Afouz : Melting Crew, transmission et quinze ans à construire l’afro-urbain

NEW KG • EST-CE QUE TU ME CONNAIS ? • ÉPISODE 07
Portrait • Afouz

Afouz : Melting Crew, transmission et quinze ans à construire l’afro-urbain

Danseur, manager, producteur événementiel, chercheur de talents
et président de KIMIA AND CO : Afouz a progressivement transformé
son amour de la culture en un projet capable de relier
hip-hop, cultures afro-urbaines, scène, transmission et Congo.
Presque dix ans après un premier portrait publié par NEW KG,
il revient sur l’histoire du Melting Crew et sur l’homme
que cette aventure a construit.

Presque dix ans après

En 2017, Afouz racontait déjà à NEW KG son parcours,
de la danse à l’événementiel, la création de KIMIA AND CO
et son ambition de faire du Melting Crew
un espace où les cultures et les générations peuvent se rencontrer.
Depuis, le projet a continué à évoluer.
Aujourd’hui, son discours parle moins de conquête
que de transmission, d’expérience et de responsabilité.

01 • Qui est Afouz ?

Chercher, construire, réguler

Lorsqu’on lui demande aujourd’hui de se présenter
sans citer Melting Crew,
ni son métier,
ni son parcours public,
Afouz répond avec trois expressions.

« Un chercheur de talent Afro Urbain.
Un entrepreneur de spectacle.
Un régulateur. »

Trois rôles qui résument finalement assez bien
ce qu’il a construit depuis plus d’une décennie.

Afouz n’est pas seulement celui qui organise.
Il observe,
identifie,
connecte,
conseille,
met en scène
et parfois dit ce que l’artiste n’a pas nécessairement envie d’entendre.

Avant la scène : les VHS familiales

Son rapport à la culture commence très tôt.

Dans son enfance,
les vidéos regardées chez ses parents
font se rencontrer plusieurs mondes :
OK Jazz, Zaïko, Michael Jackson et Koffi Olomidé.

Une éducation visuelle autant que musicale.
Le spectacle,
la danse,
la performance
et les grandes figures de la musique congolaise
entrent très tôt dans son imaginaire.

02 • Du sport à la danse

Le détour qui change tout

Avant la danse,
Afouz pratique les arts martiaux.

Des raisons médicales l’obligent cependant à arrêter.
Ce qui aurait pu n’être qu’une frustration
ouvre finalement une autre porte.

« J’étais un jeune pratiquant d’art martial
et pour des raisons médicales j’ai dû arrêter.
Je me suis orienté vers la danse
grâce à un certain Jessy Matador. »

Ce « certain Jessy Matador » deviendra une pièce importante
du début de son histoire artistique.

Dans le portrait NEW KG publié en 2017,
Afouz rappelait notamment avoir fait partie
de la Seleçao de Jessy Matador en 2005
en tant que danseur.

Archives NEW KG • 2017

Avant Melting Crew, plusieurs années à apprendre le terrain

Relire le portrait publié par NEW KG en 2017
permet de comprendre que Melting Crew
n’est pas apparu de manière isolée.

Avant de créer son propre rendez-vous,
Afouz accumule déjà les expériences
dans la danse,
le management
et la production artistique.

2005 —
danseur au sein de la Seleçao de Jessy Matador.

2008 —
membre du jury du Battle Afro.

2009 —
management artistique autour du Battle Afro à La Cigale.

2010 —
accompagnement de Lil Unit,
notamment dans les compétitions hip-hop
et leur parcours télévisé.

2011 —
accompagnement de Unit D.C,
sacré champion du monde UDO à Blackpool selon le portrait NEW KG de l’époque.

2012 —
lancement de la première édition du Melting Crew.

En parallèle,
Afouz et Élodie créent KIMIA AND CO,
association pensée pour organiser des événements culturels
tout en favorisant la mixité sociale.

03 • Naissance de Melting Crew

Réunir ce que les scènes séparaient encore

L’idée de Melting Crew naît d’un manque.

Afouz constate alors que les événements urbains
mettent rarement sur une même scène
le hip-hop,
les danses africaines
et plus largement les nouvelles cultures afro-urbaines.

« Il y avait peu d’événements
qui réunissaient l’ensemble des arts urbains,
comme le hip-hop et l’afro-urbain. »

L’ambition devient alors plus grande
qu’un simple concours de danse :
créer un lieu où différentes expressions artistiques
peuvent se rencontrer,
mais surtout où de jeunes talents
peuvent accéder à une scène.

04 • Le véritable changement

Tendre la main aux talents de demain

Lorsqu’il repense aux premières années du projet,
Afouz considère que le choix le plus important
n’a pas été une scénographie,
une programmation
ou un changement de formule.

C’est le moment où Melting Crew
assume pleinement une mission :
mettre les jeunes talents afro-urbains de demain à l’honneur.

« Le fait de mettre les jeunes talents afro-urbains
de demain à l’honneur en leur tendant la main. »

Et pourtant, le projet a failli s’arrêter

Le succès n’a pas toujours été immédiat.

Afouz se souvient notamment d’une deuxième édition
ayant enregistré moins d’entrées que la première.

De quoi remettre sérieusement le projet en question.

Le déclic qui permet de continuer
arrive ensuite loin de Fontenay-sous-Bois :
au Congo-Brazzaville.

« Ce qui nous a fait continuer,
c’est mon voyage au Congo-Brazzaville,
où j’ai été inspiré par le festival FESPAM. »

05 • France ↔ Congo

Quand le voyage élargit le projet

Entre les premières éditions
et le voyage en Afrique,
Afouz comprend que Melting Crew
ne peut pas rester uniquement centré sur la danse.

Certains danseurs qu’il accompagne
veulent déjà suivre une trajectoire similaire
à celle de Jessy Matador :
passer de la performance chorégraphique
à une carrière musicale ou scénique plus large.

Le projet s’ouvre alors progressivement
à la musique,
aux performances,
aux artistes,
aux humoristes
et à différentes expressions culturelles.

Pour Afouz,
l’art était devenu trop vaste
pour réduire Melting Crew à la seule danse.

Cette relation avec le Congo se concrétise également
avec un Melting Crew Tour à Brazzaville en 2015,
expérience qu’Afouz évoquait encore plusieurs années plus tard
lorsqu’il parlait de son ambition
de renouveler une édition sur place.

Les années suivantes

Melting Crew après le portrait NEW KG de 2017

L’histoire racontée par NEW KG en 2017
ne représentait donc pas une fin.

Le projet a continué à grandir.

2018 —
une 7e édition est organisée à Fontenay-sous-Bois,
avec danse, musique, humour et Melting Crew Awards.

2019 —
une nouvelle édition poursuit le développement
du rendez-vous afro-urbain.

2020–2021 —
deux éditions sont annulées dans le contexte de la pandémie.

2022 —
Melting Crew revient à Fontenay-sous-Bois
pour célébrer ses dix ans,
avec notamment Roga Roga parmi les invités.

2023 —
la 11e édition choisit de se tourner davantage
vers la nouvelle génération et les talents repérés
notamment via les réseaux sociaux.

2024 —
une nouvelle édition est documentée sous l’appellation
Melting Crew Awards 2024 / MCA12.

Un parcours qui donne une nouvelle dimension
aux propos d’Afouz lorsqu’il parle aujourd’hui
de Melting Crew comme d’un projet
ayant marqué une génération afro-urbaine.

06 • Transmettre

Le talent ne remplace jamais le travail

Son passé sportif continue
à influencer sa manière d’accompagner les artistes.

Afouz a fréquenté des sportifs de haut niveau
et en retient une notion essentielle :
la discipline.

« Sans travail, le talent ne sert à rien. »

Une conviction qui explique aussi
le rôle de « régulateur »
qu’il revendique aujourd’hui.

07 • Nouvelle génération

Les réseaux ne remplacent pas la scène

Afouz reconnaît volontiers
que la nouvelle génération maîtrise mieux
certains outils numériques.

Mais il observe également
un risque :
celui de concentrer la construction artistique
sur TikTok,
Instagram,
les Reels
ou les contenus courts
et de négliger la performance scénique.

« La captation du public se travaille. »

Cette phrase résume presque
toute sa philosophie de la scène.

Faire quelques secondes efficaces devant une caméra
n’est pas le même exercice
que tenir un public pendant un concert.

08 • Dire la vérité aux artistes

Encourager ne veut pas dire tout valider

Avec l’expérience,
Afouz reconnaît qu’il devient parfois difficile
de rester exigeant avec un talent
lorsqu’on veut simultanément l’encourager
et lui donner confiance.

Pourtant,
il considère cette franchise indispensable.

« Les artistes sont le plus souvent entourés
de “maîtres oui-oui”
qui ne sont pas forcément objectifs.
Le but est de les faire progresser
en les mettant face à leurs vérités.
Il n’y a qu’ainsi qu’on progresse. »

09 • La force du collectif

Une culture où le live se construit à plusieurs

Le lien entre la France et le Congo
influence profondément sa manière
d’imaginer un événement.

Afouz explique venir d’une culture
où le collectif reste essentiel au live.

Les instrumentistes,
les artistes,
les techniciens
et les différentes personnalités présentes
doivent fonctionner ensemble.

Pour Afouz,
c’est la symbiose des instrumentistes
qui participe à la réussite d’un live.

Cette logique collective
influence aussi son rôle de mentor :
chercher les meilleurs talents,
réunir les bonnes personnes
et créer un environnement
où chacun peut contribuer à la réussite du spectacle.

10 • Professionnaliser

Quand les formats de concert changent

Afouz aimerait aujourd’hui
contribuer davantage à la professionnalisation
des artistes évoluant dans les cultures africaines
et afro-urbaines.

Il observe notamment
que certains artistes restent mal préparés
aux nouveaux formats de concerts plus courts,
où le temps de scène,
les transitions
et l’efficacité de la performance
doivent être maîtrisés avec précision.

Derrière cette remarque,
on retrouve encore la même idée :
la scène est un métier.

11 • Et Afouz dans tout ça ?

Quand celui qui construit pour les autres doit penser à lui

Consacrer autant de temps
à des artistes,
des événements
et des projets collectifs
entraîne aussi une conséquence plus intime :
on peut finir par s’oublier.

Afouz ne le cache pas.

« On a tendance à s’oublier,
mais c’est la marque des grands passionnés de la culture.
D’où ma pause actuellement,
où je me plais à être à la place des clients. »

Une pause qui change le point de vue :
après des années en coulisses,
regarder à nouveau les événements depuis le public.

L’héritage

Une génération afro-urbaine

Afouz considère aujourd’hui
que Melting Crew a marqué une génération
en donnant une place à de nombreux talents
de la scène afro-urbaine.

Il évoque plus de 500 vidéos publiées,
une réputation de tremplin
et des rencontres avec des artistes
comme Fally Ipupa,
Roga Roga,
KeBlack ou Naza.

Mais lorsque la question devient personnelle,
l’impact est différent :
confiance,
estime de soi,
réseau,
rencontres et reconnaissance.

Conclusion

Du danseur au passeur

Lorsque NEW KG rencontrait Afouz en 2017,
Melting Crew était déjà devenu
bien plus qu’un événement de danse.

Presque dix ans plus tard,
la continuité du projet permet de lire son parcours autrement.

Il y a eu Jessy Matador.
Les battles.
Lil Unit.
Unit D.C.
Le management.
KIMIA AND CO.
Les premières éditions de Melting Crew.
La remise en question.
Le Congo.
Le FESPAM.
Les Awards.
Les artistes devenus reconnus.
Les nouvelles générations.

Et derrière toutes ces étapes,
une transformation apparaît :
Afouz est progressivement passé
du rôle de danseur
à celui de manager,
puis d’organisateur,
de producteur,
de mentor
et finalement de passeur.

Son ambition n’est plus uniquement
de remplir une salle.

Elle est aussi de transmettre
les codes,
l’exigence,
la discipline
et cette culture de la scène
qui l’a lui-même construit.

Ce que Melting Crew lui a donné

« La confiance et l’estime de moi-même. »

NEW KG • Est-ce que tu me connais ?

Après toutes ces années à révéler les autres… est-ce qu’on connaît vraiment Afouz ?

Derrière Melting Crew apparaît
un passionné de culture
qui a transformé sa curiosité,
ses expériences et ses deux territoires
en outil de rassemblement et de transmission.

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Culture • Musique • Rencontres

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Tiemoko : la longévité comme conviction, Summer Watts comme lumière

 

NEW KG • EST-CE QUE TU ME CONNAIS ? • ÉPISODE 06
Portrait • Tiemoko

Tiemoko : durer sans se perdre

Il fait du rap depuis suffisamment longtemps pour avoir vu les modes,
les codes et l’industrie se transformer. Pourtant, Tiemoko continue
d’avancer avec la même conviction : protéger la passion, le plaisir
de créer et cette envie de prendre le micro tant qu’elle restera intacte.
Entre « Longévité » et « Summer Watts », il se confie à NEW KG.

L’homme des gens

Si Tiemoko devait se présenter sans parler de son métier,
de son âge ou de son parcours, il commencerait par son prénom.
Parce que Tiemoko n’est pas un nom de scène.
C’est son vrai prénom, et sa signification dit déjà quelque chose
de celui qu’il veut être : « l’homme des gens ».

01 • Le temps comme révélateur

Quand arrêter devient la preuve qu’il faut continuer

Il existe parfois un moment où une passion doit répondre
à une question beaucoup plus concrète :
à quoi sert-elle si elle ne permet pas d’en vivre ?

Pour Tiemoko, cette confrontation arrive dans sa vie de couple.
Sa compagne de l’époque lui fait comprendre qu’il devrait peut-être
arrêter la musique puisqu’elle ne lui apporte pas de salaire.

Et paradoxalement, c’est précisément là qu’il comprend
qu’elle ne quittera pas sa vie.

“

Je l’ai compris quand on m’a fait comprendre
qu’il fallait que j’arrête parce que ça ne rapportait pas un salaire.

Continuer malgré ce constat n’a donc rien d’un automatisme.
C’est déjà un choix.

Et probablement la première définition de cette
longévité qui deviendra progressivement
l’un des mots-clés de son parcours.

Positif dès les premiers textes

Lorsqu’il relit mentalement ses premiers textes,
Tiemoko retient deux choses qui lui ressemblent encore aujourd’hui :
une écriture positive et l’absence de grossièreté.

Plusieurs années, plusieurs projets et plusieurs époques plus tard,
cette volonté de chercher de la lumière,
même lorsqu’il parle des difficultés,
reste présente dans sa musique.

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02 • Plusieurs époques du rap

Quand la musique change, toute la chaîne change avec elle

Tiemoko a traversé suffisamment d’années de rap
pour observer la transformation de la musique,
des artistes et de l’industrie simultanément.

Il voit notamment les États-Unis continuer à impulser
une partie des flows, des tendances,
des compositions et des nouveaux sous-genres
qui viennent ensuite influencer les autres scènes.

Mais son regard devient beaucoup plus critique
lorsqu’il parle de l’industrie.

Pour lui, la logique du profit ne coïncide pas toujours
avec l’intérêt des artistes. Les contrats,
les codes de visibilité et la nécessité de rentrer dans certaines cases
peuvent progressivement modifier la relation que l’on entretient
avec sa propre création.

Dans ce contexte, durer devient donc autant une question musicale
qu’une capacité à ne pas perdre de vue les raisons
pour lesquelles on a commencé.

03 • Longévité

Durer ne veut pas dire rester immobile

Chez Tiemoko, la longévité n’est pas une posture construite
après coup.

Elle existe d’abord parce qu’il est toujours là.

Mais rester ne signifie pas rester identique.

« C’est très facile de se perdre en chemin,
surtout quand le chemin est long.
[…] Nous sommes comme les saisons et le temps,
avec des histoires qui nous font évoluer. »

La fidélité à soi-même n’exclut donc pas la transformation.
Elle impose plutôt de savoir distinguer
ce qui peut évoluer de ce qui mérite d’être protégé.

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Un tournant

Sunday School : une autre architecture musicale

Parmi les moments qui ont véritablement déplacé quelque chose
dans son rapport à la musique,
Tiemoko cite Sunday School.

L’événement se déroule au Trabendo,
anciennement Hot Brass,
et est présenté par Sydney.
Après audition, des artistes peuvent être sélectionnés
pour interpréter un morceau accompagné par des musiciens professionnels.

Tiemoko est retenu.

Sur place, il rencontre le groupe Soulkadelic.
Cette connexion lui ouvre les portes d’univers
qu’il approfondira ensuite à travers des artistes
comme J Dilla, Slum Village ou Common.

« Ça a été une révélation pour mon architecture musicale. »

04 • Sortir de sa zone de confort

Continuer implique parfois de réapprendre

Avec les années,
certaines habitudes artistiques peuvent devenir rassurantes.

Mais pour Tiemoko,
continuer à avancer nécessite parfois
de se faire violence et de changer son workflow.

Il cite un exemple très concret :
l’enregistrement.

Longtemps, mettre lui-même le nez
dans les logiciels de recording lui mettait la pression.
Il a récemment décidé d’investir dans du matériel
afin de pouvoir désormais s’enregistrer par ses propres moyens.

Un geste apparemment technique,
mais qui résume bien sa manière de penser la longévité :
ne jamais considérer que sa méthode est définitive.

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Ce qu’il faut protéger

La passion avant les chiffres

« Je protège surtout la passion,
l’amour de la pratique
et le plaisir de créer. »

Cette protection est devenue d’autant plus importante
que la musique se mesure aujourd’hui en abonnés,
en écoutes et en performances visibles.Tiemoko observe qu’une personne qui apprend
qu’un artiste fait de la musique
demande parfois immédiatement
s’il en vit,
combien il a d’abonnés
ou quels chiffres affiche son Spotify,
avant même de s’intéresser aux morceaux.

Ne pas se protéger de cette logique peut,
selon lui, conduire à l’aigreur et au dégoût
simplement parce que « ça ne pète pas ».

Sa réponse consiste donc à revenir à l’origine :
aimer pratiquer,
aimer écrire,
aimer créer
même lorsque la récompense extérieure tarde à arriver.

Écouter Tiemoko

Entrez dans la Tiemosphère

Retrouvez « Longévité », « Summer Watts »
et les différentes étapes du parcours musical de Tiemoko.

05 • Écrire ce qui traverse

La production donne souvent le premier mouvement

Lorsqu’il écrit aujourd’hui,
Tiemoko part très souvent de la production.

C’est elle qui déclenche le rythme,
la première impulsion
et la direction du texte.

Mais l’inspiration peut aussi venir
d’une discussion,
d’un film,
d’une citation
ou simplement d’un bon moment partagé
avec sa famille ou ses amis.

Avec les années,
la fonction de l’écriture a également changé.

Avant, il ne percevait pas nécessairement
l’écriture comme un exutoire.
Aujourd’hui, elle le devient de plus en plus.

Se livrer n’est pas naturel pour lui.
Pourtant, il ressent désormais davantage
le besoin de le faire,
et surtout le sentiment d’être enfin prêt.

06 • Mali

Parler de ses origines : l’évidence la plus difficile

Il existe pourtant un sujet
que Tiemoko n’a pas encore réussi
à déployer totalement dans sa musique :
le Mali.

Ses origines l’accompagnent,
apparaissent progressivement
dans sa manière de s’habiller
et commencent aussi à entrer dans ses chansons.

Mais raconter pleinement ce rapport
à son pays d’origine reste plus complexe
que l’évidence du sujet pourrait le laisser penser.

« C’est tellement évident,
mais pas aussi facile que ça.
C’est un épisode à suivre. »

Une première porte existe déjà avec
« La Graille De La Mama »,
où la nourriture devient un moyen
de parler de transmission,
de famille
et de double culture.

07 • Summer Watts

Mettre davantage de lumière après une période difficile

Sur Summer Watts,
quelque chose paraît plus lumineux.

Tiemoko ne dit pourtant pas
avoir construit cette énergie autour d’un concept rigide.

Le projet naît dans l’énergie du moment,
porté par les productions sélectionnées
et par des titres qui se sont parfois imposés tardivement.

« Si on écoute mes albums,
il y a souvent de la lumière et de la good vibe.
Mais sur Summer Watts, il y en a plus. »

Tiemoko avance lui-même une hypothèse :
cette lumière pourrait être une manière
de contrebalancer la période difficile
qu’il a traversée au début de 2026.

La bonne énergie n’est donc pas nécessairement
l’absence de difficultés.

Elle peut aussi devenir
une réponse à celles-ci.

@e2c.photo

Une vie en morceaux

Les différentes versions de Tiemoko

Lorsqu’on lui demande quels titres permettent
de comprendre les différentes versions de son parcours,
Tiemoko ne choisit pas un seul morceau.

Mokostyle
Fragments De Vie
Boulanger
J’rap Remix
Poing en L’r
Slow Down
Longévité
Tiemo Summer Chill

08 • Deux projets, une même trajectoire

« Longévité » regarde le chemin. « Summer Watts » continue d’avancer.

Les deux projets peuvent presque être lus
comme deux faces complémentaires du même artiste.

Longévité porte le poids du temps,
de la résistance,
de la transformation
et de tout ce qu’il faut préserver
lorsqu’on pratique son art sur la durée.

Summer Watts,
lui, remet davantage de soleil,
de mouvement,
de sourire
et de plaisir dans le cadre.

L’un dit : « je suis encore là ».
L’autre répond : « et j’ai encore envie de kiffer. »

À la nouvelle génération

« Pourquoi tu fais de la musique ? »

Si un jeune artiste lui demandait aujourd’hui
comment construire une carrière capable de durer,
Tiemoko commencerait par une question,
pas par une stratégie.

« Pourquoi tu fais de la musique ? »

Puis il lui conseillerait de s’accrocher à cette réponse.
Parce que pratiquer son art doit,
selon lui, relever d’une conviction
suffisamment sincère et profonde
pour que le temps ne puisse pas la briser.

Conclusion

La longévité n’est pas le nombre d’années. C’est ce qui reste intact.

Le parcours de Tiemoko ne raconte pas simplement
un artiste qui fait du rap depuis longtemps.

Il raconte quelqu’un qui a dû répondre plusieurs fois
à la même question :
est-ce que ça vaut encore la peine de continuer ?

Quand l’argent n’était pas au rendez-vous.
Quand les règles de l’industrie changeaient.
Quand il fallait sortir de sa zone de confort.
Quand les réseaux réduisaient parfois la valeur d’un artiste
à quelques chiffres.
Quand la vie elle-même imposait d’autres priorités.

Pourtant, la réponse est restée.

La passion.
La pratique.
Le micro.
L’écriture.
Le plaisir.
La scène.
Et cette envie de continuer à apprendre.

Peut-être est-ce finalement cela,
la véritable définition de la longévité :
accepter de changer sans laisser disparaître
la raison profonde pour laquelle on a commencé.

@e2c.photo
Le dernier mot

« Pratiquer son art doit être une conviction sincère et profonde
que le temps ne peut briser. »

NEW KG • Est-ce que tu me connais ?

Après toutes ces années… est-ce qu’on connaît vraiment Tiemoko ?

Derrière la longévité apparaît surtout un artiste
qui continue de se transformer,
de chercher,
d’apprendre
et de protéger l’essentiel :
le plaisir de faire de la musique.

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