Kizomba : le rythme du lien, des racines angolaises aux nouvelles voix



NEW KG  /  RADAR GENRES  /  29 SEPTEMBRE 2026

Une musique que l’on écoute, une danse que l’on partage, une histoire qui continue de circuler.

La kizomba évoque souvent un couple sur une piste de danse. Mais que raconte le morceau avant le premier pas ? Une pulsation, une voix, une façon d’habiter le silence : derrière cette proximité se trouve une histoire musicale née en Angola et façonnée par des rencontres. Elle s’est transmise dans les fêtes, les foyers, les diasporas et les studios, sans cesser de changer de son.

Cette semaine, NEW KG prend le temps de remonter aux racines, d’écouter quelques titres qui ont marqué différentes époques et de découvrir des voix plus récentes. À chaque étape, une vidéo prolonge la lecture ; la playlist Spotify réunit ensuite les morceaux pour une écoute sans interruption.

La kizomba ne se résume pas à la proximité de deux danseurs : elle raconte aussi les musiques que l’Angola a créées, partagées et fait voyager.

De l’Angola à la fête

Le mot kizomba vient du kimbundu et signifie « fête » ou « célébration ». Cette idée de rassemblement est un bon point de départ : avant de désigner un répertoire que l’on classe aujourd’hui par genre, la musique accompagne des moments partagés. Elle prend forme en Angola à la fin des années 1970 et au début des années 1980, dans le prolongement du semba et au contact d’influences extérieures, dont le zouk des Antilles françaises.

Ce croisement n’efface pas la contribution des musiciens angolais. Il explique plutôt comment un rythme peut changer de couleur quand les artistes retravaillent la cadence, la mélodie et la place laissée au chant. Eduardo Paim et son groupe SOS comptent parmi les figures qui ont aidé à structurer et à diffuser ce son. Leur album Luanda, Minha Banda, paru en 1992, est souvent cité comme un jalon de cette histoire.

La kizomba a ensuite voyagé avec les artistes et les communautés lusophones. Sa reconnaissance comme patrimoine culturel immatériel national par l’Angola en 2024 rappelle une chose essentielle : cette musique et cette danse appartiennent d’abord à une histoire culturelle vivante, avant d’être des tendances sur les réseaux.

À voir : une vidéo sur l’histoire de la kizomba publiée par l’ambassade d’Angola. Ouvrir la vidéo.

Quatre choses à écouter dans un morceau

Il n’existe pas une seule formule sonore pour toutes les chansons réunies autour de la kizomba. Pour entrer dans l’écoute, on peut néanmoins prêter attention à quatre éléments qui changent notre façon de ressentir un titre :

  1. La pulsation. Elle installe le mouvement sans forcément chercher la vitesse. Essayez de la suivre quelques secondes avant de vous concentrer sur la voix : le morceau paraît déjà différent.
  2. La basse. Plus grave, elle donne du poids à la cadence. C’est souvent elle que le corps perçoit d’abord, même lorsque l’oreille retient surtout le refrain.
  3. La voix. Timbre, langue, adresse amoureuse ou récit personnel : la manière de chanter fait de chaque titre une conversation particulière avec celles et ceux qui l’écoutent.
  4. L’espace. Une pause dans le chant, un instrument qui répond ou un accent inattendu peuvent donner envie de suspendre le pas, puis de le reprendre autrement.

Écoutez par exemple « Bo Tem Mel » de Nelson Freitas et C4 Pedro une première fois pour le refrain, puis une deuxième fois pour ce qui se passe en dessous des voix. Cette collaboration fait entendre un dialogue entre sensibilités cap-verdiennes et angolaises, ainsi qu’une production ouverte à la pop.

À écouter et regarder : Nelson Freitas & C4 Pedro, « Bo Tem Mel » (vidéo officielle). Voir sur YouTube.

Cinq titres pour remonter le fil

La première moitié de notre sélection traverse plusieurs moments. Avec Eduardo Paim et « A Minha Vizinha », on revient vers une voix associée à la consolidation du genre. Don Kikas et « Na Lama do Amor » rappellent une autre manière angolaise de porter le romantisme, avec une présence vocale qui compte autant que l’élan de la piste.

Kaysha et « Something Going On » déplacent ensuite l’écoute vers un espace plus largement international. Le refrain circule aisément d’une scène à l’autre, tandis que la vidéo donne une place centrale à la danse. Puis Anselmo Ralph avec « Não Me Toca » et Nelson Freitas avec C4 Pedro sur « Bo Tem Mel » ouvrent le dialogue avec les couleurs R&B et pop des années 2010.

Ces morceaux ne relèvent pas tous de la même esthétique, et c’est le sens de ce parcours. Les écouter ensemble permet d’entendre les parentés, les différences et les échanges entre la kizomba et les scènes qui l’entourent, sans attribuer à une seule étiquette toute la musique lusophone.

À voir : Kaysha, « Something Going On », sur la chaîne de l’artiste. Voir sur YouTube.

2024–2026 : des voix qui écrivent la suite

Une histoire musicale ne s’arrête pas à ses classiques. En 2024, Liriany et Cláudio Fénix proposent « Choro da Alma », une chanson où l’émotion du récit se place au premier plan. La même année, Landrick signe « DESILUSÃO ». Deux propositions distinctes qui rappellent qu’une sélection récente se découvre aussi par la personnalité de ses interprètes, pas seulement par un tempo.

Le parcours se poursuit avec « Agulha No Palheiro » d’Edgar Domingos et « Cama Vazia » de Black Spygo, Anna Joyce et Black Vision en 2025, puis « Toda Hora » de Lurhany et Teo No Beat en 2026. D’une production à l’autre, les voix et les arrangements se déplacent. La continuité ne tient pas à un son figé : elle passe aussi par la liberté des artistes d’inventer leur propre langage.

Le visualizer de « Choro da Alma » invite à écouter ce que la voix raconte. Regarder le visage d’un interprète, puis revenir au morceau les yeux fermés : voilà deux façons très différentes d’entrer dans une même chanson.

À voir : Liriany feat. Cláudio Fénix, « Choro da Alma » (visualizer officiel). Voir sur YouTube.
À ÉCOUTER · PLAYLIST NEW KG

Kizomba : le rythme du lien

Dix morceaux pour passer des repères historiques aux voix récentes. Lancez la playlist et laissez chaque chanson raconter sa propre histoire.

Le lecteur ne s’affiche pas ? Ouvrir la playlist sur Spotify.

La musique et le pas, ensemble

La diffusion de la kizomba a aussi suivi les rencontres : d’Angola vers d’autres pays africains lusophones, puis vers le Portugal et les pistes européennes. À chaque étape, de nouvelles pratiques ont pris forme. Certaines gardent un lien direct avec les manières de danser angolaises ; d’autres s’en écartent davantage. Les distinguer aide à respecter les origines tout en comprenant pourquoi la danse continue d’évoluer.

Sur une piste, regarder seulement les figures fait parfois manquer l’essentiel : la manière dont les partenaires écoutent la musique et réagissent l’un à l’autre. Un changement de direction peut répondre à une phrase musicale ; un pas plus simple peut laisser respirer la voix. La danse ne raconte pas le morceau à sa place. Elle lui répond.

La vidéo publiée par l’ambassade d’Angola offre une dernière occasion de voir cette culture en mouvement. Après l’avoir regardée, revenez à la playlist : quel titre vous donne envie de chercher le pas, et lequel préférez-vous simplement écouter ?

À voir : un montage vidéo consacré à la kizomba, publié par l’ambassade d’Angola. Ouvrir la vidéo.

Quel morceau vous a fait découvrir la kizomba ? Partagez votre souvenir avec @newkgofficial.

Sources et repères : Ambassade d’Angola — Kizomba Roots ; gouvernement angolais — reconnaissance patrimoniale de 2024 ; vidéos publiées par l’ambassade et sur les chaînes des artistes, liées sous chaque lecteur.

Afro-house : origines, artistes incontournables et playlist NEW KG

NEW KG · RADAR GENRES ·

AFRO-HOUSE

Des scènes sud-africaines aux dancefloors mondiaux

Des percussions qui dialoguent, des voix qui restent, des histoires qui circulent. NEW KG explore les racines et les multiples expressions d’un genre en mouvement.

Un rythme s’installe. Une voix apparaît, puis revient tandis que les percussions déplacent doucement les appuis. Le morceau avance par couches, par respirations, par petites variations. Avant même de connaître son nom, on peut entrer dans l’afro-house par cette expérience : sentir comment un groove transforme l’espace autour de soi.

L’afro-house relie une pulsation héritée de la house à des approches rythmiques, vocales et mélodiques développées par des scènes africaines et leurs diasporas. L’Afrique du Sud occupe une place centrale dans cette histoire. Clubs, radios, producteurs, chanteuses et chanteurs y ont construit des langages qui se prolongent aujourd’hui bien au-delà de leurs lieux d’origine.

Pour ce Radar Genres, NEW KG propose un parcours en six étapes : comprendre les origines de l’afro-house, identifier quelques repères sonores, rencontrer des artistes et apprendre à écouter leurs différences. Dix titres prolongent la découverte dans notre playlist Spotify.

Notre fil conducteur : suivre la musique avec celles et ceux qui la créent. La sélection relie afro-house, héritages soulful et une ouverture vers le 3-step.

1. Qu’est-ce que l’afro-house et d’où vient-elle ?

La house s’enracine dans les scènes sud-africaines au fil des années 1980 et 1990. Les disques circulent, les DJ les adaptent à leurs publics et les productions locales prennent leur place. Le kwaito, la deep house et la soulful house participent à cet environnement musical. L’histoire de l’afro-house se comprend à travers ces échanges, plutôt qu’en cherchant une date de naissance unique.

À l’écoute, quelques repères reviennent : une pulsation régulière, des percussions imbriquées, une basse qui soutient le mouvement, des voix ou des motifs mélodiques qui structurent le morceau. Leur dosage change d’un titre à l’autre. Certains privilégient le chant ; d’autres développent longuement une texture ou une tension rythmique.

Cette diversité est essentielle. Une percussion ne suffit pas à raconter une tradition entière. S’intéresser à l’artiste, à son environnement et à ses collaborations donne du sens à ce que l’on entend.

Premier repère : « Webaba » de Culoe De Song. Dans la version de notre playlist, Busi Mhlongo figure également parmi les artistes crédités. Sa présence rappelle la place des voix dans ces circulations musicales.

Repères historiques : Zepherin Saint raconte l’afro-house dans Bandcamp Daily, 10 février 2021 · histoire de la house sud-africaine par DJ Mag.

Écouter et regarder : Culoe De Song — Webaba
Une autre porte d’entrée dans « Webaba », ici dans l’édition Webaba EP. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : Culoe De Song — Topic / Innervisions.

2. Black Coffee, Culoe De Song, Da Capo : des repères pour commencer

Black Coffee constitue une porte d’entrée majeure vers la house sud-africaine. Son parcours de DJ, ses productions et le travail mené autour de Soulistic Music ont contribué à faire circuler cette scène auprès de nouveaux publics. Cette visibilité repose aussi sur un tissu de collaborations et de talents à découvrir.

Avec « Superman », en compagnie de Bucie, nous retenons un héritage soulful : une manière de placer la voix au cœur de l’écoute et de faire cohabiter chanson et culture club. Pour prolonger ce repère, passez à « Found You » de Da Capo avec Berita, puis à « Osama » de Zakes Bantwini et Kasango.

Ces titres forment trois points de départ. Écoutez successivement la voix, la basse et les percussions ; repérez ensuite ce que chaque production choisit de laisser respirer. Le parcours devient plus riche lorsque l’on suit autant les chanteuses et chanteurs que les producteurs.

Culoe De Song, Da Capo et Black Coffee permettent ainsi de découvrir différentes sensibilités au sein d’un même paysage musical. Leurs discographies et leurs collaborations sont autant de chemins pour poursuivre la découverte.

Pour situer cette scène : entretien de Black Coffee avec Pitchfork, 14 septembre 2016.

Écouter et regarder : Black Coffee feat. Bucie — Superman · Africa Rising
Une performance issue d’Africa Rising pour prolonger le repère soulful de cette partie. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : Soulistic Agency / SoulisticMusicTV.

3. Afro-house, afro-tech et amapiano : quelles différences ?

Ces noms se croisent dans les programmations et les playlists. Ils désignent pourtant des approches que l’on gagne à distinguer. Les frontières restent poreuses : un artiste peut explorer plusieurs esthétiques, et un morceau peut se situer à leur rencontre.

Trois familles, quelques repères d’écoute
Style Ce que l’on peut écouter
Afro-house Pulsation house, jeux de percussions, motifs vocaux ou mélodiques et construction du groove.
Afro-tech Une proximité avec l’afro-house, associée à des textures électroniques et à des influences techno plus marquées.
Amapiano Un langage sud-africain distinct, avec des claviers, des basses percussives de type log drum et des syncopes caractéristiques.

Le tempo seul ne permet pas de classer un titre. La construction de la basse, les accents rythmiques, les timbres et l’usage de la voix apportent d’autres indices. Les mots employés par les artistes pour décrire leur travail comptent également.

Thakzin ouvre ici une passerelle vers le 3-step avec « The Magnificent Dance ». Ce choix élargit volontairement notre parcours d’écoute. Il invite à entendre comment des influences voisines peuvent donner naissance à une proposition propre.

Repères : afro-tech · amapiano · Thakzin et sa discographie sur Resident Advisor.

Écouter et regarder : Thakzin — The Magnificent Dance
Écoutez la manière dont les accents rythmiques redistribuent la sensation de mouvement. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : Thakzin — Topic / Sondela Recordings.

4. De Luanda à Lisbonne : les circulations de l’afro-house

Les scènes se développent aussi au fil des déplacements, des rencontres et des réseaux de labels. Le parcours de DJEFF relie notamment Lisbonne, où il est né, et Luanda, où il s’installe en 2008. La création de Kazukuta Records participe ensuite à la diffusion de ses productions et d’autres artistes.

Dans notre sélection, « Zugu Zugu », avec Zakes Bantwini, offre un point d’entrée vers cette trajectoire. Suivre les crédits permet de passer d’un producteur à une voix, puis à d’autres disques et à d’autres scènes.

Boddhi Satva, originaire de République centrafricaine, développe pour sa part une approche qu’il nomme Ancestral Soul. « Ngnari Konon », avec Oumou Sangaré, permet d’explorer ce dialogue entre production électronique et identité vocale.

Ces parcours invitent à regarder la carte avec précision. Les collaborations relient des territoires tout en conservant des signatures personnelles. Un nom, une voix, une langue ou un label donnent à l’écoute des points d’ancrage concrets.

Parcours des artistes : DJEFF · Boddhi Satva sur Resident Advisor.

Écouter et regarder : Boddhi Satva feat. Oumou Sangaré — Ngnari Konon
Le clip prolonge la rencontre entre production et voix abordée dans cette partie. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : BBE Music.

5. DESIREE et Kitty Amor : une scène au pluriel

Explorer l’afro-house demande de varier les points de vue. DESIREE, DJ et productrice sud-africaine, revendique une écoute ouverte : dans son entretien avec DJ Mag, elle décrit des sets nourris de plusieurs styles, tout en affirmant son attachement à la house de son pays. Nous retenons « Intersexy » pour entrer dans son univers.

Kitty Amor construit de son côté des liens entre les musiques électroniques africaines et la scène britannique. Son activité de DJ et son label Mahaba Music donnent une place à la sélection, à la production et à la transmission. « Solitude » accompagne le lancement du label en 2023.

Ces deux trajectoires permettent d’aborder la scène à travers plusieurs rôles : produire, choisir les disques, créer des espaces d’écoute et accompagner d’autres artistes. Le regard s’élargit lorsqu’on s’intéresse à ce travail autant qu’à la notoriété d’un nom.

Pour prolonger le parcours, notre playlist accueille également Nitefreak et Emmanuel Jal avec « Gorah ». Là encore, la collaboration constitue un point de départ : deux noms à suivre et deux univers à découvrir au-delà d’un seul morceau.

À lire : entretien de DESIREE avec DJ Mag, 13 février 2024 · annonce de Mahaba Music par Defected, 1er novembre 2023.

Écouter et regarder : Kitty Amor — Solitude
Un repère musical pour découvrir le projet porté par Kitty Amor. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : Kitty Amor — Topic / Mahaba Music.

6. Comment écouter l’afro-house et prolonger la découverte ?

Commencez par un morceau entier. Laissez-lui le temps d’installer son mouvement, puis revenez sur un passage qui vous a marqué. Un même titre peut se révéler différemment selon que l’on suit la voix, la ligne de basse ou les éléments qui apparaissent en arrière-plan.

Passez ensuite aux crédits. Identifiez les artistes invités, le label et la version que vous écoutez : original, edit, remix ou enregistrement live. Ce détail facilite les recherches et permet de reconnaître le travail de chaque personne.

Construisez enfin votre propre prolongement : un album du producteur, un titre de la chanteuse ou du chanteur invité, puis une autre sortie du label. En quelques écoutes, une chanson devient le début d’une exploration.

Le réflexe NEW KG : lorsque vous partagez un titre, mentionnez aussi ses collaborations. Pour « Gorah », associez Nitefreak et Emmanuel Jal. Pour « Found You », gardez Da Capo et Berita ensemble.

Écouter et regarder : Nitefreak & Emmanuel Jal — Gorah
La version publiée par Nitefreak pour mettre ce parcours d’écoute en pratique. Ouvrir sur YouTube. Diffusion : Nitefreak, chaîne officielle.

La playlist afro-house NEW KG : 10 titres pour continuer

Afro-House — Le groove en mouvement | NEW KG réunit les dix titres de ce Radar Genres. Le parcours associe des repères afro-house, un héritage soulful et une ouverture vers le 3-step. Retrouvez la playlist sur le Spotify de NEW KG et enregistrez-la pour prolonger l’écoute.

Ouvrir la playlist dans Spotify

Les titres et les artistes de la playlist
Artistes Titre
01. Black Coffee, Bucie Superman
02. Culoe De Song, Busi Mhlongo Webaba
03. Da Capo, Berita Found You
04. Zakes Bantwini, Kasango Osama
05. DJEFF, Zakes Bantwini Zugu Zugu
06. Boddhi Satva, Oumou Sangaré Ngnari Konon
07. DESIREE Intersexy
08. Kitty Amor Solitude
09. Nitefreak, Emmanuel Jal Gorah
10. Thakzin The Magnificent Dance
Ouverture vers le 3-step

Le groove ouvre la porte. La curiosité prolonge le voyage.

Pour votre prochaine écoute, choisissez un titre de la playlist, retenez les noms de ses artistes et découvrez une autre œuvre de chacun. C’est une manière simple de transformer une envie de danser en rencontre musicale.

Quel producteur, quelle productrice ou quelle voix ajouteriez-vous à ce Radar Genres ? Partagez votre découverte en commentaire.

Focus Sénégal : du sabar aux nouvelles voix de Dakar

Du sabar au mbalax, du rap aux nouvelles voix de Dakar, découvrez comment la musique sénégalaise conjugue héritages, innovations et rayonnement international à travers ses artistes emblématiques et sa nouvelle génération.

Focus Sénégal : du sabar aux nouvelles voix de Dakar

Sabar, guitare et microphone devant Dakar de nuit pour le Focus Sénégal de NEW KG.
Du sabar aux sonorités contemporaines, NEW KG explore la richesse et l’évolution de la scène musicale sénégalaise.

Au Sénégal, la musique ne se contente pas d’accompagner la société : elle en conserve la mémoire, transmet ses récits et accompagne ses transformations. Des cérémonies traditionnelles aux studios de Dakar, du mbalax au rap Galsen, plusieurs générations d’artistes ont façonné une scène profondément enracinée et ouverte sur le monde.

Ce Focus Sénégal de NEW KG explore cet héritage vivant, les artistes qui ont marqué son histoire et les nouvelles voix qui continuent de le réinventer.

Une musique fondée sur la transmission

Avant les studios d’enregistrement et les plateformes de streaming, la musique sénégalaise se transmettait principalement par la voix, le récit, les cérémonies et l’apprentissage collectif.

Les griots occupent une place essentielle dans cette histoire. À la fois musiciens, conteurs et gardiens de la mémoire, ils transmettent les généalogies, les événements historiques et les valeurs de la communauté. Leur parole relie les générations et donne à la musique une dimension sociale qui dépasse le simple divertissement.

Plusieurs instruments participent à cette identité sonore :

  • le sabar, percussion emblématique associée à la danse et aux célébrations ;
  • le tama, tambour parlant capable d’accompagner les inflexions de la voix ;
  • la kora, instrument à cordes dont les sonorités accompagnent de nombreux récits ;
  • la guitare, devenue un pont entre les traditions locales, le blues, le jazz, la soul et les musiques afro-cubaines.

Cet héritage n’est jamais resté figé. Il s’est adapté aux nouvelles générations, aux migrations, aux échanges culturels et aux évolutions technologiques.

Le mbalax, un langage musical collectif

Le mbalax est aujourd’hui l’un des styles les plus représentatifs de la musique sénégalaise. Son identité rythmique repose notamment sur le sabar, associé à des instruments modernes comme la batterie, la basse, la guitare et les claviers.

Polyrythmies, appels-réponses, ruptures et changements d’intensité transforment les chansons en véritables mouvements collectifs. La musique dialogue constamment avec la danse, le public et les percussionnistes.

Grâce à des artistes comme Youssou N’Dour, le mbalax a dépassé les frontières du Sénégal tout en préservant ses langues, ses rythmes et son identité. Son influence se retrouve aujourd’hui dans la pop africaine, le R&B, l’afro-pop et certaines productions électroniques.

Orchestra Baobab : l’élégance afro-cubaine de Dakar

Fondé à Dakar en 1970, Orchestra Baobab est devenu l’un des groupes les plus emblématiques du continent africain. Sa musique associe les traditions sénégalaises aux rythmes afro-cubains qui ont profondément marqué les scènes d’Afrique de l’Ouest.

Guitares mélodiques, percussions, saxophones et voix se rencontrent dans une musique élégante et immédiatement reconnaissable. Le titre Utrus Horas illustre cette capacité à créer un dialogue naturel entre Dakar, l’Afrique de l’Ouest et les Caraïbes.

Des voix qui ont marqué plusieurs générations

La musique sénégalaise s’est construite autour de personnalités et de formations aux identités très différentes.

  • Youssou N’Dour a contribué au rayonnement international du mbalax avec une œuvre profondément liée à la culture sénégalaise.
  • Baaba Maal et Mansour Seck ont porté les traditions du Fouta et la richesse des compositions acoustiques, notamment avec Djam Leelii.
  • Ismaël Lô a développé une écriture sensible mêlant guitare, harmonica, folk et sonorités sénégalaises.
  • Omar Pène et Super Diamono ont accompagné les transformations sociales et musicales du pays avec une œuvre populaire et engagée.
  • Thione Seck et Raam Daan ont marqué le mbalax par une musique portée par la voix, les mélodies et les grandes formations orchestrales.

Ces artistes n’ont pas seulement produit des chansons populaires. Ils ont participé à la construction d’un langage musical national capable de circuler dans toute l’Afrique et au-delà.

Positive Black Soul et Daara J : l’affirmation du rap Galsen

À partir de la fin des années 1980 et des années 1990, le hip-hop devient un nouvel espace d’expression pour la jeunesse sénégalaise.

Positive Black Soul figure parmi les formations pionnières du rap sénégalais. Le groupe développe une musique engagée, utilisant notamment le wolof, le français et l’anglais pour aborder les réalités sociales, politiques et culturelles.

Avec Daara J, le rap Galsen affirme ensuite sa propre personnalité. Le hip-hop venu des États-Unis et de France dialogue avec les langues nationales, les percussions africaines, le reggae et les influences afro-cubaines.

Des titres comme Boul Falé et Exodus témoignent de cette volonté de faire du rap un outil de transmission, de réflexion et d’ouverture sur le monde.

Une scène actuelle entre mbalax, pop et rap

La scène sénégalaise actuelle poursuit ce dialogue entre héritage et modernité.

Wally B. Seck, Viviane Chidid, Pape Diouf et Sidy Diop renouvellent le mbalax en l’associant à la pop, au R&B et aux nouvelles formes de production.

Dans le même temps, Dip Doundou Guiss, Samba Peuzzi et King Baba représentent différentes facettes du rap sénégalais contemporain. Leurs univers témoignent d’une scène urbaine capable de conserver ses références locales tout en dialoguant avec les tendances internationales.

Cette diversité rappelle qu’il n’existe pas une seule musique sénégalaise, mais plusieurs scènes qui se croisent, se répondent et évoluent ensemble.

Spotlight : Mia Guissé

Mia Guissé incarne cette nouvelle génération qui fait dialoguer le mbalax, l’afro-pop et les sonorités contemporaines.

Sa voix, son interprétation et son attention portée aux mélodies lui permettent de s’inscrire dans la continuité de la musique populaire sénégalaise tout en développant une identité actuelle.

Sa collaboration avec VJ sur Sama Xool illustre cette rencontre entre émotion, mélodie et production moderne.

Discovery : Kya Loum, une voix entre les mondes

Auteure-compositrice-interprète et guitariste, Kya Loum développe un univers situé au croisement de l’afro-soul, du blues, du rock, du jazz et des rythmes sénégalais.

Elle chante en wolof, en français et en anglais, portant des récits à la fois intimes et universels. Son travail aborde notamment les femmes, la nature, l’humanité et la recherche d’un équilibre entre les cultures.

Avec Beuss, Kya Loum affirme une voix singulière et une manière personnelle de relier le Sénégal à d’autres horizons musicaux.

La playlist Focus Sénégal de NEW KG

Cette playlist réunit 17 titres pour voyager entre les différentes périodes et expressions de la musique sénégalaise : héritage afro-cubain, mbalax, folk, rap Galsen, afro-pop et nouvelles voix.

Les 17 titres de la sélection

  1. Orchestra Baobab — Utrus Horas
  2. Youssou N’Dour — Immigrés / Bitim Rew
  3. Baaba Maal & Mansour Seck — Djam Leelii
  4. Ismaël Lô — Tajabone
  5. Omar Pène & Super Diamono — Soweto
  6. Thione Seck & Raam Daan — Mathiou
  7. Positive Black Soul — Boul Falé
  8. Daara J — Exodus
  9. Wally B. Seck — Faramareen
  10. Viviane Chidid — Sama Doom Ji
  11. Pape Diouf — Superman Love
  12. Sidy Diop feat. ASTAR — Feeling PACC
  13. Mia Guissé & VJ — Sama Xool
  14. Dip Doundou Guiss — J’prends la confiance
  15. Samba Peuzzi — Lou Yakou Yawa
  16. King Baba — Now let #3 – Freestyle
  17. Kya Loum — Beuss

Une musique locale et universelle

La force de la musique sénégalaise réside dans sa capacité à voyager sans abandonner ses racines. Les langues nationales, les percussions et les traditions orales restent présentes, même lorsque les artistes explorent le jazz, la soul, le reggae, le hip-hop, la pop ou les productions électroniques.

De Dakar aux scènes internationales, la musique sénégalaise continue ainsi de relier les générations, les territoires et les cultures.

Écoutez la playlist Focus Sénégal sur le Spotify de NEW KG, enregistrez vos titres préférés et partagez-la autour de vous.

Quel artiste sénégalais devrait, selon vous, faire partie de notre prochaine sélection ?

Repères et sources

www.new-kg.com

FACEBOOK – X – INSTAGRAM – SPOTIFY