EST-CE QUE TU ME CONNAIS ?
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L’ARTICLE
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ÉPISODE 02
Lina Stalytė : entre Paris et la Lituanie,
Vasaros Naktys
raconte le retour à soi
Entre la Lituanie de son enfance et Paris, où elle vit depuis près de quinze ans,
Lina Stalytė a construit une identité artistique faite de rencontres, de voyages
intérieurs et de contrastes. Avec Vasaros Naktys, son premier album
entièrement interprété en lituanien, la chanteuse neo-soul jazz retourne vers
sa langue maternelle tout en affirmant un univers profondément personnel.

PORTRAIT · MUSIQUE
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EST-CE QUE TU ME CONNAIS ?
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LINA STALYTĖ
« Pour moi, la musique est avant tout un lieu de rencontre.
C’est un pont de communication, un lien entre les artistes,
le public et les gens qui ne se connaissent pas encore. »
Avant les albums, les concerts ou les studios, il y avait déjà cette envie de chanter
et, surtout, de partager.
les autres. J’ai beaucoup chanté seule dans ma chambre, mais très vite, j’ai compris
que ce qui me touchait le plus, ce n’était pas de chanter seule : c’était de chanter
pour les autres ou avec les autres. Pour moi, la musique est avant tout un lieu de
rencontre. C’est un pont de communication, un lien entre les artistes, le public
et les gens qui ne se connaissent pas encore. »
ses parents l’encourageaient à chanter pendant les fêtes de famille ou entre amis.
Puis un jour, elle accompagne une amie qui prépare le concours d’entrée au conservatoire.
un peu spontanément, j’ai été acceptée, et avec le recul, j’ai l’impression que
c’était un rendez-vous avec le destin. »
française pour étudier le jazz avant d’y construire progressivement sa vie d’artiste.
Aujourd’hui, son quotidien se partage entre l’écriture de chansons, les concerts,
la promotion de sa musique, la recherche de nouvelles dates et l’enseignement du chant.
qu’a le monde vivant de nous inspirer et de nous transformer ».
D’un côté, il y a Paris. Une ville de mouvement, de rencontres, de concerts,
de jam sessions et de croisements musicaux. De l’autre, la Lituanie :
la nature, le calme, l’intuition, les forêts et les lacs.

Pendant longtemps, je retournais surtout en Lituanie pour voir ma famille
ou faire quelques actions de promotion. Tout a changé quand j’ai commencé
à chanter dans ma langue maternelle. Depuis la sortie de mon dernier projet
en lituanien, j’y retourne beaucoup plus souvent, et cela m’a permis de renouer
avec une partie de moi que j’avais un peu laissée de côté. »
la nature, le calme, la douceur, le bien-être. C’est la partie de moi
qui court avec les loups, qui danse avec le vent, qui est fascinée par les orages,
qui aime marcher sous la pluie, qui passe des heures au bord d’un lac ou dans une forêt.
C’est un espace très poétique, très intuitif. »
C’est la ville des rencontres, des jam sessions, des concerts, du mouvement permanent.
Musicalement, c’est une ville d’une richesse incroyable. On y croise des artistes
venus du monde entier, des styles très différents, des mélanges qui nourrissent
énormément ma créativité. C’est aussi une ville où l’on crée beaucoup de liens humains. »
tandis que Paris représente mon énergie yang.
J’ai besoin des deux pour être pleinement moi. »
Mais son rapport à elle s’est transformé. Si Lina composait autrefois surtout la nuit,
elle protège désormais davantage son sommeil et se dit beaucoup plus productive le matin.
Après un concert, par exemple, je ne peux pas m’endormir immédiatement.
J’ai besoin de plusieurs heures pour redescendre, retrouver le calme
et revenir à mon centre. »
Beaucoup d’idées de chansons me viennent pendant mon sommeil.
Il m’arrive souvent de me réveiller avec une mélodie, une phrase ou une image,
et je les note immédiatement avant qu’elles ne disparaissent. »
Le projet que Lina présente aujourd’hui en lituanien est d’abord né en anglais.

un album parce que j’avais beaucoup de chansons que je voulais sortir
et qui appartenaient au même univers. J’avais vraiment envie de sortir
un album entier, avec beaucoup de chansons qui racontaient quelque chose ensemble. »
la plus ancienne et la plus travaillée, c’était Summer Nights,
donc ça faisait sens d’appeler cet album comme ça.
Et j’ai toujours voulu faire des albums, en fait. C’était ça. »
J’ai traduit ma première chanson en lituanien et j’ai pris beaucoup de plaisir
à l’adapter. Ça m’a donné envie de tout traduire en lituanien.
Et là, ça faisait sens de refaire exactement le même ordre,
juste en ajoutant un titre en plus, une nouvelle chanson qui avait été composée. »
ou stratégique. Derrière lui se trouvait quelque chose de plus intime.
intérieur, de revenir à ma langue natale. Les mots lituaniens sont beaucoup
plus ancrés dans mon corps parce que ce sont les mots que je prononce depuis l’enfance.
C’est la première langue que j’ai apprise, depuis ma naissance,
et c’est une langue qui me touche au plus profond, beaucoup plus que l’anglais. »
parce qu’ils ont beaucoup plus de vécu pour moi que l’anglais,
que j’ai commencé à apprendre à l’âge de 8 ans. Ce n’est pas pareil. »
plus de vécu, plus de parcours, plus d’histoire. »
parce que je voulais que ça rime et je voulais que ça fasse sens.
Du coup, j’ai cherché des métaphores lituaniennes,
j’ai cherché quelque chose qui me parle beaucoup. »
mais j’ai cherché le même feeling : que ça représente le même feeling,
que ça décrive la même émotion, tout en ayant différentes images.
C’était ça le but. »
plutôt que la traduction directe. Je voulais que ça sonne d’une certaine manière,
que les mots soient groovy, bouncy, percussifs.
Du coup, j’ai parfois dû pas mal réinterpréter et réadapter pour que ça fonctionne. »
pouvaient évoquer Debussy, la version lituanienne fait apparaître Čiurlionis.
les créateurs, les artistes lituaniens dans mes références. »
en lituanien qu’en anglais. Le timbre de ma voix change un peu, je l’ai observé.
Et le public m’a renvoyé la même sensation, la même impression. »
l’album marque également une affirmation sonore.

et en même temps j’adore raconter des histoires.
Donc je dirais aussi singer-songwriter, car l’histoire, le poème
et le message de la chanson sont très, très importants pour moi. »
très travaillé, très emballé, vraiment très neo-soul,
et en même temps que ça reste suffisamment acoustique
pour que les chansons puissent aussi sonner en acoustique
quand je les joue avec des musiciens. »
très spécifique de la Lituanienne à Paris,
et que ça se sent dans ma manière de chanter en anglais et aussi en lituanien. »
avec certaines expressions que je traduis.
Et les gens qui comprennent le français et ma langue natale,
ou l’anglais, vont aussi le sentir : j’ai vraiment un background
de quelqu’un qui a passé presque 15 ans à vivre à Paris. »
qu’elle se sente en train de regarder les vagues,
au moment de l’année ou de la journée qui lui plaît. »
le matin, le coucher de soleil, la nuit…
Et on termine, bien sûr, avec Summer Nights,
qui est la chanson du coucher de soleil. »
des chansons, des mélodies, des paroles,
et lui, il m’aidait à créer tout un arrangement autour,
à choisir les instruments, la rythmique, la batterie. »
Et il a vraiment contribué énormément.
On a co-composé cet album ensemble. On a coécrit. »
l’histoire personnelle reste le point de départ.
Je me suis vraiment inspirée de mon propre parcours pour écrire cet album. »
et qu’on livre quelque chose d’humain, de vécu,
ça touche forcément des gens. Et on ne peut pas choisir.
Parfois ça touche les gens, parfois non. C’est l’auditeur qui choisit. »
et sur quoi je peux être vraiment sûre,
c’est que je livre le plus vrai de moi-même, le plus honnête.
Et si ça touche et ça parle à l’auditeur, bah tant mieux. »
son propre imaginaire de ce que la chanson lui représente
et lui fait ressentir. »
dans Myliu savo kūną. À travers le morceau, Lina parle d’amour
et d’acceptation du corps, mais son propos va au-delà de l’apparence.

de prendre le temps de s’apprécier, de s’aimer, de se donner des compliments,
de prendre soin de soi, de son monde intérieur autant que de son apparence. »
Et on peut commencer par le corps, parce que le corps,
c’est quelque chose de très tangible. On peut vraiment le toucher, c’est concret. »
Parce qu’on le voit tout le temps, on se compare.
Et c’est mon invitation à se donner un peu d’amour,
car c’est comme ça qu’on peut se détendre et fleurir. »
Mon travail en tant que chanteuse, ce n’est pas forcément
de dire les mots, c’est de vivre les mots. »
une certaine énergie dans le mot. Et c’est cette énergie
qui peut être perçue par celui qui écoute.
En tout cas, c’est mon intention. »
ça ajoute aussi un côté un peu exotique qui permet de voyager par défaut. »
Lina a également choisi de matérialiser Vasaros Naktys en vinyle.
et aussi, c’est précieux de savoir que quelqu’un écoute un vinyle
en entier, un côté, sans skipper. »
J’espère que ce vinyle peut être non seulement un objet de décoration,
mais aussi une invitation à revenir à un tempo lent. »
l’image publique de l’artiste ? Sa réponse nous ramène presque exactement
au début de l’histoire : à la nature, aux forêts, à la Lituanie
et à cette partie d’elle-même qu’elle retrouve progressivement.
Celle qui lâche prise, qui réunit les gens,
qui célèbre avec les autres, ensemble,
dans une grande forêt, dans la nature. »
depuis des années à Paris, et là, je sens qu’elle revient. »
Elle parle de ce côté sauvage que la nature nous offre,
de la possibilité de se reconnecter à soi-même à travers elle.
Parfois, la nature, avec des éclairs, des tonnerres et d’énormes orages,
peut nous aider à ressentir plus facilement ce qu’on traverse,
nous, en tant qu’humains, et à le canaliser. »
où on a des rituels, où on célèbre la nature,
où on se réunit et où on est un avec elle.
C’est cette facette-là de moi que j’ai envie de retrouver
et d’offrir davantage. »
de l’anglais au lituanien que comme un mouvement beaucoup plus profond :
retrouver une partie de soi sans effacer toutes celles que le voyage a fait naître.
