

Ces héritages continuent de changer de cadre. Originaire d’Ioannina, le groupe Villagers of Ioannina City associe rock psychédélique et références musicales d’Épire. Zvara constitue une porte d’entrée vers ce travail de transformation. Le morceau invite à suivre une tradition lorsqu’elle rencontre une amplification et une énergie de groupe différentes.

À voir : Villagers of Ioannina City — Zvara. Publication du groupe : un prolongement rock des héritages d’Épire.
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2. Le rebétiko : une mémoire urbaine et populaire

Le rebétiko se développe dans les milieux populaires urbains au début du XXe siècle. Son histoire traverse les ports, les déplacements de populations et les circulations musicales entre la Grèce et l’Asie Mineure. Les arrivées de réfugiés dans les années 1920 contribuent à transformer ces scènes. Le Pirée est l’un de leurs lieux majeurs, sans être leur seule origine.

Les chansons abordent l’amour, l’absence, la précarité, l’exil ou les marges de la société. Une histoire seulement pittoresque laisserait de côté cette dimension sociale. Greek News Agenda retrace le passage du rebétiko des marges à une reconnaissance plus large, ainsi que le rôle de figures comme Markos Vamvakaris et Vassilis Tsitsanis.

L’inscription du rebétiko à l’UNESCO, en 2017 reconnaît une pratique vivante associant musique, chant, danse et transmission. Elle n’en fait pas un répertoire figé. Les interprétations et les lieux d’écoute continuent d’en renouveler le sens.

Pour comprendre : Rebetiko, film de présentation publié par l’UNESCO. Des repères sur les pratiques et leur transmission.
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3. Laïkó et éntekhno : quand la chanson rencontre la poésie

Deux termes reviennent souvent pour se repérer dans la chanson grecque. Le laïkó désigne un vaste champ de chanson populaire, dont les évolutions croisent notamment celles du rebétiko. L’éntekhno renvoie à une démarche de chanson composée qui accorde une place importante à la poésie. Ces catégories ont des frontières poreuses : elles servent à comprendre des trajectoires, pas à hiérarchiser les émotions.

Mikis Theodorakis et Manos Hadjidakis sont deux figures essentielles de ce dialogue. Avec Epitafios, enregistré en 1960 sur des poèmes de Yannis Ritsos, Theodorakis rapproche poésie, interprétation populaire et bouzouki. Le parcours du compositeur montre combien cet échange dépasse la seule musique de Zorba le Grec.

De son côté, Hadjidakis défend publiquement le rebétiko dès 1948 et développe une œuvre aux formes multiples. Ces compositeurs permettent d’entendre un lien durable entre écriture, mémoire collective et chanson. Dans notre sélection, Tis Dikeosinis Ilie Noite, interprété par Grigoris Bithikotsis, et Odos Oneiron offrent deux chemins pour poursuivre cette exploration.

À écouter : Tis Dikeosinis Ilie Noite, version du Mikis Theodorakis Orchestra publiée sur le canal officiel du compositeur. Enregistrement de concert, distinct de la version de la playlist.
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4. Grandes voix grecques : l’interprétation comme transmission

Une chanson change avec la personne qui la porte. Pour découvrir les grandes voix grecques, notre parcours rapproche Sotiria Bellou, Haris Alexiou, Eleftheria Arvanitaki et Domna Samiou. Ce sont quatre entrées dans des répertoires et des démarches différents, à découvrir au-delà d’une compilation de noms célèbres.

Dans la playlist, passez de Mi Mou Xanafygeis Pia à Panselinos, puis à la version en concert de Dynata. Prenez le temps de suivre les attaques, les silences et les changements d’intensité. Même sans comprendre le grec, cette attention permet de commencer à entendre le rôle de l’interprétation. Elle ne remplace pas le sens des paroles, qu’une traduction fiable viendra ensuite éclairer.

Le travail de collecte et de transmission associé à Domna Samiou rappelle aussi l’importance des personnes qui documentent les répertoires. Quant à Eleftheria Arvanitaki, sa collaboration avec Eleonora Zouganeli sur Rock Mpalanta, présentée sur son site officiel, prolonge cette idée de circulation entre les voix et les générations.

À voir : Eleftheria Arvanitaki & Eleonora Zouganeli — Rock Mpalanta. Clip officiel publié par Panik Records.
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5. Pop grecque actuelle : des héritages qui changent de forme

Marina Satti : faire circuler les références

Chez Marina Satti, les références grecques et balkaniques dialoguent avec la pop et les productions contemporaines. Cette démarche est décrite par son label Minos EMI et par la Fondation Onassis. Mantissa, paru en 2017, constitue un premier point d’entrée ; ZARI permet d’en ouvrir un autre.

L’intérêt de les rapprocher est de chercher ce qui se transforme : la place de la voix, l’organisation du rythme, la relation entre le collectif et la personne qui chante. Une scène contemporaine peut travailler ses références avec liberté, sans être tenue de présenter à chaque morceau un résumé du patrimoine national.

À voir : Marina Satti — Mantissa. Clip de 2017 publié sur la chaîne officielle de l’artiste.
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Σtella : une autre entrée dans la pop grecque

La scène actuelle passe également par Σtella. Son parcours chez Sub Pop relie une pop indépendante aux couleurs psychédéliques à des recherches personnelles. Up and Away, réalisé avec Redinho, figure dans notre sélection. Il ouvre un espace différent de celui de Marina Satti et rappelle qu’un même pays accueille plusieurs écritures pop.

Nous retenons aussi Belinda, single annoncé le 16 septembre 2026 et coproduit avec Rodaidh McDonald. La découverte peut ainsi faire dialoguer les repères d’un catalogue avec une parution récente, sans opposer systématiquement les anciennes et les nouvelles chansons.

À découvrir : Σtella — Belinda. Visualizer officiel ; single annoncé par Sub Pop le 16 septembre 2026.
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6. NEW KG Discovery : Evita Manji et les horizons électroniques

Pour déplacer encore le point d’écoute, notre sélection se termine avec Evita Manji. L’album Spandrel?, paru en 2023 chez PAN, relie écriture vocale, production électronique et formes expérimentales. Le label décrit notamment un travail sur le corps et l’autonomie, porté par une construction sonore qui traverse plusieurs univers.

Body/Prison est le titre retenu dans la playlist. Pour élargir la découverte, la publication audio de Vixen House est intégrée ci-dessous. L’exercice d’écoute est simple : suivre la manière dont la voix se place dans la production, puis revenir aux morceaux précédents. Ce rapprochement n’établit pas une filiation directe entre toutes ces musiques ; il permet de prendre la mesure de leurs différences.

Pour aller plus loin : Evita Manji — Vixen House, publication audio sur la chaîne Topic de l’artiste. Le titre choisi pour la playlist est Body/Prison.
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7. La playlist Spotify NEW KG : Grèce — Racines & horizons

Retrouvez 20 titres pour prolonger ce Focus sur le Spotify de NEW KG. La sélection va des repères du rebétiko aux grandes voix, puis à la pop, au rock et aux productions électroniques. Elle inclut aussi Vangelis, Monika et Melisses : un parcours de découverte, volontairement ouvert, plutôt qu’un classement définitif des musiques de Grèce.

LA SÉLECTION NEW KG · 20 TITRES

Grèce — Racines & horizons

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Les 20 titres de la sélection

  1. Markos Vamvakaris — Fragosiriani
  2. Vassilis Tsitsanis — Synnefismeni kyriaki
  3. Sotiria Bellou — Mi Mou Xanafygeis Pia – Remastered
  4. Stelios Kazantzidis — Yparxo – Remastered 2011
  5. Grigoris Bithikotsis — Tis Dikeosinis Ilie Noite
  6. Mikis Theodorakis — Zorba’s Dance
  7. Manolis Karantinis, Tania Tsanaklidou — Odos Oneiron
  8. Haris Alexiou — Panselinos
  9. Eleftheria Arvanitaki — Dynata – Live
  10. Domna Samiou — Karotseris
  11. Yannis Markopoulos, Nikos Xilouris — Agrimia Ki Agrimakia Mou
  12. Vangelis — Conquest of Paradise
  13. Monika — Over the Hill
  14. Melisses — To Kyma
  15. Marina Satti — Mantissa
  16. Marina Satti — ZARI
  17. Σtella, Redinho — Up and Away
  18. Σtella — Belinda
  19. Villagers of Ioannina City — Zvara
  20. Evita Manji — Body/Prison

Pour commencer : trois écoutes, trois découvertes

Choisissez d’abord un morceau dont vous connaissez déjà l’artiste. Écoutez ensuite un titre d’un univers différent, puis une découverte totale. Gardez une question pour chaque passage : qu’est-ce qui retient votre attention, qu’aimeriez-vous comprendre et qu’avez-vous envie de réécouter ?

Revenez enfin à un repère de l’article : un lieu, un instrument, une pratique ou un nom. Ce petit détour transforme une playlist en exploration. Vous n’avez pas besoin de tout connaître pour commencer ; prendre le temps de distinguer les contextes enrichit déjà l’écoute.

Sources & repères pour approfondir

Repères documentaires et liens contrôlés le 14 octobre 2026. Les intitulés des morceaux ci-dessus reprennent les versions présentes dans la playlist.

Rumba congolaise : de Kinshasa à Brazzaville, l’histoire d’un patrimoine musical mondial

NEW KG · RADAR GENRES

RUMBA
CONGOLAISE

Des deux rives du fleuve Congo au patrimoine musical mondial

La rumba congolaise n’est pas seulement une musique à danser. Elle est une mémoire urbaine, une manière de raconter l’amour et la société, et un langage partagé par la République démocratique du Congo et la République du Congo.

De Kinshasa à Brazzaville, des premiers orchestres aux grandes formations modernes, elle s’est construite par les circulations : celles des rythmes, des disques, des langues, des musiciens et des publics. Son histoire ne peut donc pas être réduite à une seule ville, une seule génération ou une filiation musicale simplifiée.

LA RUMBA CONGOLAISE EN CINQ REPÈRES

Territoires RDC et République du Congo
Capitales Kinshasa et Brazzaville
Reconnaissance Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2021
Langues Lingala, français et plusieurs langues congolaises
Signatures Guitares cycliques, chant narratif, polyrythmie et sebene

01 · PATRIMOINE

La rumba congolaise, patrimoine vivant des deux Congo

L’UNESCO définit la rumba congolaise comme un genre musical et une danse présents dans les espaces urbains de la République démocratique du Congo et de la République du Congo. Son inscription, en 2021, sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité consacre officiellement une réalité ancienne : cette musique appartient aux communautés des deux côtés du fleuve.

Cette reconnaissance ne transforme pas la rumba en objet figé. Elle rappelle au contraire qu’un patrimoine vit parce qu’il se transmet, se discute et se réinvente. La rumba accompagne les mariages, les deuils, les fêtes, les débats politiques et la vie quotidienne. Ses chansons peuvent durer plusieurs minutes, laisser le récit se déployer, puis ouvrir un espace où la guitare et la danse prennent le relais.

Vidéo : « La rumba, patrimoine vivant des deux Congo » — dossier UNESCO.

02 · ORIGINES

Un aller-retour musical entre Afrique centrale et Caraïbes

Dire que la rumba congolaise « vient de Cuba » est trop court. Au début du XXe siècle, des disques afro-cubains circulent en Afrique centrale et séduisent les publics de Léopoldville et Brazzaville. Le son cubain — souvent commercialisé sous l’étiquette générale de « rumba » — fournit des modèles de chant, de clave et d’arrangement. Mais ces musiques caribéennes portent elles-mêmes l’empreinte de traditions africaines déplacées par l’histoire de la traite atlantique.

Les musiciens congolais ne reproduisent donc pas simplement un modèle étranger : ils reconnaissent, transforment et réancrent ces sonorités dans leurs propres pratiques. Les rythmes locaux, le maringa, les langues congolaises, la guitare, les percussions et les façons de raconter produisent progressivement une esthétique nouvelle.

À retenir : la rumba congolaise naît d’une circulation atlantique et d’une création locale. Elle n’est ni une copie ni le produit d’une seule rive.

À Brazzaville, Paul Kamba fonde Victoria Brazza en 1941 et compte parmi les grands pionniers de la musique urbaine moderne. À Léopoldville, Wendo Kolosoy et le guitariste Henri Bowane enregistrent en 1948 « Marie-Louise », succès fondateur qui installe une nouvelle manière de faire dialoguer la voix et la guitare.

À écouter : Wendo Kolosoy — « Marie-Louise » (version originale, 1948).

03 · ESSOR

Orchestres, indépendances et rayonnement africain

Dans les années 1950, les maisons de disques, les radios, les bars-dancings et l’électrification des instruments accélèrent la transformation du genre. Les orchestres deviennent de véritables laboratoires : guitares entremêlées, contrebasse puis basse électrique, cuivres, percussions et chœurs organisent une musique à la fois sophistiquée et populaire.

Grand Kallé et l’African Jazz donnent à cette modernité une portée politique. Enregistré dans le contexte de la Table ronde de Bruxelles, « Indépendance Cha Cha » devient en 1960 un hymne panafricain. La chanson célèbre l’émancipation du Congo tout en faisant de la rumba un langage compris bien au-delà de ses frontières.

À la même période, les formations se croisent et se recomposent : African Jazz, Rock-a-Mambo, OK Jazz, puis Afrisa International et Les Bantous de la Capitale. Les artistes passent d’un orchestre à l’autre et circulent entre les deux capitales, rendant toute lecture strictement nationale incomplète.

À écouter : Grand Kallé & L’African Jazz — « Indépendance Cha Cha ».

04 · KINSHASA

La rumba comme chronique sentimentale et sociale

À Kinshasa, deux grandes écoles structurent durablement l’imaginaire de la rumba. Celle de Franco Luambo et du T.P. OK Jazz privilégie souvent une pulsation dense, des guitares profondes et une observation mordante de la société. Celle de Tabu Ley Rochereau et de l’Afrisa International met en avant l’élégance mélodique, la souplesse vocale et des arrangements ouverts aux influences internationales.

Autour d’eux, des compositeurs et interprètes comme Simaro Lutumba, Madilu System, Dr Nico ou Papa Noël enrichissent le vocabulaire du genre. La chanson devient un récit long : elle met en scène les couples, la jalousie, la dignité, l’argent, les rapports de pouvoir et les contradictions de la vie urbaine.

« Mario », enregistré par Franco et le T.P. OK Jazz en 1985, illustre cette force narrative. Derrière une mélodie immédiatement mémorisable se trouve le portrait satirique d’un homme instruit qui vit aux dépens d’une femme plus âgée. La rumba fait danser, mais elle observe aussi son époque.

À regarder : Franco & Le T.P. OK Jazz — « Mario », avec sous-titres.

05 · BRAZZAVILLE

Brazzaville, une rive indispensable à l’histoire de la rumba

L’histoire est parfois racontée presque exclusivement depuis Kinshasa. Pourtant, Brazzaville est un foyer essentiel de création. Après les pionniers comme Paul Kamba, des musiciens tels que Jean-Serge Essous, Nino Malapet, Ganga Édo et Célestin Kouka participent aux grands orchestres de l’époque avant de fonder, en 1959, Les Bantous de la Capitale.

Cette école brazzavilloise cultive l’élégance des cuivres, la précision des arrangements et une grande attention portée à la mélodie. Elle se prolonge chez Franklin Boukaka, Pamelo Mounk’a, Côme Moutouari et Youlou Mabiala, puis dans une autre esthétique avec Extra Musica. « Horizon 2000 », composé par Roga-Roga et porté vocalement par Doudou Copa, rappelle que le groupe ne se résume pas à ses génériques dansants.

Le fleuve Congo sépare administrativement deux pays, mais il fonctionne musicalement comme un axe de circulation. Des musiciens de Brazzaville ont joué dans des formations établies à Léopoldville, tandis que les œuvres enregistrées sur une rive étaient aussitôt adoptées sur l’autre.

À écouter : Les Bantous de la Capitale — « Rosalie Diop ».

06 · GRANDES VOIX

Les femmes ne sont pas une note de bas de page

Les récits de la rumba ont longtemps privilégié les chefs d’orchestre et guitaristes masculins. Pourtant, les chanteuses ont transformé les thèmes, les présences scéniques et les points de vue du genre. M’Pongo Love impose une voix indépendante et aborde frontalement les relations affectives, l’infidélité et la condition féminine. Son interprétation de « Ndaya » demeure l’un des grands classiques du répertoire.

Avec l’Afrisa International, Mbilia Bel devient ensuite l’une des voix les plus importantes de la musique africaine des années 1980. Son phrasé, sa présence et des titres comme « Nakei Nairobi » démontrent que les femmes ne sont pas simplement choristes ou muses : elles sont des interprètes centrales, capables d’incarner et de déplacer tout l’imaginaire de la rumba.

Cette histoire doit aussi rester ouverte à Lucie Eyenga, Abeti Masikini, Tshala Muana et aux nombreuses artistes contemporaines qui prolongent la musique congolaise dans d’autres directions.

À regarder : Mbilia Bel — « Nakei Nairobi ».

07 · ÉVOLUTIONS

Rumba, soukous, sebene et ndombolo : ne plus tout confondre

À partir des années 1970, Zaïko Langa Langa, Papa Wemba et plusieurs générations de groupes accélèrent les rythmes, allègent parfois les cuivres et donnent plus de place aux guitares. Le soukous puis le ndombolo prolongent cette histoire, mais les termes ne sont pas interchangeables.

Terme Ce qu’il désigne Repère d’écoute
Rumba congolaise Un genre fondé sur la mélodie, le récit vocal, les guitares cycliques et la danse. Une progression souvent patiente, où le texte garde une place centrale.
Sebene Une section instrumentale, pas un genre autonome. Les guitares se répètent et s’intensifient pour porter la danse.
Soukous Une évolution plus rapide et fortement tournée vers la danse. Guitares brillantes, tempo soutenu et sebene développé.
Ndombolo Un courant dansant popularisé dans les années 1990, avec une forte culture de l’animation. Batterie plus frontale, cris d’animation et chorégraphies identifiables.

Un même artiste peut enregistrer une rumba lente, un titre soukous et un générique ndombolo. C’est pourquoi NEW KG a sélectionné des morceaux précis plutôt que de classer automatiquement toute la discographie d’un artiste dans un seul genre.

Koffi Olomidé développe notamment le tcha-tcho, tandis que la galaxie Wenge renouvelle le son des années 1990. Werrason et JB Mpiana conservent de grandes rumbas dans leurs répertoires parallèlement aux morceaux plus dansants. Extra Musica accomplit un mouvement comparable à Brazzaville. Aujourd’hui, Fally Ipupa et Ferré Gola poursuivent cette culture de la longue chanson sentimentale dans un environnement numérique et international.

À regarder : Koffi Olomidé — « Fouta Djallon ».

08 · ÉCOUTER

La playlist NEW KG : 22 rumbas pour traverser les générations

Cette sélection relie les pionniers, les grands orchestres de Kinshasa et Brazzaville, les voix féminines, les classiques sentimentaux et plusieurs figures modernes. Écoutez-la dans l’ordre pour entendre les guitares, les arrangements et les façons de chanter évoluer au fil des décennies.

GUIDE D’ÉCOUTE NEW KG

  1. Commencez par suivre le récit et la manière dont la voix installe les personnages.
  2. Repérez le dialogue entre guitare solo, mi-solo, accompagnement et basse.
  3. Écoutez le moment où la chanson bascule vers le sebene.
  4. Comparez les arrangements de Kinshasa et de Brazzaville sans les opposer artificiellement.
  5. Terminez par les générations modernes pour entendre ce que la rumba conserve et transforme.

CONCLUSION

Écouter la rumba, c’est écouter une histoire en mouvement

La rumba congolaise relie les générations sans effacer leurs différences. Elle a accompagné les indépendances, raconté la vie des villes, fait circuler le lingala sur le continent et donné à la guitare congolaise une influence mondiale. Surtout, elle rappelle qu’une culture peut être profondément enracinée tout en restant ouverte aux échanges.

Pour poursuivre l’exploration, choisissez un morceau ancien et un morceau contemporain de la playlist. Comparez la place du texte, la durée de l’introduction, le rôle des guitares et l’arrivée du sebene. Vous entendrez moins une rupture qu’une conversation entre les époques.

Quelle rumba congolaise occupe une place particulière dans votre histoire ?

Partagez son titre avec NEW KG et transmettez cette sélection à une personne qui devrait découvrir les deux rives du fleuve Congo.

Sources et ressources

Kizomba : le rythme du lien, des racines angolaises aux nouvelles voix



NEW KG  /  RADAR GENRES  /  29 SEPTEMBRE 2026

Une musique que l’on écoute, une danse que l’on partage, une histoire qui continue de circuler.

La kizomba évoque souvent un couple sur une piste de danse. Mais que raconte le morceau avant le premier pas ? Une pulsation, une voix, une façon d’habiter le silence : derrière cette proximité se trouve une histoire musicale née en Angola et façonnée par des rencontres. Elle s’est transmise dans les fêtes, les foyers, les diasporas et les studios, sans cesser de changer de son.

Cette semaine, NEW KG prend le temps de remonter aux racines, d’écouter quelques titres qui ont marqué différentes époques et de découvrir des voix plus récentes. À chaque étape, une vidéo prolonge la lecture ; la playlist Spotify réunit ensuite les morceaux pour une écoute sans interruption.

La kizomba ne se résume pas à la proximité de deux danseurs : elle raconte aussi les musiques que l’Angola a créées, partagées et fait voyager.

De l’Angola à la fête

Le mot kizomba vient du kimbundu et signifie « fête » ou « célébration ». Cette idée de rassemblement est un bon point de départ : avant de désigner un répertoire que l’on classe aujourd’hui par genre, la musique accompagne des moments partagés. Elle prend forme en Angola à la fin des années 1970 et au début des années 1980, dans le prolongement du semba et au contact d’influences extérieures, dont le zouk des Antilles françaises.

Ce croisement n’efface pas la contribution des musiciens angolais. Il explique plutôt comment un rythme peut changer de couleur quand les artistes retravaillent la cadence, la mélodie et la place laissée au chant. Eduardo Paim et son groupe SOS comptent parmi les figures qui ont aidé à structurer et à diffuser ce son. Leur album Luanda, Minha Banda, paru en 1992, est souvent cité comme un jalon de cette histoire.

La kizomba a ensuite voyagé avec les artistes et les communautés lusophones. Sa reconnaissance comme patrimoine culturel immatériel national par l’Angola en 2024 rappelle une chose essentielle : cette musique et cette danse appartiennent d’abord à une histoire culturelle vivante, avant d’être des tendances sur les réseaux.

À voir : une vidéo sur l’histoire de la kizomba publiée par l’ambassade d’Angola. Ouvrir la vidéo.

Quatre choses à écouter dans un morceau

Il n’existe pas une seule formule sonore pour toutes les chansons réunies autour de la kizomba. Pour entrer dans l’écoute, on peut néanmoins prêter attention à quatre éléments qui changent notre façon de ressentir un titre :

  1. La pulsation. Elle installe le mouvement sans forcément chercher la vitesse. Essayez de la suivre quelques secondes avant de vous concentrer sur la voix : le morceau paraît déjà différent.
  2. La basse. Plus grave, elle donne du poids à la cadence. C’est souvent elle que le corps perçoit d’abord, même lorsque l’oreille retient surtout le refrain.
  3. La voix. Timbre, langue, adresse amoureuse ou récit personnel : la manière de chanter fait de chaque titre une conversation particulière avec celles et ceux qui l’écoutent.
  4. L’espace. Une pause dans le chant, un instrument qui répond ou un accent inattendu peuvent donner envie de suspendre le pas, puis de le reprendre autrement.

Écoutez par exemple « Bo Tem Mel » de Nelson Freitas et C4 Pedro une première fois pour le refrain, puis une deuxième fois pour ce qui se passe en dessous des voix. Cette collaboration fait entendre un dialogue entre sensibilités cap-verdiennes et angolaises, ainsi qu’une production ouverte à la pop.

À écouter et regarder : Nelson Freitas & C4 Pedro, « Bo Tem Mel » (vidéo officielle). Voir sur YouTube.

Cinq titres pour remonter le fil

La première moitié de notre sélection traverse plusieurs moments. Avec Eduardo Paim et « A Minha Vizinha », on revient vers une voix associée à la consolidation du genre. Don Kikas et « Na Lama do Amor » rappellent une autre manière angolaise de porter le romantisme, avec une présence vocale qui compte autant que l’élan de la piste.

Kaysha et « Something Going On » déplacent ensuite l’écoute vers un espace plus largement international. Le refrain circule aisément d’une scène à l’autre, tandis que la vidéo donne une place centrale à la danse. Puis Anselmo Ralph avec « Não Me Toca » et Nelson Freitas avec C4 Pedro sur « Bo Tem Mel » ouvrent le dialogue avec les couleurs R&B et pop des années 2010.

Ces morceaux ne relèvent pas tous de la même esthétique, et c’est le sens de ce parcours. Les écouter ensemble permet d’entendre les parentés, les différences et les échanges entre la kizomba et les scènes qui l’entourent, sans attribuer à une seule étiquette toute la musique lusophone.

À voir : Kaysha, « Something Going On », sur la chaîne de l’artiste. Voir sur YouTube.

2024–2026 : des voix qui écrivent la suite

Une histoire musicale ne s’arrête pas à ses classiques. En 2024, Liriany et Cláudio Fénix proposent « Choro da Alma », une chanson où l’émotion du récit se place au premier plan. La même année, Landrick signe « DESILUSÃO ». Deux propositions distinctes qui rappellent qu’une sélection récente se découvre aussi par la personnalité de ses interprètes, pas seulement par un tempo.

Le parcours se poursuit avec « Agulha No Palheiro » d’Edgar Domingos et « Cama Vazia » de Black Spygo, Anna Joyce et Black Vision en 2025, puis « Toda Hora » de Lurhany et Teo No Beat en 2026. D’une production à l’autre, les voix et les arrangements se déplacent. La continuité ne tient pas à un son figé : elle passe aussi par la liberté des artistes d’inventer leur propre langage.

Le visualizer de « Choro da Alma » invite à écouter ce que la voix raconte. Regarder le visage d’un interprète, puis revenir au morceau les yeux fermés : voilà deux façons très différentes d’entrer dans une même chanson.

À voir : Liriany feat. Cláudio Fénix, « Choro da Alma » (visualizer officiel). Voir sur YouTube.
À ÉCOUTER · PLAYLIST NEW KG

Kizomba : le rythme du lien

Dix morceaux pour passer des repères historiques aux voix récentes. Lancez la playlist et laissez chaque chanson raconter sa propre histoire.

Le lecteur ne s’affiche pas ? Ouvrir la playlist sur Spotify.

La musique et le pas, ensemble

La diffusion de la kizomba a aussi suivi les rencontres : d’Angola vers d’autres pays africains lusophones, puis vers le Portugal et les pistes européennes. À chaque étape, de nouvelles pratiques ont pris forme. Certaines gardent un lien direct avec les manières de danser angolaises ; d’autres s’en écartent davantage. Les distinguer aide à respecter les origines tout en comprenant pourquoi la danse continue d’évoluer.

Sur une piste, regarder seulement les figures fait parfois manquer l’essentiel : la manière dont les partenaires écoutent la musique et réagissent l’un à l’autre. Un changement de direction peut répondre à une phrase musicale ; un pas plus simple peut laisser respirer la voix. La danse ne raconte pas le morceau à sa place. Elle lui répond.

La vidéo publiée par l’ambassade d’Angola offre une dernière occasion de voir cette culture en mouvement. Après l’avoir regardée, revenez à la playlist : quel titre vous donne envie de chercher le pas, et lequel préférez-vous simplement écouter ?

À voir : un montage vidéo consacré à la kizomba, publié par l’ambassade d’Angola. Ouvrir la vidéo.

Quel morceau vous a fait découvrir la kizomba ? Partagez votre souvenir avec @newkgofficial.

Sources et repères : Ambassade d’Angola — Kizomba Roots ; gouvernement angolais — reconnaissance patrimoniale de 2024 ; vidéos publiées par l’ambassade et sur les chaînes des artistes, liées sous chaque lecteur.

LAAZY : de Reims à BIG L, le parcours d’un artiste qui refuse les cases

NEW KG • EST-CE QUE TU ME CONNAIS ?
Portrait • LAAZY

LAAZY : construire sa voie sans jamais entrer dans une seule case

Rap, R&B, chant, expérimentation, scène, entrepreneuriat culturel :
depuis Reims, LAAZY construit un parcours qui refuse les frontières trop simples.
De SoundCloud à SIO 2, de BIG L à MUCHLUV,
il raconte à NEW KG comment sa vie est progressivement devenue
la matière première de son œuvre.

Avant LAAZY

Chez LAAZY, il n’y a jamais eu une seule musique.
Il y en a eu plusieurs, très tôt :
variété francophone, rumba congolaise,
musiques centrafricaines, hip-hop,
rock, métal, électro, indie ou encore house.
Un mélange absorbé au fil d’une famille
où chacun apportait ses propres références.

01 • Reims, la famille et les premiers textes

Grandir dans un brassage musical permanent

Son premier rapport à la musique passe par sa famille.
Ses parents écoutent de la variété française et francophone,
mais également de la rumba congolaise avec des noms comme
Extra Musica, Papa Wemba ou Koffi Olomide,
ainsi que des titres centrafricains.

Dernier d’une fratrie, LAAZY se décrit comme
« le bout de l’entonnoir » :
celui qui reçoit les influences de tout le monde.

Ses frères et sa sœur élargissent encore le spectre.
Hip-hop, R&B, soul, pop, électro, métal,
rock indépendant, folk ou musique expérimentale :
à l’époque de MCM, MTV, des premiers MP3,
d’Emule et de LimeWire, LAAZY absorbe tout.

“

Ma source était déjà riche.

L’écriture apparaît elle aussi très tôt.
Il raconte sa vie sur Word dès l’enfance,
écrit des poèmes au collège,
expérimente ses premières confrontations rap dans la cour
puis écrit son premier véritable texte au lycée.

C’est à ce moment-là que LAAZY naît.

@drac.mp5

SoundCloud : apprendre sans être attendu

Avant même de publier ses propres titres,
LAAZY expérimente avec son frère
Kuroi Payne.
Guitare, refrains, harmonies et premiers enregistrements :
sa voix finit par apparaître sur SoundCloud.

Quelques années plus tard,
il publie ses premiers morceaux seul.
Puis arrive « Alien ».

Sans préparation ni campagne,
le morceau dépasse les 10 000 écoutes.
Une première démonstration que sa musique
peut voyager bien au-delà de son environnement immédiat.

« J’ai compris que ma musique pouvait toucher le plus grand nombre
même si j’étais dans une petite ville de province
et que peu importe ce que je pouvais proposer,
c’est l’authenticité de la proposition qui serait retenue. »

SoundCloud devient un laboratoire :
un espace pour publier,
tester,
recommencer
et créer sans devoir répondre aux attentes d’une industrie.

@drac.mp5

02 • Le déclic

Carto Blaster : quand la passion devient un projet

En 2017, le dispositif Carto Blaster,
porté par La Cartonnerie à Reims,
marque un tournant.

Déjà repéré localement,
LAAZY devient lauréat du dispositif.
L’accompagnement lui permet de mieux comprendre
le démarchage des médias,
celui des salles,
certains aspects techniques,
mais aussi d’accéder à de nouvelles scènes.

C’est surtout à ce moment
qu’il prend conscience de son rapport au live.

« J’ai compris que je voulais faire ça toute ma vie. »

Dans le public, certaines personnes connaissent déjà ses paroles.
D’autres les reprennent rapidement.
Cette énergie va progressivement modifier
sa manière de penser ses morceaux.

Une part importante de sa musique est désormais également conçue
avec la scène en tête.

03 • Construire LAAZY

Le problème n’était pas de choisir entre rapper et chanter

Aujourd’hui, mélanger chant et rap semble presque naturel.
Lorsque LAAZY commence pourtant à développer son projet,
cette polyvalence est moins facilement comprise.

Ses influences sont trop nombreuses
pour qu’il accepte de se limiter à une discipline.
Il apprend à chanter tout en apprenant à rapper.

Au début, cette liberté lui est régulièrement reprochée.

Il affine alors son écriture,
améliore sa technique,
expérimente différentes directions
et finit par trouver une forme
où chant et rap peuvent réellement cohabiter.

La vraie bascule

« Satisfaire les autres avant moi dans mon art,
ce n’est pas la direction que j’ai souhaité prendre. »

Une discographie comme mémoire de vie

Pour comprendre les changements de LAAZY,
il faut regarder ses projets
comme autant de photographies de périodes vécues.

MADNESS — la dépression.

Summer Is Over — la mélancolie d’une vie appréciée mais passée.

RED MOON — le cri de l’ego et l’appel de la scène.

BLUE LAGOON — le point de départ d’un éveil.

BUBBLE — l’expérimentation.

Days Before Starlight — le tunnel du flow.

BUBBLE II — la purge, la mise à nu.

Ses projets deviennent ainsi des mémoires musicales :
des archives de périodes qui participent toutes
à construire autant l’individu que l’artiste.

@drac.mp5

Écouter LAAZY

Entrez dans sa discographie

De ses premières expérimentations à SIO 2,
découvrez les projets qui racontent les différentes étapes de son parcours.

04 • BIG L

Celui qui ne perd jamais

Avec Days Before Starlight,
une nouvelle facette apparaît :
BIG L.

Pas simplement un personnage.
Plutôt une version de lui-même
capable d’exprimer plus frontalement
ce que LAAZY retenait encore.

BIG L est celui qui en a assez
de ne pas être entendu,
vu ou reconnu à sa juste valeur.

C’est aussi celui qui refuse d’abandonner
lorsque les résultats n’arrivent pas immédiatement.

« Celui qui ne baisse pas les bras quand le résultat escompté n’arrive pas,
qui considère que la répétition est la cousine de la réussite. »

BIG L devient même son identité sur les réseaux :
une manière de ne pas oublier
qui il est
et ce qu’il veut montrer au monde.

Déconstruire pour continuer

Son arrivée à Paris ouvre pourtant une période
beaucoup plus complexe.

Départ du foyer familial,
construction d’une vie à deux,
arbitrages financiers,
projet musical et manque de connexions directes
avec les grands médias :
LAAZY doit repenser son rapport à la musique.

Il fréquente des artistes,
des événements
et certains acteurs de l’industrie,
tout en ayant parfois l’impression
de ne pas appartenir totalement au « club ».

« Ne pas faire de musique, c’est comme ne pas respirer. »

05 • Summer Is Over 2

De la douleur à la nostalgie

En 2019, le premier Summer Is Over
naît dans une période de rupture.

LAAZY sort d’une longue relation,
mais également d’une période dépressive.
À 21 ans, il ressent davantage le besoin de dire
que celui d’être compris.

Lorsqu’il revient à cet univers avec
SIO 2,
la temporalité a changé.

Il ne crée plus uniquement par nécessité.
Il prend le temps de faire mûrir le projet,
de concentrer ses intentions
et d’aller à l’essentiel.

« J’ai vécu pleinement des années qui ont filé comme un voyage
et dont le souvenir subsiste dans la nostalgie
et plus dans la douleur. »

Le projet reste profondément lié
à l’introspection,
la spiritualité,
la mémoire
et la manière dont le temps transforme la douleur en souvenir.

À voir

Découvrez le dernier clip de LAAZY

Une autre porte d’entrée dans son univers musical et visuel.

06 • Connexion avant collaboration

Avec Mak Kitah, l’humain vient avant le featuring

LAAZY fait peu de collaborations.

Avec Mak Kitah,
présent notamment sur « Carry On »,
la relation dépasse largement la musique.

Il le décrit comme un frère,
une source de joie,
une inspiration
et le premier artiste MUCHLUV.

« Ce qui fait la vraie connexion artistique,
c’est la connexion humaine au-delà de la musique elle-même. »

Une collaboration prend davantage de sens
lorsqu’elle repose sur des valeurs communes,
de l’estime,
une véritable connexion
et l’envie de partager un moment.

Écrire moins, mais avec davantage d’intention

Son rapport à l’écriture évolue également.

LAAZY confie écrire de moins en moins
et développer une nouvelle manière
de rapper plus intentionnellement.

Il continue néanmoins de vouloir
raconter,
créer une atmosphère
et provoquer une émotion.

@drac.mp5

07 • Au-delà de l’artiste

LAAZY n’est plus seulement un artiste : c’est un projet

Comment faire cohabiter création,
événements,
organisation
et développement culturel ?

Sa réponse tient en trois verbes :
s’organiser, s’entourer et déléguer.

Organisateur depuis 2017,
il a progressivement appris
à identifier les compétences,
les rôles
et les personnes nécessaires autour de lui.

« Celui qui dit qu’on se fait tout seul a menti.
On a besoin les uns des autres. »

LAAZY considère désormais son identité
comme un projet complet,
dont chaque facette doit avoir
sa propre organisation en coulisses.

08 • Construire autrement

Pour les indépendants, créer une vraie communauté

Lorsqu’on lui demande ce qui manque encore
aux artistes indépendants,
LAAZY pointe d’abord la nécessité
d’un esprit de communauté plus fort.

Il appelle également à davantage d’acteurs
réellement investis dans le développement des artistes,
mais aussi à une meilleure compréhension
des aspects administratifs et professionnels du métier.

Pour lui, le terme « indépendant »
recouvre aujourd’hui des réalités extrêmement différentes :
artistes débutants,
projets hors labels
ou simplement personnes souhaitant construire leur carrière autrement.

LAAZY défend également une meilleure transmission entre générations :
partager davantage les informations,
les codes,
les expériences
et les connaissances pour aider les artistes à construire
des parcours plus durables.

Dans cinq ans

Un label, un festival… et la Centrafrique

Lorsque LAAZY se projette dans cinq ans,
ses ambitions dépassent sa seule carrière personnelle.

Ouvrir son label.
Développer son festival.
Organiser des événements culturels et musicaux
partout en France et à l’étranger.
Et créer en Centrafrique
un environnement permettant à davantage de talents
de développer leurs projets.

Conclusion

Ne pas choisir entre les différentes versions de soi

Pendant longtemps,
la polyvalence de LAAZY a pu sembler difficile à classer.

Avec le recul,
c’est précisément cette impossibilité de choisir
entre plusieurs influences,
plusieurs façons de créer
et plusieurs rôles
qui raconte le mieux son parcours.

Il y a l’enfant nourri de rumba congolaise,
de variété,
de rock et de hip-hop.
Le lycéen qui écrit ses premiers textes.
Le jeune artiste qui expérimente sur SoundCloud.
Le performeur révélé par Carto Blaster.
LAAZY.
BIG L.
L’organisateur.
L’entrepreneur culturel.

Derrière toutes ces versions,
une même idée persiste :
continuer d’avancer
même lorsque la reconnaissance n’arrive pas immédiatement.

@drac.mp5
La vision de LAAZY

« Rendre au berceau du monde
ce qu’il nous a apporté. »

NEW KG • Est-ce que tu me connais ?

Derrière LAAZY, combien de versions d’un même artiste reste-t-il encore à découvrir ?

Un parcours où chaque projet devient une archive de vie,
chaque évolution une nouvelle possibilité
et chaque détour une manière supplémentaire
de construire sa propre voie.

◎
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Continuez l’histoire avec BIG L

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retrouvez LAAZY sur Instagram et suivez les prochaines étapes
de son univers.


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Drum and bass : des racines britanniques aux scènes mondiales

NEW KG · RADAR GENRES ·

DRUM & BASS

Des racines britanniques aux scènes mondiales

Des breaks rapides, une basse qui déplace l’air et une histoire forgée par la rave, la jungle et les cultures sound system. NEW KG suit les trajectoires d’un genre devenu mondial sans perdre la mémoire de ses fondations.

On reconnaît souvent la drum and bass avant même de savoir la nommer. Une batterie semble courir à toute vitesse, tandis qu’une basse profonde ralentit paradoxalement le corps. Entre les deux, une voix, une nappe ou un silence peut ouvrir un espace inattendu. Cette tension entre vitesse et profondeur constitue l’une des grandes forces du genre.

La drum and bass n’est pourtant pas une formule unique. Elle peut être mélodique, abrasive, lumineuse, minimale ou euphorique. Elle se raconte à travers les clubs, les radios pirates, les labels indépendants, les MC, les productrices et producteurs, mais aussi à travers les villes qui l’ont adoptée et transformée.

Dans ce Radar Genres, NEW KG revient sur ses racines britanniques, décrypte son langage sonore et suit sa circulation jusqu’au Brésil et au Sri Lanka. La playlist « Drum & Bass — Global Frequencies | NEW KG » prolonge ce voyage en vingt titres, entre classiques, mélodies, énergie club et découvertes internationales.

Notre angle : écouter la drum and bass comme un langage en mouvement — né au Royaume-Uni, façonné par des héritages noirs et caribéens, puis réinterprété bien au-delà de ses frontières.

1. Des raves britanniques à la jungle : une histoire de croisements

Au début des années 1990, le Royaume-Uni vit l’explosion des raves et du breakbeat hardcore. Des productrices, producteurs et DJ accélèrent des rythmes issus du funk et du hip-hop, renforcent les basses héritées du dub, puis font dialoguer ces matières avec le reggae, le dancehall, la techno et la house. Londres et Bristol jouent un rôle majeur, mais l’histoire se construit dans tout un réseau de clubs, de fêtes, de boutiques de disques et de radios pirates.

La culture sound system caribéenne apporte bien davantage qu’une basse puissante : elle transmet une manière d’occuper l’espace, de faire circuler les dubplates, de dialoguer avec un MC et de tester un morceau directement face au public. Dans la Grande-Bretagne noire et multiculturelle, ces pratiques rencontrent l’énergie rave. La jungle émerge de ce bouillonnement.

Jungle et drum and bass ne se rangent pas dans deux boîtes parfaitement séparées. Leurs histoires se chevauchent. Au milieu des années 1990, l’expression « drum and bass » se généralise tandis que certaines productions deviennent plus épurées, atmosphériques ou techniques. Mais la continuité reste profonde : mêmes breaks retravaillés, même culture de la basse et mêmes racines communautaires.

Quelques repères permettent d’entendre cette transformation : Lennie De Ice avec « We Are I.E. », Shy FX et UK Apache avec « Original Nuttah », Goldie et Diane Charlemagne avec « Inner City Life », LTJ Bukem avec « Horizons », puis Roni Size / Reprazent avec « Brown Paper Bag ». Ces morceaux ne résument pas le genre ; ils montrent à quel point ses fondations étaient déjà diverses.

Repères historiques : histoire des breakbeats par MusicRadar · portrait de Lennie De Ice dans The Guardian · documentaire The Rest Is History présenté par UKF.

Écouter et regarder : UK Apache with Shy FX — Original Nuttah 25
Une réactivation du classique de 1994, publiée sur la chaîne officielle de Shy FX. Ouvrir sur YouTube.

2. Que faut-il écouter dans un morceau de drum and bass ?

Le tempo se situe fréquemment entre 160 et 180 battements par minute, souvent autour de 170 à 175. Pourtant, la sensation ne vient pas seulement de la vitesse. La grosse caisse, la caisse claire et les silences créent des appuis qui peuvent faire entendre un mouvement plus ample, presque à mi-temps, pendant que les détails de la batterie filent autour d’eux.

Les producteurs découpent, déplacent et recomposent des breakbeats. Le plus célèbre est l’Amen break, un court passage de batterie joué par Gregory C. Coleman sur « Amen, Brother » des Winstons en 1969. Son importance est immense, mais la créativité de la jungle et de la drum and bass repose précisément sur la manière de transformer ces sources : changer leur vitesse, isoler une frappe, inverser un fragment ou construire une nouvelle syncope.

Quatre éléments pour guider l’oreille
Élément Ce qu’il produit
Breaks La vitesse, la syncope et la signature rythmique du morceau.
Sub-bass Une profondeur physique, parfois plus ressentie qu’entendue.
Espace Des respirations, des ruptures et une tension avant le retour du rythme.
Voix et textures Une dimension soul, dub, pop, cinématographique ou expérimentale.

Exercice d’écoute : suivez d’abord la caisse claire, puis recommencez le morceau en vous concentrant uniquement sur la basse. La drum and bass révèle souvent deux vitesses émotionnelles à la fois.

Écouter et regarder : Goldie — Inner City Life
La voix de Diane Charlemagne, les cordes et les breaks montrent combien la vitesse peut porter une forte charge émotionnelle. Ouvrir sur YouTube.
Écouter et regarder : Roni Size / Reprazent — Brown Paper Bag
Une porte d’entrée vers le versant organique et collectif de la drum and bass de Bristol. Ouvrir sur YouTube.

3. Liquid, jungle, dancefloor, neurofunk : quatre sensibilités, des frontières ouvertes

Les sous-genres servent de cartes, pas de murs. Un même artiste peut changer d’approche d’un disque à l’autre, et un morceau peut emprunter à plusieurs familles. Ces quatre repères correspondent aux sensibilités retenues dans la playlist NEW KG.

Des repères d’écoute, non des règles absolues
Sensibilité À écouter Repères
Jungle Breaks très découpés, basses dub, samples reggae ou dancehall, énergie rude et joueuse. Shy FX, Remarc, Nia Archives
Liquid Harmonies soul ou jazz, voix, nappes et mélodies qui laissent davantage respirer le morceau. Calibre, Lenzman, IYRE
Dancefloor Montées franches, refrains lisibles et impacts pensés pour les grandes scènes et les foules. Sub Focus, Wilkinson, Dimension
Neurofunk Basses sculptées, textures sombres, précision technique et tension presque mécanique. Noisia, Mefjus, Black Sun Empire

La trajectoire de Nia Archives rappelle que la jungle n’est pas seulement un patrimoine à conserver. Elle peut accueillir une écriture intime, une voix pop et une sensibilité contemporaine tout en restant connectée à l’énergie des breaks. À l’autre extrémité du spectre, les architectures sonores de Noisia ont montré jusqu’où la précision des basses et du design sonore pouvait pousser le genre.

Écouter et regarder : Nia Archives — Baianá
Une jungle nouvelle génération, immédiate et mélodique, traversée par un motif vocal brésilien. Ouvrir sur YouTube.

4. Un langage mondial : de l’Europe au Sri Lanka

La drum and bass s’est rapidement exportée, mais elle ne s’est pas simplement reproduite à l’identique. Chaque scène a développé ses réseaux, ses labels, ses soirées et ses accents. La Belgique de Netsky, l’Autriche de Camo & Krooked ou les Pays-Bas de Noisia ont chacune contribué à élargir le vocabulaire européen du genre.

Cette carte continue de s’étendre. Des artistes comme gyrofield ou IMANU brouillent les frontières entre drum and bass, bass music et création électronique expérimentale. Ils montrent qu’un tempo ou une structure rythmique peut devenir un terrain de recherche plutôt qu’une limite.

Depuis Colombo, le producteur sri-lankais IYRE, alias Sasith Gamage, développe une drum and bass atmosphérique et émotionnelle. Sa présence dans notre sélection est essentielle : elle décentre le regard et rappelle que l’histoire actuelle du genre s’écrit aussi depuis des territoires rarement placés au centre des récits électroniques.

À lire : IYRE et la scène sri-lankaise dans UKF · entretien avec IYRE dans Mixmag.

Écouter et regarder : IYRE & Breezy Lee — Lament
Une rencontre entre atmosphère cinématographique, voix et pulsation liquid. Ouvrir sur YouTube.

5. Le pont Royaume-Uni–Brésil : quand la basse rencontre le samba-rock

À la fin des années 1990 et au début des années 2000, le Brésil devient l’un des foyers internationaux les plus singuliers de la drum and bass. À São Paulo, les disques britanniques circulent déjà, mais des DJ et producteurs locaux les font dialoguer avec leurs propres mémoires musicales.

DJ Marky, XRS et DJ Patife jouent un rôle central dans cette circulation. Avec « LK (Carolina Carol Bela) », DJ Marky et XRS transforment un fragment de « Carolina Carol Bela », enregistré par Toquinho et Jorge Ben, en une ligne lumineuse portée par les breaks et la basse. La version avec Stamina MC devient un morceau-passerelle : un titre capable de relier les clubs britanniques à une culture musicale brésilienne plus vaste.

L’étiquette « sambass » a servi à nommer cette rencontre, mais elle ne doit pas réduire la scène brésilienne à une seule couleur. Drumagick, DJ Patife, S.P.Y, Bungle, L-Side, Level 2 ou Alibi ont exploré des approches soulful, rolling, minimales ou plus techniques. Le Brésil ne constitue pas une parenthèse exotique dans l’histoire du genre : il en est l’un des laboratoires internationaux.

Le morceau-pont du carrousel : DJ Marky & XRS feat. Stamina MC — « LK (Carolina Carol Bela) ». Une rencontre qui illustre parfaitement le thème NEW KG de la semaine : l’énergie traverse les frontières, mais elle porte toujours une histoire.

Pour prolonger : DJ Marky raconte la création de « LK » à DJ Mag · entretien de DJ Marky avec Mr Bongo.

Écouter et regarder : DJ Marky & XRS feat. Stamina MC — LK
La version publiée par Planet V / V Recordings, avec Stamina MC. Ouvrir sur YouTube.

6. Par où commencer ? Quatre portes d’entrée

Il n’est pas nécessaire de tout comprendre avant d’écouter. Choisissez simplement l’énergie qui vous attire aujourd’hui, puis suivez les collaborations, les labels et les albums autour du morceau.

01 · Les fondations

Shy FX & UK Apache, Goldie, Roni Size / Reprazent. Pour entendre la jungle, l’émotion et le groove collectif.

02 · Le versant mélodique

Calibre, Lenzman, IYRE. Pour les voix, les harmonies soul et la profondeur atmosphérique.

03 · L’énergie club

Sub Focus, Wilkinson, Camo & Krooked. Pour les montées, l’impact et l’euphorie collective.

04 · Les nouvelles directions

Nia Archives, IMANU, gyrofield. Pour les formes hybrides, les ruptures et les futurs possibles.

Le réflexe NEW KG : écoutez un titre jusqu’au bout avant de changer de catégorie. Dans la drum and bass, la narration passe souvent par une rupture, un silence ou une variation qui n’arrive qu’après plusieurs minutes.

La playlist : Drum & Bass — Global Frequencies | NEW KG

Des fondations jungle britanniques aux scènes mondiales : Goldie, Roni Size, DJ Marky, Calibre, Nia Archives, IYRE et bien d’autres. Liquid, jungle, dancefloor et neurofunk sont réunis dans une sélection signée NEW KG.

Le parcours de vingt titres est organisé comme une progression : cinq classiques, cinq morceaux mélodiques, cinq titres orientés club, puis cinq découvertes et scènes internationales. Lancez la lecture dans l’ordre pour suivre le récit, ou choisissez directement la porte d’entrée qui vous ressemble.

Ouvrir la playlist dans Spotify

La vitesse attire. La profondeur fait rester.

De la jungle britannique aux paysages liquid du Sri Lanka, des laboratoires sonores néerlandais au samba-rock réinventé par DJ Marky et XRS, la drum and bass avance parce qu’elle sait transformer ses héritages.

Quel morceau vous a fait découvrir la drum and bass ? Partagez-le avec NEW KG et transmettez à votre tour une fréquence.

Afro-house : origines, artistes incontournables et playlist NEW KG

NEW KG · RADAR GENRES ·

AFRO-HOUSE

Des scènes sud-africaines aux dancefloors mondiaux

Des percussions qui dialoguent, des voix qui restent, des histoires qui circulent. NEW KG explore les racines et les multiples expressions d’un genre en mouvement.

Un rythme s’installe. Une voix apparaît, puis revient tandis que les percussions déplacent doucement les appuis. Le morceau avance par couches, par respirations, par petites variations. Avant même de connaître son nom, on peut entrer dans l’afro-house par cette expérience : sentir comment un groove transforme l’espace autour de soi.

L’afro-house relie une pulsation héritée de la house à des approches rythmiques, vocales et mélodiques développées par des scènes africaines et leurs diasporas. L’Afrique du Sud occupe une place centrale dans cette histoire. Clubs, radios, producteurs, chanteuses et chanteurs y ont construit des langages qui se prolongent aujourd’hui bien au-delà de leurs lieux d’origine.

Pour ce Radar Genres, NEW KG propose un parcours en six étapes : comprendre les origines de l’afro-house, identifier quelques repères sonores, rencontrer des artistes et apprendre à écouter leurs différences. Dix titres prolongent la découverte dans notre playlist Spotify.

Notre fil conducteur : suivre la musique avec celles et ceux qui la créent. La sélection relie afro-house, héritages soulful et une ouverture vers le 3-step.

1. Qu’est-ce que l’afro-house et d’où vient-elle ?

La house s’enracine dans les scènes sud-africaines au fil des années 1980 et 1990. Les disques circulent, les DJ les adaptent à leurs publics et les productions locales prennent leur place. Le kwaito, la deep house et la soulful house participent à cet environnement musical. L’histoire de l’afro-house se comprend à travers ces échanges, plutôt qu’en cherchant une date de naissance unique.

À l’écoute, quelques repères reviennent : une pulsation régulière, des percussions imbriquées, une basse qui soutient le mouvement, des voix ou des motifs mélodiques qui structurent le morceau. Leur dosage change d’un titre à l’autre. Certains privilégient le chant ; d’autres développent longuement une texture ou une tension rythmique.

Cette diversité est essentielle. Une percussion ne suffit pas à raconter une tradition entière. S’intéresser à l’artiste, à son environnement et à ses collaborations donne du sens à ce que l’on entend.

Premier repère : « Webaba » de Culoe De Song. Dans la version de notre playlist, Busi Mhlongo figure également parmi les artistes crédités. Sa présence rappelle la place des voix dans ces circulations musicales.

Repères historiques : Zepherin Saint raconte l’afro-house dans Bandcamp Daily, 10 février 2021 · histoire de la house sud-africaine par DJ Mag.

Écouter et regarder : Culoe De Song — Webaba
Une autre porte d’entrée dans « Webaba », ici dans l’édition Webaba EP. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : Culoe De Song — Topic / Innervisions.

2. Black Coffee, Culoe De Song, Da Capo : des repères pour commencer

Black Coffee constitue une porte d’entrée majeure vers la house sud-africaine. Son parcours de DJ, ses productions et le travail mené autour de Soulistic Music ont contribué à faire circuler cette scène auprès de nouveaux publics. Cette visibilité repose aussi sur un tissu de collaborations et de talents à découvrir.

Avec « Superman », en compagnie de Bucie, nous retenons un héritage soulful : une manière de placer la voix au cœur de l’écoute et de faire cohabiter chanson et culture club. Pour prolonger ce repère, passez à « Found You » de Da Capo avec Berita, puis à « Osama » de Zakes Bantwini et Kasango.

Ces titres forment trois points de départ. Écoutez successivement la voix, la basse et les percussions ; repérez ensuite ce que chaque production choisit de laisser respirer. Le parcours devient plus riche lorsque l’on suit autant les chanteuses et chanteurs que les producteurs.

Culoe De Song, Da Capo et Black Coffee permettent ainsi de découvrir différentes sensibilités au sein d’un même paysage musical. Leurs discographies et leurs collaborations sont autant de chemins pour poursuivre la découverte.

Pour situer cette scène : entretien de Black Coffee avec Pitchfork, 14 septembre 2016.

Écouter et regarder : Black Coffee feat. Bucie — Superman · Africa Rising
Une performance issue d’Africa Rising pour prolonger le repère soulful de cette partie. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : Soulistic Agency / SoulisticMusicTV.

3. Afro-house, afro-tech et amapiano : quelles différences ?

Ces noms se croisent dans les programmations et les playlists. Ils désignent pourtant des approches que l’on gagne à distinguer. Les frontières restent poreuses : un artiste peut explorer plusieurs esthétiques, et un morceau peut se situer à leur rencontre.

Trois familles, quelques repères d’écoute
Style Ce que l’on peut écouter
Afro-house Pulsation house, jeux de percussions, motifs vocaux ou mélodiques et construction du groove.
Afro-tech Une proximité avec l’afro-house, associée à des textures électroniques et à des influences techno plus marquées.
Amapiano Un langage sud-africain distinct, avec des claviers, des basses percussives de type log drum et des syncopes caractéristiques.

Le tempo seul ne permet pas de classer un titre. La construction de la basse, les accents rythmiques, les timbres et l’usage de la voix apportent d’autres indices. Les mots employés par les artistes pour décrire leur travail comptent également.

Thakzin ouvre ici une passerelle vers le 3-step avec « The Magnificent Dance ». Ce choix élargit volontairement notre parcours d’écoute. Il invite à entendre comment des influences voisines peuvent donner naissance à une proposition propre.

Repères : afro-tech · amapiano · Thakzin et sa discographie sur Resident Advisor.

Écouter et regarder : Thakzin — The Magnificent Dance
Écoutez la manière dont les accents rythmiques redistribuent la sensation de mouvement. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : Thakzin — Topic / Sondela Recordings.

4. De Luanda à Lisbonne : les circulations de l’afro-house

Les scènes se développent aussi au fil des déplacements, des rencontres et des réseaux de labels. Le parcours de DJEFF relie notamment Lisbonne, où il est né, et Luanda, où il s’installe en 2008. La création de Kazukuta Records participe ensuite à la diffusion de ses productions et d’autres artistes.

Dans notre sélection, « Zugu Zugu », avec Zakes Bantwini, offre un point d’entrée vers cette trajectoire. Suivre les crédits permet de passer d’un producteur à une voix, puis à d’autres disques et à d’autres scènes.

Boddhi Satva, originaire de République centrafricaine, développe pour sa part une approche qu’il nomme Ancestral Soul. « Ngnari Konon », avec Oumou Sangaré, permet d’explorer ce dialogue entre production électronique et identité vocale.

Ces parcours invitent à regarder la carte avec précision. Les collaborations relient des territoires tout en conservant des signatures personnelles. Un nom, une voix, une langue ou un label donnent à l’écoute des points d’ancrage concrets.

Parcours des artistes : DJEFF · Boddhi Satva sur Resident Advisor.

Écouter et regarder : Boddhi Satva feat. Oumou Sangaré — Ngnari Konon
Le clip prolonge la rencontre entre production et voix abordée dans cette partie. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : BBE Music.

5. DESIREE et Kitty Amor : une scène au pluriel

Explorer l’afro-house demande de varier les points de vue. DESIREE, DJ et productrice sud-africaine, revendique une écoute ouverte : dans son entretien avec DJ Mag, elle décrit des sets nourris de plusieurs styles, tout en affirmant son attachement à la house de son pays. Nous retenons « Intersexy » pour entrer dans son univers.

Kitty Amor construit de son côté des liens entre les musiques électroniques africaines et la scène britannique. Son activité de DJ et son label Mahaba Music donnent une place à la sélection, à la production et à la transmission. « Solitude » accompagne le lancement du label en 2023.

Ces deux trajectoires permettent d’aborder la scène à travers plusieurs rôles : produire, choisir les disques, créer des espaces d’écoute et accompagner d’autres artistes. Le regard s’élargit lorsqu’on s’intéresse à ce travail autant qu’à la notoriété d’un nom.

Pour prolonger le parcours, notre playlist accueille également Nitefreak et Emmanuel Jal avec « Gorah ». Là encore, la collaboration constitue un point de départ : deux noms à suivre et deux univers à découvrir au-delà d’un seul morceau.

À lire : entretien de DESIREE avec DJ Mag, 13 février 2024 · annonce de Mahaba Music par Defected, 1er novembre 2023.

Écouter et regarder : Kitty Amor — Solitude
Un repère musical pour découvrir le projet porté par Kitty Amor. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : Kitty Amor — Topic / Mahaba Music.

6. Comment écouter l’afro-house et prolonger la découverte ?

Commencez par un morceau entier. Laissez-lui le temps d’installer son mouvement, puis revenez sur un passage qui vous a marqué. Un même titre peut se révéler différemment selon que l’on suit la voix, la ligne de basse ou les éléments qui apparaissent en arrière-plan.

Passez ensuite aux crédits. Identifiez les artistes invités, le label et la version que vous écoutez : original, edit, remix ou enregistrement live. Ce détail facilite les recherches et permet de reconnaître le travail de chaque personne.

Construisez enfin votre propre prolongement : un album du producteur, un titre de la chanteuse ou du chanteur invité, puis une autre sortie du label. En quelques écoutes, une chanson devient le début d’une exploration.

Le réflexe NEW KG : lorsque vous partagez un titre, mentionnez aussi ses collaborations. Pour « Gorah », associez Nitefreak et Emmanuel Jal. Pour « Found You », gardez Da Capo et Berita ensemble.

Écouter et regarder : Nitefreak & Emmanuel Jal — Gorah
La version publiée par Nitefreak pour mettre ce parcours d’écoute en pratique. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : Nitefreak, chaîne officielle.

La playlist afro-house NEW KG : 10 titres pour continuer

Afro-House — Le groove en mouvement | NEW KG réunit les dix titres de ce Radar Genres. Le parcours associe des repères afro-house, un héritage soulful et une ouverture vers le 3-step. Retrouvez la playlist sur le Spotify de NEW KG et enregistrez-la pour prolonger l’écoute.

Ouvrir la playlist dans Spotify

Les titres et les artistes de la playlist
Artistes Titre
01. Black Coffee, Bucie Superman
02. Culoe De Song, Busi Mhlongo Webaba
03. Da Capo, Berita Found You
04. Zakes Bantwini, Kasango Osama
05. DJEFF, Zakes Bantwini Zugu Zugu
06. Boddhi Satva, Oumou Sangaré Ngnari Konon
07. DESIREE Intersexy
08. Kitty Amor Solitude
09. Nitefreak, Emmanuel Jal Gorah
10. Thakzin The Magnificent Dance
Ouverture vers le 3-step

Le groove ouvre la porte. La curiosité prolonge le voyage.

Pour votre prochaine écoute, choisissez un titre de la playlist, retenez les noms de ses artistes et découvrez une autre œuvre de chacun. C’est une manière simple de transformer une envie de danser en rencontre musicale.

Quel producteur, quelle productrice ou quelle voix ajouteriez-vous à ce Radar Genres ? Partagez votre découverte en commentaire.

Kompa haïtien : histoire, artistes et playlist d’un groove sans frontières

NEW KG · Radar Genres

Kompa haïtien :
le groove sans frontières qui fait danser le monde

Né en Haïti dans les années 1950, le kompa est devenu bien plus qu’un rythme : une danse sociale, une mémoire collective et un langage musical qui relie Port-au-Prince, la Caraïbe et les diasporas.

Il suffit de quelques mesures pour reconnaître son mouvement : une pulsation régulière, une basse qui avance avec assurance, des guitares syncopées et cette sensation de fluidité qui invite immédiatement à danser. Pourtant, derrière cette apparente évidence se trouve une histoire de plus de soixante-dix ans, faite d’innovations, de grands orchestres, de transmissions familiales et de voyages.

Du travail fondateur de Nemours Jean-Baptiste aux succès générationnels de Carimi, jusqu’aux nouvelles expressions portées par Enposib, Kenny Haiti, Rutshelle Guillaume ou Joé Dwèt Filé, le kompa n’a jamais cessé de se transformer. Son histoire raconte aussi celle d’Haïti : sa créativité, ses migrations, sa capacité à transmettre et à réinventer sa culture.

Le kompa en quatre repères

Origine : Haïti, au milieu des années 1950.

Figure fondatrice : Nemours Jean-Baptiste et son orchestre, notamment l’Ensemble aux Calebasses.

Identité : musique de danse, pratique sociale et culture transmise entre les générations.

Reconnaissance : inscription du compas d’Haïti sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO en 2025.

Une musique née pour faire danser Haïti

L’histoire du compas direct se cristallise en 1955, lorsque Nemours Jean-Baptiste développe avec son orchestre une nouvelle manière d’interpréter et d’organiser les musiques de danse haïtiennes. Dans le Port-au-Prince des années 1950, les orchestres évoluent au contact de la méringue haïtienne, du twoubadou, des rythmes de la Caraïbe, des musiques cubaines et dominicaines ainsi que du jazz.

Le kompa ne surgit donc pas comme une formule figée. Il se construit progressivement, au fil des bals, des arrangements et des enregistrements. La régularité de sa pulsation facilite la danse, tandis que les musiciens enrichissent sa texture avec le tanbou, les percussions, la contrebasse puis la basse électrique, l’accordéon, les cuivres, les guitares, l’orgue et les claviers. Cette évolution est documentée dans l’histoire du compas direct publiée par Konpa.info.

À voir — Nemours Jean-Baptiste et l’héritage orchestral des premières décennies du compas direct.

Comment reconnaître le son du kompa ?

Le kompa possède de nombreuses variantes, mais plusieurs éléments permettent d’identifier son centre de gravité musical.

Une pulsation régulière

Le tempo maintient une continuité qui accompagne la danse et permet au morceau de développer son groove sans rupture brutale.

Le dialogue de la basse et des percussions

La basse donne la profondeur et l’élan, tandis que le tanbou, les congas, la cloche et les autres percussions façonnent la dynamique du morceau.

Des guitares syncopées

Le jeu de guitare participe fortement à la sensation de mouvement. Il soutient le rythme, répond aux claviers et crée cette fluidité immédiatement reconnaissable.

Des arrangements collectifs

Cuivres, claviers, voix principales et chœurs construisent un son d’ensemble. Même lorsque la production devient numérique, la logique du groupe et du bal demeure essentielle.

À voir — Une initiation aux pas de base pour comprendre comment la pulsation régulière du kompa guide le mouvement.

Des grands orchestres au kompa nouvelle génération

L’évolution du kompa peut se lire comme une succession de formats. Les grands ensembles des années 1950 accordent une place importante aux cuivres et aux percussions. À partir du milieu des années 1960, le mouvement mini-jazz privilégie des formations plus compactes et met davantage en avant les guitares électriques.

Dans les années 1970, les « full bands » modernisent les arrangements avec des sections de cuivres et des claviers plus présents. Les décennies 1980 et 1990 voient ensuite se développer le kompa nouvelle génération et les productions numériques. Aujourd’hui, les formations live cohabitent avec des créations nourries de R&B, de pop, de hip-hop, d’afrobeats ou de musique électronique, sans abandonner la pulsation centrale du genre.

Cette capacité d’adaptation explique la longévité du kompa. Chaque époque modifie les textures, mais le lien entre danse, mélodie et communion reste intact.

À voir — Enposib illustre la manière dont une formation contemporaine renouvelle les textures du kompa sans abandonner son centre rythmique.

Les pionniers et les grandes figures

Nemours Jean-Baptiste demeure la figure fondatrice du compas direct. À ses côtés, Webert Sicot développe la cadence rampa et participe à l’effervescence musicale haïtienne de l’époque. Les groupes mini-jazz, notamment Les Shleu-Shleu, contribuent ensuite à redéfinir le format des orchestres.

Coupé Cloué impose un style où la guitare, le récit et l’humour occupent une place centrale. Tabou Combo devient l’un des grands ambassadeurs internationaux du kompa, tandis que System Band marque les années 1980 par ses arrangements, ses claviers et son travail sur le groove.

Dans les années 1970 et 1980, des groupes comme Skah Shah, Zin ou Zenglen accompagnent aussi la circulation du kompa dans la diaspora. Un panorama publié par WYSO le 19 mars 2025 souligne notamment le rôle de Tabou Combo, Skah Shah, System Band, Zenglen, Carimi et Harmonik dans les différentes phases de cette évolution.

À voir — « New York City », un classique de Tabou Combo et un repère essentiel dans l’internationalisation du kompa.

Carimi et l’élan des années 2000

Formé à New York autour de Carlo Vieux, Richard Cavé et Mickael Guirand, Carimi devient l’un des emblèmes du kompa des années 2000. Le groupe parle directement à une génération partagée entre Haïti et la diaspora, avec des mélodies immédiates, des productions modernes et des textes capables de mêler sentiments, fête et regard sur le pays.

Le titre Ayiti (Bang Bang) reste indissociable de cette identité. Carimi démontre qu’un groupe de kompa peut conserver la force du live tout en dialoguant avec la pop, le R&B, le hip-hop et les sonorités caribéennes de son époque.

Autour de cette période, T-Vice et Djakout Mizik participent eux aussi à l’énergie de la nouvelle génération. Plus tard, Nu-Look, Klass et Harmonik consolident la place du kompa romantique et des grandes formations dans les communautés haïtiennes du monde.

À écouter et à voir — « Ayiti (Bang Bang) », morceau manifeste de Carimi et de la génération kompa des années 2000.

Une nouvelle génération sans frontières

Le kompa contemporain ne se limite plus à un seul format. Enposib apporte une écriture moderne et une sensibilité urbaine. Kenny Haiti, Bedjine et K-Dilak Mesaje a s’adressent à de nouveaux publics grâce aux plateformes numériques. Rutshelle Guillaume affirme la place des voix féminines dans l’espace musical haïtien.

Joé Dwèt Filé, artiste franco-haïtien, contribue quant à lui à rapprocher kompa, R&B et pop urbaine. Le succès de 4 Kampé montre que les codes du genre peuvent circuler auprès d’un public très large, y compris parmi des auditeurs qui découvrent alors l’histoire musicale d’Haïti.

À voir — « 4 Kampé » de Joé Dwèt Filé, exemple récent de circulation du kompa entre héritage haïtien et pop urbaine francophone.

Kompa et zouk : proches, mais distincts

Le kompa et le zouk sont régulièrement confondus, notamment parce qu’ils partagent une histoire caribéenne, des circulations d’artistes et un même attachement à la danse. Pourtant, ils ne désignent pas la même musique.

Le kompa naît en Haïti au milieu des années 1950. Le zouk se développe plus tard dans les Antilles françaises, particulièrement à travers le travail de Kassav’. Le kompa a nourri l’environnement musical qui accompagne l’émergence du zouk, mais chaque genre possède ses propres racines, ses accents rythmiques, ses traditions de scène et son histoire culturelle.

Les deux genres dialoguent, s’influencent et se rencontrent, sans perdre leurs identités respectives.

À voir — Kassav’ et « Zouk la sé sèl médikaman nou ni », pour entendre l’identité propre du zouk et mieux saisir son dialogue avec le kompa.

Le kompa, patrimoine culturel immatériel de l’humanité

En 2025, le compas d’Haïti a été inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette reconnaissance met en valeur une pratique qui associe musique, danse, sociabilité, transmission et sentiment d’appartenance.

Elle rappelle surtout que le patrimoine n’est pas immobile. Il vit dans les répétitions, les bals, les fêtes familiales, les studios, les concerts, les écoles de danse et les playlists. La fiche officielle peut être consultée sur le site du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

À voir — La présentation officielle du compas d’Haïti comme pratique musicale, dansée et sociale inscrite au patrimoine culturel immatériel.

À écouter

NEW KG — Kompa : le groove haïtien sans frontières

Dix titres pour voyager des fondations du compas direct aux nouvelles voix qui font aujourd’hui circuler le groove haïtien.

La sélection

  1. Nemours Jean-Baptiste — Ti-Carole
  2. Coupé Cloué — Myan Myan
  3. Tabou Combo — New York City
  4. Carimi — Ayiti (Bang Bang)
  5. T-Vice — Toi et moi
  6. Harmonik — Incroyable
  7. Klass — Lajan Sere
  8. K-Dilak Mesaje a & Bedjine — Pouki’n Te Marye
  9. Enposib — Mwen avè’w
  10. Joé Dwèt Filé — 4 Kampé

Pourquoi le kompa continue-t-il de rassembler ?

Parce qu’il possède une double force. Il est assez structuré pour être immédiatement reconnaissable, mais assez ouvert pour accueillir les sons et les sensibilités de chaque génération. Il peut être romantique, festif, politique, mélancolique ou spectaculaire. Il peut vivre dans un grand orchestre, un morceau numérique, une fête familiale ou une scène internationale.

Surtout, le kompa relie. Il rapproche celles et ceux qui vivent en Haïti et dans la diaspora, les anciens et les plus jeunes, les musiciens et les danseurs. Sa modernité tient précisément à cette capacité : évoluer sans rompre avec son cœur rythmique.

À voir — Rutshelle Guillaume incarne une scène kompa contemporaine capable de toucher les publics haïtiens et internationaux.

FAQ

Questions fréquentes sur le kompa haïtien

Qui a créé le kompa ?

Nemours Jean-Baptiste est reconnu comme la figure fondatrice du compas direct, développé en Haïti à partir de 1955 avec son orchestre.

Faut-il écrire kompa, konpa ou compas ?

« Compas » correspond à la graphie française historique. « Konpa » ou « kompa » sont couramment employés en créole haïtien et à l’international. Les trois formes renvoient au même univers culturel, même si les usages varient.

Quelle est la différence entre le kompa et le zouk ?

Le kompa est né en Haïti dans les années 1950. Le zouk s’est développé plus tard dans les Antilles françaises. Les deux genres ont dialogué et se sont influencés, mais ils conservent des histoires et des identités rythmiques distinctes.

Où écouter la playlist kompa de NEW KG ?

La playlist « Kompa : le groove haïtien sans frontières » est disponible directement dans cet article et sur le profil Spotify de NEW KG.

À vous de faire vivre le groove

Quel groupe ou quel titre kompa a marqué votre histoire ? Partagez votre souvenir avec NEW KG, enregistrez notre sélection et transmettez ce patrimoine musical autour de vous.

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Focus Canada : un pays, plusieurs voix

NEW KG • Focus pays • Canada

Entre traditions autochtones, chanson francophone, rap de Toronto, pop mondiale, rock et country, le Canada cultive une scène musicale à plusieurs voix. NEW KG explore cet héritage, ses figures majeures et les talents qui écrivent aujourd’hui la suite de son histoire.

Focus Canada :
un pays, plusieurs voix

Illustration du Focus Canada de NEW KG avec une feuille d’érable, un disque vinyle et les paysages nocturnes de Toronto et Montréal.
De Toronto à Montréal, NEW KG explore les multiples visages de la musique canadienne, entre héritages culturels, grandes figures internationales et nouveaux talents.

Des récits transmis depuis des générations aux refrains qui dominent les plateformes mondiales, la musique canadienne ne suit pas une seule trajectoire. Elle avance par territoires, langues, héritages et métissages, de Montréal à Toronto, des Prairies au Grand Nord.

Une géographie musicale

Le Canada ne possède pas un son unique — et c’est précisément sa force

Réduire la musique canadienne à quelques superstars serait passer à côté de l’essentiel. Le pays rassemble des traditions des Premières Nations, des Inuit et des Métis, des histoires francophones profondément enracinées au Québec et ailleurs, des héritages folk, celtiques et country, ainsi que des scènes urbaines nourries par les migrations successives.

Cette pluralité s’entend dans les langues, les accents, les instruments et les manières de raconter le territoire. Elle explique pourquoi le Canada peut faire émerger, dans un même mouvement, une icône de la chanson francophone, une superstar du rap, un groupe rock, une voix autochtone contemporaine ou un phénomène pop international.

NEW KG Insight

Comprendre la musique canadienne, ce n’est pas chercher une identité sonore unique. C’est écouter la manière dont plusieurs identités coexistent, dialoguent et rayonnent.

Aux origines

Des histoires qui se chantent avant de devenir une industrie

Premières Nations, Inuit et Métis

Les peuples autochtones du territoire aujourd’hui appelé Canada possèdent des traditions musicales diverses, liées aux communautés, aux langues, aux cérémonies, aux récits et aux territoires. Les artistes contemporains prolongent, transforment ou réinterprètent aujourd’hui ces héritages selon leurs propres démarches.

Francophonies canadiennes

La chanson québécoise occupe une place centrale, mais elle ne résume pas toute la francophonie du pays. Les cultures acadienne, franco-ontarienne et les autres communautés francophones participent elles aussi à cette mosaïque vivante.

Folk, country et migrations

Violon, folk, country, rock, jazz, reggae, rap, R&B et musiques électroniques racontent aussi les circulations humaines. Chaque grande ville et chaque région ont développé leurs propres scènes, clubs, radios et réseaux.

Pour aller plus loin : artistes autochtones influents au Canada et la diversité des francophonies canadiennes.

Une scène, plusieurs identités

Six portes d’entrée dans la musique canadienne

Chanson francophone

Céline Dion, Charlotte Cardin, Lou-Adriane Cassidy.

Pop internationale

Tate McRae, Justin Bieber, Nelly Furtado.

Rap et R&B

Drake, The Weeknd, Daniel Caesar.

Rock et indie

The Beaches, Arcade Fire, Alanis Morissette.

Country et folk

Shania Twain, Joni Mitchell, Cameron Whitcomb.

Créations autochtones contemporaines

Elisapie, Aysanabee, Siibii.

Héritage

Les voix qui ont ouvert la voie

Joni Mitchell — “Big Yellow Taxi”
Une référence majeure du folk et de l’écriture musicale, capable de transformer l’intime et l’observation du monde en chansons durables.

Leonard Cohen — “Suzanne”
Une œuvre où la chanson rejoint la poésie, portée par une voix immédiatement reconnaissable.

Gilles Vigneault — “Mon pays”
Une figure essentielle de la chanson québécoise et de son rapport à la langue, au territoire et à la mémoire.

Oscar Peterson — “Hymn to Freedom”
Un pianiste majeur de l’histoire du jazz, dont la virtuosité a largement dépassé les frontières canadiennes.

Céline Dion — “Pour que tu m’aimes encore”
Une voix québécoise devenue emblématique dans l’espace francophone puis sur la scène internationale.

Shania Twain — “Man! I Feel Like a Woman!”
Une artiste qui a contribué à faire circuler la country-pop auprès d’un public mondial.

Du Canada au monde

Drake, Toronto et une nouvelle géographie du rap mondial

Né à Toronto, Drake est devenu l’un des artistes canadiens les plus visibles de sa génération. En mêlant rap, R&B, mélodies et introspection, il a participé au rayonnement international d’une esthétique intimement associée à Toronto. Son parcours a contribué à déplacer le regard porté sur la ville : d’espace périphérique dans l’imaginaire du hip-hop, elle s’est affirmée comme l’un de ses pôles majeurs.

Mais cette conquête mondiale prend plusieurs formes. The Weeknd a développé une identité entre R&B, pop et électronique ; Justin Bieber a grandi sous le regard du public international ; Nelly Furtado, Avril Lavigne et Alanis Morissette ont accompagné différentes évolutions de la pop et du rock ; Céline Dion a montré qu’une artiste issue du Québec pouvait s’imposer dans plusieurs langues.

Titre repère

Drake — “God’s Plan”

Repère biographique : Drake dans L’Encyclopédie canadienne.

Le Canada musical aujourd’hui

Une nouvelle génération qui redéfinit les codes

La scène actuelle confirme cette diversité. Tate McRae porte une pop pensée à l’échelle internationale. Daniel Caesar poursuit une écriture R&B intime. The Beaches impose une énergie rock directe. Lou-Adriane Cassidy renouvelle la chanson francophone. Aysanabee explore un univers alternatif ancré dans son parcours. Debby Friday déplace les frontières de l’électronique, tandis que Cameron Whitcomb incarne une nouvelle génération country.

Repère • JUNO Awards 2026

Tate McRae a remporté le Single de l’année avec “Sports car”, l’Album de l’année et l’Album pop de l’année avec So Close To What, ainsi que le titre d’Artiste de l’année. The Beaches a été sacré Groupe de l’année et a remporté l’Album rock de l’année ; Aysanabee a remporté les catégories Album alternatif et Artiste ou groupe autochtone contemporain ; Lou-Adriane Cassidy a obtenu l’Album francophone de l’année.

Source : palmarès officiel des JUNO Awards 2026.

À suivre

Spotlight et Discovery NEW KG

Spotlight

Tate McRae

La pop canadienne qui s’impose

Tate McRae incarne une génération capable d’unir performance, identité visuelle et circulation mondiale. Son palmarès aux JUNO Awards 2026 confirme la place qu’elle occupe désormais au premier plan de la pop canadienne.

Titre à écouter : “Sports car”.

Discovery

Siibii

Une voix crie à découvrir

Siibii, artiste queer et non binaire, est originaire de la Nation crie de Mistissini, dans le nord du Québec. Sa pop sensible relie identité, écriture personnelle et héritage cri. Cette trajectoire rappelle que découvrir le Canada musical, c’est aussi écouter les voix autochtones qui racontent le présent selon leurs propres termes.

Titre à écouter : “Stars”.

Source : Gord Downie & Chanie Wenjack Fund.

À écouter

La playlist NEW KG — Focus Canada

Dix titres pour relier les grandes voix, la pop contemporaine, le rap, le rock, la country, la chanson francophone et les créations autochtones du Canada.

01Céline Dion — Pour que tu m’aimes encore

02Drake — God’s Plan

03The Weeknd — Cry For Me

04Lou-Adriane Cassidy — Dis-moi dis-moi dis-moi

05Tate McRae — Sports car

06The Beaches — Blame Brett

07Aysanabee — Edge Of The Earth

08Elisapie — Uummati Attanarsimat (Heart of Glass)

09Cameron Whitcomb — Options

10Siibii — Stars

Playlist disponible sur le Spotify de NEW KG.

Le regard de NEW KG

Un pays qui ne cesse de réinventer sa voix

L’influence mondiale du Canada ne repose pas uniquement sur quelques artistes célèbres. Elle vient de sa capacité à laisser cohabiter plusieurs récits : les langues autochtones, le français, l’anglais, les histoires migratoires, les scènes locales et les ambitions internationales.

De Céline Dion à Drake, de Tate McRae à Siibii, cette sélection dessine un paysage volontairement pluriel — une invitation à écouter le Canada au-delà des frontières, mais aussi au-delà des évidences.

Quel artiste canadien vous accompagne depuis toujours ?

Enregistrez la playlist, partagez votre titre préféré et abonnez-vous à NEW KG pour découvrir nos prochains Focus pays.

NEW KG • Focus musique

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Focus Australie : des racines ancestrales aux nouvelles scènes musicales

Des traditions musicales des Premières Nations aux nouvelles scènes pop, rock, hip-hop et électro, l’Australie cultive une identité sonore aussi riche que contrastée. Découvrez les artistes qui façonnent son histoire et prolongez le voyage avec la playlist Focus Australie de NEW KG.

Focus Australie : des racines ancestrales aux nouvelles scènes musicales

Focus Australie NEW KG : musicien jouant du didgeridoo, désert, vinyle, Sydney et concert nocturne.
Des traditions musicales des Premières Nations aux scènes pop, rock et électro contemporaines, découvrez les multiples visages de la musique australienne.

Terre de contrastes, l’Australie possède une scène musicale aussi vaste que son territoire. Des cultures musicales des Premières Nations à la pop internationale, du rock psychédélique à l’électro, le pays a développé une identité plurielle qui voyage aujourd’hui bien au-delà de ses frontières.

Pour ce nouveau Focus musique, NEW KG explore les héritages, les transformations et la nouvelle génération d’une scène capable de faire dialoguer mémoire, innovation et liberté artistique.

Une histoire musicale aux racines profondes

L’histoire musicale de l’Australie ne commence pas avec l’industrie du disque. Bien avant l’arrivée des musiques occidentales, les peuples aborigènes et insulaires du détroit de Torres transmettaient déjà leurs récits, leurs territoires et leurs savoirs par le chant, le rythme, la danse et les cérémonies. Ces traditions ne forment pas un répertoire unique : elles reflètent la diversité de nombreuses nations, langues et communautés.

Cette présence demeure essentielle dans la création australienne contemporaine. Avec Yothu Yindi, la rencontre entre héritage yolngu, rock et sonorités dansantes a marqué un tournant. Le titre Treaty, proposé ici dans sa version Radio Mix, reste un symbole fort : une musique capable de faire entendre une revendication politique tout en touchant un très large public.

Des artistes devenus des références mondiales

L’Australie a aussi exporté des artistes qui ont profondément marqué la pop et les musiques alternatives. Kylie Minogue incarne cette capacité à traverser les époques sans perdre son identité. Avec Padam Padam, elle prolonge une trajectoire faite de pop, de dance et de réinvention permanente.

The Avalanches ont, de leur côté, repoussé les frontières de la production musicale. Leur morceau Since I Left You résume une approche fondée sur le collage, l’échantillonnage et la construction d’un univers sonore foisonnant. Plus tard, Tame Impala a donné une nouvelle dimension internationale au psychédélisme australien. Sur Borderline, textures électroniques, groove et mélancolie s’entremêlent dans un son immédiatement reconnaissable.

Pop, électro et nouvelles circulations

La scène australienne actuelle ne se laisse enfermer dans aucun genre. Troye Sivan transforme la pop en espace d’expression, de mouvement et d’affirmation personnelle. Got Me Started illustre cette énergie dansante et contemporaine qui relie musique, performance et culture visuelle.

Dans un autre registre, Dom Dolla confirme la place importante de l’Australie dans les musiques électroniques internationales. Dreamin (feat. Daya) associe efficacité club et sens de la mélodie, avec une production pensée pour circuler des écouteurs aux grandes scènes.

Spotlight : Miss Kaninna

Miss Kaninna fait partie des voix qui donnent une nouvelle profondeur à la scène australienne. À la croisée du rap, du chant et d’une énergie électronique abrasive, elle impose une présence directe, politique et résolument actuelle.

Avec Pinnacle Bitch, l’artiste affirme sa puissance sans chercher à l’adoucir. Son écriture, son interprétation et son identité visuelle participent à l’émergence d’une génération qui revendique sa place tout en renouvelant les codes des musiques urbaines australiennes.

Une nouvelle génération sans frontières

Autour de cette scène déjà reconnue se développe une génération particulièrement libre. Ninajirachi explore une électronique vive et imaginative avec iPod Touch. Folk Bitch Trio mise sur les harmonies vocales et une écriture indie-folk singulière dans The Actor.

Le producteur Young Franco fait quant à lui circuler le son australien entre funk, hip-hop et électronique. Sur Fallin’ Apart, en collaboration avec Denzel Curry et Pell, il construit un pont naturel entre la scène locale et les artistes internationaux.

Le regard NEW KG

La force de la musique australienne réside dans ses contrastes. Elle peut être ancestrale et futuriste, intime et spectaculaire, profondément locale tout en étant immédiatement accessible au reste du monde.

Ce Focus Australie ne cherche donc pas à résumer un pays en un seul son. Il propose plutôt un voyage entre les générations, les genres et les identités : de Yothu Yindi à Miss Kaninna, de Kylie Minogue à Ninajirachi, chaque titre raconte une facette différente de cette scène en mouvement.

La playlist NEW KG — Focus Australie

Retrouvez les dix titres sélectionnés pour prolonger le voyage :

  1. Yothu Yindi — Treaty (Radio Mix)
  2. Kylie Minogue — Padam Padam
  3. The Avalanches — Since I Left You
  4. Tame Impala — Borderline
  5. Troye Sivan — Got Me Started
  6. Dom Dolla — Dreamin (feat. Daya)
  7. Miss Kaninna — Pinnacle Bitch
  8. Ninajirachi — iPod Touch
  9. Folk Bitch Trio — The Actor
  10. Young Franco — Fallin’ Apart (feat. Denzel Curry & Pell)

Écoutez, sauvegardez et partagez la playlist Focus Australie sur le Spotify de NEW KG.

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