Kizomba : le rythme du lien, des racines angolaises aux nouvelles voix



NEW KG  /  RADAR GENRES  /  29 SEPTEMBRE 2026

Une musique que l’on écoute, une danse que l’on partage, une histoire qui continue de circuler.

La kizomba évoque souvent un couple sur une piste de danse. Mais que raconte le morceau avant le premier pas ? Une pulsation, une voix, une façon d’habiter le silence : derrière cette proximité se trouve une histoire musicale née en Angola et façonnée par des rencontres. Elle s’est transmise dans les fêtes, les foyers, les diasporas et les studios, sans cesser de changer de son.

Cette semaine, NEW KG prend le temps de remonter aux racines, d’écouter quelques titres qui ont marqué différentes époques et de découvrir des voix plus récentes. À chaque étape, une vidéo prolonge la lecture ; la playlist Spotify réunit ensuite les morceaux pour une écoute sans interruption.

La kizomba ne se résume pas à la proximité de deux danseurs : elle raconte aussi les musiques que l’Angola a créées, partagées et fait voyager.

De l’Angola à la fête

Le mot kizomba vient du kimbundu et signifie « fête » ou « célébration ». Cette idée de rassemblement est un bon point de départ : avant de désigner un répertoire que l’on classe aujourd’hui par genre, la musique accompagne des moments partagés. Elle prend forme en Angola à la fin des années 1970 et au début des années 1980, dans le prolongement du semba et au contact d’influences extérieures, dont le zouk des Antilles françaises.

Ce croisement n’efface pas la contribution des musiciens angolais. Il explique plutôt comment un rythme peut changer de couleur quand les artistes retravaillent la cadence, la mélodie et la place laissée au chant. Eduardo Paim et son groupe SOS comptent parmi les figures qui ont aidé à structurer et à diffuser ce son. Leur album Luanda, Minha Banda, paru en 1992, est souvent cité comme un jalon de cette histoire.

La kizomba a ensuite voyagé avec les artistes et les communautés lusophones. Sa reconnaissance comme patrimoine culturel immatériel national par l’Angola en 2024 rappelle une chose essentielle : cette musique et cette danse appartiennent d’abord à une histoire culturelle vivante, avant d’être des tendances sur les réseaux.

À voir : une vidéo sur l’histoire de la kizomba publiée par l’ambassade d’Angola. Ouvrir la vidéo.

Quatre choses à écouter dans un morceau

Il n’existe pas une seule formule sonore pour toutes les chansons réunies autour de la kizomba. Pour entrer dans l’écoute, on peut néanmoins prêter attention à quatre éléments qui changent notre façon de ressentir un titre :

  1. La pulsation. Elle installe le mouvement sans forcément chercher la vitesse. Essayez de la suivre quelques secondes avant de vous concentrer sur la voix : le morceau paraît déjà différent.
  2. La basse. Plus grave, elle donne du poids à la cadence. C’est souvent elle que le corps perçoit d’abord, même lorsque l’oreille retient surtout le refrain.
  3. La voix. Timbre, langue, adresse amoureuse ou récit personnel : la manière de chanter fait de chaque titre une conversation particulière avec celles et ceux qui l’écoutent.
  4. L’espace. Une pause dans le chant, un instrument qui répond ou un accent inattendu peuvent donner envie de suspendre le pas, puis de le reprendre autrement.

Écoutez par exemple « Bo Tem Mel » de Nelson Freitas et C4 Pedro une première fois pour le refrain, puis une deuxième fois pour ce qui se passe en dessous des voix. Cette collaboration fait entendre un dialogue entre sensibilités cap-verdiennes et angolaises, ainsi qu’une production ouverte à la pop.

À écouter et regarder : Nelson Freitas & C4 Pedro, « Bo Tem Mel » (vidéo officielle). Voir sur YouTube.

Cinq titres pour remonter le fil

La première moitié de notre sélection traverse plusieurs moments. Avec Eduardo Paim et « A Minha Vizinha », on revient vers une voix associée à la consolidation du genre. Don Kikas et « Na Lama do Amor » rappellent une autre manière angolaise de porter le romantisme, avec une présence vocale qui compte autant que l’élan de la piste.

Kaysha et « Something Going On » déplacent ensuite l’écoute vers un espace plus largement international. Le refrain circule aisément d’une scène à l’autre, tandis que la vidéo donne une place centrale à la danse. Puis Anselmo Ralph avec « Não Me Toca » et Nelson Freitas avec C4 Pedro sur « Bo Tem Mel » ouvrent le dialogue avec les couleurs R&B et pop des années 2010.

Ces morceaux ne relèvent pas tous de la même esthétique, et c’est le sens de ce parcours. Les écouter ensemble permet d’entendre les parentés, les différences et les échanges entre la kizomba et les scènes qui l’entourent, sans attribuer à une seule étiquette toute la musique lusophone.

À voir : Kaysha, « Something Going On », sur la chaîne de l’artiste. Voir sur YouTube.

2024–2026 : des voix qui écrivent la suite

Une histoire musicale ne s’arrête pas à ses classiques. En 2024, Liriany et Cláudio Fénix proposent « Choro da Alma », une chanson où l’émotion du récit se place au premier plan. La même année, Landrick signe « DESILUSÃO ». Deux propositions distinctes qui rappellent qu’une sélection récente se découvre aussi par la personnalité de ses interprètes, pas seulement par un tempo.

Le parcours se poursuit avec « Agulha No Palheiro » d’Edgar Domingos et « Cama Vazia » de Black Spygo, Anna Joyce et Black Vision en 2025, puis « Toda Hora » de Lurhany et Teo No Beat en 2026. D’une production à l’autre, les voix et les arrangements se déplacent. La continuité ne tient pas à un son figé : elle passe aussi par la liberté des artistes d’inventer leur propre langage.

Le visualizer de « Choro da Alma » invite à écouter ce que la voix raconte. Regarder le visage d’un interprète, puis revenir au morceau les yeux fermés : voilà deux façons très différentes d’entrer dans une même chanson.

À voir : Liriany feat. Cláudio Fénix, « Choro da Alma » (visualizer officiel). Voir sur YouTube.
À ÉCOUTER · PLAYLIST NEW KG

Kizomba : le rythme du lien

Dix morceaux pour passer des repères historiques aux voix récentes. Lancez la playlist et laissez chaque chanson raconter sa propre histoire.

Le lecteur ne s’affiche pas ? Ouvrir la playlist sur Spotify.

La musique et le pas, ensemble

La diffusion de la kizomba a aussi suivi les rencontres : d’Angola vers d’autres pays africains lusophones, puis vers le Portugal et les pistes européennes. À chaque étape, de nouvelles pratiques ont pris forme. Certaines gardent un lien direct avec les manières de danser angolaises ; d’autres s’en écartent davantage. Les distinguer aide à respecter les origines tout en comprenant pourquoi la danse continue d’évoluer.

Sur une piste, regarder seulement les figures fait parfois manquer l’essentiel : la manière dont les partenaires écoutent la musique et réagissent l’un à l’autre. Un changement de direction peut répondre à une phrase musicale ; un pas plus simple peut laisser respirer la voix. La danse ne raconte pas le morceau à sa place. Elle lui répond.

La vidéo publiée par l’ambassade d’Angola offre une dernière occasion de voir cette culture en mouvement. Après l’avoir regardée, revenez à la playlist : quel titre vous donne envie de chercher le pas, et lequel préférez-vous simplement écouter ?

À voir : un montage vidéo consacré à la kizomba, publié par l’ambassade d’Angola. Ouvrir la vidéo.

Quel morceau vous a fait découvrir la kizomba ? Partagez votre souvenir avec @newkgofficial.

Sources et repères : Ambassade d’Angola — Kizomba Roots ; gouvernement angolais — reconnaissance patrimoniale de 2024 ; vidéos publiées par l’ambassade et sur les chaînes des artistes, liées sous chaque lecteur.

LAAZY : de Reims à BIG L, le parcours d’un artiste qui refuse les cases

NEW KG • EST-CE QUE TU ME CONNAIS ?
Portrait • LAAZY

LAAZY : construire sa voie sans jamais entrer dans une seule case

Rap, R&B, chant, expérimentation, scène, entrepreneuriat culturel :
depuis Reims, LAAZY construit un parcours qui refuse les frontières trop simples.
De SoundCloud à SIO 2, de BIG L à MUCHLUV,
il raconte à NEW KG comment sa vie est progressivement devenue
la matière première de son œuvre.

Avant LAAZY

Chez LAAZY, il n’y a jamais eu une seule musique.
Il y en a eu plusieurs, très tôt :
variété francophone, rumba congolaise,
musiques centrafricaines, hip-hop,
rock, métal, électro, indie ou encore house.
Un mélange absorbé au fil d’une famille
où chacun apportait ses propres références.

01 • Reims, la famille et les premiers textes

Grandir dans un brassage musical permanent

Son premier rapport à la musique passe par sa famille.
Ses parents écoutent de la variété française et francophone,
mais également de la rumba congolaise avec des noms comme
Extra Musica, Papa Wemba ou Koffi Olomide,
ainsi que des titres centrafricains.

Dernier d’une fratrie, LAAZY se décrit comme
« le bout de l’entonnoir » :
celui qui reçoit les influences de tout le monde.

Ses frères et sa sœur élargissent encore le spectre.
Hip-hop, R&B, soul, pop, électro, métal,
rock indépendant, folk ou musique expérimentale :
à l’époque de MCM, MTV, des premiers MP3,
d’Emule et de LimeWire, LAAZY absorbe tout.

“

Ma source était déjà riche.

L’écriture apparaît elle aussi très tôt.
Il raconte sa vie sur Word dès l’enfance,
écrit des poèmes au collège,
expérimente ses premières confrontations rap dans la cour
puis écrit son premier véritable texte au lycée.

C’est à ce moment-là que LAAZY naît.

@drac.mp5

SoundCloud : apprendre sans être attendu

Avant même de publier ses propres titres,
LAAZY expérimente avec son frère
Kuroi Payne.
Guitare, refrains, harmonies et premiers enregistrements :
sa voix finit par apparaître sur SoundCloud.

Quelques années plus tard,
il publie ses premiers morceaux seul.
Puis arrive « Alien ».

Sans préparation ni campagne,
le morceau dépasse les 10 000 écoutes.
Une première démonstration que sa musique
peut voyager bien au-delà de son environnement immédiat.

« J’ai compris que ma musique pouvait toucher le plus grand nombre
même si j’étais dans une petite ville de province
et que peu importe ce que je pouvais proposer,
c’est l’authenticité de la proposition qui serait retenue. »

SoundCloud devient un laboratoire :
un espace pour publier,
tester,
recommencer
et créer sans devoir répondre aux attentes d’une industrie.

@drac.mp5

02 • Le déclic

Carto Blaster : quand la passion devient un projet

En 2017, le dispositif Carto Blaster,
porté par La Cartonnerie à Reims,
marque un tournant.

Déjà repéré localement,
LAAZY devient lauréat du dispositif.
L’accompagnement lui permet de mieux comprendre
le démarchage des médias,
celui des salles,
certains aspects techniques,
mais aussi d’accéder à de nouvelles scènes.

C’est surtout à ce moment
qu’il prend conscience de son rapport au live.

« J’ai compris que je voulais faire ça toute ma vie. »

Dans le public, certaines personnes connaissent déjà ses paroles.
D’autres les reprennent rapidement.
Cette énergie va progressivement modifier
sa manière de penser ses morceaux.

Une part importante de sa musique est désormais également conçue
avec la scène en tête.

03 • Construire LAAZY

Le problème n’était pas de choisir entre rapper et chanter

Aujourd’hui, mélanger chant et rap semble presque naturel.
Lorsque LAAZY commence pourtant à développer son projet,
cette polyvalence est moins facilement comprise.

Ses influences sont trop nombreuses
pour qu’il accepte de se limiter à une discipline.
Il apprend à chanter tout en apprenant à rapper.

Au début, cette liberté lui est régulièrement reprochée.

Il affine alors son écriture,
améliore sa technique,
expérimente différentes directions
et finit par trouver une forme
où chant et rap peuvent réellement cohabiter.

La vraie bascule

« Satisfaire les autres avant moi dans mon art,
ce n’est pas la direction que j’ai souhaité prendre. »

Une discographie comme mémoire de vie

Pour comprendre les changements de LAAZY,
il faut regarder ses projets
comme autant de photographies de périodes vécues.

MADNESS — la dépression.

Summer Is Over — la mélancolie d’une vie appréciée mais passée.

RED MOON — le cri de l’ego et l’appel de la scène.

BLUE LAGOON — le point de départ d’un éveil.

BUBBLE — l’expérimentation.

Days Before Starlight — le tunnel du flow.

BUBBLE II — la purge, la mise à nu.

Ses projets deviennent ainsi des mémoires musicales :
des archives de périodes qui participent toutes
à construire autant l’individu que l’artiste.

@drac.mp5

Écouter LAAZY

Entrez dans sa discographie

De ses premières expérimentations à SIO 2,
découvrez les projets qui racontent les différentes étapes de son parcours.

04 • BIG L

Celui qui ne perd jamais

Avec Days Before Starlight,
une nouvelle facette apparaît :
BIG L.

Pas simplement un personnage.
Plutôt une version de lui-même
capable d’exprimer plus frontalement
ce que LAAZY retenait encore.

BIG L est celui qui en a assez
de ne pas être entendu,
vu ou reconnu à sa juste valeur.

C’est aussi celui qui refuse d’abandonner
lorsque les résultats n’arrivent pas immédiatement.

« Celui qui ne baisse pas les bras quand le résultat escompté n’arrive pas,
qui considère que la répétition est la cousine de la réussite. »

BIG L devient même son identité sur les réseaux :
une manière de ne pas oublier
qui il est
et ce qu’il veut montrer au monde.

Déconstruire pour continuer

Son arrivée à Paris ouvre pourtant une période
beaucoup plus complexe.

Départ du foyer familial,
construction d’une vie à deux,
arbitrages financiers,
projet musical et manque de connexions directes
avec les grands médias :
LAAZY doit repenser son rapport à la musique.

Il fréquente des artistes,
des événements
et certains acteurs de l’industrie,
tout en ayant parfois l’impression
de ne pas appartenir totalement au « club ».

« Ne pas faire de musique, c’est comme ne pas respirer. »

05 • Summer Is Over 2

De la douleur à la nostalgie

En 2019, le premier Summer Is Over
naît dans une période de rupture.

LAAZY sort d’une longue relation,
mais également d’une période dépressive.
À 21 ans, il ressent davantage le besoin de dire
que celui d’être compris.

Lorsqu’il revient à cet univers avec
SIO 2,
la temporalité a changé.

Il ne crée plus uniquement par nécessité.
Il prend le temps de faire mûrir le projet,
de concentrer ses intentions
et d’aller à l’essentiel.

« J’ai vécu pleinement des années qui ont filé comme un voyage
et dont le souvenir subsiste dans la nostalgie
et plus dans la douleur. »

Le projet reste profondément lié
à l’introspection,
la spiritualité,
la mémoire
et la manière dont le temps transforme la douleur en souvenir.

À voir

Découvrez le dernier clip de LAAZY

Une autre porte d’entrée dans son univers musical et visuel.

06 • Connexion avant collaboration

Avec Mak Kitah, l’humain vient avant le featuring

LAAZY fait peu de collaborations.

Avec Mak Kitah,
présent notamment sur « Carry On »,
la relation dépasse largement la musique.

Il le décrit comme un frère,
une source de joie,
une inspiration
et le premier artiste MUCHLUV.

« Ce qui fait la vraie connexion artistique,
c’est la connexion humaine au-delà de la musique elle-même. »

Une collaboration prend davantage de sens
lorsqu’elle repose sur des valeurs communes,
de l’estime,
une véritable connexion
et l’envie de partager un moment.

Écrire moins, mais avec davantage d’intention

Son rapport à l’écriture évolue également.

LAAZY confie écrire de moins en moins
et développer une nouvelle manière
de rapper plus intentionnellement.

Il continue néanmoins de vouloir
raconter,
créer une atmosphère
et provoquer une émotion.

@drac.mp5

07 • Au-delà de l’artiste

LAAZY n’est plus seulement un artiste : c’est un projet

Comment faire cohabiter création,
événements,
organisation
et développement culturel ?

Sa réponse tient en trois verbes :
s’organiser, s’entourer et déléguer.

Organisateur depuis 2017,
il a progressivement appris
à identifier les compétences,
les rôles
et les personnes nécessaires autour de lui.

« Celui qui dit qu’on se fait tout seul a menti.
On a besoin les uns des autres. »

LAAZY considère désormais son identité
comme un projet complet,
dont chaque facette doit avoir
sa propre organisation en coulisses.

08 • Construire autrement

Pour les indépendants, créer une vraie communauté

Lorsqu’on lui demande ce qui manque encore
aux artistes indépendants,
LAAZY pointe d’abord la nécessité
d’un esprit de communauté plus fort.

Il appelle également à davantage d’acteurs
réellement investis dans le développement des artistes,
mais aussi à une meilleure compréhension
des aspects administratifs et professionnels du métier.

Pour lui, le terme « indépendant »
recouvre aujourd’hui des réalités extrêmement différentes :
artistes débutants,
projets hors labels
ou simplement personnes souhaitant construire leur carrière autrement.

LAAZY défend également une meilleure transmission entre générations :
partager davantage les informations,
les codes,
les expériences
et les connaissances pour aider les artistes à construire
des parcours plus durables.

Dans cinq ans

Un label, un festival… et la Centrafrique

Lorsque LAAZY se projette dans cinq ans,
ses ambitions dépassent sa seule carrière personnelle.

Ouvrir son label.
Développer son festival.
Organiser des événements culturels et musicaux
partout en France et à l’étranger.
Et créer en Centrafrique
un environnement permettant à davantage de talents
de développer leurs projets.

Conclusion

Ne pas choisir entre les différentes versions de soi

Pendant longtemps,
la polyvalence de LAAZY a pu sembler difficile à classer.

Avec le recul,
c’est précisément cette impossibilité de choisir
entre plusieurs influences,
plusieurs façons de créer
et plusieurs rôles
qui raconte le mieux son parcours.

Il y a l’enfant nourri de rumba congolaise,
de variété,
de rock et de hip-hop.
Le lycéen qui écrit ses premiers textes.
Le jeune artiste qui expérimente sur SoundCloud.
Le performeur révélé par Carto Blaster.
LAAZY.
BIG L.
L’organisateur.
L’entrepreneur culturel.

Derrière toutes ces versions,
une même idée persiste :
continuer d’avancer
même lorsque la reconnaissance n’arrive pas immédiatement.

@drac.mp5
La vision de LAAZY

« Rendre au berceau du monde
ce qu’il nous a apporté. »

NEW KG • Est-ce que tu me connais ?

Derrière LAAZY, combien de versions d’un même artiste reste-t-il encore à découvrir ?

Un parcours où chaque projet devient une archive de vie,
chaque évolution une nouvelle possibilité
et chaque détour une manière supplémentaire
de construire sa propre voie.

◎
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retrouvez LAAZY sur Instagram et suivez les prochaines étapes
de son univers.


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Brésil : du choro aux nouvelles scènes, un pays aux mille pulsations

NEW KG · FOCUS PAYS ·

BRÉSIL

Des racines du choro aux nouvelles scènes, un pays aux mille pulsations

Du samba au forró, de la bossa nova au funk carioca, du rap à la bass music : NEW KG traverse un territoire musical où l’héritage ne cesse jamais de devenir futur.

Le Brésil ne tient pas dans une seule image, et encore moins dans un seul rythme. Sa musique s’écrit à l’échelle d’un continent : dans les rodas, les bals, les fêtes populaires, les studios domestiques, les sound systems, les clubs et les scènes indépendantes.

Chaque région possède ses mémoires, ses accents et ses manières de faire circuler le son. Les traditions autochtones, les héritages africains, les histoires européennes, les migrations intérieures et les dialogues avec les Caraïbes, les États-Unis, l’Europe ou l’Amérique latine ont produit une culture musicale profondément plurielle.

Ce Focus Pays ne cherche donc pas à enfermer la musique brésilienne dans une définition. Il propose une carte d’écoute : des figures fondatrices aux scènes actuelles, du Nord amazonien au Nordeste, de Rio de Janeiro à São Paulo et Belo Horizonte, jusqu’aux passerelles internationales ouvertes par des artistes comme DJ Marky.

Notre angle : écouter le Brésil comme un archipel de scènes reliées entre elles — chacune conserve son histoire, mais aucune ne reste immobile.

1. Un pays, plusieurs territoires musicaux

Parler de « musique brésilienne » au singulier est pratique, mais forcément incomplet. Le carimbó et le tecnobrega de Belém ne racontent pas la même géographie que le samba carioca. Le baião, le xote et le piseiro font entendre d’autres paysages encore. À São Paulo, le rap, le funk, la musique électronique et les cultures de club se rencontrent dans une ville traversée par les migrations venues de tout le pays.

NORD · BELÉM

Carimbó, guitarrada, brega et tecnobrega. Dona Onete et Gaby Amarantos incarnent deux générations d’une créativité amazonienne tournée vers la danse.

NORDESTE

Forró, baião, frevo, maracatu, axé, pagodão et nouvelles pop bahianaises. Luiz Gonzaga, João Gomes, Rachel Reis et Melly dessinent un dialogue entre transmission et invention.

RIO DE JANEIRO

Choro, samba, bossa nova et funk carioca. Des salons et rodas aux bailes, la ville transforme sans cesse ses périphéries en centres de création.

SÃO PAULO & MINAS

Rap, pop indépendante, funk, house et bass music. Emicida, Djonga, Marina Sena, VHOOR, BADSISTA et L-Side illustrent une cartographie en mouvement.

Ces repères servent de portes d’entrée, pas de frontières : les artistes circulent, collaborent et déplacent constamment les catégories.

2. Choro et samba : des racines toujours vivantes

À la fin du XIXe siècle, le choro se développe à Rio de Janeiro dans la rencontre entre formes de danse européennes, interprétations populaires, improvisation et sensibilités afro-brésiliennes. Il deviendra l’un des premiers grands langages instrumentaux urbains du pays. Flûtiste, saxophoniste, compositeur et arrangeur, Pixinguinha en élargit la syntaxe et demeure une figure majeure de son histoire. En 2024, le choro a été reconnu comme patrimoine culturel du Brésil par l’Iphan.

Le samba se consolide ensuite au début du XXe siècle, notamment à partir d’héritages afro-brésiliens, du samba de roda bahianais, du jongo, du maxixe et des cultures populaires de Rio. Il n’existe pas sous une forme unique : samba de terreiro, partido-alto, samba-enredo, samba-canção ou pagode racontent des usages, des époques et des communautés différents.

Cartola, cofondateur de l’école de samba Estação Primeira de Mangueira, en reste l’un des poètes essentiels. Ses mélodies et ses textes rappellent que le samba peut réunir sophistication harmonique, chronique sociale, tendresse et mémoire collective.

Repères : le choro selon l’Iphan · le samba de roda du Recôncavo de Bahia selon l’UNESCO.

3. Luiz Gonzaga, le forró et le Nordeste en mouvement

Le forró est à la fois musique, danse et espace social. Il réunit plusieurs traditions du Nordeste, parmi lesquelles le baião, le xote, le xaxado, l’arrasta-pé et le coco. Avec sa voix, son accordéon et son imaginaire du sertão, Luiz Gonzaga a joué un rôle décisif dans la diffusion nationale du baião et du forró au XXe siècle.

Cet héritage ne relève pas du musée. Il continue de se transformer dans le forró eletrônico, le piseiro et les nouvelles hybridations populaires. João Gomes porte cette continuité avec une voix immédiatement identifiable et des productions capables de relier la danse, la romance et les habitudes d’écoute contemporaines.

À retenir : reconnaître une tradition ne signifie pas la figer. Les matrices traditionnelles du forró ont été inscrites au patrimoine culturel immatériel du Brésil en 2021, tandis que de nouvelles générations continuent d’en déplacer les formes.

À lire : les matrices traditionnelles du forró présentées par l’Iphan.

4. De la bossa nova à la MPB : l’intime devient universel

À la fin des années 1950, João Gilberto transforme la manière de jouer et de chanter le samba. Sa guitare condense le rythme ; sa voix, plus retenue, déplace l’attention vers la nuance, le silence et la proximité. Avec Antônio Carlos Jobim, Vinicius de Moraes et d’autres compositeurs, la bossa nova ouvre une nouvelle conversation entre samba, harmonie et jazz, avant de connaître une circulation internationale considérable.

La décennie suivante voit s’affirmer ce que l’on regroupe sous le nom de MPB. Plus qu’un style figé, le terme devient un espace où se rencontrent chanson, traditions régionales, expérimentation, commentaire politique, pop et nouvelles écritures. Elis Regina impose une intensité d’interprétation devenue une référence. Gilberto Gil, acteur majeur du tropicalisme, fait dialoguer guitare, rythmes afro-brésiliens, reggae, rock, électronique et pensée politique.

Cette capacité à absorber le monde sans perdre ses ancrages reste l’un des moteurs de la création brésilienne. Chez Marina Sena, Liniker, Rachel Reis ou Melly, la chanson populaire n’est pas un héritage à reproduire : c’est une matière à réécrire.

Pour prolonger : le rôle de João Gilberto dans la bossa nova, raconté par Smithsonian Magazine.

5. Funk, rap et cultures de club : les villes reprennent le récit

Les scènes brésiliennes contemporaines naissent aussi loin des institutions traditionnelles. Elles se construisent dans les périphéries, les quartiers populaires, les fêtes, les radios, les plateformes et les studios accessibles. Le son devient à la fois espace de joie, de confrontation et d’affirmation.

Trois portes d’entrée dans le Brésil d’aujourd’hui
Scène Artistes repères Ce qu’elle raconte
Funk Tati Quebra Barraco, MC Carol, Ludmilla Des voix féminines qui déplacent les représentations du corps, du pouvoir, du désir et des réalités sociales, sur une musique née dans les bailes et constamment réinventée.
Rap Emicida, Djonga, Ebony Une écriture qui relie histoires noires, territoires urbains, introspection, mémoire familiale, ambition et critique des rapports de pouvoir.
Club & bass BADSISTA, VHOOR, L-Side Du funk à la house, de la bass music à la drum and bass, une génération connecte les rythmes locaux aux circuits électroniques mondiaux sans effacer leur provenance.

BADSISTA fait ainsi se heurter house, bass music et funk dans une esthétique périphérique devenue internationale. VHOOR part de Belo Horizonte pour croiser beatmaking et matières brésiliennes. L-Side prolonge, depuis São Paulo, l’histoire brésilienne de la drum and bass avec une production tournée vers les soundsystems et les pistes mondiales.

Repères : chronologie du hip-hop brésilien par GRAMMY.com · présentation de BADSISTA · biographie de L-Side chez V Recordings.

6. Le pont Brésil–Royaume-Uni : quand la drum and bass change d’accent

À la fin des années 1990, São Paulo devient l’un des grands laboratoires internationaux de la drum and bass. DJ Marky, XRS et DJ Patife s’approprient un langage venu du Royaume-Uni, mais refusent la simple imitation. Leur culture du hip-hop, du samba, de la soul et des disques brésiliens apporte une chaleur mélodique et une autre manière de faire rouler les breaks.

Sorti en 2002, « LK (Carolina Carol Bela) » de DJ Marky et XRS, avec Stamina MC, transforme un échantillon de « Carolina Carol Bela » de Toquinho et Jorge Ben en hymne drum and bass. Le morceau entre dans le Top 20 britannique et matérialise une circulation devenue historique entre les clubs de São Paulo et de Londres.

Cette histoire continue avec S.P.Y, L-Side, Level 2, Alibi et de nouvelles communautés qui rapprochent drum and bass, jungle, breakbeat et funk. Le Brésil n’est pas une annexe tropicale du récit britannique : il a contribué à transformer le genre depuis l’intérieur.

Le morceau-pont : DJ Marky & XRS feat. Stamina MC — « LK (Carolina Carol Bela) ». Une rencontre entre mémoire brésilienne, basse britannique et joie collective.

Pour prolonger : l’histoire du dialogue Brésil–Royaume-Uni racontée par The Guardian.

7. Six voix pour entendre le Brésil contemporain

La sélection NEW KG réunit six trajectoires qui ne se ressemblent pas, mais qui ont en commun de refuser les cases trop étroites.

GABY AMARANTOS

Belém, le tecnobrega, la pop et une vision amazonienne spectaculaire qui replace le Nord au centre.

RACHEL REIS

Une pop bahianaise solaire où la chanson, les rythmes de Bahia et la sensualité dialoguent librement.

JOÃO GOMES

Le piseiro et le forró réinterprétés par une voix grave qui parle autant aux fêtes qu’aux histoires intimes.

MARINA SENA

Une pop immédiatement reconnaissable, entre désir, mélodies obliques et liberté de ton.

MC CAROL

Une écriture frontale qui transforme le funk en espace de récit, d’humour, de colère et d’affirmation.

BADSISTA

Une culture club brésilienne qui percute house, funk et bass music, des périphéries de São Paulo aux scènes internationales.

SPOTLIGHT NEW KG

Liniker : la voix, le corps et la liberté d’aimer

Liniker appartient à cette génération capable d’honorer la grande chanson brésilienne sans en reproduire les gestes. Soul, samba-rock, jazz, R&B et MPB se rencontrent dans une musique où la puissance vocale ne sert jamais à masquer la vulnérabilité.

Avec CAJU, paru en 2024, elle construit un univers ample, sensuel et précis autour du désir, de la mémoire et de l’amour noir. L’album et ses chansons lui ont valu six nominations aux Latin GRAMMYs 2025, dont Album de l’année, Enregistrement de l’année et Chanson de l’année.

Liniker ne représente pas une « nouvelle version » de la MPB : elle participe pleinement à redéfinir ce que la musique populaire brésilienne peut raconter aujourd’hui.

Repère : GRAMMY.com sur CAJU et les nominations de Liniker.

NEW KG · DÉCOUVERTE

Melly : Bahia, douceur et force intérieure

Originaire de Salvador, Melly rapproche R&B, pop, écriture intime et rythmes bahianais dans une langue musicale qui lui appartient. Sa voix peut rester proche du murmure puis s’ouvrir sans perdre la précision du texte.

Son deuxième album, MAIS FORTE QUE A DÚVIDA, publié en mai 2026, marque une étape d’expansion. L’artiste y transforme l’incertitude en moteur créatif et élargit sa palette sans abandonner la sensibilité révélée par Amaríssima.

Pourquoi NEW KG la suit : parce qu’elle ne choisit pas entre profondeur et accessibilité — elle fait de cette tension son identité.

À lire : Melly raconte sa nouvelle phase à Billboard Brasil.

PARCOURS D’ÉCOUTE

La playlist Focus Brésil | NEW KG

Cette sélection ne prétend pas résumer un pays aussi vaste. Elle relie plutôt dix points de passage : Pixinguinha, Cartola, Luiz Gonzaga, João Gilberto, Gilberto Gil, Dona Onete, Tati Quebra Barraco, DJ Marky & XRS feat. Stamina MC, Liniker et Melly.

Écoutez-la dans l’ordre pour suivre le récit : les fondations instrumentales et populaires, la modernité de la chanson, les scènes régionales, l’énergie des périphéries, le pont électronique avec le Royaume-Uni, puis deux voix qui incarnent le présent et l’avenir.

Ouvrir la playlist dans Spotify

Le Brésil ne se résume pas. Il s’écoute en mouvement.

Du souffle de Pixinguinha aux mots de Cartola, de l’accordéon de Luiz Gonzaga aux silences de João Gilberto, des bailes funk aux clubs de São Paulo, de Liniker à Melly, la musique brésilienne avance par transmission, collision et réinvention.

Quel artiste ou quel mouvement devrait ouvrir notre prochain voyage au Brésil ? Partagez votre découverte avec NEW KG.

LECYA : “Amour oublié”, le titre viral qui séduit une génération et arrive sur NRJ

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NEW KG · NEW MUSIC

LECYA : « Amour oublié », la révélation pop qui franchit un nouveau cap avec NRJ

À seulement 16 ans, LECYA transforme une forte présence sur les réseaux sociaux en véritable projet musical.
Avec « Amour oublié », son univers pop prend une dimension plus intime, sensible et affirmée — jusqu’à faire son entrée sur NRJ.

POP · ÉMOTION · NOUVELLE GÉNÉRATION

Il y a des débuts qui ressemblent déjà à un tournant. Pour LECYA, « Amour oublié » n’est pas simplement un premier single :
c’est le morceau qui fait passer une jeune artiste suivie par une immense communauté numérique vers une nouvelle étape de son histoire musicale.

Originaire du Sud de la France et ayant grandi près de Manosque, LECYA baigne dans la musique depuis l’enfance.
Son père est musicien, sa mère chanteuse, et elle prend le micro pour la première fois à cinq ans.
À 13 ans, elle commence déjà à se produire en première partie de ses parents, forgeant sur scène une aisance et une proximité avec le public.

RADIO UPDATE
📻 « Amour oublié » fait son entrée sur NRJ
Le titre poursuit son ascension et franchit une nouvelle étape avec son arrivée sur NRJ,
un signal fort pour une artiste dont le développement s’est d’abord construit au contact direct de sa communauté.

✦ De The Voice Kids à une identité artistique personnelle

En 2024, LECYA atteint la demi-finale de The Voice Kids France.
Elle remporte ensuite le Swiss Voice Tour, confirmant très tôt sa capacité à dépasser le cadre des réseaux sociaux
pour s’imposer dans un environnement scénique et musical plus large.

Mais avec « Amour oublié », dévoilé le 26 juin 2026, la jeune chanteuse ouvre surtout un chapitre plus personnel.
Son univers reste pop, mais le ton se fait plus frontal. Le morceau évoque une relation destructrice,
la violence, la souffrance émotionnelle et ce moment où l’on choisit enfin de rompre avec ce qui fait mal.

“
« Amour oublié » fonctionne comme une rupture mise en musique : ne plus demander de réparation,
ne plus attendre d’excuses, et décider que l’histoire appartient désormais au passé.

✦ Un phénomène qui dépasse les réseaux sociaux

La connexion avec le public a été immédiate. Selon les chiffres communiqués autour du projet,
« Amour oublié » cumule déjà plus de 3 millions de streams,
plus de 150 000 créations TikTok et plus de 50 millions de vues sur les réseaux sociaux.

+3 M
de streams annoncés
+150 K
créations TikTok
+50 M
de vues sur les réseaux

L’artiste peut également s’appuyer sur une communauté déjà considérable, avec plus de
1,3 million d’abonnés sur TikTok et près de 670 000 abonnés sur Instagram.
Des chiffres impressionnants, mais qui prennent surtout du sens lorsqu’ils commencent à se convertir en écoutes,
en découverte musicale et désormais en exposition radio.

✦ Le clip officiel de « Amour oublié »

Le clip prolonge l’intensité du morceau avec une mise en scène volontairement sombre.
L’image ne vient pas simplement illustrer la chanson : elle accentue le sentiment d’enfermement,
de rupture et de libération qui traverse le titre.

✦ ✧ ✦
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LECYA · AMOUR OUBLIÉ

✦ LECYA, une nouvelle génération à suivre

À 16 ans, LECYA possède déjà plusieurs éléments que beaucoup d’artistes mettent des années à réunir :
une expérience de la scène, une communauté extrêmement engagée, une identité pop identifiable
et désormais un titre capable de circuler bien au-delà de ses propres réseaux.

L’entrée de « Amour oublié » sur NRJ vient ainsi donner une nouvelle portée à une trajectoire qui s’accélère.
Avec une première date à La Cigale annoncée dans son développement et un projet artistique qui se structure,
LECYA entre dans une phase décisive : celle où la viralité laisse progressivement place à une carrière.

CRÉDITS

« Amour oublié »

  • Artiste : LECYA
  • Auteurs : LECYA, Nolwenn Le Boucher
  • Compositeur : Sany San
  • Réalisation du clip : Guy Fonkui
  • Production : Play5 – GAB&JO
  • Figurants : Tic Tac Brothers, Roze
  • Maquillage : Charleene Evrat

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NEW KG
Découvrir les artistes, les histoires et les sons qui façonnent la nouvelle génération.

Drum and bass : des racines britanniques aux scènes mondiales

NEW KG · RADAR GENRES ·

DRUM & BASS

Des racines britanniques aux scènes mondiales

Des breaks rapides, une basse qui déplace l’air et une histoire forgée par la rave, la jungle et les cultures sound system. NEW KG suit les trajectoires d’un genre devenu mondial sans perdre la mémoire de ses fondations.

On reconnaît souvent la drum and bass avant même de savoir la nommer. Une batterie semble courir à toute vitesse, tandis qu’une basse profonde ralentit paradoxalement le corps. Entre les deux, une voix, une nappe ou un silence peut ouvrir un espace inattendu. Cette tension entre vitesse et profondeur constitue l’une des grandes forces du genre.

La drum and bass n’est pourtant pas une formule unique. Elle peut être mélodique, abrasive, lumineuse, minimale ou euphorique. Elle se raconte à travers les clubs, les radios pirates, les labels indépendants, les MC, les productrices et producteurs, mais aussi à travers les villes qui l’ont adoptée et transformée.

Dans ce Radar Genres, NEW KG revient sur ses racines britanniques, décrypte son langage sonore et suit sa circulation jusqu’au Brésil et au Sri Lanka. La playlist « Drum & Bass — Global Frequencies | NEW KG » prolonge ce voyage en vingt titres, entre classiques, mélodies, énergie club et découvertes internationales.

Notre angle : écouter la drum and bass comme un langage en mouvement — né au Royaume-Uni, façonné par des héritages noirs et caribéens, puis réinterprété bien au-delà de ses frontières.

1. Des raves britanniques à la jungle : une histoire de croisements

Au début des années 1990, le Royaume-Uni vit l’explosion des raves et du breakbeat hardcore. Des productrices, producteurs et DJ accélèrent des rythmes issus du funk et du hip-hop, renforcent les basses héritées du dub, puis font dialoguer ces matières avec le reggae, le dancehall, la techno et la house. Londres et Bristol jouent un rôle majeur, mais l’histoire se construit dans tout un réseau de clubs, de fêtes, de boutiques de disques et de radios pirates.

La culture sound system caribéenne apporte bien davantage qu’une basse puissante : elle transmet une manière d’occuper l’espace, de faire circuler les dubplates, de dialoguer avec un MC et de tester un morceau directement face au public. Dans la Grande-Bretagne noire et multiculturelle, ces pratiques rencontrent l’énergie rave. La jungle émerge de ce bouillonnement.

Jungle et drum and bass ne se rangent pas dans deux boîtes parfaitement séparées. Leurs histoires se chevauchent. Au milieu des années 1990, l’expression « drum and bass » se généralise tandis que certaines productions deviennent plus épurées, atmosphériques ou techniques. Mais la continuité reste profonde : mêmes breaks retravaillés, même culture de la basse et mêmes racines communautaires.

Quelques repères permettent d’entendre cette transformation : Lennie De Ice avec « We Are I.E. », Shy FX et UK Apache avec « Original Nuttah », Goldie et Diane Charlemagne avec « Inner City Life », LTJ Bukem avec « Horizons », puis Roni Size / Reprazent avec « Brown Paper Bag ». Ces morceaux ne résument pas le genre ; ils montrent à quel point ses fondations étaient déjà diverses.

Repères historiques : histoire des breakbeats par MusicRadar · portrait de Lennie De Ice dans The Guardian · documentaire The Rest Is History présenté par UKF.

Écouter et regarder : UK Apache with Shy FX — Original Nuttah 25
Une réactivation du classique de 1994, publiée sur la chaîne officielle de Shy FX. Ouvrir sur YouTube.

2. Que faut-il écouter dans un morceau de drum and bass ?

Le tempo se situe fréquemment entre 160 et 180 battements par minute, souvent autour de 170 à 175. Pourtant, la sensation ne vient pas seulement de la vitesse. La grosse caisse, la caisse claire et les silences créent des appuis qui peuvent faire entendre un mouvement plus ample, presque à mi-temps, pendant que les détails de la batterie filent autour d’eux.

Les producteurs découpent, déplacent et recomposent des breakbeats. Le plus célèbre est l’Amen break, un court passage de batterie joué par Gregory C. Coleman sur « Amen, Brother » des Winstons en 1969. Son importance est immense, mais la créativité de la jungle et de la drum and bass repose précisément sur la manière de transformer ces sources : changer leur vitesse, isoler une frappe, inverser un fragment ou construire une nouvelle syncope.

Quatre éléments pour guider l’oreille
Élément Ce qu’il produit
Breaks La vitesse, la syncope et la signature rythmique du morceau.
Sub-bass Une profondeur physique, parfois plus ressentie qu’entendue.
Espace Des respirations, des ruptures et une tension avant le retour du rythme.
Voix et textures Une dimension soul, dub, pop, cinématographique ou expérimentale.

Exercice d’écoute : suivez d’abord la caisse claire, puis recommencez le morceau en vous concentrant uniquement sur la basse. La drum and bass révèle souvent deux vitesses émotionnelles à la fois.

Écouter et regarder : Goldie — Inner City Life
La voix de Diane Charlemagne, les cordes et les breaks montrent combien la vitesse peut porter une forte charge émotionnelle. Ouvrir sur YouTube.
Écouter et regarder : Roni Size / Reprazent — Brown Paper Bag
Une porte d’entrée vers le versant organique et collectif de la drum and bass de Bristol. Ouvrir sur YouTube.

3. Liquid, jungle, dancefloor, neurofunk : quatre sensibilités, des frontières ouvertes

Les sous-genres servent de cartes, pas de murs. Un même artiste peut changer d’approche d’un disque à l’autre, et un morceau peut emprunter à plusieurs familles. Ces quatre repères correspondent aux sensibilités retenues dans la playlist NEW KG.

Des repères d’écoute, non des règles absolues
Sensibilité À écouter Repères
Jungle Breaks très découpés, basses dub, samples reggae ou dancehall, énergie rude et joueuse. Shy FX, Remarc, Nia Archives
Liquid Harmonies soul ou jazz, voix, nappes et mélodies qui laissent davantage respirer le morceau. Calibre, Lenzman, IYRE
Dancefloor Montées franches, refrains lisibles et impacts pensés pour les grandes scènes et les foules. Sub Focus, Wilkinson, Dimension
Neurofunk Basses sculptées, textures sombres, précision technique et tension presque mécanique. Noisia, Mefjus, Black Sun Empire

La trajectoire de Nia Archives rappelle que la jungle n’est pas seulement un patrimoine à conserver. Elle peut accueillir une écriture intime, une voix pop et une sensibilité contemporaine tout en restant connectée à l’énergie des breaks. À l’autre extrémité du spectre, les architectures sonores de Noisia ont montré jusqu’où la précision des basses et du design sonore pouvait pousser le genre.

Écouter et regarder : Nia Archives — Baianá
Une jungle nouvelle génération, immédiate et mélodique, traversée par un motif vocal brésilien. Ouvrir sur YouTube.

4. Un langage mondial : de l’Europe au Sri Lanka

La drum and bass s’est rapidement exportée, mais elle ne s’est pas simplement reproduite à l’identique. Chaque scène a développé ses réseaux, ses labels, ses soirées et ses accents. La Belgique de Netsky, l’Autriche de Camo & Krooked ou les Pays-Bas de Noisia ont chacune contribué à élargir le vocabulaire européen du genre.

Cette carte continue de s’étendre. Des artistes comme gyrofield ou IMANU brouillent les frontières entre drum and bass, bass music et création électronique expérimentale. Ils montrent qu’un tempo ou une structure rythmique peut devenir un terrain de recherche plutôt qu’une limite.

Depuis Colombo, le producteur sri-lankais IYRE, alias Sasith Gamage, développe une drum and bass atmosphérique et émotionnelle. Sa présence dans notre sélection est essentielle : elle décentre le regard et rappelle que l’histoire actuelle du genre s’écrit aussi depuis des territoires rarement placés au centre des récits électroniques.

À lire : IYRE et la scène sri-lankaise dans UKF · entretien avec IYRE dans Mixmag.

Écouter et regarder : IYRE & Breezy Lee — Lament
Une rencontre entre atmosphère cinématographique, voix et pulsation liquid. Ouvrir sur YouTube.

5. Le pont Royaume-Uni–Brésil : quand la basse rencontre le samba-rock

À la fin des années 1990 et au début des années 2000, le Brésil devient l’un des foyers internationaux les plus singuliers de la drum and bass. À São Paulo, les disques britanniques circulent déjà, mais des DJ et producteurs locaux les font dialoguer avec leurs propres mémoires musicales.

DJ Marky, XRS et DJ Patife jouent un rôle central dans cette circulation. Avec « LK (Carolina Carol Bela) », DJ Marky et XRS transforment un fragment de « Carolina Carol Bela », enregistré par Toquinho et Jorge Ben, en une ligne lumineuse portée par les breaks et la basse. La version avec Stamina MC devient un morceau-passerelle : un titre capable de relier les clubs britanniques à une culture musicale brésilienne plus vaste.

L’étiquette « sambass » a servi à nommer cette rencontre, mais elle ne doit pas réduire la scène brésilienne à une seule couleur. Drumagick, DJ Patife, S.P.Y, Bungle, L-Side, Level 2 ou Alibi ont exploré des approches soulful, rolling, minimales ou plus techniques. Le Brésil ne constitue pas une parenthèse exotique dans l’histoire du genre : il en est l’un des laboratoires internationaux.

Le morceau-pont du carrousel : DJ Marky & XRS feat. Stamina MC — « LK (Carolina Carol Bela) ». Une rencontre qui illustre parfaitement le thème NEW KG de la semaine : l’énergie traverse les frontières, mais elle porte toujours une histoire.

Pour prolonger : DJ Marky raconte la création de « LK » à DJ Mag · entretien de DJ Marky avec Mr Bongo.

Écouter et regarder : DJ Marky & XRS feat. Stamina MC — LK
La version publiée par Planet V / V Recordings, avec Stamina MC. Ouvrir sur YouTube.

6. Par où commencer ? Quatre portes d’entrée

Il n’est pas nécessaire de tout comprendre avant d’écouter. Choisissez simplement l’énergie qui vous attire aujourd’hui, puis suivez les collaborations, les labels et les albums autour du morceau.

01 · Les fondations

Shy FX & UK Apache, Goldie, Roni Size / Reprazent. Pour entendre la jungle, l’émotion et le groove collectif.

02 · Le versant mélodique

Calibre, Lenzman, IYRE. Pour les voix, les harmonies soul et la profondeur atmosphérique.

03 · L’énergie club

Sub Focus, Wilkinson, Camo & Krooked. Pour les montées, l’impact et l’euphorie collective.

04 · Les nouvelles directions

Nia Archives, IMANU, gyrofield. Pour les formes hybrides, les ruptures et les futurs possibles.

Le réflexe NEW KG : écoutez un titre jusqu’au bout avant de changer de catégorie. Dans la drum and bass, la narration passe souvent par une rupture, un silence ou une variation qui n’arrive qu’après plusieurs minutes.

La playlist : Drum & Bass — Global Frequencies | NEW KG

Des fondations jungle britanniques aux scènes mondiales : Goldie, Roni Size, DJ Marky, Calibre, Nia Archives, IYRE et bien d’autres. Liquid, jungle, dancefloor et neurofunk sont réunis dans une sélection signée NEW KG.

Le parcours de vingt titres est organisé comme une progression : cinq classiques, cinq morceaux mélodiques, cinq titres orientés club, puis cinq découvertes et scènes internationales. Lancez la lecture dans l’ordre pour suivre le récit, ou choisissez directement la porte d’entrée qui vous ressemble.

Ouvrir la playlist dans Spotify

La vitesse attire. La profondeur fait rester.

De la jungle britannique aux paysages liquid du Sri Lanka, des laboratoires sonores néerlandais au samba-rock réinventé par DJ Marky et XRS, la drum and bass avance parce qu’elle sait transformer ses héritages.

Quel morceau vous a fait découvrir la drum and bass ? Partagez-le avec NEW KG et transmettez à votre tour une fréquence.

Miae : « Le premier jour du reste de ma vie »

NEW KG • EST-CE QUE TU ME CONNAIS ? • ÉPISODE 04
Portrait • Miae

Miae : « Le premier jour du reste de ma vie »

De Marseille à Paris, du conservatoire aux premières chansons dévoilées,
Miae construit un univers où les émotions deviennent des mots,
des mélodies et parfois des silences. À quelques jours de son concert
aux Trois Baudets et avant la sortie de « Messagerie »,
elle se confie à NEW KG sur son parcours, son écriture
et la nouvelle étape qui s’ouvre aujourd’hui.

La musique comme premier refuge

Pour comprendre Miae, il faut peut-être commencer dans une voiture,
quelque part entre Marseille, Aubagne et la Pointe Rouge.
Avant les studios, les scènes et les projets, la musique était déjà
un espace où l’on pouvait se retrouver, s’apaiser et parfois dire
autrement ce que les mots n’arrivaient pas à exprimer.

01 • Marseille, Paris et les origines

Quand la musique devient une manière de respirer

Miae se décrit elle-même comme une grande nostalgique.
Lorsqu’elle cherche le souvenir qui raconte le mieux la place de la musique
dans son enfance, ce ne sont pas immédiatement les cours ou les instruments
qui lui reviennent.

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Ce sont les trajets en voiture avec ses parents, son frère et ses sœurs.

Les dimanches en direction d’Aubagne, les escapades vers la Pointe Rouge,
les vacances. Des moments où les albums et les compilations s’enchaînent
sur l’autoradio — ou dans les écouteurs de chacun.

“

La musique, ça a toujours été notre façon de s’apaiser collectivement.
Quand j’ai du mal à parler ou que je n’en ai pas envie,
j’écoute de la musique. C’est mon premier réconfort, mon premier soutien.

De Marseille à Paris : élargir le champ des possibles

Miae grandit dans le 1er arrondissement de Marseille.
Paris n’était pas nécessairement un rêve d’enfance.
La capitale s’impose plutôt au moment des études et des premiers stages,
alors qu’elle envisage encore une carrière dans l’événementiel de la mode.

Ce déplacement va pourtant changer bien plus que son parcours professionnel.

À Paris, Miae rencontre des personnes qui lui montrent
qu’il est possible d’imaginer la musique comme une véritable vie.
Elle apprend aussi à se libérer du regard extérieur,
à prendre davantage de risques et à mieux se connaître.

« Marseille, c’est la ville de mon cœur, mais partir à Paris
m’a permis de pouvoir m’exprimer en totale liberté,
d’apprendre à me connaître et à prendre des risques. »

Aujourd’hui, cette circulation entre Marseille et Paris nourrit directement
sa façon de créer : deux villes, deux regards, plusieurs références
et surtout une plus grande liberté.

Désapprendre l’excellence

Le conservatoire lui apporte la technique.
Mais Miae explique avoir dû apprendre autre chose :
le plaisir, le lâcher-prise et l’intuition.

Après sa formation classique au conservatoire de Marseille,
elle abandonne progressivement l’idée de regarder chaque geste musical
uniquement à travers le prisme de l’excellence.

Plus tard, son passage au CRR de Paris en musiques actuelles
arrive dans un état d’esprit différent.
Plus mature et présente par choix, elle redécouvre le plaisir
de travailler sa voix, de jouer avec d’autres musiciens
et de vivre la musique autrement.

La flûte, lorsque les mots ne suffisent plus

La flûte traversière reste aujourd’hui un prolongement très intime de Miae.

Lorsqu’elle écrit, elle cherche souvent à comprendre ce qui lui traverse
la tête ou lui « tord le ventre ». Mais quand les mots ne viennent plus,
l’instrument prend le relais.

« Quand je n’arrive plus à écrire, je joue. »

Commencée très jeune, la flûte lui a donné une oreille,
un rapport au souffle et une fascination pour les mélodies
qui influencent encore directement la manière dont elle imagine ses toplines.

Elle continue d’ailleurs à l’utiliser sur scène.
Pour Miae, elle restera probablement toujours ce moyen
de dire ce qu’elle n’arrivera jamais complètement à verbaliser.

Miae, l’alter ego

L’identité artistique, elle, ne serait pas arrivée soudainement.

Miae dit qu’elle était déjà là.

Enfant, elle écoute Katy Perry dans sa chambre,
imprime les paroles pour chanter avec elle
et imagine déjà la possibilité de faire la même chose.

« Miae, c’est devenu un alter ego qui me permet d’être cette artiste
qui se libère de ses émotions en studio et sur scène. »

Un alter ego qui n’est pourtant jamais figé.
D’un projet à l’autre, Miae considère son identité artistique
comme quelque chose qui continue de se construire.

Écouter Miae

Découvrez son univers sur Spotify

De « Les Ombres Heureuses » à « Bisou » et « Plus besoin »,
retrouvez les titres de Miae et suivez ses prochaines sorties.

◎
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suivez Miae au quotidien et découvrez les prochaines étapes de son projet.


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02 • Écriture et évolution

De « Les Ombres Heureuses » à « Bisou » : apprendre à moins se cacher

Entre ses deux projets, Miae estime que presque tout a évolué en même temps :
sa vie, son regard sur elle-même, sa voix et donc nécessairement son écriture.

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« Les Ombres Heureuses » représente le premier moment
où elle accepte réellement de dévoiler ses chansons, ses textes et ses pensées.

À cette époque, elle se décrit encore comme très pudique.

Avec les expériences de studio et de scène,
cette retenue s’est progressivement relâchée.

Deux projets, deux moments

« Les Ombres Heureuses, c’était vraiment la première fois
que je dévoilais mes chansons, mes écrits, mes pensées.
[…] Sur Bisou, j’avais déjà plus de recul.
Même si j’aborde des thèmes assez intenses,
j’ai pris beaucoup plus de liberté pour m’amuser. »

Une émotion trop forte devient souvent une chanson

« Plus besoin » illustre cette évolution.
L’écriture semble plus directe, plus assurée et parfois plus joueuse.

Mais pour Miae, la mécanique de départ reste la même :
lorsqu’une émotion la traverse trop intensément,
elle finit presque toujours par devenir une chanson.

Jusqu’ici, ses textes ont beaucoup parlé d’amour,
de sentiments et de relations humaines.
Le projet prévu pour 2027 devrait cependant ouvrir
de nouveaux territoires d’écriture,
nourris par d’autres expériences vécues.

Tout n’est pas pour autant destiné à devenir public.

« Il y a encore des choses que je garde pour moi…
et pour ma psy. »

Tout commence souvent par une phrase

Dans son téléphone, une note gigantesque conserve les phrases
qui lui traversent l’esprit.

C’est généralement là qu’une chanson commence.

En studio, Miae revient vers ces fragments,
développe le texte et trouve simultanément la mélodie.
Le mood existe souvent déjà dans sa tête.

Elle rejoint ensuite Antonin Aguessy,
qu’elle appelle Anto,
pour transformer cette intuition en musique.

Les doutes et les versions abandonnées font naturellement partie
de ce processus. Mais Miae aime la fluidité :
lorsqu’une idée résiste trop longtemps,
elle préfère parfois simplement passer à autre chose.

Nouveau chapitre

Et si la prochaine étape de Miae commençait justement
lorsqu’elle décidait de créer sans se demander
si cela ressemblait suffisamment à « Miae » ?

03 • Messagerie & Trois Baudets

« Messagerie », le morceau qui ne devait pas devenir un titre de Miae

L’histoire de « Messagerie » commence presque à l’extérieur
de son projet artistique.

Jeremy, qui travaille chez Cézame Music Agency,
contacte Miae sur Instagram après avoir apprécié « Plus besoin ».
Il lui propose de créer un titre exclusif destiné à une compilation
pour des placements en synchronisation.

Miae rejoint alors Anto en studio.

Le morceau n’est initialement pas pensé pour être un titre de son répertoire.
Et c’est peut-être justement ce qui lui permet d’écrire avec autant de liberté.

Messagerie

« J’ai vraiment écrit comme si ce n’était pas pour Miae.
Je ne me suis mis aucune barrière et je trouve que ça se ressent. »

Le résultat plaît suffisamment à Miae pour qu’elle demande
l’autorisation de le sortir finalement comme single.

« Messagerie » est prévu pour octobre.

Un morceau qu’elle décrit comme énergique,
conçu sans suranalyse et avec une envie simple :
s’amuser.

Sa seule ambition émotionnelle après la première écoute ?

« L’envie de l’écouter en boucle ! »

Ce titre reste autonome, mais Miae le voit comme une transition.
Il prolonge l’énergie de « Plus besoin »
tout en annonçant la liberté créative
qu’elle a adoptée pour son prochain projet.

24 septembre : rendez-vous aux Trois Baudets

Quelques jours avant la sortie à venir,
une autre étape importante attend Miae :
les Trois Baudets, le 24 septembre.

La salle l’impressionne.
De nombreux artistes qu’elle admire y sont déjà passés,
et elle assume pleinement la fierté d’être programmée sur cette scène.

Le timing est particulièrement symbolique :
de nouvelles chansons existent désormais,
et certaines seront jouées pour la première fois
avec Pierrick et Zéphir.

« On va jouer Messagerie et j’espère que vous serez là
pour le découvrir en avant-première ! »

Pour Miae, un concert n’est pas une simple succession de chansons.

Avec Anto, elle réfléchit à ce qui doit entrer dans les quarante minutes
de scène et à ce qui doit volontairement rester de côté.
Les répétitions servent ensuite à construire les transitions,
les arrangements et les vrais moments de partage avec le public.

L’objectif est clair :
embarquer les spectateurs dans son univers.

Et il existe une différence importante entre la Miae
qui écrit seule et celle qui apparaît sur scène.

« L’assurance. Je me sens beaucoup plus sûre de moi
au moment de monter sur scène que quand j’écris seule dans ma chambre.
[…] Chanter sur scène, c’est ça qui me fait vibrer. »

04 • Indépendance & vision

Construire quand les moyens ne suivent pas encore les ambitions

Quand on lui demande quel est aujourd’hui son principal défi
en tant qu’artiste émergente, Miae ne cherche pas une réponse abstraite.

Elle parle d’argent.

Produire, communiquer, développer un live,
créer des images et rivaliser avec des projets soutenus
par des moyens importants représente une difficulté très concrète.

« C’est très dur de rivaliser avec l’industrie
qui injecte des milliers d’euros dans des projets musicaux.
Mais bon, c’est le jeu. Je reste patiente et j’ai confiance en la vie. »

Son objectif reste cependant ambitieux :
jouer sur de plus grandes scènes
afin de partager sa musique avec davantage de monde.

Ne pas se perdre dans les chiffres

Dans un environnement où les performances numériques
et l’image occupent une place importante,
Miae essaie de conserver une règle simple :
rester fidèle à ce qu’elle aime réellement.

La comparaison demeure parfois difficile à éviter,
mais elle cherche à ne pas construire sa trajectoire uniquement
en regardant celle des autres.

« Il faut surtout aimer la musique et ce métier
pour vouloir en faire sa vie.
Et pour l’instant, c’est mon cas. »

Un univers qui se construit aussi avec les autres

Si Miae écrit souvent depuis quelque chose de très personnel,
son univers actuel est aussi le résultat d’un collectif.

En studio, elle travaille depuis deux ans
avec Antonin Aguessy,
devenu à la fois un collaborateur central
et une personne avec qui la confiance dépasse la musique.

Sur scène, Zéphir et Pierrick
participent aux arrangements live,
tandis que Loïc l’accompagne au son
et contribue à créer une cohérence d’un concert à l’autre.

Une nouvelle étape professionnelle vient également de commencer :
Miae a récemment signé avec le label Foudrage,
avec lequel elle prépare la suite de son projet.

Donner une couleur aux chansons

L’image n’est pas pensée comme un simple habillage.

Miae aime lorsqu’elle vient soutenir la poésie déjà présente
dans les chansons.

Avec des textes souvent très présents,
elle cherche encore comment traduire certains morceaux visuellement.
Mais elle aime l’idée de pouvoir leur donner
une couleur, un visage et des paysages.

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La prochaine étape

« Donnez-moi ma chance »

Après l’interview, l’article et les prochaines chansons,
Miae aimerait avant tout que le public comprenne une chose :
elle est une artiste à qui il faut laisser l’occasion
de poursuivre l’histoire.

Pour elle, la réussite ne se résume pas encore aux chiffres :
terminer son EP, pouvoir le jouer sur scène,
continuer à bâtir une équipe professionnelle
et trouver notamment un tourneur seraient déjà
autant de victoires concrètes.

Conclusion

Le premier jour du reste de sa vie

Chez Miae, les chansons naissent souvent de ce qui déborde.
Une phrase notée dans un téléphone.
Une émotion trop forte.
Une mélodie qui cherche sa place.

Le parcours, lui aussi, semble suivre ce mouvement.

Marseille lui a donné ses racines.
Paris lui a offert un espace pour oser.
Le conservatoire lui a donné la technique.
La scène lui a donné l’assurance.
Et les projets successifs lui apprennent désormais
à faire davantage confiance à la liberté.

« Messagerie » est peut-être le symbole parfait de ce moment :
un morceau qui ne devait pas être pensé pour Miae
mais qui, parce qu’il a été créé sans barrière,
finit justement par lui ressembler.

Puis viennent les Trois Baudets,
le prochain EP,
un nouveau label
et une envie toujours plus claire d’aller jouer
devant un public plus large.

Lorsqu’on lui demande quel titre elle donnerait
au premier chapitre de cette nouvelle histoire,
Miae n’hésite pas.

Le dernier mot de Miae

« Le premier jour du reste de ma vie. »

NEW KG • Est-ce que tu me connais ?

Après ces confidences… est-ce qu’on connaît vraiment Miae ?

Derrière les chansons apparaît une artiste en mouvement,
à la fois sensible et déterminée,
qui apprend à transformer ses émotions en musique
sans perdre le plaisir de créer.

Continuez à suivre son histoire

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Découvrez les coulisses de ses créations, ses concerts,
ses sessions studio et les prochaines étapes de son univers musical.


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MC Solaar : « 5ème As » revient 25 ans après dans une réédition spéciale

NEW KG · MUSIC

MC Solaar : « 5ème As » revient 25 ans après dans une réédition spéciale

Le classique de MC Solaar fera son retour le 18 septembre 2026 avec plusieurs éditions collector, des raretés et un inédit.

 

Il y a des albums qui appartiennent à une époque. Et puis il y a ceux qui continuent à traverser les générations.
« 5ème As » fait partie de cette deuxième catégorie.

Sorti en 2001, l’album emblématique de MC Solaar revient dans les bacs vingt-cinq ans plus tard.
Pour l’occasion, Warner Music France prépare plusieurs éditions physiques, dont des vinyles limités
et une version 2 CD enrichie de raretés.

À retenir

Sortie : 18 septembre 2026

Album : « 5ème As »

Artiste : MC Solaar

Formats : éditions vinyles collector et édition limitée 2 CD

Bonus : versions rares et « Solaar Weeps », annoncé comme inédit

01 · L’album

« 5ème As », l’album de la consécration

Sorti initialement en 2001, « 5ème As » marque une étape importante dans la carrière de MC Solaar.
Le disque rencontre un important succès populaire et critique et décroche un
double disque de platine.

Le projet rassemble plusieurs éléments devenus indissociables de l’univers du rappeur :
une écriture précise, des rimes travaillées, une attention particulière portée aux mots
et une production qui fait dialoguer narration, mélancolie et énergie.

« Solaar Pleure », « Hasta la Vista », « La Belle et le Bad Boy »…
plusieurs morceaux de « 5ème As » ont largement dépassé leur époque.

On retrouve également sur le disque « RMI », « Les Colonies », « Baby Love »,
« Le Cinquième As » ou encore « Si je meurs ce soir ».

À voir · MC Solaar — « 5ème As »

02 · Les éditions

Une réédition pensée pour les collectionneurs

Pour célébrer les vingt-cinq ans de l’album, Warner Music France propose plusieurs formats physiques,
dont plusieurs éditions limitées.

Édition ultra-limitée

« Fifth Ace » — double vinyle crème

L’édition internationale de l’album, initialement sortie à l’export,
revient en double vinyle couleur crème et contient des titres exclusifs.

Édition limitée Fnac

Double vinyle couleur or

L’album original avec sa pochette originale, une nouvelle gravure
et une présentation double vinyle gatefold couleur.

Vinyle

Double vinyle noir 140 g

Une édition standard permettant de retrouver l’album original au format double vinyle.

Édition limitée

2 CD Digipak

Le premier disque contient l’album original tandis que le second réunit
plusieurs versions rares et inédites en France.

03 · Les archives

Le véritable bonus : raretés et inédit

Pour celles et ceux qui connaissent déjà l’album,
la véritable curiosité de cette réédition se trouve sur le second CD.

CD2 · Bonus

01 · ¡Hasta La Vista Mi Amor! — Intro

02 · ¡Hasta La Vista Mi Amor! — Spanish Version

03 · Samedi Soir

04 · Solaar Pleure — Symphonic Version

05 · Solaar Weeps

Inédit

Parmi ces bonus, « Solaar Weeps » est annoncé comme inédit.
Le disque comprend également « Samedi Soir », une version espagnole
de « Hasta La Vista Mi Amor! » et une version symphonique de « Solaar Pleure ».

04 · Portrait

MC Solaar, une signature à part

MC Solaar occupe depuis plusieurs décennies une place singulière dans le rap francophone.
Son identité artistique repose notamment sur son rapport aux mots, au rythme et à la narration.

Jeux de langage, images, observation sociale et introspection
traversent une écriture devenue immédiatement identifiable.

Dans cette trajectoire, « 5ème As » constitue l’un des albums
qui illustrent le mieux sa capacité à faire dialoguer rap,
poésie et recherche mélodique.

Plus qu’une simple ressortie, cette édition participe à la transmission
d’un album qui a marqué l’histoire du rap francophone.
Vingt-cinq ans plus tard, « 5ème As » peut retrouver son public
tout en rencontrant une nouvelle génération d’auditeurs.


Le regard NEW KG

Rendez-vous le 18 septembre

« 5ème As » sera de nouveau disponible le 18 septembre 2026 chez Warner Music France.

Vinyles collector, édition 2 CD, raretés et inédit :
cette nouvelle édition offre une nouvelle occasion de replonger
dans l’un des albums marquants de la discographie de MC Solaar.

Artiste : MC Solaar

Album : « 5ème As »

Date de sortie : 18 septembre 2026

Label : Warner Music France

 

Portugal : du fado aux nouvelles scènes, voyage au cœur d’une musique en mouvement

NEW KG • FOCUS PAYS

Portugal : du fado aux nouvelles scènes, une musique entre héritage et modernité

Entre saudade, guitare portugaise, pop, rap, musiques électroniques et influences afro-lusophones, le Portugal possède une identité musicale beaucoup plus vaste que les images auxquelles on le résume parfois.

Il suffit de parcourir Lisbonne pour entendre combien la musique portugaise se construit dans le dialogue. Dans les quartiers historiques, le fado continue de faire vivre une tradition profondément associée à la ville. À quelques rues de là, les studios, les clubs et les plateformes numériques racontent déjà d’autres histoires.

Le Portugal contemporain est à la fois européen, atlantique et lusophone. Ses musiques portent les traces de son histoire, de ses migrations, de ses diasporas et des échanges avec de nombreux territoires de langue portugaise.

Du chant d’Amália Rodrigues aux expérimentations de Conan Osíris, de Mariza à Slow J, de la pop de Bárbara Bandeira aux créations de Dino D’Santiago ou Branko, la musique portugaise ne cesse de déplacer ses propres frontières.

NEW KG INSIGHT

Comprendre la musique portugaise, c’est écouter à la fois une mémoire, un territoire et les circulations qui relient Lisbonne au reste du monde lusophone.

01 — CARTOGRAPHIE SONORE

Un Portugal musical bien plus vaste que le fado

Le fado occupe une place centrale dans l’imaginaire musical portugais, mais il ne représente qu’une partie du paysage.

De Lisbonne à Porto, des traditions populaires aux grandes scènes urbaines, le pays fait cohabiter chanson, pop, rock, hip-hop, soul, électronique et nouvelles expressions métissées.

Cette diversité reflète aussi la situation particulière du Portugal : européen par sa géographie, mais profondément tourné vers l’Atlantique et le monde lusophone.

02 — HÉRITAGE

Le fado : la saudade mise en musique

Difficile d’évoquer le Portugal sans commencer par le fado. Développé notamment dans les quartiers populaires de Lisbonne, il associe chant, poésie et accompagnement instrumental.

La guitare portugaise accompagne une voix qui raconte l’amour, l’absence, le quotidien, le destin ou cette fameuse saudade, notion associée au manque, à la mémoire et au désir.

Amália Rodrigues demeure l’une des grandes figures historiques du genre. Sa voix et son répertoire ont largement contribué à faire voyager le fado hors du Portugal.

De Mariza à Carminho et Ana Moura, plusieurs générations continuent aujourd’hui de réinventer le fado sans rompre avec son intensité émotionnelle.

03 — TRANSMISSION

Une tradition qui continue de se transformer

Le fado n’est pas une musique figée. Sa force vient aussi de sa capacité à être réinterprété par différentes générations.

Certains artistes restent proches de ses formes classiques quand d’autres y introduisent pop, électronique ou nouvelles méthodes de production. Cette tension entre transmission et expérimentation permet au genre de rester vivant.

04 — POP & CHANSON

De nouvelles voix pour une nouvelle génération

À côté du fado, une importante scène pop s’est développée au Portugal. Elle raconte une génération connectée aux tendances internationales tout en conservant une forte présence de la langue portugaise.

Les productions deviennent plus internationales, les collaborations se multiplient et les frontières entre chanson, pop, R&B et musiques urbaines deviennent moins rigides.

Bárbara Bandeira — pop contemporaine et collaborations nouvelle génération.

Bárbara Tinoco — écriture, mélodie et nouvelle chanson portugaise.

Diogo Piçarra — pop mélodique et scène grand public.

Nuno Ribeiro — chanson et sonorités actuelles.

05 — SCÈNE URBAINE

Rap portugais : identité, introspection et nouvelles réalités

Le hip-hop est devenu l’un des espaces les plus dynamiques de la création portugaise. Plusieurs générations de rappeurs ont participé à installer durablement le genre dans le paysage national.

La scène est particulièrement diverse : introspection, trap, mélodie, écriture plus brute et productions expérimentales peuvent cohabiter.

Slow J — rap, mélodie et identité hybride.

Plutonio — l’une des figures des musiques urbaines portugaises.

Dillaz — écriture directe et univers personnel.

Julinho KSD — une nouvelle génération aux références multiples.

Chico da Tina — une approche singulière entre rap et culture populaire.

NEW KG INSIGHT

Le Portugal ne remplace pas ses traditions par de nouveaux genres : il construit de nouveaux sons à partir de plusieurs mémoires musicales.

06 — LISBONNE LUSOPHONE

La force des circulations afro-lusophones

Pour comprendre une partie de la musique portugaise actuelle, il faut également regarder les circulations qui relient Lisbonne à l’Angola, au Cap-Vert, à la Guinée-Bissau, au Mozambique, à São Tomé-et-Príncipe et aux diasporas.

À Lisbonne, des rythmes africains peuvent rencontrer l’électronique, le hip-hop, la pop, la soul ou le R&B. Cette circulation donne naissance à des musiques qui dépassent les frontières nationales.

Dino D’Santiago — Portugal, Cap-Vert, mémoire et création contemporaine.

Nenny — rap, chant et nouvelles expressions afro-lusophones.

Ivandro — pop, R&B et musiques urbaines.

07 — AU-DELÀ DES FRONTIÈRES

Électronique, alternatif et expérimentation

L’une des forces de la scène portugaise réside dans sa capacité à ne pas choisir entre identité locale et ouverture internationale.

Branko développe depuis plusieurs années des ponts entre électronique, rythmes urbains et espaces lusophones.

Conan Osíris explore un univers beaucoup plus difficile à classer, où musique populaire, électronique et références portugaises peuvent être déconstruites puis réassemblées.

The Black Mamba explore quant à lui un territoire entre soul, blues, funk et rock, autre démonstration de la diversité musicale du pays.

LA SÉLECTION NEW KG

🇵🇹 Portugal — Entre Fado, Pop & Lusophonie

Du fado intemporel aux nouvelles voix de la pop, du rap portugais aux influences afro-lusophones : découvrez un Portugal musical pluriel, moderne et profondément connecté à l’Atlantique.

Playlist disponible sur le Spotify de NEW KG

Portugal, une musique en mouvement

Le Portugal ne se résume pas au fado — mais il ne cherche pas non plus à l’oublier.

Les nouvelles générations peuvent regarder vers Londres, Paris, Luanda, Praia, Rio ou les grandes tendances mondiales tout en continuant à dialoguer avec Lisbonne, Porto et les traditions du pays.

La guitare portugaise peut rencontrer une boîte à rythmes. Le rap peut raconter plusieurs appartenances. La pop peut voyager d’un continent à l’autre. Le fado peut continuer d’évoluer sans perdre son émotion.

Explorer la musique portugaise aujourd’hui, c’est découvrir un pays qui transforme son héritage en matière vivante : une musique de mémoire, de mouvement et de rencontres.

Quel artiste portugais ou lusophone ajouteriez-vous à cette sélection ?

Écoutez la playlist, partagez votre découverte et poursuivez le voyage à travers les cultures musicales du monde avec NEW KG.

NEW KG • MUSIQUE • CULTURES • HORIZONS

Afro-house : origines, artistes incontournables et playlist NEW KG

NEW KG · RADAR GENRES ·

AFRO-HOUSE

Des scènes sud-africaines aux dancefloors mondiaux

Des percussions qui dialoguent, des voix qui restent, des histoires qui circulent. NEW KG explore les racines et les multiples expressions d’un genre en mouvement.

Un rythme s’installe. Une voix apparaît, puis revient tandis que les percussions déplacent doucement les appuis. Le morceau avance par couches, par respirations, par petites variations. Avant même de connaître son nom, on peut entrer dans l’afro-house par cette expérience : sentir comment un groove transforme l’espace autour de soi.

L’afro-house relie une pulsation héritée de la house à des approches rythmiques, vocales et mélodiques développées par des scènes africaines et leurs diasporas. L’Afrique du Sud occupe une place centrale dans cette histoire. Clubs, radios, producteurs, chanteuses et chanteurs y ont construit des langages qui se prolongent aujourd’hui bien au-delà de leurs lieux d’origine.

Pour ce Radar Genres, NEW KG propose un parcours en six étapes : comprendre les origines de l’afro-house, identifier quelques repères sonores, rencontrer des artistes et apprendre à écouter leurs différences. Dix titres prolongent la découverte dans notre playlist Spotify.

Notre fil conducteur : suivre la musique avec celles et ceux qui la créent. La sélection relie afro-house, héritages soulful et une ouverture vers le 3-step.

1. Qu’est-ce que l’afro-house et d’où vient-elle ?

La house s’enracine dans les scènes sud-africaines au fil des années 1980 et 1990. Les disques circulent, les DJ les adaptent à leurs publics et les productions locales prennent leur place. Le kwaito, la deep house et la soulful house participent à cet environnement musical. L’histoire de l’afro-house se comprend à travers ces échanges, plutôt qu’en cherchant une date de naissance unique.

À l’écoute, quelques repères reviennent : une pulsation régulière, des percussions imbriquées, une basse qui soutient le mouvement, des voix ou des motifs mélodiques qui structurent le morceau. Leur dosage change d’un titre à l’autre. Certains privilégient le chant ; d’autres développent longuement une texture ou une tension rythmique.

Cette diversité est essentielle. Une percussion ne suffit pas à raconter une tradition entière. S’intéresser à l’artiste, à son environnement et à ses collaborations donne du sens à ce que l’on entend.

Premier repère : « Webaba » de Culoe De Song. Dans la version de notre playlist, Busi Mhlongo figure également parmi les artistes crédités. Sa présence rappelle la place des voix dans ces circulations musicales.

Repères historiques : Zepherin Saint raconte l’afro-house dans Bandcamp Daily, 10 février 2021 · histoire de la house sud-africaine par DJ Mag.

Écouter et regarder : Culoe De Song — Webaba
Une autre porte d’entrée dans « Webaba », ici dans l’édition Webaba EP. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : Culoe De Song — Topic / Innervisions.

2. Black Coffee, Culoe De Song, Da Capo : des repères pour commencer

Black Coffee constitue une porte d’entrée majeure vers la house sud-africaine. Son parcours de DJ, ses productions et le travail mené autour de Soulistic Music ont contribué à faire circuler cette scène auprès de nouveaux publics. Cette visibilité repose aussi sur un tissu de collaborations et de talents à découvrir.

Avec « Superman », en compagnie de Bucie, nous retenons un héritage soulful : une manière de placer la voix au cœur de l’écoute et de faire cohabiter chanson et culture club. Pour prolonger ce repère, passez à « Found You » de Da Capo avec Berita, puis à « Osama » de Zakes Bantwini et Kasango.

Ces titres forment trois points de départ. Écoutez successivement la voix, la basse et les percussions ; repérez ensuite ce que chaque production choisit de laisser respirer. Le parcours devient plus riche lorsque l’on suit autant les chanteuses et chanteurs que les producteurs.

Culoe De Song, Da Capo et Black Coffee permettent ainsi de découvrir différentes sensibilités au sein d’un même paysage musical. Leurs discographies et leurs collaborations sont autant de chemins pour poursuivre la découverte.

Pour situer cette scène : entretien de Black Coffee avec Pitchfork, 14 septembre 2016.

Écouter et regarder : Black Coffee feat. Bucie — Superman · Africa Rising
Une performance issue d’Africa Rising pour prolonger le repère soulful de cette partie. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : Soulistic Agency / SoulisticMusicTV.

3. Afro-house, afro-tech et amapiano : quelles différences ?

Ces noms se croisent dans les programmations et les playlists. Ils désignent pourtant des approches que l’on gagne à distinguer. Les frontières restent poreuses : un artiste peut explorer plusieurs esthétiques, et un morceau peut se situer à leur rencontre.

Trois familles, quelques repères d’écoute
Style Ce que l’on peut écouter
Afro-house Pulsation house, jeux de percussions, motifs vocaux ou mélodiques et construction du groove.
Afro-tech Une proximité avec l’afro-house, associée à des textures électroniques et à des influences techno plus marquées.
Amapiano Un langage sud-africain distinct, avec des claviers, des basses percussives de type log drum et des syncopes caractéristiques.

Le tempo seul ne permet pas de classer un titre. La construction de la basse, les accents rythmiques, les timbres et l’usage de la voix apportent d’autres indices. Les mots employés par les artistes pour décrire leur travail comptent également.

Thakzin ouvre ici une passerelle vers le 3-step avec « The Magnificent Dance ». Ce choix élargit volontairement notre parcours d’écoute. Il invite à entendre comment des influences voisines peuvent donner naissance à une proposition propre.

Repères : afro-tech · amapiano · Thakzin et sa discographie sur Resident Advisor.

Écouter et regarder : Thakzin — The Magnificent Dance
Écoutez la manière dont les accents rythmiques redistribuent la sensation de mouvement. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : Thakzin — Topic / Sondela Recordings.

4. De Luanda à Lisbonne : les circulations de l’afro-house

Les scènes se développent aussi au fil des déplacements, des rencontres et des réseaux de labels. Le parcours de DJEFF relie notamment Lisbonne, où il est né, et Luanda, où il s’installe en 2008. La création de Kazukuta Records participe ensuite à la diffusion de ses productions et d’autres artistes.

Dans notre sélection, « Zugu Zugu », avec Zakes Bantwini, offre un point d’entrée vers cette trajectoire. Suivre les crédits permet de passer d’un producteur à une voix, puis à d’autres disques et à d’autres scènes.

Boddhi Satva, originaire de République centrafricaine, développe pour sa part une approche qu’il nomme Ancestral Soul. « Ngnari Konon », avec Oumou Sangaré, permet d’explorer ce dialogue entre production électronique et identité vocale.

Ces parcours invitent à regarder la carte avec précision. Les collaborations relient des territoires tout en conservant des signatures personnelles. Un nom, une voix, une langue ou un label donnent à l’écoute des points d’ancrage concrets.

Parcours des artistes : DJEFF · Boddhi Satva sur Resident Advisor.

Écouter et regarder : Boddhi Satva feat. Oumou Sangaré — Ngnari Konon
Le clip prolonge la rencontre entre production et voix abordée dans cette partie. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : BBE Music.

5. DESIREE et Kitty Amor : une scène au pluriel

Explorer l’afro-house demande de varier les points de vue. DESIREE, DJ et productrice sud-africaine, revendique une écoute ouverte : dans son entretien avec DJ Mag, elle décrit des sets nourris de plusieurs styles, tout en affirmant son attachement à la house de son pays. Nous retenons « Intersexy » pour entrer dans son univers.

Kitty Amor construit de son côté des liens entre les musiques électroniques africaines et la scène britannique. Son activité de DJ et son label Mahaba Music donnent une place à la sélection, à la production et à la transmission. « Solitude » accompagne le lancement du label en 2023.

Ces deux trajectoires permettent d’aborder la scène à travers plusieurs rôles : produire, choisir les disques, créer des espaces d’écoute et accompagner d’autres artistes. Le regard s’élargit lorsqu’on s’intéresse à ce travail autant qu’à la notoriété d’un nom.

Pour prolonger le parcours, notre playlist accueille également Nitefreak et Emmanuel Jal avec « Gorah ». Là encore, la collaboration constitue un point de départ : deux noms à suivre et deux univers à découvrir au-delà d’un seul morceau.

À lire : entretien de DESIREE avec DJ Mag, 13 février 2024 · annonce de Mahaba Music par Defected, 1er novembre 2023.

Écouter et regarder : Kitty Amor — Solitude
Un repère musical pour découvrir le projet porté par Kitty Amor. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : Kitty Amor — Topic / Mahaba Music.

6. Comment écouter l’afro-house et prolonger la découverte ?

Commencez par un morceau entier. Laissez-lui le temps d’installer son mouvement, puis revenez sur un passage qui vous a marqué. Un même titre peut se révéler différemment selon que l’on suit la voix, la ligne de basse ou les éléments qui apparaissent en arrière-plan.

Passez ensuite aux crédits. Identifiez les artistes invités, le label et la version que vous écoutez : original, edit, remix ou enregistrement live. Ce détail facilite les recherches et permet de reconnaître le travail de chaque personne.

Construisez enfin votre propre prolongement : un album du producteur, un titre de la chanteuse ou du chanteur invité, puis une autre sortie du label. En quelques écoutes, une chanson devient le début d’une exploration.

Le réflexe NEW KG : lorsque vous partagez un titre, mentionnez aussi ses collaborations. Pour « Gorah », associez Nitefreak et Emmanuel Jal. Pour « Found You », gardez Da Capo et Berita ensemble.

Écouter et regarder : Nitefreak & Emmanuel Jal — Gorah
La version publiée par Nitefreak pour mettre ce parcours d’écoute en pratique. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : Nitefreak, chaîne officielle.

La playlist afro-house NEW KG : 10 titres pour continuer

Afro-House — Le groove en mouvement | NEW KG réunit les dix titres de ce Radar Genres. Le parcours associe des repères afro-house, un héritage soulful et une ouverture vers le 3-step. Retrouvez la playlist sur le Spotify de NEW KG et enregistrez-la pour prolonger l’écoute.

Ouvrir la playlist dans Spotify

Les titres et les artistes de la playlist
Artistes Titre
01. Black Coffee, Bucie Superman
02. Culoe De Song, Busi Mhlongo Webaba
03. Da Capo, Berita Found You
04. Zakes Bantwini, Kasango Osama
05. DJEFF, Zakes Bantwini Zugu Zugu
06. Boddhi Satva, Oumou Sangaré Ngnari Konon
07. DESIREE Intersexy
08. Kitty Amor Solitude
09. Nitefreak, Emmanuel Jal Gorah
10. Thakzin The Magnificent Dance
Ouverture vers le 3-step

Le groove ouvre la porte. La curiosité prolonge le voyage.

Pour votre prochaine écoute, choisissez un titre de la playlist, retenez les noms de ses artistes et découvrez une autre œuvre de chacun. C’est une manière simple de transformer une envie de danser en rencontre musicale.

Quel producteur, quelle productrice ou quelle voix ajouteriez-vous à ce Radar Genres ? Partagez votre découverte en commentaire.

Shaârghot à La Cigale : Paris va basculer dans l’univers électro-industriel du groupe

NEW KG • LIVE

Shaârghot s’apprête à faire trembler La Cigale. Le groupe électro-industriel français sera à Paris le 6 décembre 2026 pour un concert qui promet autant sur le plan sonore que visuel.

Guitares saturées, machines, énergie brute et esthétique cyberpunk :
Shaârghot a construit un univers immédiatement reconnaissable, à mi-chemin entre concert, performance et expérience immersive.

Après plusieurs dates à travers la France, le groupe posera ses machines à
La Cigale, à Paris, pour l’un des rendez-vous importants de cette fin d’année 2026.

Plongez dans l’univers de Shaârghot avant son passage à La Cigale.

Un univers qui dépasse le simple concert

Depuis ses débuts, Shaârghot ne se contente pas d’aligner les morceaux.
Le projet développe une véritable identité artistique dans laquelle musique, mise en scène, costumes et narration fonctionnent ensemble.

L’esthétique du groupe puise largement dans le cyberpunk et les imaginaires dystopiques.
Sur scène, les musiciens évoluent dans un environnement sombre et industriel, entourés des fameux
« Shadows », personnages qui participent pleinement à l’expérience.

Le résultat est un show intense, très visuel, où l’électro, le metal industriel et les rythmiques martiales se rencontrent.

Chez Shaârghot, le concert devient un spectacle total : on vient écouter la musique, mais aussi entrer dans un univers.

Une tournée française avant Paris

Le rendez-vous parisien s’inscrit dans une tournée française qui permettra à Shaârghot de retrouver son public dans plusieurs villes.

Rennes, Nantes, Toulouse, Montpellier, Grenoble, Auxerre ou encore Le Mans font partie des différentes étapes annoncées avant l’arrivée du groupe à Paris.

Cette tournée permet également au groupe de poursuivre la présentation sur scène de son univers récent et des morceaux liés à
Let Me Out.

La Cigale, un écrin idéal pour Shaârghot

Avec sa proximité entre la scène et le public, La Cigale semble particulièrement adaptée à l’univers de Shaârghot.

L’ambiance de la salle parisienne devrait permettre au groupe de renforcer cette sensation d’immersion qui caractérise ses concerts.

Pour les amateurs de metal industriel, d’electro sombre, de performances scéniques ou simplement de concerts qui proposent autre chose qu’une succession de morceaux,
le 6 décembre pourrait bien être une date à retenir.

Infos pratiques

Shaârghot à La Cigale

📅 Dimanche 6 décembre 2026

🕗 20h00

📍 La Cigale
120 boulevard de Rochechouart
75018 Paris

🚇 Métro : Pigalle / Anvers

🎟️ Tarifs annoncés : 37,70 € à 48,70 €


Billetterie et informations

L’œil de NEW KG

Shaârghot fait partie de ces projets qui rappellent qu’un univers musical peut aussi devenir une expérience visuelle complète.
Le rendez-vous de La Cigale sera l’occasion de découvrir cette proposition dans l’une des salles emblématiques de Paris.

Suivre Shaârghot

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