Miae : « Le premier jour du reste de ma vie »

NEW KG • EST-CE QUE TU ME CONNAIS ? • ÉPISODE 04
Portrait • Miae

Miae : « Le premier jour du reste de ma vie »

De Marseille à Paris, du conservatoire aux premières chansons dévoilées,
Miae construit un univers où les émotions deviennent des mots,
des mélodies et parfois des silences. À quelques jours de son concert
aux Trois Baudets et avant la sortie de « Messagerie »,
elle se confie à NEW KG sur son parcours, son écriture
et la nouvelle étape qui s’ouvre aujourd’hui.

La musique comme premier refuge

Pour comprendre Miae, il faut peut-être commencer dans une voiture,
quelque part entre Marseille, Aubagne et la Pointe Rouge.
Avant les studios, les scènes et les projets, la musique était déjà
un espace où l’on pouvait se retrouver, s’apaiser et parfois dire
autrement ce que les mots n’arrivaient pas à exprimer.

01 • Marseille, Paris et les origines

Quand la musique devient une manière de respirer

Miae se décrit elle-même comme une grande nostalgique.
Lorsqu’elle cherche le souvenir qui raconte le mieux la place de la musique
dans son enfance, ce ne sont pas immédiatement les cours ou les instruments
qui lui reviennent.

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Ce sont les trajets en voiture avec ses parents, son frère et ses sœurs.

Les dimanches en direction d’Aubagne, les escapades vers la Pointe Rouge,
les vacances. Des moments où les albums et les compilations s’enchaînent
sur l’autoradio — ou dans les écouteurs de chacun.

La musique, ça a toujours été notre façon de s’apaiser collectivement.
Quand j’ai du mal à parler ou que je n’en ai pas envie,
j’écoute de la musique. C’est mon premier réconfort, mon premier soutien.

De Marseille à Paris : élargir le champ des possibles

Miae grandit dans le 1er arrondissement de Marseille.
Paris n’était pas nécessairement un rêve d’enfance.
La capitale s’impose plutôt au moment des études et des premiers stages,
alors qu’elle envisage encore une carrière dans l’événementiel de la mode.

Ce déplacement va pourtant changer bien plus que son parcours professionnel.

À Paris, Miae rencontre des personnes qui lui montrent
qu’il est possible d’imaginer la musique comme une véritable vie.
Elle apprend aussi à se libérer du regard extérieur,
à prendre davantage de risques et à mieux se connaître.

« Marseille, c’est la ville de mon cœur, mais partir à Paris
m’a permis de pouvoir m’exprimer en totale liberté,
d’apprendre à me connaître et à prendre des risques. »

Aujourd’hui, cette circulation entre Marseille et Paris nourrit directement
sa façon de créer : deux villes, deux regards, plusieurs références
et surtout une plus grande liberté.

Désapprendre l’excellence

Le conservatoire lui apporte la technique.
Mais Miae explique avoir dû apprendre autre chose :
le plaisir, le lâcher-prise et l’intuition.

Après sa formation classique au conservatoire de Marseille,
elle abandonne progressivement l’idée de regarder chaque geste musical
uniquement à travers le prisme de l’excellence.

Plus tard, son passage au CRR de Paris en musiques actuelles
arrive dans un état d’esprit différent.
Plus mature et présente par choix, elle redécouvre le plaisir
de travailler sa voix, de jouer avec d’autres musiciens
et de vivre la musique autrement.

La flûte, lorsque les mots ne suffisent plus

La flûte traversière reste aujourd’hui un prolongement très intime de Miae.

Lorsqu’elle écrit, elle cherche souvent à comprendre ce qui lui traverse
la tête ou lui « tord le ventre ». Mais quand les mots ne viennent plus,
l’instrument prend le relais.

« Quand je n’arrive plus à écrire, je joue. »

Commencée très jeune, la flûte lui a donné une oreille,
un rapport au souffle et une fascination pour les mélodies
qui influencent encore directement la manière dont elle imagine ses toplines.

Elle continue d’ailleurs à l’utiliser sur scène.
Pour Miae, elle restera probablement toujours ce moyen
de dire ce qu’elle n’arrivera jamais complètement à verbaliser.

Miae, l’alter ego

L’identité artistique, elle, ne serait pas arrivée soudainement.

Miae dit qu’elle était déjà là.

Enfant, elle écoute Katy Perry dans sa chambre,
imprime les paroles pour chanter avec elle
et imagine déjà la possibilité de faire la même chose.

« Miae, c’est devenu un alter ego qui me permet d’être cette artiste
qui se libère de ses émotions en studio et sur scène. »

Un alter ego qui n’est pourtant jamais figé.
D’un projet à l’autre, Miae considère son identité artistique
comme quelque chose qui continue de se construire.

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De « Les Ombres Heureuses » à « Bisou » et « Plus besoin »,
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02 • Écriture et évolution

De « Les Ombres Heureuses » à « Bisou » : apprendre à moins se cacher

Entre ses deux projets, Miae estime que presque tout a évolué en même temps :
sa vie, son regard sur elle-même, sa voix et donc nécessairement son écriture.

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« Les Ombres Heureuses » représente le premier moment
où elle accepte réellement de dévoiler ses chansons, ses textes et ses pensées.

À cette époque, elle se décrit encore comme très pudique.

Avec les expériences de studio et de scène,
cette retenue s’est progressivement relâchée.

Deux projets, deux moments

« Les Ombres Heureuses, c’était vraiment la première fois
que je dévoilais mes chansons, mes écrits, mes pensées.
[…] Sur Bisou, j’avais déjà plus de recul.
Même si j’aborde des thèmes assez intenses,
j’ai pris beaucoup plus de liberté pour m’amuser. »

Une émotion trop forte devient souvent une chanson

« Plus besoin » illustre cette évolution.
L’écriture semble plus directe, plus assurée et parfois plus joueuse.

Mais pour Miae, la mécanique de départ reste la même :
lorsqu’une émotion la traverse trop intensément,
elle finit presque toujours par devenir une chanson.

Jusqu’ici, ses textes ont beaucoup parlé d’amour,
de sentiments et de relations humaines.
Le projet prévu pour 2027 devrait cependant ouvrir
de nouveaux territoires d’écriture,
nourris par d’autres expériences vécues.

Tout n’est pas pour autant destiné à devenir public.

« Il y a encore des choses que je garde pour moi…
et pour ma psy. »

Tout commence souvent par une phrase

Dans son téléphone, une note gigantesque conserve les phrases
qui lui traversent l’esprit.

C’est généralement là qu’une chanson commence.

En studio, Miae revient vers ces fragments,
développe le texte et trouve simultanément la mélodie.
Le mood existe souvent déjà dans sa tête.

Elle rejoint ensuite Antonin Aguessy,
qu’elle appelle Anto,
pour transformer cette intuition en musique.

Les doutes et les versions abandonnées font naturellement partie
de ce processus. Mais Miae aime la fluidité :
lorsqu’une idée résiste trop longtemps,
elle préfère parfois simplement passer à autre chose.

Nouveau chapitre

Et si la prochaine étape de Miae commençait justement
lorsqu’elle décidait de créer sans se demander
si cela ressemblait suffisamment à « Miae » ?

03 • Messagerie & Trois Baudets

« Messagerie », le morceau qui ne devait pas devenir un titre de Miae

L’histoire de « Messagerie » commence presque à l’extérieur
de son projet artistique.

Jeremy, qui travaille chez Cézame Music Agency,
contacte Miae sur Instagram après avoir apprécié « Plus besoin ».
Il lui propose de créer un titre exclusif destiné à une compilation
pour des placements en synchronisation.

Miae rejoint alors Anto en studio.

Le morceau n’est initialement pas pensé pour être un titre de son répertoire.
Et c’est peut-être justement ce qui lui permet d’écrire avec autant de liberté.

Messagerie

« J’ai vraiment écrit comme si ce n’était pas pour Miae.
Je ne me suis mis aucune barrière et je trouve que ça se ressent. »

Le résultat plaît suffisamment à Miae pour qu’elle demande
l’autorisation de le sortir finalement comme single.

« Messagerie » est prévu pour octobre.

Un morceau qu’elle décrit comme énergique,
conçu sans suranalyse et avec une envie simple :
s’amuser.

Sa seule ambition émotionnelle après la première écoute ?

« L’envie de l’écouter en boucle ! »

Ce titre reste autonome, mais Miae le voit comme une transition.
Il prolonge l’énergie de « Plus besoin »
tout en annonçant la liberté créative
qu’elle a adoptée pour son prochain projet.

24 septembre : rendez-vous aux Trois Baudets

Quelques jours avant la sortie à venir,
une autre étape importante attend Miae :
les Trois Baudets, le 24 septembre.

La salle l’impressionne.
De nombreux artistes qu’elle admire y sont déjà passés,
et elle assume pleinement la fierté d’être programmée sur cette scène.

Le timing est particulièrement symbolique :
de nouvelles chansons existent désormais,
et certaines seront jouées pour la première fois
avec Pierrick et Zéphir.

« On va jouer Messagerie et j’espère que vous serez là
pour le découvrir en avant-première ! »

Pour Miae, un concert n’est pas une simple succession de chansons.

Avec Anto, elle réfléchit à ce qui doit entrer dans les quarante minutes
de scène et à ce qui doit volontairement rester de côté.
Les répétitions servent ensuite à construire les transitions,
les arrangements et les vrais moments de partage avec le public.

L’objectif est clair :
embarquer les spectateurs dans son univers.

Et il existe une différence importante entre la Miae
qui écrit seule et celle qui apparaît sur scène.

« L’assurance. Je me sens beaucoup plus sûre de moi
au moment de monter sur scène que quand j’écris seule dans ma chambre.
[…] Chanter sur scène, c’est ça qui me fait vibrer. »

04 • Indépendance & vision

Construire quand les moyens ne suivent pas encore les ambitions

Quand on lui demande quel est aujourd’hui son principal défi
en tant qu’artiste émergente, Miae ne cherche pas une réponse abstraite.

Elle parle d’argent.

Produire, communiquer, développer un live,
créer des images et rivaliser avec des projets soutenus
par des moyens importants représente une difficulté très concrète.

« C’est très dur de rivaliser avec l’industrie
qui injecte des milliers d’euros dans des projets musicaux.
Mais bon, c’est le jeu. Je reste patiente et j’ai confiance en la vie. »

Son objectif reste cependant ambitieux :
jouer sur de plus grandes scènes
afin de partager sa musique avec davantage de monde.

Ne pas se perdre dans les chiffres

Dans un environnement où les performances numériques
et l’image occupent une place importante,
Miae essaie de conserver une règle simple :
rester fidèle à ce qu’elle aime réellement.

La comparaison demeure parfois difficile à éviter,
mais elle cherche à ne pas construire sa trajectoire uniquement
en regardant celle des autres.

« Il faut surtout aimer la musique et ce métier
pour vouloir en faire sa vie.
Et pour l’instant, c’est mon cas. »

Un univers qui se construit aussi avec les autres

Si Miae écrit souvent depuis quelque chose de très personnel,
son univers actuel est aussi le résultat d’un collectif.

En studio, elle travaille depuis deux ans
avec Antonin Aguessy,
devenu à la fois un collaborateur central
et une personne avec qui la confiance dépasse la musique.

Sur scène, Zéphir et Pierrick
participent aux arrangements live,
tandis que Loïc l’accompagne au son
et contribue à créer une cohérence d’un concert à l’autre.

Une nouvelle étape professionnelle vient également de commencer :
Miae a récemment signé avec le label Foudrage,
avec lequel elle prépare la suite de son projet.

Donner une couleur aux chansons

L’image n’est pas pensée comme un simple habillage.

Miae aime lorsqu’elle vient soutenir la poésie déjà présente
dans les chansons.

Avec des textes souvent très présents,
elle cherche encore comment traduire certains morceaux visuellement.
Mais elle aime l’idée de pouvoir leur donner
une couleur, un visage et des paysages.

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La prochaine étape

« Donnez-moi ma chance »

Après l’interview, l’article et les prochaines chansons,
Miae aimerait avant tout que le public comprenne une chose :
elle est une artiste à qui il faut laisser l’occasion
de poursuivre l’histoire.

Pour elle, la réussite ne se résume pas encore aux chiffres :
terminer son EP, pouvoir le jouer sur scène,
continuer à bâtir une équipe professionnelle
et trouver notamment un tourneur seraient déjà
autant de victoires concrètes.

Conclusion

Le premier jour du reste de sa vie

Chez Miae, les chansons naissent souvent de ce qui déborde.
Une phrase notée dans un téléphone.
Une émotion trop forte.
Une mélodie qui cherche sa place.

Le parcours, lui aussi, semble suivre ce mouvement.

Marseille lui a donné ses racines.
Paris lui a offert un espace pour oser.
Le conservatoire lui a donné la technique.
La scène lui a donné l’assurance.
Et les projets successifs lui apprennent désormais
à faire davantage confiance à la liberté.

« Messagerie » est peut-être le symbole parfait de ce moment :
un morceau qui ne devait pas être pensé pour Miae
mais qui, parce qu’il a été créé sans barrière,
finit justement par lui ressembler.

Puis viennent les Trois Baudets,
le prochain EP,
un nouveau label
et une envie toujours plus claire d’aller jouer
devant un public plus large.

Lorsqu’on lui demande quel titre elle donnerait
au premier chapitre de cette nouvelle histoire,
Miae n’hésite pas.

Le dernier mot de Miae

« Le premier jour du reste de ma vie. »

NEW KG • Est-ce que tu me connais ?

Après ces confidences… est-ce qu’on connaît vraiment Miae ?

Derrière les chansons apparaît une artiste en mouvement,
à la fois sensible et déterminée,
qui apprend à transformer ses émotions en musique
sans perdre le plaisir de créer.

Continuez à suivre son histoire

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