Brésil : du choro aux nouvelles scènes, un pays aux mille pulsations

NEW KG · FOCUS PAYS ·

BRÉSIL

Des racines du choro aux nouvelles scènes, un pays aux mille pulsations

Du samba au forró, de la bossa nova au funk carioca, du rap à la bass music : NEW KG traverse un territoire musical où l’héritage ne cesse jamais de devenir futur.

Le Brésil ne tient pas dans une seule image, et encore moins dans un seul rythme. Sa musique s’écrit à l’échelle d’un continent : dans les rodas, les bals, les fêtes populaires, les studios domestiques, les sound systems, les clubs et les scènes indépendantes.

Chaque région possède ses mémoires, ses accents et ses manières de faire circuler le son. Les traditions autochtones, les héritages africains, les histoires européennes, les migrations intérieures et les dialogues avec les Caraïbes, les États-Unis, l’Europe ou l’Amérique latine ont produit une culture musicale profondément plurielle.

Ce Focus Pays ne cherche donc pas à enfermer la musique brésilienne dans une définition. Il propose une carte d’écoute : des figures fondatrices aux scènes actuelles, du Nord amazonien au Nordeste, de Rio de Janeiro à São Paulo et Belo Horizonte, jusqu’aux passerelles internationales ouvertes par des artistes comme DJ Marky.

Notre angle : écouter le Brésil comme un archipel de scènes reliées entre elles — chacune conserve son histoire, mais aucune ne reste immobile.

1. Un pays, plusieurs territoires musicaux

Parler de « musique brésilienne » au singulier est pratique, mais forcément incomplet. Le carimbó et le tecnobrega de Belém ne racontent pas la même géographie que le samba carioca. Le baião, le xote et le piseiro font entendre d’autres paysages encore. À São Paulo, le rap, le funk, la musique électronique et les cultures de club se rencontrent dans une ville traversée par les migrations venues de tout le pays.

NORD · BELÉM

Carimbó, guitarrada, brega et tecnobrega. Dona Onete et Gaby Amarantos incarnent deux générations d’une créativité amazonienne tournée vers la danse.

NORDESTE

Forró, baião, frevo, maracatu, axé, pagodão et nouvelles pop bahianaises. Luiz Gonzaga, João Gomes, Rachel Reis et Melly dessinent un dialogue entre transmission et invention.

RIO DE JANEIRO

Choro, samba, bossa nova et funk carioca. Des salons et rodas aux bailes, la ville transforme sans cesse ses périphéries en centres de création.

SÃO PAULO & MINAS

Rap, pop indépendante, funk, house et bass music. Emicida, Djonga, Marina Sena, VHOOR, BADSISTA et L-Side illustrent une cartographie en mouvement.

Ces repères servent de portes d’entrée, pas de frontières : les artistes circulent, collaborent et déplacent constamment les catégories.

2. Choro et samba : des racines toujours vivantes

À la fin du XIXe siècle, le choro se développe à Rio de Janeiro dans la rencontre entre formes de danse européennes, interprétations populaires, improvisation et sensibilités afro-brésiliennes. Il deviendra l’un des premiers grands langages instrumentaux urbains du pays. Flûtiste, saxophoniste, compositeur et arrangeur, Pixinguinha en élargit la syntaxe et demeure une figure majeure de son histoire. En 2024, le choro a été reconnu comme patrimoine culturel du Brésil par l’Iphan.

Le samba se consolide ensuite au début du XXe siècle, notamment à partir d’héritages afro-brésiliens, du samba de roda bahianais, du jongo, du maxixe et des cultures populaires de Rio. Il n’existe pas sous une forme unique : samba de terreiro, partido-alto, samba-enredo, samba-canção ou pagode racontent des usages, des époques et des communautés différents.

Cartola, cofondateur de l’école de samba Estação Primeira de Mangueira, en reste l’un des poètes essentiels. Ses mélodies et ses textes rappellent que le samba peut réunir sophistication harmonique, chronique sociale, tendresse et mémoire collective.

Repères : le choro selon l’Iphan · le samba de roda du Recôncavo de Bahia selon l’UNESCO.

3. Luiz Gonzaga, le forró et le Nordeste en mouvement

Le forró est à la fois musique, danse et espace social. Il réunit plusieurs traditions du Nordeste, parmi lesquelles le baião, le xote, le xaxado, l’arrasta-pé et le coco. Avec sa voix, son accordéon et son imaginaire du sertão, Luiz Gonzaga a joué un rôle décisif dans la diffusion nationale du baião et du forró au XXe siècle.

Cet héritage ne relève pas du musée. Il continue de se transformer dans le forró eletrônico, le piseiro et les nouvelles hybridations populaires. João Gomes porte cette continuité avec une voix immédiatement identifiable et des productions capables de relier la danse, la romance et les habitudes d’écoute contemporaines.

À retenir : reconnaître une tradition ne signifie pas la figer. Les matrices traditionnelles du forró ont été inscrites au patrimoine culturel immatériel du Brésil en 2021, tandis que de nouvelles générations continuent d’en déplacer les formes.

À lire : les matrices traditionnelles du forró présentées par l’Iphan.

4. De la bossa nova à la MPB : l’intime devient universel

À la fin des années 1950, João Gilberto transforme la manière de jouer et de chanter le samba. Sa guitare condense le rythme ; sa voix, plus retenue, déplace l’attention vers la nuance, le silence et la proximité. Avec Antônio Carlos Jobim, Vinicius de Moraes et d’autres compositeurs, la bossa nova ouvre une nouvelle conversation entre samba, harmonie et jazz, avant de connaître une circulation internationale considérable.

La décennie suivante voit s’affirmer ce que l’on regroupe sous le nom de MPB. Plus qu’un style figé, le terme devient un espace où se rencontrent chanson, traditions régionales, expérimentation, commentaire politique, pop et nouvelles écritures. Elis Regina impose une intensité d’interprétation devenue une référence. Gilberto Gil, acteur majeur du tropicalisme, fait dialoguer guitare, rythmes afro-brésiliens, reggae, rock, électronique et pensée politique.

Cette capacité à absorber le monde sans perdre ses ancrages reste l’un des moteurs de la création brésilienne. Chez Marina Sena, Liniker, Rachel Reis ou Melly, la chanson populaire n’est pas un héritage à reproduire : c’est une matière à réécrire.

Pour prolonger : le rôle de João Gilberto dans la bossa nova, raconté par Smithsonian Magazine.

5. Funk, rap et cultures de club : les villes reprennent le récit

Les scènes brésiliennes contemporaines naissent aussi loin des institutions traditionnelles. Elles se construisent dans les périphéries, les quartiers populaires, les fêtes, les radios, les plateformes et les studios accessibles. Le son devient à la fois espace de joie, de confrontation et d’affirmation.

Trois portes d’entrée dans le Brésil d’aujourd’hui
Scène Artistes repères Ce qu’elle raconte
Funk Tati Quebra Barraco, MC Carol, Ludmilla Des voix féminines qui déplacent les représentations du corps, du pouvoir, du désir et des réalités sociales, sur une musique née dans les bailes et constamment réinventée.
Rap Emicida, Djonga, Ebony Une écriture qui relie histoires noires, territoires urbains, introspection, mémoire familiale, ambition et critique des rapports de pouvoir.
Club & bass BADSISTA, VHOOR, L-Side Du funk à la house, de la bass music à la drum and bass, une génération connecte les rythmes locaux aux circuits électroniques mondiaux sans effacer leur provenance.

BADSISTA fait ainsi se heurter house, bass music et funk dans une esthétique périphérique devenue internationale. VHOOR part de Belo Horizonte pour croiser beatmaking et matières brésiliennes. L-Side prolonge, depuis São Paulo, l’histoire brésilienne de la drum and bass avec une production tournée vers les soundsystems et les pistes mondiales.

Repères : chronologie du hip-hop brésilien par GRAMMY.com · présentation de BADSISTA · biographie de L-Side chez V Recordings.

6. Le pont Brésil–Royaume-Uni : quand la drum and bass change d’accent

À la fin des années 1990, São Paulo devient l’un des grands laboratoires internationaux de la drum and bass. DJ Marky, XRS et DJ Patife s’approprient un langage venu du Royaume-Uni, mais refusent la simple imitation. Leur culture du hip-hop, du samba, de la soul et des disques brésiliens apporte une chaleur mélodique et une autre manière de faire rouler les breaks.

Sorti en 2002, « LK (Carolina Carol Bela) » de DJ Marky et XRS, avec Stamina MC, transforme un échantillon de « Carolina Carol Bela » de Toquinho et Jorge Ben en hymne drum and bass. Le morceau entre dans le Top 20 britannique et matérialise une circulation devenue historique entre les clubs de São Paulo et de Londres.

Cette histoire continue avec S.P.Y, L-Side, Level 2, Alibi et de nouvelles communautés qui rapprochent drum and bass, jungle, breakbeat et funk. Le Brésil n’est pas une annexe tropicale du récit britannique : il a contribué à transformer le genre depuis l’intérieur.

Le morceau-pont : DJ Marky & XRS feat. Stamina MC — « LK (Carolina Carol Bela) ». Une rencontre entre mémoire brésilienne, basse britannique et joie collective.

Pour prolonger : l’histoire du dialogue Brésil–Royaume-Uni racontée par The Guardian.

7. Six voix pour entendre le Brésil contemporain

La sélection NEW KG réunit six trajectoires qui ne se ressemblent pas, mais qui ont en commun de refuser les cases trop étroites.

GABY AMARANTOS

Belém, le tecnobrega, la pop et une vision amazonienne spectaculaire qui replace le Nord au centre.

RACHEL REIS

Une pop bahianaise solaire où la chanson, les rythmes de Bahia et la sensualité dialoguent librement.

JOÃO GOMES

Le piseiro et le forró réinterprétés par une voix grave qui parle autant aux fêtes qu’aux histoires intimes.

MARINA SENA

Une pop immédiatement reconnaissable, entre désir, mélodies obliques et liberté de ton.

MC CAROL

Une écriture frontale qui transforme le funk en espace de récit, d’humour, de colère et d’affirmation.

BADSISTA

Une culture club brésilienne qui percute house, funk et bass music, des périphéries de São Paulo aux scènes internationales.

SPOTLIGHT NEW KG

Liniker : la voix, le corps et la liberté d’aimer

Liniker appartient à cette génération capable d’honorer la grande chanson brésilienne sans en reproduire les gestes. Soul, samba-rock, jazz, R&B et MPB se rencontrent dans une musique où la puissance vocale ne sert jamais à masquer la vulnérabilité.

Avec CAJU, paru en 2024, elle construit un univers ample, sensuel et précis autour du désir, de la mémoire et de l’amour noir. L’album et ses chansons lui ont valu six nominations aux Latin GRAMMYs 2025, dont Album de l’année, Enregistrement de l’année et Chanson de l’année.

Liniker ne représente pas une « nouvelle version » de la MPB : elle participe pleinement à redéfinir ce que la musique populaire brésilienne peut raconter aujourd’hui.

Repère : GRAMMY.com sur CAJU et les nominations de Liniker.

NEW KG · DÉCOUVERTE

Melly : Bahia, douceur et force intérieure

Originaire de Salvador, Melly rapproche R&B, pop, écriture intime et rythmes bahianais dans une langue musicale qui lui appartient. Sa voix peut rester proche du murmure puis s’ouvrir sans perdre la précision du texte.

Son deuxième album, MAIS FORTE QUE A DÚVIDA, publié en mai 2026, marque une étape d’expansion. L’artiste y transforme l’incertitude en moteur créatif et élargit sa palette sans abandonner la sensibilité révélée par Amaríssima.

Pourquoi NEW KG la suit : parce qu’elle ne choisit pas entre profondeur et accessibilité — elle fait de cette tension son identité.

À lire : Melly raconte sa nouvelle phase à Billboard Brasil.

PARCOURS D’ÉCOUTE

La playlist Focus Brésil | NEW KG

Cette sélection ne prétend pas résumer un pays aussi vaste. Elle relie plutôt dix points de passage : Pixinguinha, Cartola, Luiz Gonzaga, João Gilberto, Gilberto Gil, Dona Onete, Tati Quebra Barraco, DJ Marky & XRS feat. Stamina MC, Liniker et Melly.

Écoutez-la dans l’ordre pour suivre le récit : les fondations instrumentales et populaires, la modernité de la chanson, les scènes régionales, l’énergie des périphéries, le pont électronique avec le Royaume-Uni, puis deux voix qui incarnent le présent et l’avenir.

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Le Brésil ne se résume pas. Il s’écoute en mouvement.

Du souffle de Pixinguinha aux mots de Cartola, de l’accordéon de Luiz Gonzaga aux silences de João Gilberto, des bailes funk aux clubs de São Paulo, de Liniker à Melly, la musique brésilienne avance par transmission, collision et réinvention.

Quel artiste ou quel mouvement devrait ouvrir notre prochain voyage au Brésil ? Partagez votre découverte avec NEW KG.

Musique malgache : du valiha au salegy, voyage au cœur des rythmes de Madagascar

NEW KG • FOCUS PAYS

Madagascar : du valiha au salegy, une île aux rythmes pluriels

Entre traditions ancestrales, guitares électriques, chants de transmission et nouvelles scènes urbaines, la musique malgache raconte une île multiple, inventive et profondément vivante.

Située dans l’océan Indien, au large du continent africain, Madagascar possède un patrimoine musical d’une diversité remarquable. Ses sonorités portent les traces de circulations africaines, austronésiennes, arabes, européennes et indo-océaniques, réinterprétées au fil des générations.

Pourtant, parler de « musique malgache » au singulier serait réducteur. Chaque région possède ses propres rythmes, instruments, langues, pratiques sociales et façons de transmettre les histoires.

Du valiha des Hautes Terres au salegy du Nord, du tsapiky du Sud-Ouest aux scènes rock et urbaines d’Antananarivo, l’île compose une véritable cartographie sonore. Pour cette nouvelle étape du NEW KG Music Atlas, nous explorons les artistes, les instruments et les mouvements qui font de Madagascar un territoire musical singulier.

01 — CARTOGRAPHIE SONORE

Une île, plusieurs territoires musicaux

La géographie de Madagascar joue un rôle essentiel dans la diversité de ses musiques. Les Hautes Terres centrales, les côtes du Nord, la région de Toliara au Sud-Ouest et les territoires du Sud possèdent des traditions distinctes.

Les instruments, les rythmes et les fonctions sociales de la musique évoluent ainsi d’une région à l’autre. Dans certaines communautés, elle accompagne les fêtes, les mariages, les funérailles ou les cérémonies consacrées aux ancêtres.

Ailleurs, elle devient chronique sociale, expression politique ou espace de contestation. Elle peut faire danser, transmettre une généalogie, raconter une migration ou interroger la société contemporaine.

« Songs for Madagascar » : un voyage à travers la création et les territoires musicaux malgaches.

02 — INSTRUMENTS

Valiha, marovany et kabosy : les cordes de Madagascar

Souvent considéré comme l’instrument national de Madagascar, le valiha est une cithare tubulaire traditionnellement fabriquée à partir de bambou. Son timbre clair et délicat accompagne aussi bien des répertoires de cour que des musiques populaires et familiales.

Le marovany, autre forme de cithare, possède une caisse rectangulaire et des cordes disposées sur ses deux faces. Le kabosy, petit instrument proche de la guitare, occupe également une place importante dans les musiques rurales et populaires.

Des musiciens comme Justin Vali et Rajery ont contribué à faire voyager le valiha bien au-delà de l’île. Rajery a développé une approche très personnelle de l’instrument, transformant une contrainte physique en technique musicale singulière.

L’accordéon, la guitare acoustique et la sodina, flûte traditionnelle malgache, complètent cette palette instrumentale. Avec Régis Gizavo, l’accordéon malgache a lui aussi trouvé une audience internationale.

Rajery fait entendre la richesse mélodique du valiha sur la scène internationale.


Découvrir le portrait de Rajery

03 — MÉMOIRE COLLECTIVE

Mahaleo : chanter le quotidien et les aspirations d’un peuple

Formé au début des années 1970 dans le contexte des mouvements étudiants, Mahaleo est devenu l’un des groupes les plus emblématiques de Madagascar. Ses chansons acoustiques parlent d’amour, de jeunesse, de liberté, de solidarité et des difficultés du quotidien.

Avec des titres comme « Ianao » ou « Ravorondreo », le groupe a construit un répertoire transmis entre les générations. Ses textes s’appuient souvent sur les images, les proverbes et la poésie orale malgaches pour évoquer les réalités sociales sans imposer une lecture unique.

Cette manière de transformer l’expérience collective en chanson explique la longévité de Mahaleo. À Madagascar comme au sein de la diaspora, son œuvre demeure associée à la mémoire, au partage et à la possibilité de résister ensemble.

Dans un registre plus électrifié, Rossy a également participé à la modernisation des musiques populaires malgaches, en rapprochant rythmes régionaux, accordéon, instruments amplifiés et énergie scénique.

Mahaleo — « Ravorondreo », un classique de la mémoire musicale malgache.

04 — LE NORD EN MOUVEMENT

Le salegy : la pulsation populaire de l’île

Né dans le Nord et le Nord-Ouest de Madagascar, le salegy est aujourd’hui l’un des genres malgaches les plus reconnus. Son rythme rapide, ses guitares électriques, ses lignes de basse, ses claviers et ses chants en réponse créent une musique immédiatement dansante.

Le morceau s’intensifie souvent pendant une séquence appelée folaka. Les voix laissent davantage de place aux instruments, tandis que les battements de mains et la danse renforcent l’énergie collective.

Jaojoby, souvent surnommé le roi du salegy, a joué un rôle majeur dans la transformation et la diffusion internationale du genre. Sa musique a contribué à faire du salegy un langage populaire partagé dans toute l’île.

Ninie Doniah, figure essentielle de la scène de Nosy Be disparue en 2023, a imposé une voix féminine puissante dans un univers longtemps dominé par les hommes. Son héritage reste indissociable de l’histoire moderne du salegy.

Jaojoby — « Malemilemy », l’énergie du salegy portée par l’une de ses figures majeures.

05 — LE SUD-OUEST ÉLECTRIQUE

Le tsapiky : danser avec les vivants et les ancêtres

Dans la région de Toliara, au Sud-Ouest, le tsapiky se reconnaît à ses guitares électriques rapides, ses lignes rythmiques répétitives et son intensité presque hypnotique. Il accompagne notamment des célébrations familiales et certaines cérémonies funéraires pouvant durer plusieurs jours.

Cette musique ne sépare pas clairement le spectacle de la vie communautaire. Les musiciens répondent aux danseurs, la durée de la performance s’adapte à la cérémonie et la répétition produit progressivement une forme de transe collective.

Le guitariste Damily compte parmi les principaux ambassadeurs contemporains du tsapiky. Son album Fihisa, publié en 2025, poursuit cette transmission tout en conservant la force brute et la dimension collective du genre.

En 2025, le tsapiky a été inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette reconnaissance souligne autant sa valeur musicale que son rôle social dans les communautés du Sud-Ouest malgache.

Damily et le Toliara Tsapiky Band — « Zao Lehireo », enregistré à Madagascar.

06 — NOUVELLES SCÈNES

Rock, pop et création numérique : Madagascar au présent

La musique malgache contemporaine ne se limite pas à la conservation de formes anciennes. Une nouvelle génération utilise le rock, la pop, les productions électroniques et les plateformes numériques pour parler de son époque.

Originaire d’Antananarivo, The Dizzy Brains développe un rock frontal porté par des textes consacrés aux inégalités, à la corruption, à la précarité et au manque de perspectives. Leur musique démontre qu’une esthétique internationale peut devenir le véhicule d’une parole profondément locale.

Avec sa basse mise au premier plan, Kristel défend une identité rock puissante, moderne et exportable. Le groupe s’inscrit dans une scène alternative malgache qui refuse les catégories trop étroites.

Des artistes comme LJO, ainsi que les nouvelles voix qui circulent entre Madagascar, l’océan Indien et la diaspora, prolongent cette dynamique. Le streaming et les réseaux sociaux permettent désormais aux créations locales d’atteindre directement de nouveaux publics.

The Dizzy Brains — « Kère », le rock malgache comme espace de contestation.

Kristel — « My Bass », une expression contemporaine de la scène alternative malgache.

LA SÉLECTION NEW KG

Madagascar — Du valiha au salegy

Dix chansons pour parcourir les instruments traditionnels, la mémoire populaire, le salegy et les nouvelles expressions musicales de Madagascar.

Playlist disponible sur le Spotify de NEW KG


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Madagascar, une musique en mouvement

Du son cristallin du valiha à la vitesse du tsapiky, des guitares de Mahaleo à l’énergie du salegy, Madagascar révèle une culture musicale qui refuse de choisir entre héritage et modernité.

Les instruments anciens continuent de dialoguer avec les amplificateurs, les studios et les plateformes numériques. Les artistes ne se contentent pas de préserver une tradition : ils la transforment pour qu’elle puisse continuer à raconter le présent.

Explorer la musique malgache, c’est découvrir une île où chaque région possède sa propre pulsation, mais où la musique conserve une même fonction essentielle : rassembler, transmettre et faire vivre la mémoire.

Quel son malgache vous a le plus surpris ?

Écoutez la playlist, partagez votre découverte et poursuivez le voyage à travers les cultures musicales du monde avec NEW KG.


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Nouvelle-Calédonie : du chant kanak au kanéka, une scène musicale en mouvement

NEW KG • Focus pays • Nouvelle-Calédonie

Dans cet archipel du Pacifique, la musique est à la fois mémoire, langage et mouvement. Des polyphonies des Îles Loyauté au kanéka, elle raconte une histoire qui se transmet tout en inventant de nouvelles formes.

Nouvelle-Calédonie : du chant kanak au kanéka, une scène musicale en mouvement

Un archipel, plusieurs voix

Écouter la Nouvelle-Calédonie, c’est entendre des langues, des îles et des mémoires qui ne se laissent pas réduire à un seul genre.

La Grande Terre, les Îles Loyauté et les communautés qui composent l’archipel portent des pratiques musicales distinctes. Les chants, les rythmes, les guitares, les chœurs et les formes contemporaines y dialoguent avec la coutume, l’histoire coloniale, les luttes, la foi, l’attachement à la terre et l’ouverture vers le reste du Pacifique.

Ce Focus NEW KG ne cherche donc pas un folklore figé. Il suit une circulation : celle qui va des répertoires transmis entre générations aux artistes qui mêlent aujourd’hui kanéka, reggae, folk, slam, électro, rock ou pop.

01 — Héritages vivants

Avant l’industrie, la musique est mémoire

Le chant comme lien

Dans les Îles Loyauté, les répertoires polyphoniques témoignent d’une histoire faite d’appropriations, de transmissions religieuses et de réinterprétations locales. L’anethem, notamment, est un chant mixte à quatre voix devenu une pratique collective vivante.

Langues, gestes et rythmes

Le patrimoine musical ne se sépare pas des langues kanak, des danses, des cérémonies et des rapports au lieu. Les formes évoluent, mais leur fonction demeure : rassembler, raconter, honorer et transmettre.

À approfondir : Inventaire national du patrimoine culturel immatériel et fiche consacrée à l’anethem.

02 — Le grand tournant

Kanéka : le son d’une affirmation

Le kanéka se structure collectivement au milieu des années 1980, dans une période d’affirmation culturelle et politique kanak. Sa force vient d’un principe clair : faire entrer les rythmes, les langues et les imaginaires kanak dans une forme populaire contemporaine.

Reggae, rock, blues et influences afro-caribéennes y rencontrent des rythmiques locales, des chants responsoriaux, des percussions et une manière propre d’habiter le tempo. Le kanéka ne se résume donc pas à un « reggae calédonien ». Le reggae fait partie de ses influences, mais le genre trouve son identité dans les cultures et les pulsations de l’archipel.

Un genre musical peut être moderne sans rompre avec ce qu’il porte : le kanéka transforme la transmission en force créative.

03 — Voix fondatrices

Les groupes et artistes qui ont marqué le kanéka

OK! Ryos

Une référence essentielle pour comprendre l’essor du genre et sa capacité à unir engagement, danse et langue.

Gurejele

Le groupe de Maré a inscrit ses mélodies, ses chœurs et son énergie dans la mémoire populaire du kanéka.

Edou & Mexem

La trajectoire d’Edou, originaire de Lifou, accompagne l’émergence de la scène dès la fin des années 1980, de Drui à Mexem puis en solo.

Vamaley

Associé à Voh, Vamaley appartient aux formations qui ont donné au kanéka ses ancrages régionaux et sa portée collective.

Bwanjep

Venue de Hienghène, la formation compte parmi les noms historiques qui ont contribué à fixer et diffuser le langage du kanéka.

Dick & Hnatr

Deux voix liées à Nengone qui rappellent la richesse des scènes insulaires et des lignées artistiques propres aux Loyauté.

Repères : Kaneka Legend — Le Mouv’, biographie d’Edou et entretien consacré aux débuts du kanéka.

04 — Une scène plurielle

Le kanéka n’est pas la fin de l’histoire

Il demeure un socle majeur, mais les artistes de Nouvelle-Calédonie circulent désormais entre plusieurs esthétiques. L’enjeu n’est plus de choisir entre héritage et modernité : il est de créer à partir des deux.

Kanéka
Reggae & dub
Folk & pop
Slam & poésie
Rock & blues
Électro & fusion

05 — À écouter aujourd’hui

Huit artistes, huit portes d’entrée

Marcus GadRoots reggae, spiritualité et rayonnement international.
SyaFolk, pop mélodique, langues kanak et attention au vivant.
Paul WamoSlam, poésie, mémoire collective et textures électroniques.
HyarisonUn kanéka contemporain porté par la scène de Hienghène.
TyssiaUne voix de la scène calédonienne actuelle, entre identité et ouverture.
CidoriTradition, reggae et langue paicî depuis Poindimié.
Florent MoroUne écriture qui élargit le paysage des musiques locales.
Kapa KapaDanses et rythmes kanak au contact du jazz, du funk et du rock.

Spotlight NEW KG

Sya, une douceur qui porte loin

Originaire de Maré, Sya relie reggae, folk, pop mélodique et influences traditionnelles calédoniennes. Guitare acoustique, percussions, chœurs et langues kanak installent une musique lumineuse, traversée par la mer, la mémoire, l’identité et l’environnement.

Après un premier album paru en 2024, l’artiste a fait l’objet d’une captation de concert à La Cocotte, à Nouméa, enregistrée le 2 décembre 2025 puis diffusée sur France 4 et france.tv le 20 juillet 2026. Une visibilité nationale qui illustre la circulation nouvelle des voix de l’archipel.

06 — Circulations

Du territoire au grand Pacifique

La musique calédonienne circule depuis longtemps entre les îles, la Grande Terre, les scènes du Pacifique et l’Hexagone. Les parcours d’Edou et de Mexem ont ouvert des routes régionales ; Marcus Gad inscrit aujourd’hui une identité née en Nouvelle-Calédonie dans les réseaux internationaux du roots reggae.

Les plateformes ont élargi l’accès, sans effacer les obstacles : éloignement géographique, coûts de déplacement, fragilité des infrastructures et besoin de mieux documenter les œuvres. D’où l’importance de citer les langues, les lieux et les filiations, plutôt que de transformer toute création venue de l’archipel en simple décor « tropical ».

Repère culturel — septembre 2026

Le poète et musicien Paul Wamo doit présenter ÉTAT D’URGENCE à l’Université de la Nouvelle-Calédonie le 15 septembre 2026 : un projet de quatorze titres né de textes écrits entre février et décembre 2024, à la croisée du slam, de la musique et de la mémoire collective.

Informations publiées par l’UNC le 30 juillet 2026. Programme à revérifier auprès de l’organisateur avant déplacement.

La sélection NEW KG

Nouvelle-Calédonie — Du kanéka aux nouvelles scènes

Dix titres pour traverser plusieurs générations : des pionniers du kanéka aux voix qui font évoluer aujourd’hui les musiques calédoniennes. La playlist est disponible sur le Spotify de NEW KG.

Les 10 titres de la sélection

  1. Gurejele — Watolea (Remasterisé)
  2. OK! Ryos — Kini kinibut
  3. Mexem — Dire que je l’aime
  4. Edou — One Love
  5. Marcus Gad, A7JK — Kanake
  6. Hyarison — Kare-tchin
  7. Nodeak — Mariage
  8. Dick Buama — Petite fleur
  9. Bagna — Ma hoe
  10. Bethela — Koibotr

Pour aller plus loin

Comprendre la musique de Nouvelle-Calédonie

Qu’est-ce que le kanéka ?

Le kanéka est un genre musical né en Nouvelle-Calédonie et structuré au milieu des années 1980. Il associe rythmes et langues kanak à des influences comme le reggae, le rock, le blues et certaines musiques afro-caribéennes.

Le kanéka et le reggae sont-ils la même musique ?

Non. Le reggae est une influence importante du kanéka, mais celui-ci possède ses propres ancrages rythmiques, culturels, linguistiques et historiques kanak.

Quels artistes de Nouvelle-Calédonie écouter ?

Pour découvrir plusieurs générations, commencez par OK! Ryos, Gurejele, Edou, Mexem et Bwanjep, puis poursuivez avec Marcus Gad, Sya, Paul Wamo, Hyarison, Cidori ou Kapa Kapa.

Où écouter la playlist Nouvelle-Calédonie de NEW KG ?

La playlist NEW KG Focus : Nouvelle-Calédonie — Du kanéka aux nouvelles scènes est intégrée ci-dessus et disponible sur le compte Spotify de NEW KG.

À retenir

Une musique n’est jamais loin de son territoire

En Nouvelle-Calédonie, créer signifie souvent relier : les générations, les langues, les îles, le pays kanak et le monde. Le kanéka en est l’expression la plus connue, mais toute la scène montre aujourd’hui que l’identité n’est pas une frontière. C’est une matière vivante.

Quelle voix calédonienne NEW KG devrait-il mettre en lumière ensuite ?

Sources et repères

Informations culturelles et événementielles vérifiées le 30 août 2026. Les programmations peuvent évoluer : consultez les organismes cités avant tout déplacement.

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Focus Canada : un pays, plusieurs voix

NEW KG • Focus pays • Canada

Entre traditions autochtones, chanson francophone, rap de Toronto, pop mondiale, rock et country, le Canada cultive une scène musicale à plusieurs voix. NEW KG explore cet héritage, ses figures majeures et les talents qui écrivent aujourd’hui la suite de son histoire.

Focus Canada :
un pays, plusieurs voix

Illustration du Focus Canada de NEW KG avec une feuille d’érable, un disque vinyle et les paysages nocturnes de Toronto et Montréal.
De Toronto à Montréal, NEW KG explore les multiples visages de la musique canadienne, entre héritages culturels, grandes figures internationales et nouveaux talents.

Des récits transmis depuis des générations aux refrains qui dominent les plateformes mondiales, la musique canadienne ne suit pas une seule trajectoire. Elle avance par territoires, langues, héritages et métissages, de Montréal à Toronto, des Prairies au Grand Nord.

Une géographie musicale

Le Canada ne possède pas un son unique — et c’est précisément sa force

Réduire la musique canadienne à quelques superstars serait passer à côté de l’essentiel. Le pays rassemble des traditions des Premières Nations, des Inuit et des Métis, des histoires francophones profondément enracinées au Québec et ailleurs, des héritages folk, celtiques et country, ainsi que des scènes urbaines nourries par les migrations successives.

Cette pluralité s’entend dans les langues, les accents, les instruments et les manières de raconter le territoire. Elle explique pourquoi le Canada peut faire émerger, dans un même mouvement, une icône de la chanson francophone, une superstar du rap, un groupe rock, une voix autochtone contemporaine ou un phénomène pop international.

NEW KG Insight

Comprendre la musique canadienne, ce n’est pas chercher une identité sonore unique. C’est écouter la manière dont plusieurs identités coexistent, dialoguent et rayonnent.

Aux origines

Des histoires qui se chantent avant de devenir une industrie

Premières Nations, Inuit et Métis

Les peuples autochtones du territoire aujourd’hui appelé Canada possèdent des traditions musicales diverses, liées aux communautés, aux langues, aux cérémonies, aux récits et aux territoires. Les artistes contemporains prolongent, transforment ou réinterprètent aujourd’hui ces héritages selon leurs propres démarches.

Francophonies canadiennes

La chanson québécoise occupe une place centrale, mais elle ne résume pas toute la francophonie du pays. Les cultures acadienne, franco-ontarienne et les autres communautés francophones participent elles aussi à cette mosaïque vivante.

Folk, country et migrations

Violon, folk, country, rock, jazz, reggae, rap, R&B et musiques électroniques racontent aussi les circulations humaines. Chaque grande ville et chaque région ont développé leurs propres scènes, clubs, radios et réseaux.

Pour aller plus loin : artistes autochtones influents au Canada et la diversité des francophonies canadiennes.

Une scène, plusieurs identités

Six portes d’entrée dans la musique canadienne

Chanson francophone

Céline Dion, Charlotte Cardin, Lou-Adriane Cassidy.

Pop internationale

Tate McRae, Justin Bieber, Nelly Furtado.

Rap et R&B

Drake, The Weeknd, Daniel Caesar.

Rock et indie

The Beaches, Arcade Fire, Alanis Morissette.

Country et folk

Shania Twain, Joni Mitchell, Cameron Whitcomb.

Créations autochtones contemporaines

Elisapie, Aysanabee, Siibii.

Héritage

Les voix qui ont ouvert la voie

Joni Mitchell — “Big Yellow Taxi”
Une référence majeure du folk et de l’écriture musicale, capable de transformer l’intime et l’observation du monde en chansons durables.

Leonard Cohen — “Suzanne”
Une œuvre où la chanson rejoint la poésie, portée par une voix immédiatement reconnaissable.

Gilles Vigneault — “Mon pays”
Une figure essentielle de la chanson québécoise et de son rapport à la langue, au territoire et à la mémoire.

Oscar Peterson — “Hymn to Freedom”
Un pianiste majeur de l’histoire du jazz, dont la virtuosité a largement dépassé les frontières canadiennes.

Céline Dion — “Pour que tu m’aimes encore”
Une voix québécoise devenue emblématique dans l’espace francophone puis sur la scène internationale.

Shania Twain — “Man! I Feel Like a Woman!”
Une artiste qui a contribué à faire circuler la country-pop auprès d’un public mondial.

Du Canada au monde

Drake, Toronto et une nouvelle géographie du rap mondial

Né à Toronto, Drake est devenu l’un des artistes canadiens les plus visibles de sa génération. En mêlant rap, R&B, mélodies et introspection, il a participé au rayonnement international d’une esthétique intimement associée à Toronto. Son parcours a contribué à déplacer le regard porté sur la ville : d’espace périphérique dans l’imaginaire du hip-hop, elle s’est affirmée comme l’un de ses pôles majeurs.

Mais cette conquête mondiale prend plusieurs formes. The Weeknd a développé une identité entre R&B, pop et électronique ; Justin Bieber a grandi sous le regard du public international ; Nelly Furtado, Avril Lavigne et Alanis Morissette ont accompagné différentes évolutions de la pop et du rock ; Céline Dion a montré qu’une artiste issue du Québec pouvait s’imposer dans plusieurs langues.

Titre repère

Drake — “God’s Plan”

Repère biographique : Drake dans L’Encyclopédie canadienne.

Le Canada musical aujourd’hui

Une nouvelle génération qui redéfinit les codes

La scène actuelle confirme cette diversité. Tate McRae porte une pop pensée à l’échelle internationale. Daniel Caesar poursuit une écriture R&B intime. The Beaches impose une énergie rock directe. Lou-Adriane Cassidy renouvelle la chanson francophone. Aysanabee explore un univers alternatif ancré dans son parcours. Debby Friday déplace les frontières de l’électronique, tandis que Cameron Whitcomb incarne une nouvelle génération country.

Repère • JUNO Awards 2026

Tate McRae a remporté le Single de l’année avec “Sports car”, l’Album de l’année et l’Album pop de l’année avec So Close To What, ainsi que le titre d’Artiste de l’année. The Beaches a été sacré Groupe de l’année et a remporté l’Album rock de l’année ; Aysanabee a remporté les catégories Album alternatif et Artiste ou groupe autochtone contemporain ; Lou-Adriane Cassidy a obtenu l’Album francophone de l’année.

Source : palmarès officiel des JUNO Awards 2026.

À suivre

Spotlight et Discovery NEW KG

Spotlight

Tate McRae

La pop canadienne qui s’impose

Tate McRae incarne une génération capable d’unir performance, identité visuelle et circulation mondiale. Son palmarès aux JUNO Awards 2026 confirme la place qu’elle occupe désormais au premier plan de la pop canadienne.

Titre à écouter : “Sports car”.

Discovery

Siibii

Une voix crie à découvrir

Siibii, artiste queer et non binaire, est originaire de la Nation crie de Mistissini, dans le nord du Québec. Sa pop sensible relie identité, écriture personnelle et héritage cri. Cette trajectoire rappelle que découvrir le Canada musical, c’est aussi écouter les voix autochtones qui racontent le présent selon leurs propres termes.

Titre à écouter : “Stars”.

Source : Gord Downie & Chanie Wenjack Fund.

À écouter

La playlist NEW KG — Focus Canada

Dix titres pour relier les grandes voix, la pop contemporaine, le rap, le rock, la country, la chanson francophone et les créations autochtones du Canada.

01Céline Dion — Pour que tu m’aimes encore

02Drake — God’s Plan

03The Weeknd — Cry For Me

04Lou-Adriane Cassidy — Dis-moi dis-moi dis-moi

05Tate McRae — Sports car

06The Beaches — Blame Brett

07Aysanabee — Edge Of The Earth

08Elisapie — Uummati Attanarsimat (Heart of Glass)

09Cameron Whitcomb — Options

10Siibii — Stars

Playlist disponible sur le Spotify de NEW KG.

Le regard de NEW KG

Un pays qui ne cesse de réinventer sa voix

L’influence mondiale du Canada ne repose pas uniquement sur quelques artistes célèbres. Elle vient de sa capacité à laisser cohabiter plusieurs récits : les langues autochtones, le français, l’anglais, les histoires migratoires, les scènes locales et les ambitions internationales.

De Céline Dion à Drake, de Tate McRae à Siibii, cette sélection dessine un paysage volontairement pluriel — une invitation à écouter le Canada au-delà des frontières, mais aussi au-delà des évidences.

Quel artiste canadien vous accompagne depuis toujours ?

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Focus Sénégal : du sabar aux nouvelles voix de Dakar

Du sabar au mbalax, du rap aux nouvelles voix de Dakar, découvrez comment la musique sénégalaise conjugue héritages, innovations et rayonnement international à travers ses artistes emblématiques et sa nouvelle génération.

Focus Sénégal : du sabar aux nouvelles voix de Dakar

Sabar, guitare et microphone devant Dakar de nuit pour le Focus Sénégal de NEW KG.
Du sabar aux sonorités contemporaines, NEW KG explore la richesse et l’évolution de la scène musicale sénégalaise.

Au Sénégal, la musique ne se contente pas d’accompagner la société : elle en conserve la mémoire, transmet ses récits et accompagne ses transformations. Des cérémonies traditionnelles aux studios de Dakar, du mbalax au rap Galsen, plusieurs générations d’artistes ont façonné une scène profondément enracinée et ouverte sur le monde.

Ce Focus Sénégal de NEW KG explore cet héritage vivant, les artistes qui ont marqué son histoire et les nouvelles voix qui continuent de le réinventer.

Une musique fondée sur la transmission

Avant les studios d’enregistrement et les plateformes de streaming, la musique sénégalaise se transmettait principalement par la voix, le récit, les cérémonies et l’apprentissage collectif.

Les griots occupent une place essentielle dans cette histoire. À la fois musiciens, conteurs et gardiens de la mémoire, ils transmettent les généalogies, les événements historiques et les valeurs de la communauté. Leur parole relie les générations et donne à la musique une dimension sociale qui dépasse le simple divertissement.

Plusieurs instruments participent à cette identité sonore :

  • le sabar, percussion emblématique associée à la danse et aux célébrations ;
  • le tama, tambour parlant capable d’accompagner les inflexions de la voix ;
  • la kora, instrument à cordes dont les sonorités accompagnent de nombreux récits ;
  • la guitare, devenue un pont entre les traditions locales, le blues, le jazz, la soul et les musiques afro-cubaines.

Cet héritage n’est jamais resté figé. Il s’est adapté aux nouvelles générations, aux migrations, aux échanges culturels et aux évolutions technologiques.

Le mbalax, un langage musical collectif

Le mbalax est aujourd’hui l’un des styles les plus représentatifs de la musique sénégalaise. Son identité rythmique repose notamment sur le sabar, associé à des instruments modernes comme la batterie, la basse, la guitare et les claviers.

Polyrythmies, appels-réponses, ruptures et changements d’intensité transforment les chansons en véritables mouvements collectifs. La musique dialogue constamment avec la danse, le public et les percussionnistes.

Grâce à des artistes comme Youssou N’Dour, le mbalax a dépassé les frontières du Sénégal tout en préservant ses langues, ses rythmes et son identité. Son influence se retrouve aujourd’hui dans la pop africaine, le R&B, l’afro-pop et certaines productions électroniques.

Orchestra Baobab : l’élégance afro-cubaine de Dakar

Fondé à Dakar en 1970, Orchestra Baobab est devenu l’un des groupes les plus emblématiques du continent africain. Sa musique associe les traditions sénégalaises aux rythmes afro-cubains qui ont profondément marqué les scènes d’Afrique de l’Ouest.

Guitares mélodiques, percussions, saxophones et voix se rencontrent dans une musique élégante et immédiatement reconnaissable. Le titre Utrus Horas illustre cette capacité à créer un dialogue naturel entre Dakar, l’Afrique de l’Ouest et les Caraïbes.

Des voix qui ont marqué plusieurs générations

La musique sénégalaise s’est construite autour de personnalités et de formations aux identités très différentes.

  • Youssou N’Dour a contribué au rayonnement international du mbalax avec une œuvre profondément liée à la culture sénégalaise.
  • Baaba Maal et Mansour Seck ont porté les traditions du Fouta et la richesse des compositions acoustiques, notamment avec Djam Leelii.
  • Ismaël Lô a développé une écriture sensible mêlant guitare, harmonica, folk et sonorités sénégalaises.
  • Omar Pène et Super Diamono ont accompagné les transformations sociales et musicales du pays avec une œuvre populaire et engagée.
  • Thione Seck et Raam Daan ont marqué le mbalax par une musique portée par la voix, les mélodies et les grandes formations orchestrales.

Ces artistes n’ont pas seulement produit des chansons populaires. Ils ont participé à la construction d’un langage musical national capable de circuler dans toute l’Afrique et au-delà.

Positive Black Soul et Daara J : l’affirmation du rap Galsen

À partir de la fin des années 1980 et des années 1990, le hip-hop devient un nouvel espace d’expression pour la jeunesse sénégalaise.

Positive Black Soul figure parmi les formations pionnières du rap sénégalais. Le groupe développe une musique engagée, utilisant notamment le wolof, le français et l’anglais pour aborder les réalités sociales, politiques et culturelles.

Avec Daara J, le rap Galsen affirme ensuite sa propre personnalité. Le hip-hop venu des États-Unis et de France dialogue avec les langues nationales, les percussions africaines, le reggae et les influences afro-cubaines.

Des titres comme Boul Falé et Exodus témoignent de cette volonté de faire du rap un outil de transmission, de réflexion et d’ouverture sur le monde.

Une scène actuelle entre mbalax, pop et rap

La scène sénégalaise actuelle poursuit ce dialogue entre héritage et modernité.

Wally B. Seck, Viviane Chidid, Pape Diouf et Sidy Diop renouvellent le mbalax en l’associant à la pop, au R&B et aux nouvelles formes de production.

Dans le même temps, Dip Doundou Guiss, Samba Peuzzi et King Baba représentent différentes facettes du rap sénégalais contemporain. Leurs univers témoignent d’une scène urbaine capable de conserver ses références locales tout en dialoguant avec les tendances internationales.

Cette diversité rappelle qu’il n’existe pas une seule musique sénégalaise, mais plusieurs scènes qui se croisent, se répondent et évoluent ensemble.

Spotlight : Mia Guissé

Mia Guissé incarne cette nouvelle génération qui fait dialoguer le mbalax, l’afro-pop et les sonorités contemporaines.

Sa voix, son interprétation et son attention portée aux mélodies lui permettent de s’inscrire dans la continuité de la musique populaire sénégalaise tout en développant une identité actuelle.

Sa collaboration avec VJ sur Sama Xool illustre cette rencontre entre émotion, mélodie et production moderne.

Discovery : Kya Loum, une voix entre les mondes

Auteure-compositrice-interprète et guitariste, Kya Loum développe un univers situé au croisement de l’afro-soul, du blues, du rock, du jazz et des rythmes sénégalais.

Elle chante en wolof, en français et en anglais, portant des récits à la fois intimes et universels. Son travail aborde notamment les femmes, la nature, l’humanité et la recherche d’un équilibre entre les cultures.

Avec Beuss, Kya Loum affirme une voix singulière et une manière personnelle de relier le Sénégal à d’autres horizons musicaux.

La playlist Focus Sénégal de NEW KG

Cette playlist réunit 17 titres pour voyager entre les différentes périodes et expressions de la musique sénégalaise : héritage afro-cubain, mbalax, folk, rap Galsen, afro-pop et nouvelles voix.

Les 17 titres de la sélection

  1. Orchestra Baobab — Utrus Horas
  2. Youssou N’Dour — Immigrés / Bitim Rew
  3. Baaba Maal & Mansour Seck — Djam Leelii
  4. Ismaël Lô — Tajabone
  5. Omar Pène & Super Diamono — Soweto
  6. Thione Seck & Raam Daan — Mathiou
  7. Positive Black Soul — Boul Falé
  8. Daara J — Exodus
  9. Wally B. Seck — Faramareen
  10. Viviane Chidid — Sama Doom Ji
  11. Pape Diouf — Superman Love
  12. Sidy Diop feat. ASTAR — Feeling PACC
  13. Mia Guissé & VJ — Sama Xool
  14. Dip Doundou Guiss — J’prends la confiance
  15. Samba Peuzzi — Lou Yakou Yawa
  16. King Baba — Now let #3 – Freestyle
  17. Kya Loum — Beuss

Une musique locale et universelle

La force de la musique sénégalaise réside dans sa capacité à voyager sans abandonner ses racines. Les langues nationales, les percussions et les traditions orales restent présentes, même lorsque les artistes explorent le jazz, la soul, le reggae, le hip-hop, la pop ou les productions électroniques.

De Dakar aux scènes internationales, la musique sénégalaise continue ainsi de relier les générations, les territoires et les cultures.

Écoutez la playlist Focus Sénégal sur le Spotify de NEW KG, enregistrez vos titres préférés et partagez-la autour de vous.

Quel artiste sénégalais devrait, selon vous, faire partie de notre prochaine sélection ?

Repères et sources

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