Afouz : Melting Crew, transmission et quinze ans à construire l’afro-urbain

NEW KG • EST-CE QUE TU ME CONNAIS ? • ÉPISODE 07
Portrait • Afouz

Afouz : Melting Crew, transmission et quinze ans à construire l’afro-urbain

Danseur, manager, producteur événementiel, chercheur de talents
et président de KIMIA AND CO : Afouz a progressivement transformé
son amour de la culture en un projet capable de relier
hip-hop, cultures afro-urbaines, scène, transmission et Congo.
Presque dix ans après un premier portrait publié par NEW KG,
il revient sur l’histoire du Melting Crew et sur l’homme
que cette aventure a construit.

Presque dix ans après

En 2017, Afouz racontait déjà à NEW KG son parcours,
de la danse à l’événementiel, la création de KIMIA AND CO
et son ambition de faire du Melting Crew
un espace où les cultures et les générations peuvent se rencontrer.
Depuis, le projet a continué à évoluer.
Aujourd’hui, son discours parle moins de conquête
que de transmission, d’expérience et de responsabilité.

01 • Qui est Afouz ?

Chercher, construire, réguler

Lorsqu’on lui demande aujourd’hui de se présenter
sans citer Melting Crew,
ni son métier,
ni son parcours public,
Afouz répond avec trois expressions.

« Un chercheur de talent Afro Urbain.
Un entrepreneur de spectacle.
Un régulateur. »

Trois rôles qui résument finalement assez bien
ce qu’il a construit depuis plus d’une décennie.

Afouz n’est pas seulement celui qui organise.
Il observe,
identifie,
connecte,
conseille,
met en scène
et parfois dit ce que l’artiste n’a pas nécessairement envie d’entendre.

Avant la scène : les VHS familiales

Son rapport à la culture commence très tôt.

Dans son enfance,
les vidéos regardées chez ses parents
font se rencontrer plusieurs mondes :
OK Jazz, Zaïko, Michael Jackson et Koffi Olomidé.

Une éducation visuelle autant que musicale.
Le spectacle,
la danse,
la performance
et les grandes figures de la musique congolaise
entrent très tôt dans son imaginaire.

02 • Du sport à la danse

Le détour qui change tout

Avant la danse,
Afouz pratique les arts martiaux.

Des raisons médicales l’obligent cependant à arrêter.
Ce qui aurait pu n’être qu’une frustration
ouvre finalement une autre porte.

« J’étais un jeune pratiquant d’art martial
et pour des raisons médicales j’ai dû arrêter.
Je me suis orienté vers la danse
grâce à un certain Jessy Matador. »

Ce « certain Jessy Matador » deviendra une pièce importante
du début de son histoire artistique.

Dans le portrait NEW KG publié en 2017,
Afouz rappelait notamment avoir fait partie
de la Seleçao de Jessy Matador en 2005
en tant que danseur.

Archives NEW KG • 2017

Avant Melting Crew, plusieurs années à apprendre le terrain

Relire le portrait publié par NEW KG en 2017
permet de comprendre que Melting Crew
n’est pas apparu de manière isolée.

Avant de créer son propre rendez-vous,
Afouz accumule déjà les expériences
dans la danse,
le management
et la production artistique.

2005 —
danseur au sein de la Seleçao de Jessy Matador.

2008 —
membre du jury du Battle Afro.

2009 —
management artistique autour du Battle Afro à La Cigale.

2010 —
accompagnement de Lil Unit,
notamment dans les compétitions hip-hop
et leur parcours télévisé.

2011 —
accompagnement de Unit D.C,
sacré champion du monde UDO à Blackpool selon le portrait NEW KG de l’époque.

2012 —
lancement de la première édition du Melting Crew.

En parallèle,
Afouz et Élodie créent KIMIA AND CO,
association pensée pour organiser des événements culturels
tout en favorisant la mixité sociale.

03 • Naissance de Melting Crew

Réunir ce que les scènes séparaient encore

L’idée de Melting Crew naît d’un manque.

Afouz constate alors que les événements urbains
mettent rarement sur une même scène
le hip-hop,
les danses africaines
et plus largement les nouvelles cultures afro-urbaines.

« Il y avait peu d’événements
qui réunissaient l’ensemble des arts urbains,
comme le hip-hop et l’afro-urbain. »

L’ambition devient alors plus grande
qu’un simple concours de danse :
créer un lieu où différentes expressions artistiques
peuvent se rencontrer,
mais surtout où de jeunes talents
peuvent accéder à une scène.

04 • Le véritable changement

Tendre la main aux talents de demain

Lorsqu’il repense aux premières années du projet,
Afouz considère que le choix le plus important
n’a pas été une scénographie,
une programmation
ou un changement de formule.

C’est le moment où Melting Crew
assume pleinement une mission :
mettre les jeunes talents afro-urbains de demain à l’honneur.

« Le fait de mettre les jeunes talents afro-urbains
de demain à l’honneur en leur tendant la main. »

Et pourtant, le projet a failli s’arrêter

Le succès n’a pas toujours été immédiat.

Afouz se souvient notamment d’une deuxième édition
ayant enregistré moins d’entrées que la première.

De quoi remettre sérieusement le projet en question.

Le déclic qui permet de continuer
arrive ensuite loin de Fontenay-sous-Bois :
au Congo-Brazzaville.

« Ce qui nous a fait continuer,
c’est mon voyage au Congo-Brazzaville,
où j’ai été inspiré par le festival FESPAM. »

05 • France ↔ Congo

Quand le voyage élargit le projet

Entre les premières éditions
et le voyage en Afrique,
Afouz comprend que Melting Crew
ne peut pas rester uniquement centré sur la danse.

Certains danseurs qu’il accompagne
veulent déjà suivre une trajectoire similaire
à celle de Jessy Matador :
passer de la performance chorégraphique
à une carrière musicale ou scénique plus large.

Le projet s’ouvre alors progressivement
à la musique,
aux performances,
aux artistes,
aux humoristes
et à différentes expressions culturelles.

Pour Afouz,
l’art était devenu trop vaste
pour réduire Melting Crew à la seule danse.

Cette relation avec le Congo se concrétise également
avec un Melting Crew Tour à Brazzaville en 2015,
expérience qu’Afouz évoquait encore plusieurs années plus tard
lorsqu’il parlait de son ambition
de renouveler une édition sur place.

Les années suivantes

Melting Crew après le portrait NEW KG de 2017

L’histoire racontée par NEW KG en 2017
ne représentait donc pas une fin.

Le projet a continué à grandir.

2018 —
une 7e édition est organisée à Fontenay-sous-Bois,
avec danse, musique, humour et Melting Crew Awards.

2019 —
une nouvelle édition poursuit le développement
du rendez-vous afro-urbain.

2020–2021 —
deux éditions sont annulées dans le contexte de la pandémie.

2022 —
Melting Crew revient à Fontenay-sous-Bois
pour célébrer ses dix ans,
avec notamment Roga Roga parmi les invités.

2023 —
la 11e édition choisit de se tourner davantage
vers la nouvelle génération et les talents repérés
notamment via les réseaux sociaux.

2024 —
une nouvelle édition est documentée sous l’appellation
Melting Crew Awards 2024 / MCA12.

Un parcours qui donne une nouvelle dimension
aux propos d’Afouz lorsqu’il parle aujourd’hui
de Melting Crew comme d’un projet
ayant marqué une génération afro-urbaine.

06 • Transmettre

Le talent ne remplace jamais le travail

Son passé sportif continue
à influencer sa manière d’accompagner les artistes.

Afouz a fréquenté des sportifs de haut niveau
et en retient une notion essentielle :
la discipline.

« Sans travail, le talent ne sert à rien. »

Une conviction qui explique aussi
le rôle de « régulateur »
qu’il revendique aujourd’hui.

07 • Nouvelle génération

Les réseaux ne remplacent pas la scène

Afouz reconnaît volontiers
que la nouvelle génération maîtrise mieux
certains outils numériques.

Mais il observe également
un risque :
celui de concentrer la construction artistique
sur TikTok,
Instagram,
les Reels
ou les contenus courts
et de négliger la performance scénique.

« La captation du public se travaille. »

Cette phrase résume presque
toute sa philosophie de la scène.

Faire quelques secondes efficaces devant une caméra
n’est pas le même exercice
que tenir un public pendant un concert.

08 • Dire la vérité aux artistes

Encourager ne veut pas dire tout valider

Avec l’expérience,
Afouz reconnaît qu’il devient parfois difficile
de rester exigeant avec un talent
lorsqu’on veut simultanément l’encourager
et lui donner confiance.

Pourtant,
il considère cette franchise indispensable.

« Les artistes sont le plus souvent entourés
de “maîtres oui-oui”
qui ne sont pas forcément objectifs.
Le but est de les faire progresser
en les mettant face à leurs vérités.
Il n’y a qu’ainsi qu’on progresse. »

09 • La force du collectif

Une culture où le live se construit à plusieurs

Le lien entre la France et le Congo
influence profondément sa manière
d’imaginer un événement.

Afouz explique venir d’une culture
où le collectif reste essentiel au live.

Les instrumentistes,
les artistes,
les techniciens
et les différentes personnalités présentes
doivent fonctionner ensemble.

Pour Afouz,
c’est la symbiose des instrumentistes
qui participe à la réussite d’un live.

Cette logique collective
influence aussi son rôle de mentor :
chercher les meilleurs talents,
réunir les bonnes personnes
et créer un environnement
où chacun peut contribuer à la réussite du spectacle.

10 • Professionnaliser

Quand les formats de concert changent

Afouz aimerait aujourd’hui
contribuer davantage à la professionnalisation
des artistes évoluant dans les cultures africaines
et afro-urbaines.

Il observe notamment
que certains artistes restent mal préparés
aux nouveaux formats de concerts plus courts,
où le temps de scène,
les transitions
et l’efficacité de la performance
doivent être maîtrisés avec précision.

Derrière cette remarque,
on retrouve encore la même idée :
la scène est un métier.

11 • Et Afouz dans tout ça ?

Quand celui qui construit pour les autres doit penser à lui

Consacrer autant de temps
à des artistes,
des événements
et des projets collectifs
entraîne aussi une conséquence plus intime :
on peut finir par s’oublier.

Afouz ne le cache pas.

« On a tendance à s’oublier,
mais c’est la marque des grands passionnés de la culture.
D’où ma pause actuellement,
où je me plais à être à la place des clients. »

Une pause qui change le point de vue :
après des années en coulisses,
regarder à nouveau les événements depuis le public.

L’héritage

Une génération afro-urbaine

Afouz considère aujourd’hui
que Melting Crew a marqué une génération
en donnant une place à de nombreux talents
de la scène afro-urbaine.

Il évoque plus de 500 vidéos publiées,
une réputation de tremplin
et des rencontres avec des artistes
comme Fally Ipupa,
Roga Roga,
KeBlack ou Naza.

Mais lorsque la question devient personnelle,
l’impact est différent :
confiance,
estime de soi,
réseau,
rencontres et reconnaissance.

Conclusion

Du danseur au passeur

Lorsque NEW KG rencontrait Afouz en 2017,
Melting Crew était déjà devenu
bien plus qu’un événement de danse.

Presque dix ans plus tard,
la continuité du projet permet de lire son parcours autrement.

Il y a eu Jessy Matador.
Les battles.
Lil Unit.
Unit D.C.
Le management.
KIMIA AND CO.
Les premières éditions de Melting Crew.
La remise en question.
Le Congo.
Le FESPAM.
Les Awards.
Les artistes devenus reconnus.
Les nouvelles générations.

Et derrière toutes ces étapes,
une transformation apparaît :
Afouz est progressivement passé
du rôle de danseur
à celui de manager,
puis d’organisateur,
de producteur,
de mentor
et finalement de passeur.

Son ambition n’est plus uniquement
de remplir une salle.

Elle est aussi de transmettre
les codes,
l’exigence,
la discipline
et cette culture de la scène
qui l’a lui-même construit.

Ce que Melting Crew lui a donné

« La confiance et l’estime de moi-même. »

NEW KG • Est-ce que tu me connais ?

Après toutes ces années à révéler les autres… est-ce qu’on connaît vraiment Afouz ?

Derrière Melting Crew apparaît
un passionné de culture
qui a transformé sa curiosité,
ses expériences et ses deux territoires
en outil de rassemblement et de transmission.

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Culture • Musique • Rencontres

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Tiemoko : la longévité comme conviction, Summer Watts comme lumière

 

NEW KG • EST-CE QUE TU ME CONNAIS ? • ÉPISODE 06
Portrait • Tiemoko

Tiemoko : durer sans se perdre

Il fait du rap depuis suffisamment longtemps pour avoir vu les modes,
les codes et l’industrie se transformer. Pourtant, Tiemoko continue
d’avancer avec la même conviction : protéger la passion, le plaisir
de créer et cette envie de prendre le micro tant qu’elle restera intacte.
Entre « Longévité » et « Summer Watts », il se confie à NEW KG.

L’homme des gens

Si Tiemoko devait se présenter sans parler de son métier,
de son âge ou de son parcours, il commencerait par son prénom.
Parce que Tiemoko n’est pas un nom de scène.
C’est son vrai prénom, et sa signification dit déjà quelque chose
de celui qu’il veut être : « l’homme des gens ».

01 • Le temps comme révélateur

Quand arrêter devient la preuve qu’il faut continuer

Il existe parfois un moment où une passion doit répondre
à une question beaucoup plus concrète :
à quoi sert-elle si elle ne permet pas d’en vivre ?

Pour Tiemoko, cette confrontation arrive dans sa vie de couple.
Sa compagne de l’époque lui fait comprendre qu’il devrait peut-être
arrêter la musique puisqu’elle ne lui apporte pas de salaire.

Et paradoxalement, c’est précisément là qu’il comprend
qu’elle ne quittera pas sa vie.

“

Je l’ai compris quand on m’a fait comprendre
qu’il fallait que j’arrête parce que ça ne rapportait pas un salaire.

Continuer malgré ce constat n’a donc rien d’un automatisme.
C’est déjà un choix.

Et probablement la première définition de cette
longévité qui deviendra progressivement
l’un des mots-clés de son parcours.

Positif dès les premiers textes

Lorsqu’il relit mentalement ses premiers textes,
Tiemoko retient deux choses qui lui ressemblent encore aujourd’hui :
une écriture positive et l’absence de grossièreté.

Plusieurs années, plusieurs projets et plusieurs époques plus tard,
cette volonté de chercher de la lumière,
même lorsqu’il parle des difficultés,
reste présente dans sa musique.

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02 • Plusieurs époques du rap

Quand la musique change, toute la chaîne change avec elle

Tiemoko a traversé suffisamment d’années de rap
pour observer la transformation de la musique,
des artistes et de l’industrie simultanément.

Il voit notamment les États-Unis continuer à impulser
une partie des flows, des tendances,
des compositions et des nouveaux sous-genres
qui viennent ensuite influencer les autres scènes.

Mais son regard devient beaucoup plus critique
lorsqu’il parle de l’industrie.

Pour lui, la logique du profit ne coïncide pas toujours
avec l’intérêt des artistes. Les contrats,
les codes de visibilité et la nécessité de rentrer dans certaines cases
peuvent progressivement modifier la relation que l’on entretient
avec sa propre création.

Dans ce contexte, durer devient donc autant une question musicale
qu’une capacité à ne pas perdre de vue les raisons
pour lesquelles on a commencé.

03 • Longévité

Durer ne veut pas dire rester immobile

Chez Tiemoko, la longévité n’est pas une posture construite
après coup.

Elle existe d’abord parce qu’il est toujours là.

Mais rester ne signifie pas rester identique.

« C’est très facile de se perdre en chemin,
surtout quand le chemin est long.
[…] Nous sommes comme les saisons et le temps,
avec des histoires qui nous font évoluer. »

La fidélité à soi-même n’exclut donc pas la transformation.
Elle impose plutôt de savoir distinguer
ce qui peut évoluer de ce qui mérite d’être protégé.

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Un tournant

Sunday School : une autre architecture musicale

Parmi les moments qui ont véritablement déplacé quelque chose
dans son rapport à la musique,
Tiemoko cite Sunday School.

L’événement se déroule au Trabendo,
anciennement Hot Brass,
et est présenté par Sydney.
Après audition, des artistes peuvent être sélectionnés
pour interpréter un morceau accompagné par des musiciens professionnels.

Tiemoko est retenu.

Sur place, il rencontre le groupe Soulkadelic.
Cette connexion lui ouvre les portes d’univers
qu’il approfondira ensuite à travers des artistes
comme J Dilla, Slum Village ou Common.

« Ça a été une révélation pour mon architecture musicale. »

04 • Sortir de sa zone de confort

Continuer implique parfois de réapprendre

Avec les années,
certaines habitudes artistiques peuvent devenir rassurantes.

Mais pour Tiemoko,
continuer à avancer nécessite parfois
de se faire violence et de changer son workflow.

Il cite un exemple très concret :
l’enregistrement.

Longtemps, mettre lui-même le nez
dans les logiciels de recording lui mettait la pression.
Il a récemment décidé d’investir dans du matériel
afin de pouvoir désormais s’enregistrer par ses propres moyens.

Un geste apparemment technique,
mais qui résume bien sa manière de penser la longévité :
ne jamais considérer que sa méthode est définitive.

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Ce qu’il faut protéger

La passion avant les chiffres

« Je protège surtout la passion,
l’amour de la pratique
et le plaisir de créer. »

Cette protection est devenue d’autant plus importante
que la musique se mesure aujourd’hui en abonnés,
en écoutes et en performances visibles.Tiemoko observe qu’une personne qui apprend
qu’un artiste fait de la musique
demande parfois immédiatement
s’il en vit,
combien il a d’abonnés
ou quels chiffres affiche son Spotify,
avant même de s’intéresser aux morceaux.

Ne pas se protéger de cette logique peut,
selon lui, conduire à l’aigreur et au dégoût
simplement parce que « ça ne pète pas ».

Sa réponse consiste donc à revenir à l’origine :
aimer pratiquer,
aimer écrire,
aimer créer
même lorsque la récompense extérieure tarde à arriver.

Écouter Tiemoko

Entrez dans la Tiemosphère

Retrouvez « Longévité », « Summer Watts »
et les différentes étapes du parcours musical de Tiemoko.

05 • Écrire ce qui traverse

La production donne souvent le premier mouvement

Lorsqu’il écrit aujourd’hui,
Tiemoko part très souvent de la production.

C’est elle qui déclenche le rythme,
la première impulsion
et la direction du texte.

Mais l’inspiration peut aussi venir
d’une discussion,
d’un film,
d’une citation
ou simplement d’un bon moment partagé
avec sa famille ou ses amis.

Avec les années,
la fonction de l’écriture a également changé.

Avant, il ne percevait pas nécessairement
l’écriture comme un exutoire.
Aujourd’hui, elle le devient de plus en plus.

Se livrer n’est pas naturel pour lui.
Pourtant, il ressent désormais davantage
le besoin de le faire,
et surtout le sentiment d’être enfin prêt.

06 • Mali

Parler de ses origines : l’évidence la plus difficile

Il existe pourtant un sujet
que Tiemoko n’a pas encore réussi
à déployer totalement dans sa musique :
le Mali.

Ses origines l’accompagnent,
apparaissent progressivement
dans sa manière de s’habiller
et commencent aussi à entrer dans ses chansons.

Mais raconter pleinement ce rapport
à son pays d’origine reste plus complexe
que l’évidence du sujet pourrait le laisser penser.

« C’est tellement évident,
mais pas aussi facile que ça.
C’est un épisode à suivre. »

Une première porte existe déjà avec
« La Graille De La Mama »,
où la nourriture devient un moyen
de parler de transmission,
de famille
et de double culture.

07 • Summer Watts

Mettre davantage de lumière après une période difficile

Sur Summer Watts,
quelque chose paraît plus lumineux.

Tiemoko ne dit pourtant pas
avoir construit cette énergie autour d’un concept rigide.

Le projet naît dans l’énergie du moment,
porté par les productions sélectionnées
et par des titres qui se sont parfois imposés tardivement.

« Si on écoute mes albums,
il y a souvent de la lumière et de la good vibe.
Mais sur Summer Watts, il y en a plus. »

Tiemoko avance lui-même une hypothèse :
cette lumière pourrait être une manière
de contrebalancer la période difficile
qu’il a traversée au début de 2026.

La bonne énergie n’est donc pas nécessairement
l’absence de difficultés.

Elle peut aussi devenir
une réponse à celles-ci.

@e2c.photo

Une vie en morceaux

Les différentes versions de Tiemoko

Lorsqu’on lui demande quels titres permettent
de comprendre les différentes versions de son parcours,
Tiemoko ne choisit pas un seul morceau.

Mokostyle
Fragments De Vie
Boulanger
J’rap Remix
Poing en L’r
Slow Down
Longévité
Tiemo Summer Chill

08 • Deux projets, une même trajectoire

« Longévité » regarde le chemin. « Summer Watts » continue d’avancer.

Les deux projets peuvent presque être lus
comme deux faces complémentaires du même artiste.

Longévité porte le poids du temps,
de la résistance,
de la transformation
et de tout ce qu’il faut préserver
lorsqu’on pratique son art sur la durée.

Summer Watts,
lui, remet davantage de soleil,
de mouvement,
de sourire
et de plaisir dans le cadre.

L’un dit : « je suis encore là ».
L’autre répond : « et j’ai encore envie de kiffer. »

À la nouvelle génération

« Pourquoi tu fais de la musique ? »

Si un jeune artiste lui demandait aujourd’hui
comment construire une carrière capable de durer,
Tiemoko commencerait par une question,
pas par une stratégie.

« Pourquoi tu fais de la musique ? »

Puis il lui conseillerait de s’accrocher à cette réponse.
Parce que pratiquer son art doit,
selon lui, relever d’une conviction
suffisamment sincère et profonde
pour que le temps ne puisse pas la briser.

Conclusion

La longévité n’est pas le nombre d’années. C’est ce qui reste intact.

Le parcours de Tiemoko ne raconte pas simplement
un artiste qui fait du rap depuis longtemps.

Il raconte quelqu’un qui a dû répondre plusieurs fois
à la même question :
est-ce que ça vaut encore la peine de continuer ?

Quand l’argent n’était pas au rendez-vous.
Quand les règles de l’industrie changeaient.
Quand il fallait sortir de sa zone de confort.
Quand les réseaux réduisaient parfois la valeur d’un artiste
à quelques chiffres.
Quand la vie elle-même imposait d’autres priorités.

Pourtant, la réponse est restée.

La passion.
La pratique.
Le micro.
L’écriture.
Le plaisir.
La scène.
Et cette envie de continuer à apprendre.

Peut-être est-ce finalement cela,
la véritable définition de la longévité :
accepter de changer sans laisser disparaître
la raison profonde pour laquelle on a commencé.

@e2c.photo
Le dernier mot

« Pratiquer son art doit être une conviction sincère et profonde
que le temps ne peut briser. »

NEW KG • Est-ce que tu me connais ?

Après toutes ces années… est-ce qu’on connaît vraiment Tiemoko ?

Derrière la longévité apparaît surtout un artiste
qui continue de se transformer,
de chercher,
d’apprendre
et de protéger l’essentiel :
le plaisir de faire de la musique.

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LAAZY : de Reims à BIG L, le parcours d’un artiste qui refuse les cases

NEW KG • EST-CE QUE TU ME CONNAIS ?
Portrait • LAAZY

LAAZY : construire sa voie sans jamais entrer dans une seule case

Rap, R&B, chant, expérimentation, scène, entrepreneuriat culturel :
depuis Reims, LAAZY construit un parcours qui refuse les frontières trop simples.
De SoundCloud à SIO 2, de BIG L à MUCHLUV,
il raconte à NEW KG comment sa vie est progressivement devenue
la matière première de son œuvre.

Avant LAAZY

Chez LAAZY, il n’y a jamais eu une seule musique.
Il y en a eu plusieurs, très tôt :
variété francophone, rumba congolaise,
musiques centrafricaines, hip-hop,
rock, métal, électro, indie ou encore house.
Un mélange absorbé au fil d’une famille
où chacun apportait ses propres références.

01 • Reims, la famille et les premiers textes

Grandir dans un brassage musical permanent

Son premier rapport à la musique passe par sa famille.
Ses parents écoutent de la variété française et francophone,
mais également de la rumba congolaise avec des noms comme
Extra Musica, Papa Wemba ou Koffi Olomide,
ainsi que des titres centrafricains.

Dernier d’une fratrie, LAAZY se décrit comme
« le bout de l’entonnoir » :
celui qui reçoit les influences de tout le monde.

Ses frères et sa sœur élargissent encore le spectre.
Hip-hop, R&B, soul, pop, électro, métal,
rock indépendant, folk ou musique expérimentale :
à l’époque de MCM, MTV, des premiers MP3,
d’Emule et de LimeWire, LAAZY absorbe tout.

“

Ma source était déjà riche.

L’écriture apparaît elle aussi très tôt.
Il raconte sa vie sur Word dès l’enfance,
écrit des poèmes au collège,
expérimente ses premières confrontations rap dans la cour
puis écrit son premier véritable texte au lycée.

C’est à ce moment-là que LAAZY naît.

@drac.mp5

SoundCloud : apprendre sans être attendu

Avant même de publier ses propres titres,
LAAZY expérimente avec son frère
Kuroi Payne.
Guitare, refrains, harmonies et premiers enregistrements :
sa voix finit par apparaître sur SoundCloud.

Quelques années plus tard,
il publie ses premiers morceaux seul.
Puis arrive « Alien ».

Sans préparation ni campagne,
le morceau dépasse les 10 000 écoutes.
Une première démonstration que sa musique
peut voyager bien au-delà de son environnement immédiat.

« J’ai compris que ma musique pouvait toucher le plus grand nombre
même si j’étais dans une petite ville de province
et que peu importe ce que je pouvais proposer,
c’est l’authenticité de la proposition qui serait retenue. »

SoundCloud devient un laboratoire :
un espace pour publier,
tester,
recommencer
et créer sans devoir répondre aux attentes d’une industrie.

@drac.mp5

02 • Le déclic

Carto Blaster : quand la passion devient un projet

En 2017, le dispositif Carto Blaster,
porté par La Cartonnerie à Reims,
marque un tournant.

Déjà repéré localement,
LAAZY devient lauréat du dispositif.
L’accompagnement lui permet de mieux comprendre
le démarchage des médias,
celui des salles,
certains aspects techniques,
mais aussi d’accéder à de nouvelles scènes.

C’est surtout à ce moment
qu’il prend conscience de son rapport au live.

« J’ai compris que je voulais faire ça toute ma vie. »

Dans le public, certaines personnes connaissent déjà ses paroles.
D’autres les reprennent rapidement.
Cette énergie va progressivement modifier
sa manière de penser ses morceaux.

Une part importante de sa musique est désormais également conçue
avec la scène en tête.

03 • Construire LAAZY

Le problème n’était pas de choisir entre rapper et chanter

Aujourd’hui, mélanger chant et rap semble presque naturel.
Lorsque LAAZY commence pourtant à développer son projet,
cette polyvalence est moins facilement comprise.

Ses influences sont trop nombreuses
pour qu’il accepte de se limiter à une discipline.
Il apprend à chanter tout en apprenant à rapper.

Au début, cette liberté lui est régulièrement reprochée.

Il affine alors son écriture,
améliore sa technique,
expérimente différentes directions
et finit par trouver une forme
où chant et rap peuvent réellement cohabiter.

La vraie bascule

« Satisfaire les autres avant moi dans mon art,
ce n’est pas la direction que j’ai souhaité prendre. »

Une discographie comme mémoire de vie

Pour comprendre les changements de LAAZY,
il faut regarder ses projets
comme autant de photographies de périodes vécues.

MADNESS — la dépression.

Summer Is Over — la mélancolie d’une vie appréciée mais passée.

RED MOON — le cri de l’ego et l’appel de la scène.

BLUE LAGOON — le point de départ d’un éveil.

BUBBLE — l’expérimentation.

Days Before Starlight — le tunnel du flow.

BUBBLE II — la purge, la mise à nu.

Ses projets deviennent ainsi des mémoires musicales :
des archives de périodes qui participent toutes
à construire autant l’individu que l’artiste.

@drac.mp5

Écouter LAAZY

Entrez dans sa discographie

De ses premières expérimentations à SIO 2,
découvrez les projets qui racontent les différentes étapes de son parcours.

04 • BIG L

Celui qui ne perd jamais

Avec Days Before Starlight,
une nouvelle facette apparaît :
BIG L.

Pas simplement un personnage.
Plutôt une version de lui-même
capable d’exprimer plus frontalement
ce que LAAZY retenait encore.

BIG L est celui qui en a assez
de ne pas être entendu,
vu ou reconnu à sa juste valeur.

C’est aussi celui qui refuse d’abandonner
lorsque les résultats n’arrivent pas immédiatement.

« Celui qui ne baisse pas les bras quand le résultat escompté n’arrive pas,
qui considère que la répétition est la cousine de la réussite. »

BIG L devient même son identité sur les réseaux :
une manière de ne pas oublier
qui il est
et ce qu’il veut montrer au monde.

Déconstruire pour continuer

Son arrivée à Paris ouvre pourtant une période
beaucoup plus complexe.

Départ du foyer familial,
construction d’une vie à deux,
arbitrages financiers,
projet musical et manque de connexions directes
avec les grands médias :
LAAZY doit repenser son rapport à la musique.

Il fréquente des artistes,
des événements
et certains acteurs de l’industrie,
tout en ayant parfois l’impression
de ne pas appartenir totalement au « club ».

« Ne pas faire de musique, c’est comme ne pas respirer. »

05 • Summer Is Over 2

De la douleur à la nostalgie

En 2019, le premier Summer Is Over
naît dans une période de rupture.

LAAZY sort d’une longue relation,
mais également d’une période dépressive.
À 21 ans, il ressent davantage le besoin de dire
que celui d’être compris.

Lorsqu’il revient à cet univers avec
SIO 2,
la temporalité a changé.

Il ne crée plus uniquement par nécessité.
Il prend le temps de faire mûrir le projet,
de concentrer ses intentions
et d’aller à l’essentiel.

« J’ai vécu pleinement des années qui ont filé comme un voyage
et dont le souvenir subsiste dans la nostalgie
et plus dans la douleur. »

Le projet reste profondément lié
à l’introspection,
la spiritualité,
la mémoire
et la manière dont le temps transforme la douleur en souvenir.

À voir

Découvrez le dernier clip de LAAZY

Une autre porte d’entrée dans son univers musical et visuel.

06 • Connexion avant collaboration

Avec Mak Kitah, l’humain vient avant le featuring

LAAZY fait peu de collaborations.

Avec Mak Kitah,
présent notamment sur « Carry On »,
la relation dépasse largement la musique.

Il le décrit comme un frère,
une source de joie,
une inspiration
et le premier artiste MUCHLUV.

« Ce qui fait la vraie connexion artistique,
c’est la connexion humaine au-delà de la musique elle-même. »

Une collaboration prend davantage de sens
lorsqu’elle repose sur des valeurs communes,
de l’estime,
une véritable connexion
et l’envie de partager un moment.

Écrire moins, mais avec davantage d’intention

Son rapport à l’écriture évolue également.

LAAZY confie écrire de moins en moins
et développer une nouvelle manière
de rapper plus intentionnellement.

Il continue néanmoins de vouloir
raconter,
créer une atmosphère
et provoquer une émotion.

@drac.mp5

07 • Au-delà de l’artiste

LAAZY n’est plus seulement un artiste : c’est un projet

Comment faire cohabiter création,
événements,
organisation
et développement culturel ?

Sa réponse tient en trois verbes :
s’organiser, s’entourer et déléguer.

Organisateur depuis 2017,
il a progressivement appris
à identifier les compétences,
les rôles
et les personnes nécessaires autour de lui.

« Celui qui dit qu’on se fait tout seul a menti.
On a besoin les uns des autres. »

LAAZY considère désormais son identité
comme un projet complet,
dont chaque facette doit avoir
sa propre organisation en coulisses.

08 • Construire autrement

Pour les indépendants, créer une vraie communauté

Lorsqu’on lui demande ce qui manque encore
aux artistes indépendants,
LAAZY pointe d’abord la nécessité
d’un esprit de communauté plus fort.

Il appelle également à davantage d’acteurs
réellement investis dans le développement des artistes,
mais aussi à une meilleure compréhension
des aspects administratifs et professionnels du métier.

Pour lui, le terme « indépendant »
recouvre aujourd’hui des réalités extrêmement différentes :
artistes débutants,
projets hors labels
ou simplement personnes souhaitant construire leur carrière autrement.

LAAZY défend également une meilleure transmission entre générations :
partager davantage les informations,
les codes,
les expériences
et les connaissances pour aider les artistes à construire
des parcours plus durables.

Dans cinq ans

Un label, un festival… et la Centrafrique

Lorsque LAAZY se projette dans cinq ans,
ses ambitions dépassent sa seule carrière personnelle.

Ouvrir son label.
Développer son festival.
Organiser des événements culturels et musicaux
partout en France et à l’étranger.
Et créer en Centrafrique
un environnement permettant à davantage de talents
de développer leurs projets.

Conclusion

Ne pas choisir entre les différentes versions de soi

Pendant longtemps,
la polyvalence de LAAZY a pu sembler difficile à classer.

Avec le recul,
c’est précisément cette impossibilité de choisir
entre plusieurs influences,
plusieurs façons de créer
et plusieurs rôles
qui raconte le mieux son parcours.

Il y a l’enfant nourri de rumba congolaise,
de variété,
de rock et de hip-hop.
Le lycéen qui écrit ses premiers textes.
Le jeune artiste qui expérimente sur SoundCloud.
Le performeur révélé par Carto Blaster.
LAAZY.
BIG L.
L’organisateur.
L’entrepreneur culturel.

Derrière toutes ces versions,
une même idée persiste :
continuer d’avancer
même lorsque la reconnaissance n’arrive pas immédiatement.

@drac.mp5
La vision de LAAZY

« Rendre au berceau du monde
ce qu’il nous a apporté. »

NEW KG • Est-ce que tu me connais ?

Derrière LAAZY, combien de versions d’un même artiste reste-t-il encore à découvrir ?

Un parcours où chaque projet devient une archive de vie,
chaque évolution une nouvelle possibilité
et chaque détour une manière supplémentaire
de construire sa propre voie.

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Miae : « Le premier jour du reste de ma vie »

NEW KG • EST-CE QUE TU ME CONNAIS ? • ÉPISODE 04
Portrait • Miae

Miae : « Le premier jour du reste de ma vie »

De Marseille à Paris, du conservatoire aux premières chansons dévoilées,
Miae construit un univers où les émotions deviennent des mots,
des mélodies et parfois des silences. À quelques jours de son concert
aux Trois Baudets et avant la sortie de « Messagerie »,
elle se confie à NEW KG sur son parcours, son écriture
et la nouvelle étape qui s’ouvre aujourd’hui.

La musique comme premier refuge

Pour comprendre Miae, il faut peut-être commencer dans une voiture,
quelque part entre Marseille, Aubagne et la Pointe Rouge.
Avant les studios, les scènes et les projets, la musique était déjà
un espace où l’on pouvait se retrouver, s’apaiser et parfois dire
autrement ce que les mots n’arrivaient pas à exprimer.

01 • Marseille, Paris et les origines

Quand la musique devient une manière de respirer

Miae se décrit elle-même comme une grande nostalgique.
Lorsqu’elle cherche le souvenir qui raconte le mieux la place de la musique
dans son enfance, ce ne sont pas immédiatement les cours ou les instruments
qui lui reviennent.

LEJ_La-coope_clfd

Ce sont les trajets en voiture avec ses parents, son frère et ses sœurs.

Les dimanches en direction d’Aubagne, les escapades vers la Pointe Rouge,
les vacances. Des moments où les albums et les compilations s’enchaînent
sur l’autoradio — ou dans les écouteurs de chacun.

“

La musique, ça a toujours été notre façon de s’apaiser collectivement.
Quand j’ai du mal à parler ou que je n’en ai pas envie,
j’écoute de la musique. C’est mon premier réconfort, mon premier soutien.

De Marseille à Paris : élargir le champ des possibles

Miae grandit dans le 1er arrondissement de Marseille.
Paris n’était pas nécessairement un rêve d’enfance.
La capitale s’impose plutôt au moment des études et des premiers stages,
alors qu’elle envisage encore une carrière dans l’événementiel de la mode.

Ce déplacement va pourtant changer bien plus que son parcours professionnel.

À Paris, Miae rencontre des personnes qui lui montrent
qu’il est possible d’imaginer la musique comme une véritable vie.
Elle apprend aussi à se libérer du regard extérieur,
à prendre davantage de risques et à mieux se connaître.

« Marseille, c’est la ville de mon cœur, mais partir à Paris
m’a permis de pouvoir m’exprimer en totale liberté,
d’apprendre à me connaître et à prendre des risques. »

Aujourd’hui, cette circulation entre Marseille et Paris nourrit directement
sa façon de créer : deux villes, deux regards, plusieurs références
et surtout une plus grande liberté.

Désapprendre l’excellence

Le conservatoire lui apporte la technique.
Mais Miae explique avoir dû apprendre autre chose :
le plaisir, le lâcher-prise et l’intuition.

Après sa formation classique au conservatoire de Marseille,
elle abandonne progressivement l’idée de regarder chaque geste musical
uniquement à travers le prisme de l’excellence.

Plus tard, son passage au CRR de Paris en musiques actuelles
arrive dans un état d’esprit différent.
Plus mature et présente par choix, elle redécouvre le plaisir
de travailler sa voix, de jouer avec d’autres musiciens
et de vivre la musique autrement.

La flûte, lorsque les mots ne suffisent plus

La flûte traversière reste aujourd’hui un prolongement très intime de Miae.

Lorsqu’elle écrit, elle cherche souvent à comprendre ce qui lui traverse
la tête ou lui « tord le ventre ». Mais quand les mots ne viennent plus,
l’instrument prend le relais.

« Quand je n’arrive plus à écrire, je joue. »

Commencée très jeune, la flûte lui a donné une oreille,
un rapport au souffle et une fascination pour les mélodies
qui influencent encore directement la manière dont elle imagine ses toplines.

Elle continue d’ailleurs à l’utiliser sur scène.
Pour Miae, elle restera probablement toujours ce moyen
de dire ce qu’elle n’arrivera jamais complètement à verbaliser.

Miae, l’alter ego

L’identité artistique, elle, ne serait pas arrivée soudainement.

Miae dit qu’elle était déjà là.

Enfant, elle écoute Katy Perry dans sa chambre,
imprime les paroles pour chanter avec elle
et imagine déjà la possibilité de faire la même chose.

« Miae, c’est devenu un alter ego qui me permet d’être cette artiste
qui se libère de ses émotions en studio et sur scène. »

Un alter ego qui n’est pourtant jamais figé.
D’un projet à l’autre, Miae considère son identité artistique
comme quelque chose qui continue de se construire.

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De « Les Ombres Heureuses » à « Bisou » et « Plus besoin »,
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02 • Écriture et évolution

De « Les Ombres Heureuses » à « Bisou » : apprendre à moins se cacher

Entre ses deux projets, Miae estime que presque tout a évolué en même temps :
sa vie, son regard sur elle-même, sa voix et donc nécessairement son écriture.

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« Les Ombres Heureuses » représente le premier moment
où elle accepte réellement de dévoiler ses chansons, ses textes et ses pensées.

À cette époque, elle se décrit encore comme très pudique.

Avec les expériences de studio et de scène,
cette retenue s’est progressivement relâchée.

Deux projets, deux moments

« Les Ombres Heureuses, c’était vraiment la première fois
que je dévoilais mes chansons, mes écrits, mes pensées.
[…] Sur Bisou, j’avais déjà plus de recul.
Même si j’aborde des thèmes assez intenses,
j’ai pris beaucoup plus de liberté pour m’amuser. »

Une émotion trop forte devient souvent une chanson

« Plus besoin » illustre cette évolution.
L’écriture semble plus directe, plus assurée et parfois plus joueuse.

Mais pour Miae, la mécanique de départ reste la même :
lorsqu’une émotion la traverse trop intensément,
elle finit presque toujours par devenir une chanson.

Jusqu’ici, ses textes ont beaucoup parlé d’amour,
de sentiments et de relations humaines.
Le projet prévu pour 2027 devrait cependant ouvrir
de nouveaux territoires d’écriture,
nourris par d’autres expériences vécues.

Tout n’est pas pour autant destiné à devenir public.

« Il y a encore des choses que je garde pour moi…
et pour ma psy. »

Tout commence souvent par une phrase

Dans son téléphone, une note gigantesque conserve les phrases
qui lui traversent l’esprit.

C’est généralement là qu’une chanson commence.

En studio, Miae revient vers ces fragments,
développe le texte et trouve simultanément la mélodie.
Le mood existe souvent déjà dans sa tête.

Elle rejoint ensuite Antonin Aguessy,
qu’elle appelle Anto,
pour transformer cette intuition en musique.

Les doutes et les versions abandonnées font naturellement partie
de ce processus. Mais Miae aime la fluidité :
lorsqu’une idée résiste trop longtemps,
elle préfère parfois simplement passer à autre chose.

Nouveau chapitre

Et si la prochaine étape de Miae commençait justement
lorsqu’elle décidait de créer sans se demander
si cela ressemblait suffisamment à « Miae » ?

03 • Messagerie & Trois Baudets

« Messagerie », le morceau qui ne devait pas devenir un titre de Miae

L’histoire de « Messagerie » commence presque à l’extérieur
de son projet artistique.

Jeremy, qui travaille chez Cézame Music Agency,
contacte Miae sur Instagram après avoir apprécié « Plus besoin ».
Il lui propose de créer un titre exclusif destiné à une compilation
pour des placements en synchronisation.

Miae rejoint alors Anto en studio.

Le morceau n’est initialement pas pensé pour être un titre de son répertoire.
Et c’est peut-être justement ce qui lui permet d’écrire avec autant de liberté.

Messagerie

« J’ai vraiment écrit comme si ce n’était pas pour Miae.
Je ne me suis mis aucune barrière et je trouve que ça se ressent. »

Le résultat plaît suffisamment à Miae pour qu’elle demande
l’autorisation de le sortir finalement comme single.

« Messagerie » est prévu pour octobre.

Un morceau qu’elle décrit comme énergique,
conçu sans suranalyse et avec une envie simple :
s’amuser.

Sa seule ambition émotionnelle après la première écoute ?

« L’envie de l’écouter en boucle ! »

Ce titre reste autonome, mais Miae le voit comme une transition.
Il prolonge l’énergie de « Plus besoin »
tout en annonçant la liberté créative
qu’elle a adoptée pour son prochain projet.

24 septembre : rendez-vous aux Trois Baudets

Quelques jours avant la sortie à venir,
une autre étape importante attend Miae :
les Trois Baudets, le 24 septembre.

La salle l’impressionne.
De nombreux artistes qu’elle admire y sont déjà passés,
et elle assume pleinement la fierté d’être programmée sur cette scène.

Le timing est particulièrement symbolique :
de nouvelles chansons existent désormais,
et certaines seront jouées pour la première fois
avec Pierrick et Zéphir.

« On va jouer Messagerie et j’espère que vous serez là
pour le découvrir en avant-première ! »

Pour Miae, un concert n’est pas une simple succession de chansons.

Avec Anto, elle réfléchit à ce qui doit entrer dans les quarante minutes
de scène et à ce qui doit volontairement rester de côté.
Les répétitions servent ensuite à construire les transitions,
les arrangements et les vrais moments de partage avec le public.

L’objectif est clair :
embarquer les spectateurs dans son univers.

Et il existe une différence importante entre la Miae
qui écrit seule et celle qui apparaît sur scène.

« L’assurance. Je me sens beaucoup plus sûre de moi
au moment de monter sur scène que quand j’écris seule dans ma chambre.
[…] Chanter sur scène, c’est ça qui me fait vibrer. »

04 • Indépendance & vision

Construire quand les moyens ne suivent pas encore les ambitions

Quand on lui demande quel est aujourd’hui son principal défi
en tant qu’artiste émergente, Miae ne cherche pas une réponse abstraite.

Elle parle d’argent.

Produire, communiquer, développer un live,
créer des images et rivaliser avec des projets soutenus
par des moyens importants représente une difficulté très concrète.

« C’est très dur de rivaliser avec l’industrie
qui injecte des milliers d’euros dans des projets musicaux.
Mais bon, c’est le jeu. Je reste patiente et j’ai confiance en la vie. »

Son objectif reste cependant ambitieux :
jouer sur de plus grandes scènes
afin de partager sa musique avec davantage de monde.

Ne pas se perdre dans les chiffres

Dans un environnement où les performances numériques
et l’image occupent une place importante,
Miae essaie de conserver une règle simple :
rester fidèle à ce qu’elle aime réellement.

La comparaison demeure parfois difficile à éviter,
mais elle cherche à ne pas construire sa trajectoire uniquement
en regardant celle des autres.

« Il faut surtout aimer la musique et ce métier
pour vouloir en faire sa vie.
Et pour l’instant, c’est mon cas. »

Un univers qui se construit aussi avec les autres

Si Miae écrit souvent depuis quelque chose de très personnel,
son univers actuel est aussi le résultat d’un collectif.

En studio, elle travaille depuis deux ans
avec Antonin Aguessy,
devenu à la fois un collaborateur central
et une personne avec qui la confiance dépasse la musique.

Sur scène, Zéphir et Pierrick
participent aux arrangements live,
tandis que Loïc l’accompagne au son
et contribue à créer une cohérence d’un concert à l’autre.

Une nouvelle étape professionnelle vient également de commencer :
Miae a récemment signé avec le label Foudrage,
avec lequel elle prépare la suite de son projet.

Donner une couleur aux chansons

L’image n’est pas pensée comme un simple habillage.

Miae aime lorsqu’elle vient soutenir la poésie déjà présente
dans les chansons.

Avec des textes souvent très présents,
elle cherche encore comment traduire certains morceaux visuellement.
Mais elle aime l’idée de pouvoir leur donner
une couleur, un visage et des paysages.

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La prochaine étape

« Donnez-moi ma chance »

Après l’interview, l’article et les prochaines chansons,
Miae aimerait avant tout que le public comprenne une chose :
elle est une artiste à qui il faut laisser l’occasion
de poursuivre l’histoire.

Pour elle, la réussite ne se résume pas encore aux chiffres :
terminer son EP, pouvoir le jouer sur scène,
continuer à bâtir une équipe professionnelle
et trouver notamment un tourneur seraient déjà
autant de victoires concrètes.

Conclusion

Le premier jour du reste de sa vie

Chez Miae, les chansons naissent souvent de ce qui déborde.
Une phrase notée dans un téléphone.
Une émotion trop forte.
Une mélodie qui cherche sa place.

Le parcours, lui aussi, semble suivre ce mouvement.

Marseille lui a donné ses racines.
Paris lui a offert un espace pour oser.
Le conservatoire lui a donné la technique.
La scène lui a donné l’assurance.
Et les projets successifs lui apprennent désormais
à faire davantage confiance à la liberté.

« Messagerie » est peut-être le symbole parfait de ce moment :
un morceau qui ne devait pas être pensé pour Miae
mais qui, parce qu’il a été créé sans barrière,
finit justement par lui ressembler.

Puis viennent les Trois Baudets,
le prochain EP,
un nouveau label
et une envie toujours plus claire d’aller jouer
devant un public plus large.

Lorsqu’on lui demande quel titre elle donnerait
au premier chapitre de cette nouvelle histoire,
Miae n’hésite pas.

Le dernier mot de Miae

« Le premier jour du reste de ma vie. »

NEW KG • Est-ce que tu me connais ?

Après ces confidences… est-ce qu’on connaît vraiment Miae ?

Derrière les chansons apparaît une artiste en mouvement,
à la fois sensible et déterminée,
qui apprend à transformer ses émotions en musique
sans perdre le plaisir de créer.

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ses sessions studio et les prochaines étapes de son univers musical.


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Après 10 ans de Throwback Music, Selena se confie à NEW KG

NEW KG • PORTRAIT
10 ans de Throwback Music

Après 10 ans de Throwback Music, Selena se confie à NEW KG

Dix ans à partager des souvenirs, transmettre des classiques, raconter les artistes
et faire vivre une mémoire musicale collective. Derrière Throwback Music se trouve pourtant
une histoire plus personnelle : celle de Selena. À l’occasion de cette décennie symbolique,
elle revient pour NEW KG sur ses racines, sa passion, son retour au chant
et les nouvelles pages qu’elle souhaite désormais écrire.

Une décennie, une passion

Throwback Music raconte depuis dix ans les chansons et les artistes
qui ont marqué plusieurs générations. Mais cette histoire ne commence ni avec Instagram,
ni avec une caméra, ni même avec la création du média. Elle commence beaucoup plus tôt,
dans l’enfance de Selena.

01 • Avant Throwback Music

Avant le média, il y avait déjà la musique

Selena tient d’abord à remettre une chose en perspective :
Throwback Music n’est pas devenu une partie essentielle
de son image, mais une partie essentielle de sa passion.

Chez elle, la musique précède tout. Elle remonte à l’âge de cinq ou six ans.
Elle accompagne les bons moments comme les périodes plus difficiles et devient très tôt
une présence permanente dans sa vie.

“

La musique n’a jamais été une question d’image pour moi,
elle a toujours été une histoire de cœur.

Ses souvenirs remontent notamment aux soirées familiales où l’on chante,
où l’on danse et où l’on partage des moments simples.

Puis viennent les spectacles de danse et de chant au centre de loisirs
et à l’école. Selena aime déjà monter sur scène et ressentir l’émotion
que procure le fait de se produire devant les autres.

« J’adorais monter sur scène, me produire devant les autres et ressentir cette émotion.
Avec le recul, je me rends compte que ces moments ont vraiment marqué
le début de ma passion. »

Une identité construite entre plusieurs cultures

L’univers musical de Selena se construit aussi à la rencontre de plusieurs héritages.
À la maison, Kassav’, Khaled
et de nombreux autres artistes rythment le quotidien.

Les sonorités antillaises et algériennes se mélangent naturellement.
Mariages, fêtes de famille, rythmes et traditions deviennent autant de passerelles
entre les générations.

« C’est cette richesse culturelle, faite de traditions, de rythmes
et de générations différentes, qui a construit mon identité
et qui continue d’inspirer la femme que je suis aujourd’hui. »

Enfant, Selena ne considère même pas cette diversité comme exceptionnelle.
Dans son environnement familial, la mixité, l’ouverture et le partage semblent naturels.

Ce n’est que plus tard, confrontée à certains regards extérieurs,
qu’elle comprend que tout le monde n’a pas grandi dans la même réalité.
Elle en a aujourd’hui fait une force qu’elle porte avec fierté.

02 • Dix ans de transmission

Throwback Music : d’une passion personnelle à une communauté

Throwback Music n’est pas né d’une stratégie pensée pour les réseaux sociaux.
Selena parle plutôt d’une intuition et surtout de la continuité
de quelque chose qu’elle faisait déjà naturellement.

Bien avant la place actuelle des archives musicales sur Instagram,
elle partage des clips et des souvenirs sur Facebook.
Avant Facebook, elle utilisait déjà MySpace.

Selena raconte

« J’ai toujours eu ce besoin de transmettre la musique qui m’a fait grandir,
sans imaginer qu’un jour cela deviendrait une partie de ma vie.
À l’époque, ce n’était pas à la mode. J’étais même un peu “la reloue”
avec mes archives. »

Au fil du temps, ce réflexe devient une véritable ligne éditoriale.
Et ce qui était autrefois assez marginal devient progressivement
un langage largement repris sur les réseaux sociaux et par les médias.

Selena reste cependant fidèle à la définition la plus simple de son projet :
partager et faire vivre la mémoire de la musique.

Le tournant

Quand les abonnés deviennent une communauté

Quelques mois avant le Covid, Selena réalise qu’un changement s’est produit.
Les personnes présentes autour de Throwback Music ne sont plus de simples abonnés.
Elles partagent leurs souvenirs, leurs émotions et leur propre histoire avec la musique.

« Throwback Music allait bien au-delà d’une simple page de nostalgie :
c’était un espace de transmission, de partage et de rencontres. »

Redonner une seconde vie aux morceaux

Dix ans de publications lui permettent également de mesurer quelque chose
qu’elle n’avait pas anticipé au départ : l’impact réel de certains contenus.

Des abonnés lui expliquent avoir retrouvé grâce à Throwback Music
des titres qu’ils avaient complètement oubliés.

Plus surprenant encore, Selena reçoit des témoignages autour d’artistes
ayant retrouvé de la visibilité et parfois de nouvelles opportunités
après avoir été remis en lumière.

« C’est assez fou de se dire qu’un simple partage peut contribuer,
à sa manière, à redonner une seconde vie à une chanson ou à un artiste. »

Le cœur avant le calcul

Derrière Throwback Music, Selena revendique une manière de travailler
très instinctive.

Ses publications peuvent naître d’une humeur, d’un souvenir,
d’un morceau qui lui revient ou simplement d’une émotion.

Pour les interviews, elle se renseigne évidemment sur le parcours des artistes,
mais cherche avant tout à rencontrer une personne.

« Je parle avec le cœur et je raconte l’artiste tel que je l’ai ressenti.
Je veux que les gens découvrent l’humain derrière l’artiste. »

Et contrairement à ce que pourrait suggérer son nom,
Throwback Music n’enferme pas Selena dans le passé.

Elle continue d’écouter les nouvelles sorties, de suivre les nouveaux artistes
et de créer des passerelles entre les générations.

Parce que, pour elle, la bonne musique n’a pas d’époque.

10 ans plus tard

Après avoir passé une décennie à raconter les chansons
et les artistes qui l’ont inspirée, Selena semble désormais
prête à raconter davantage sa propre histoire.

03 • Derrière le média

Selena retrouve aussi sa propre voix

Throwback Music pourrait donner l’impression que Selena est devenue passionnée
de musique en créant son média.

Son histoire raconte exactement l’inverse :
chanter était sa première passion.

Lorsqu’elle a une vingtaine d’années, Selena passe plusieurs castings
et enregistre des maquettes. Mais plusieurs déceptions viennent progressivement
fragiliser ce rêve.

En 2008, elle quitte les studios et pense que cette partie de sa vie
est définitivement derrière elle.

« Parfois, la vie nous ramène à notre première passion
quand on s’y attend le moins. »

Organiz : la rencontre qui change la trajectoire

Le retour à la musique se dessine en 2022,
à l’occasion de la deuxième édition des 30 ans du Hit Machine.

L’événement est déjà symbolique pour Selena :
en 2020, elle avait lancé sur Throwback Music une pétition
pour que cette émission emblématique soit célébrée.

Dans les coulisses, elle rencontre Organiz.
Une amitié se crée naturellement.

Puis, en 2023, Mike, qui l’a déjà entendue chanter
dans différentes stories Instagram, lui propose de poser sa voix
sur une reprise de « BABY COME TO ME ».

Première réaction

« Au début, j’ai sincèrement cru qu’il me faisait une blague ! »

Selena accepte pourtant. Le morceau est enregistré.
Puis Mike lui annonce qu’il souhaite le sortir officiellement.

Une rencontre née autour de la musique et de Throwback Music
devient alors une nouvelle aventure artistique.

Retour en studio

« Grâce à Mike et au groupe Organiz, j’ai retrouvé l’envie de chanter,
la confiance et le plaisir d’enregistrer à nouveau.
C’est comme si la musique était revenue me chercher,
alors que je ne m’y attendais plus. »

La surprise se poursuit lorsque le titre commence à circuler
au-delà des frontières françaises, notamment au Royaume-Uni,
en Argentine, au Mexique et aux États-Unis.

Selena accueille cette trajectoire avec beaucoup de fierté,
tout en refusant de précipiter la suite.

Elle souhaite recommencer à créer, retourner en studio
et avancer sans pression.

« Throwback Music raconte les histoires qui m’ont inspirée,
et Selena écrit désormais la sienne. »

04 • Et maintenant ?

Après les 10 ans, quelle suite pour Selena ?

Un anniversaire de cette importance appelle presque naturellement une question :
que peut-il se passer après ?

Selena confie avoir de nombreuses idées,
mais aussi des interrogations sur la direction qu’elle souhaite prendre.

L’expérience lui a cependant appris une règle :
ne pas nécessairement dévoiler les projets avant qu’ils ne deviennent réels.

Une envie

Une émission qui remettrait vraiment la musique au centre

Selena aimerait donner de la place aux artistes oubliés,
à ceux qui méritent une seconde lumière mais aussi aux talents émergents,
sans se limiter aux noms déjà installés.

« J’aimerais une émission où l’on prend le temps d’écouter les artistes,
de parler de leur parcours et de leur musique,
pas seulement de faire le buzz. »

Et si la prochaine étape était aussi la scène ?

La scène occupe une place particulière dans son imaginaire.
Selena y voit quelque chose que les réseaux sociaux,
les interviews et le studio ne peuvent pas reproduire.

La connexion directe. Les réactions du public.
Les émotions. Le fait de chanter avec les gens.

« Pour moi, la scène, c’est le moment où la musique prend vraiment vie. »

Pour autant, Selena ne cherche pas à accélérer artificiellement cette nouvelle période.
Elle préfère avancer étape par étape et prendre le temps de faire les bons choix.

Réunir naturellement ses deux univers,
la musique et les médias,
pourrait néanmoins devenir une suite logique de son parcours.

Si elle devait résumer Selena en un mot

La « musicloveuse »

« Une femme passionnée, qui aime profondément la musique,
la partage et la vit avec sincérité. »

Conclusion

Dix ans plus tard, la passion reste le fil rouge

Dix années de Throwback Music racontent une partie importante
de l’histoire de Selena.

Celle d’une passionnée qui a transformé son amour de la musique
en un espace de transmission puis en un véritable média.

Mais son parcours ne s’est pas construit sans obstacles.
Selena évoque les critiques, les jalousies et les difficultés rencontrées,
sans pour autant leur laisser définir son histoire.

Elle préfère regarder ce qui demeure :
la musique, la communauté, le désir de transmettre
et désormais l’envie retrouvée de créer.

Après avoir raconté pendant des années les histoires des autres,
Selena semble donc ouvrir un nouveau chapitre :
celui où elle accepte davantage de raconter la sienne.

Le dernier mot de Selena

« Je reste convaincue que les vrais passionnés finissent toujours par gagner,
parce que la sincérité et le travail parlent toujours plus fort que le reste. »

NEW KG • Est-ce que tu me connais ?

Après dix ans de Throwback Music… est-ce qu’on connaît vraiment Selena ?

Derrière les archives, les interviews et les classiques,
il y a une femme dont l’histoire avec la musique a commencé bien avant Throwback Music
— et dont un nouveau chapitre semble aujourd’hui s’écrire.

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