Miae : « Le premier jour du reste de ma vie »

NEW KG • EST-CE QUE TU ME CONNAIS ? • ÉPISODE 04
Portrait • Miae

Miae : « Le premier jour du reste de ma vie »

De Marseille à Paris, du conservatoire aux premières chansons dévoilées,
Miae construit un univers où les émotions deviennent des mots,
des mélodies et parfois des silences. À quelques jours de son concert
aux Trois Baudets et avant la sortie de « Messagerie »,
elle se confie à NEW KG sur son parcours, son écriture
et la nouvelle étape qui s’ouvre aujourd’hui.

La musique comme premier refuge

Pour comprendre Miae, il faut peut-être commencer dans une voiture,
quelque part entre Marseille, Aubagne et la Pointe Rouge.
Avant les studios, les scènes et les projets, la musique était déjà
un espace où l’on pouvait se retrouver, s’apaiser et parfois dire
autrement ce que les mots n’arrivaient pas à exprimer.

01 • Marseille, Paris et les origines

Quand la musique devient une manière de respirer

Miae se décrit elle-même comme une grande nostalgique.
Lorsqu’elle cherche le souvenir qui raconte le mieux la place de la musique
dans son enfance, ce ne sont pas immédiatement les cours ou les instruments
qui lui reviennent.

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Ce sont les trajets en voiture avec ses parents, son frère et ses sœurs.

Les dimanches en direction d’Aubagne, les escapades vers la Pointe Rouge,
les vacances. Des moments où les albums et les compilations s’enchaînent
sur l’autoradio — ou dans les écouteurs de chacun.

“

La musique, ça a toujours été notre façon de s’apaiser collectivement.
Quand j’ai du mal à parler ou que je n’en ai pas envie,
j’écoute de la musique. C’est mon premier réconfort, mon premier soutien.

De Marseille à Paris : élargir le champ des possibles

Miae grandit dans le 1er arrondissement de Marseille.
Paris n’était pas nécessairement un rêve d’enfance.
La capitale s’impose plutôt au moment des études et des premiers stages,
alors qu’elle envisage encore une carrière dans l’événementiel de la mode.

Ce déplacement va pourtant changer bien plus que son parcours professionnel.

À Paris, Miae rencontre des personnes qui lui montrent
qu’il est possible d’imaginer la musique comme une véritable vie.
Elle apprend aussi à se libérer du regard extérieur,
à prendre davantage de risques et à mieux se connaître.

« Marseille, c’est la ville de mon cœur, mais partir à Paris
m’a permis de pouvoir m’exprimer en totale liberté,
d’apprendre à me connaître et à prendre des risques. »

Aujourd’hui, cette circulation entre Marseille et Paris nourrit directement
sa façon de créer : deux villes, deux regards, plusieurs références
et surtout une plus grande liberté.

Désapprendre l’excellence

Le conservatoire lui apporte la technique.
Mais Miae explique avoir dû apprendre autre chose :
le plaisir, le lâcher-prise et l’intuition.

Après sa formation classique au conservatoire de Marseille,
elle abandonne progressivement l’idée de regarder chaque geste musical
uniquement à travers le prisme de l’excellence.

Plus tard, son passage au CRR de Paris en musiques actuelles
arrive dans un état d’esprit différent.
Plus mature et présente par choix, elle redécouvre le plaisir
de travailler sa voix, de jouer avec d’autres musiciens
et de vivre la musique autrement.

La flûte, lorsque les mots ne suffisent plus

La flûte traversière reste aujourd’hui un prolongement très intime de Miae.

Lorsqu’elle écrit, elle cherche souvent à comprendre ce qui lui traverse
la tête ou lui « tord le ventre ». Mais quand les mots ne viennent plus,
l’instrument prend le relais.

« Quand je n’arrive plus à écrire, je joue. »

Commencée très jeune, la flûte lui a donné une oreille,
un rapport au souffle et une fascination pour les mélodies
qui influencent encore directement la manière dont elle imagine ses toplines.

Elle continue d’ailleurs à l’utiliser sur scène.
Pour Miae, elle restera probablement toujours ce moyen
de dire ce qu’elle n’arrivera jamais complètement à verbaliser.

Miae, l’alter ego

L’identité artistique, elle, ne serait pas arrivée soudainement.

Miae dit qu’elle était déjà là.

Enfant, elle écoute Katy Perry dans sa chambre,
imprime les paroles pour chanter avec elle
et imagine déjà la possibilité de faire la même chose.

« Miae, c’est devenu un alter ego qui me permet d’être cette artiste
qui se libère de ses émotions en studio et sur scène. »

Un alter ego qui n’est pourtant jamais figé.
D’un projet à l’autre, Miae considère son identité artistique
comme quelque chose qui continue de se construire.

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De « Les Ombres Heureuses » à « Bisou » et « Plus besoin »,
retrouvez les titres de Miae et suivez ses prochaines sorties.

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02 • Écriture et évolution

De « Les Ombres Heureuses » à « Bisou » : apprendre à moins se cacher

Entre ses deux projets, Miae estime que presque tout a évolué en même temps :
sa vie, son regard sur elle-même, sa voix et donc nécessairement son écriture.

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« Les Ombres Heureuses » représente le premier moment
où elle accepte réellement de dévoiler ses chansons, ses textes et ses pensées.

À cette époque, elle se décrit encore comme très pudique.

Avec les expériences de studio et de scène,
cette retenue s’est progressivement relâchée.

Deux projets, deux moments

« Les Ombres Heureuses, c’était vraiment la première fois
que je dévoilais mes chansons, mes écrits, mes pensées.
[…] Sur Bisou, j’avais déjà plus de recul.
Même si j’aborde des thèmes assez intenses,
j’ai pris beaucoup plus de liberté pour m’amuser. »

Une émotion trop forte devient souvent une chanson

« Plus besoin » illustre cette évolution.
L’écriture semble plus directe, plus assurée et parfois plus joueuse.

Mais pour Miae, la mécanique de départ reste la même :
lorsqu’une émotion la traverse trop intensément,
elle finit presque toujours par devenir une chanson.

Jusqu’ici, ses textes ont beaucoup parlé d’amour,
de sentiments et de relations humaines.
Le projet prévu pour 2027 devrait cependant ouvrir
de nouveaux territoires d’écriture,
nourris par d’autres expériences vécues.

Tout n’est pas pour autant destiné à devenir public.

« Il y a encore des choses que je garde pour moi…
et pour ma psy. »

Tout commence souvent par une phrase

Dans son téléphone, une note gigantesque conserve les phrases
qui lui traversent l’esprit.

C’est généralement là qu’une chanson commence.

En studio, Miae revient vers ces fragments,
développe le texte et trouve simultanément la mélodie.
Le mood existe souvent déjà dans sa tête.

Elle rejoint ensuite Antonin Aguessy,
qu’elle appelle Anto,
pour transformer cette intuition en musique.

Les doutes et les versions abandonnées font naturellement partie
de ce processus. Mais Miae aime la fluidité :
lorsqu’une idée résiste trop longtemps,
elle préfère parfois simplement passer à autre chose.

Nouveau chapitre

Et si la prochaine étape de Miae commençait justement
lorsqu’elle décidait de créer sans se demander
si cela ressemblait suffisamment à « Miae » ?

03 • Messagerie & Trois Baudets

« Messagerie », le morceau qui ne devait pas devenir un titre de Miae

L’histoire de « Messagerie » commence presque à l’extérieur
de son projet artistique.

Jeremy, qui travaille chez Cézame Music Agency,
contacte Miae sur Instagram après avoir apprécié « Plus besoin ».
Il lui propose de créer un titre exclusif destiné à une compilation
pour des placements en synchronisation.

Miae rejoint alors Anto en studio.

Le morceau n’est initialement pas pensé pour être un titre de son répertoire.
Et c’est peut-être justement ce qui lui permet d’écrire avec autant de liberté.

Messagerie

« J’ai vraiment écrit comme si ce n’était pas pour Miae.
Je ne me suis mis aucune barrière et je trouve que ça se ressent. »

Le résultat plaît suffisamment à Miae pour qu’elle demande
l’autorisation de le sortir finalement comme single.

« Messagerie » est prévu pour octobre.

Un morceau qu’elle décrit comme énergique,
conçu sans suranalyse et avec une envie simple :
s’amuser.

Sa seule ambition émotionnelle après la première écoute ?

« L’envie de l’écouter en boucle ! »

Ce titre reste autonome, mais Miae le voit comme une transition.
Il prolonge l’énergie de « Plus besoin »
tout en annonçant la liberté créative
qu’elle a adoptée pour son prochain projet.

24 septembre : rendez-vous aux Trois Baudets

Quelques jours avant la sortie à venir,
une autre étape importante attend Miae :
les Trois Baudets, le 24 septembre.

La salle l’impressionne.
De nombreux artistes qu’elle admire y sont déjà passés,
et elle assume pleinement la fierté d’être programmée sur cette scène.

Le timing est particulièrement symbolique :
de nouvelles chansons existent désormais,
et certaines seront jouées pour la première fois
avec Pierrick et Zéphir.

« On va jouer Messagerie et j’espère que vous serez là
pour le découvrir en avant-première ! »

Pour Miae, un concert n’est pas une simple succession de chansons.

Avec Anto, elle réfléchit à ce qui doit entrer dans les quarante minutes
de scène et à ce qui doit volontairement rester de côté.
Les répétitions servent ensuite à construire les transitions,
les arrangements et les vrais moments de partage avec le public.

L’objectif est clair :
embarquer les spectateurs dans son univers.

Et il existe une différence importante entre la Miae
qui écrit seule et celle qui apparaît sur scène.

« L’assurance. Je me sens beaucoup plus sûre de moi
au moment de monter sur scène que quand j’écris seule dans ma chambre.
[…] Chanter sur scène, c’est ça qui me fait vibrer. »

04 • Indépendance & vision

Construire quand les moyens ne suivent pas encore les ambitions

Quand on lui demande quel est aujourd’hui son principal défi
en tant qu’artiste émergente, Miae ne cherche pas une réponse abstraite.

Elle parle d’argent.

Produire, communiquer, développer un live,
créer des images et rivaliser avec des projets soutenus
par des moyens importants représente une difficulté très concrète.

« C’est très dur de rivaliser avec l’industrie
qui injecte des milliers d’euros dans des projets musicaux.
Mais bon, c’est le jeu. Je reste patiente et j’ai confiance en la vie. »

Son objectif reste cependant ambitieux :
jouer sur de plus grandes scènes
afin de partager sa musique avec davantage de monde.

Ne pas se perdre dans les chiffres

Dans un environnement où les performances numériques
et l’image occupent une place importante,
Miae essaie de conserver une règle simple :
rester fidèle à ce qu’elle aime réellement.

La comparaison demeure parfois difficile à éviter,
mais elle cherche à ne pas construire sa trajectoire uniquement
en regardant celle des autres.

« Il faut surtout aimer la musique et ce métier
pour vouloir en faire sa vie.
Et pour l’instant, c’est mon cas. »

Un univers qui se construit aussi avec les autres

Si Miae écrit souvent depuis quelque chose de très personnel,
son univers actuel est aussi le résultat d’un collectif.

En studio, elle travaille depuis deux ans
avec Antonin Aguessy,
devenu à la fois un collaborateur central
et une personne avec qui la confiance dépasse la musique.

Sur scène, Zéphir et Pierrick
participent aux arrangements live,
tandis que Loïc l’accompagne au son
et contribue à créer une cohérence d’un concert à l’autre.

Une nouvelle étape professionnelle vient également de commencer :
Miae a récemment signé avec le label Foudrage,
avec lequel elle prépare la suite de son projet.

Donner une couleur aux chansons

L’image n’est pas pensée comme un simple habillage.

Miae aime lorsqu’elle vient soutenir la poésie déjà présente
dans les chansons.

Avec des textes souvent très présents,
elle cherche encore comment traduire certains morceaux visuellement.
Mais elle aime l’idée de pouvoir leur donner
une couleur, un visage et des paysages.

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La prochaine étape

« Donnez-moi ma chance »

Après l’interview, l’article et les prochaines chansons,
Miae aimerait avant tout que le public comprenne une chose :
elle est une artiste à qui il faut laisser l’occasion
de poursuivre l’histoire.

Pour elle, la réussite ne se résume pas encore aux chiffres :
terminer son EP, pouvoir le jouer sur scène,
continuer à bâtir une équipe professionnelle
et trouver notamment un tourneur seraient déjà
autant de victoires concrètes.

Conclusion

Le premier jour du reste de sa vie

Chez Miae, les chansons naissent souvent de ce qui déborde.
Une phrase notée dans un téléphone.
Une émotion trop forte.
Une mélodie qui cherche sa place.

Le parcours, lui aussi, semble suivre ce mouvement.

Marseille lui a donné ses racines.
Paris lui a offert un espace pour oser.
Le conservatoire lui a donné la technique.
La scène lui a donné l’assurance.
Et les projets successifs lui apprennent désormais
à faire davantage confiance à la liberté.

« Messagerie » est peut-être le symbole parfait de ce moment :
un morceau qui ne devait pas être pensé pour Miae
mais qui, parce qu’il a été créé sans barrière,
finit justement par lui ressembler.

Puis viennent les Trois Baudets,
le prochain EP,
un nouveau label
et une envie toujours plus claire d’aller jouer
devant un public plus large.

Lorsqu’on lui demande quel titre elle donnerait
au premier chapitre de cette nouvelle histoire,
Miae n’hésite pas.

Le dernier mot de Miae

« Le premier jour du reste de ma vie. »

NEW KG • Est-ce que tu me connais ?

Après ces confidences… est-ce qu’on connaît vraiment Miae ?

Derrière les chansons apparaît une artiste en mouvement,
à la fois sensible et déterminée,
qui apprend à transformer ses émotions en musique
sans perdre le plaisir de créer.

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Après 10 ans de Throwback Music, Selena se confie à NEW KG

NEW KG • PORTRAIT
10 ans de Throwback Music

Après 10 ans de Throwback Music, Selena se confie à NEW KG

Dix ans à partager des souvenirs, transmettre des classiques, raconter les artistes
et faire vivre une mémoire musicale collective. Derrière Throwback Music se trouve pourtant
une histoire plus personnelle : celle de Selena. À l’occasion de cette décennie symbolique,
elle revient pour NEW KG sur ses racines, sa passion, son retour au chant
et les nouvelles pages qu’elle souhaite désormais écrire.

Une décennie, une passion

Throwback Music raconte depuis dix ans les chansons et les artistes
qui ont marqué plusieurs générations. Mais cette histoire ne commence ni avec Instagram,
ni avec une caméra, ni même avec la création du média. Elle commence beaucoup plus tôt,
dans l’enfance de Selena.

01 • Avant Throwback Music

Avant le média, il y avait déjà la musique

Selena tient d’abord à remettre une chose en perspective :
Throwback Music n’est pas devenu une partie essentielle
de son image, mais une partie essentielle de sa passion.

Chez elle, la musique précède tout. Elle remonte à l’âge de cinq ou six ans.
Elle accompagne les bons moments comme les périodes plus difficiles et devient très tôt
une présence permanente dans sa vie.

“

La musique n’a jamais été une question d’image pour moi,
elle a toujours été une histoire de cœur.

Ses souvenirs remontent notamment aux soirées familiales où l’on chante,
où l’on danse et où l’on partage des moments simples.

Puis viennent les spectacles de danse et de chant au centre de loisirs
et à l’école. Selena aime déjà monter sur scène et ressentir l’émotion
que procure le fait de se produire devant les autres.

« J’adorais monter sur scène, me produire devant les autres et ressentir cette émotion.
Avec le recul, je me rends compte que ces moments ont vraiment marqué
le début de ma passion. »

Une identité construite entre plusieurs cultures

L’univers musical de Selena se construit aussi à la rencontre de plusieurs héritages.
À la maison, Kassav’, Khaled
et de nombreux autres artistes rythment le quotidien.

Les sonorités antillaises et algériennes se mélangent naturellement.
Mariages, fêtes de famille, rythmes et traditions deviennent autant de passerelles
entre les générations.

« C’est cette richesse culturelle, faite de traditions, de rythmes
et de générations différentes, qui a construit mon identité
et qui continue d’inspirer la femme que je suis aujourd’hui. »

Enfant, Selena ne considère même pas cette diversité comme exceptionnelle.
Dans son environnement familial, la mixité, l’ouverture et le partage semblent naturels.

Ce n’est que plus tard, confrontée à certains regards extérieurs,
qu’elle comprend que tout le monde n’a pas grandi dans la même réalité.
Elle en a aujourd’hui fait une force qu’elle porte avec fierté.

02 • Dix ans de transmission

Throwback Music : d’une passion personnelle à une communauté

Throwback Music n’est pas né d’une stratégie pensée pour les réseaux sociaux.
Selena parle plutôt d’une intuition et surtout de la continuité
de quelque chose qu’elle faisait déjà naturellement.

Bien avant la place actuelle des archives musicales sur Instagram,
elle partage des clips et des souvenirs sur Facebook.
Avant Facebook, elle utilisait déjà MySpace.

Selena raconte

« J’ai toujours eu ce besoin de transmettre la musique qui m’a fait grandir,
sans imaginer qu’un jour cela deviendrait une partie de ma vie.
À l’époque, ce n’était pas à la mode. J’étais même un peu “la reloue”
avec mes archives. »

Au fil du temps, ce réflexe devient une véritable ligne éditoriale.
Et ce qui était autrefois assez marginal devient progressivement
un langage largement repris sur les réseaux sociaux et par les médias.

Selena reste cependant fidèle à la définition la plus simple de son projet :
partager et faire vivre la mémoire de la musique.

Le tournant

Quand les abonnés deviennent une communauté

Quelques mois avant le Covid, Selena réalise qu’un changement s’est produit.
Les personnes présentes autour de Throwback Music ne sont plus de simples abonnés.
Elles partagent leurs souvenirs, leurs émotions et leur propre histoire avec la musique.

« Throwback Music allait bien au-delà d’une simple page de nostalgie :
c’était un espace de transmission, de partage et de rencontres. »

Redonner une seconde vie aux morceaux

Dix ans de publications lui permettent également de mesurer quelque chose
qu’elle n’avait pas anticipé au départ : l’impact réel de certains contenus.

Des abonnés lui expliquent avoir retrouvé grâce à Throwback Music
des titres qu’ils avaient complètement oubliés.

Plus surprenant encore, Selena reçoit des témoignages autour d’artistes
ayant retrouvé de la visibilité et parfois de nouvelles opportunités
après avoir été remis en lumière.

« C’est assez fou de se dire qu’un simple partage peut contribuer,
à sa manière, à redonner une seconde vie à une chanson ou à un artiste. »

Le cœur avant le calcul

Derrière Throwback Music, Selena revendique une manière de travailler
très instinctive.

Ses publications peuvent naître d’une humeur, d’un souvenir,
d’un morceau qui lui revient ou simplement d’une émotion.

Pour les interviews, elle se renseigne évidemment sur le parcours des artistes,
mais cherche avant tout à rencontrer une personne.

« Je parle avec le cœur et je raconte l’artiste tel que je l’ai ressenti.
Je veux que les gens découvrent l’humain derrière l’artiste. »

Et contrairement à ce que pourrait suggérer son nom,
Throwback Music n’enferme pas Selena dans le passé.

Elle continue d’écouter les nouvelles sorties, de suivre les nouveaux artistes
et de créer des passerelles entre les générations.

Parce que, pour elle, la bonne musique n’a pas d’époque.

10 ans plus tard

Après avoir passé une décennie à raconter les chansons
et les artistes qui l’ont inspirée, Selena semble désormais
prête à raconter davantage sa propre histoire.

03 • Derrière le média

Selena retrouve aussi sa propre voix

Throwback Music pourrait donner l’impression que Selena est devenue passionnée
de musique en créant son média.

Son histoire raconte exactement l’inverse :
chanter était sa première passion.

Lorsqu’elle a une vingtaine d’années, Selena passe plusieurs castings
et enregistre des maquettes. Mais plusieurs déceptions viennent progressivement
fragiliser ce rêve.

En 2008, elle quitte les studios et pense que cette partie de sa vie
est définitivement derrière elle.

« Parfois, la vie nous ramène à notre première passion
quand on s’y attend le moins. »

Organiz : la rencontre qui change la trajectoire

Le retour à la musique se dessine en 2022,
à l’occasion de la deuxième édition des 30 ans du Hit Machine.

L’événement est déjà symbolique pour Selena :
en 2020, elle avait lancé sur Throwback Music une pétition
pour que cette émission emblématique soit célébrée.

Dans les coulisses, elle rencontre Organiz.
Une amitié se crée naturellement.

Puis, en 2023, Mike, qui l’a déjà entendue chanter
dans différentes stories Instagram, lui propose de poser sa voix
sur une reprise de « BABY COME TO ME ».

Première réaction

« Au début, j’ai sincèrement cru qu’il me faisait une blague ! »

Selena accepte pourtant. Le morceau est enregistré.
Puis Mike lui annonce qu’il souhaite le sortir officiellement.

Une rencontre née autour de la musique et de Throwback Music
devient alors une nouvelle aventure artistique.

Retour en studio

« Grâce à Mike et au groupe Organiz, j’ai retrouvé l’envie de chanter,
la confiance et le plaisir d’enregistrer à nouveau.
C’est comme si la musique était revenue me chercher,
alors que je ne m’y attendais plus. »

La surprise se poursuit lorsque le titre commence à circuler
au-delà des frontières françaises, notamment au Royaume-Uni,
en Argentine, au Mexique et aux États-Unis.

Selena accueille cette trajectoire avec beaucoup de fierté,
tout en refusant de précipiter la suite.

Elle souhaite recommencer à créer, retourner en studio
et avancer sans pression.

« Throwback Music raconte les histoires qui m’ont inspirée,
et Selena écrit désormais la sienne. »

04 • Et maintenant ?

Après les 10 ans, quelle suite pour Selena ?

Un anniversaire de cette importance appelle presque naturellement une question :
que peut-il se passer après ?

Selena confie avoir de nombreuses idées,
mais aussi des interrogations sur la direction qu’elle souhaite prendre.

L’expérience lui a cependant appris une règle :
ne pas nécessairement dévoiler les projets avant qu’ils ne deviennent réels.

Une envie

Une émission qui remettrait vraiment la musique au centre

Selena aimerait donner de la place aux artistes oubliés,
à ceux qui méritent une seconde lumière mais aussi aux talents émergents,
sans se limiter aux noms déjà installés.

« J’aimerais une émission où l’on prend le temps d’écouter les artistes,
de parler de leur parcours et de leur musique,
pas seulement de faire le buzz. »

Et si la prochaine étape était aussi la scène ?

La scène occupe une place particulière dans son imaginaire.
Selena y voit quelque chose que les réseaux sociaux,
les interviews et le studio ne peuvent pas reproduire.

La connexion directe. Les réactions du public.
Les émotions. Le fait de chanter avec les gens.

« Pour moi, la scène, c’est le moment où la musique prend vraiment vie. »

Pour autant, Selena ne cherche pas à accélérer artificiellement cette nouvelle période.
Elle préfère avancer étape par étape et prendre le temps de faire les bons choix.

Réunir naturellement ses deux univers,
la musique et les médias,
pourrait néanmoins devenir une suite logique de son parcours.

Si elle devait résumer Selena en un mot

La « musicloveuse »

« Une femme passionnée, qui aime profondément la musique,
la partage et la vit avec sincérité. »

Conclusion

Dix ans plus tard, la passion reste le fil rouge

Dix années de Throwback Music racontent une partie importante
de l’histoire de Selena.

Celle d’une passionnée qui a transformé son amour de la musique
en un espace de transmission puis en un véritable média.

Mais son parcours ne s’est pas construit sans obstacles.
Selena évoque les critiques, les jalousies et les difficultés rencontrées,
sans pour autant leur laisser définir son histoire.

Elle préfère regarder ce qui demeure :
la musique, la communauté, le désir de transmettre
et désormais l’envie retrouvée de créer.

Après avoir raconté pendant des années les histoires des autres,
Selena semble donc ouvrir un nouveau chapitre :
celui où elle accepte davantage de raconter la sienne.

Le dernier mot de Selena

« Je reste convaincue que les vrais passionnés finissent toujours par gagner,
parce que la sincérité et le travail parlent toujours plus fort que le reste. »

NEW KG • Est-ce que tu me connais ?

Après dix ans de Throwback Music… est-ce qu’on connaît vraiment Selena ?

Derrière les archives, les interviews et les classiques,
il y a une femme dont l’histoire avec la musique a commencé bien avant Throwback Music
— et dont un nouveau chapitre semble aujourd’hui s’écrire.

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Lina Stalytė : entre Paris et la Lituanie, le retour à soi avec Vasaros Naktys

 

EST-CE QUE TU ME CONNAIS ?

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L’ARTICLE

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ÉPISODE 02

Lina Stalytė : entre Paris et la Lituanie,

Vasaros Naktys

raconte le retour à soi

Entre la Lituanie de son enfance et Paris, où elle vit depuis près de quinze ans,
Lina Stalytė a construit une identité artistique faite de rencontres, de voyages
intérieurs et de contrastes. Avec Vasaros Naktys, son premier album
entièrement interprété en lituanien, la chanteuse neo-soul jazz retourne vers
sa langue maternelle tout en affirmant un univers profondément personnel.

@e2c

PORTRAIT · MUSIQUE
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NEW KG
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EST-CE QUE TU ME CONNAIS ?
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LINA STALYTĖ

« Pour moi, la musique est avant tout un lieu de rencontre.
C’est un pont de communication, un lien entre les artistes,
le public et les gens qui ne se connaissent pas encore. »

— Lina Stalytė

Pour Lina Stalytė, la musique n’a jamais été uniquement une histoire de performance.
Avant les albums, les concerts ou les studios, il y avait déjà cette envie de chanter
et, surtout, de partager.
« Je suis juste une fille qui a toujours aimé chanter et partager le chant avec
les autres. J’ai beaucoup chanté seule dans ma chambre, mais très vite, j’ai compris
que ce qui me touchait le plus, ce n’était pas de chanter seule : c’était de chanter
pour les autres ou avec les autres. Pour moi, la musique est avant tout un lieu de
rencontre. C’est un pont de communication, un lien entre les artistes, le public
et les gens qui ne se connaissent pas encore. »
Son entrée dans la musique s’est faite presque naturellement. Quand elle était enfant,
ses parents l’encourageaient à chanter pendant les fêtes de famille ou entre amis.
Puis un jour, elle accompagne une amie qui prépare le concours d’entrée au conservatoire.
« En la regardant, je me suis dit : « Pourquoi pas moi ? » J’ai passé le concours
un peu spontanément, j’ai été acceptée, et avec le recul, j’ai l’impression que
c’était un rendez-vous avec le destin. »
Lituanienne installée à Paris depuis quatorze ans, Lina est arrivée dans la capitale
française pour étudier le jazz avant d’y construire progressivement sa vie d’artiste.
Aujourd’hui, son quotidien se partage entre l’écriture de chansons, les concerts,
la promotion de sa musique, la recherche de nouvelles dates et l’enseignement du chant.
Ses chansons parlent souvent « d’amour, d’introspection, de nature et de cette manière
qu’a le monde vivant de nous inspirer et de nous transformer ».

01
DEUX TERRITOIRES, UNE ARTISTE
Paris et la Lituanie : le yin et le yang de Lina
Pour comprendre Lina Stalytė aujourd’hui, il faut regarder dans deux directions.
D’un côté, il y a Paris. Une ville de mouvement, de rencontres, de concerts,
de jam sessions et de croisements musicaux. De l’autre, la Lituanie :
la nature, le calme, l’intuition, les forêts et les lacs.
@e2c
« Ce voyage entre Paris et la Lituanie est finalement assez récent.
Pendant longtemps, je retournais surtout en Lituanie pour voir ma famille
ou faire quelques actions de promotion. Tout a changé quand j’ai commencé
à chanter dans ma langue maternelle. Depuis la sortie de mon dernier projet
en lituanien, j’y retourne beaucoup plus souvent, et cela m’a permis de renouer
avec une partie de moi que j’avais un peu laissée de côté. »
La Lituanie fait revenir une facette profondément instinctive de l’artiste.
« La Lituanie me reconnecte à quelque chose de très profond :
la nature, le calme, la douceur, le bien-être. C’est la partie de moi
qui court avec les loups, qui danse avec le vent, qui est fascinée par les orages,
qui aime marcher sous la pluie, qui passe des heures au bord d’un lac ou dans une forêt.
C’est un espace très poétique, très intuitif. »
Paris révèle une autre énergie.
« Paris, c’est presque l’inverse. Paris fait ressortir mon côté plus extraverti.
C’est la ville des rencontres, des jam sessions, des concerts, du mouvement permanent.
Musicalement, c’est une ville d’une richesse incroyable. On y croise des artistes
venus du monde entier, des styles très différents, des mélanges qui nourrissent
énormément ma créativité. C’est aussi une ville où l’on crée beaucoup de liens humains. »
« J’aime dire que la Lituanie représente mon énergie yin,
tandis que Paris représente mon énergie yang.
J’ai besoin des deux pour être pleinement moi. »
La nuit fait elle aussi partie depuis longtemps de son imaginaire.
Mais son rapport à elle s’est transformé. Si Lina composait autrefois surtout la nuit,
elle protège désormais davantage son sommeil et se dit beaucoup plus productive le matin.
« La nuit est devenue un moment de retour à moi-même.
Après un concert, par exemple, je ne peux pas m’endormir immédiatement.
J’ai besoin de plusieurs heures pour redescendre, retrouver le calme
et revenir à mon centre. »
Elle reste aussi un territoire de création.
« Et puis je rêve énormément. Mes nuits sont très riches.
Beaucoup d’idées de chansons me viennent pendant mon sommeil.
Il m’arrive souvent de me réveiller avec une mélodie, une phrase ou une image,
et je les note immédiatement avant qu’elles ne disparaissent. »

02
RETOUR AUX RACINES
Vasaros Naktys : revenir à sa langue pour ressentir plus intensément
Avant Vasaros Naktys, il y avait Summer Nights.
Le projet que Lina présente aujourd’hui en lituanien est d’abord né en anglais.
@e2c
« En fait, le projet est né en anglais d’abord. J’ai compris que ça allait être
un album parce que j’avais beaucoup de chansons que je voulais sortir
et qui appartenaient au même univers. J’avais vraiment envie de sortir
un album entier, avec beaucoup de chansons qui racontaient quelque chose ensemble. »
Parmi ces morceaux, Summer Nights occupait une place particulière.
« Et la chanson qui était vraiment, je pense, la plus forte,
la plus ancienne et la plus travaillée, c’était Summer Nights,
donc ça faisait sens d’appeler cet album comme ça.
Et j’ai toujours voulu faire des albums, en fait. C’était ça. »
Mais un événement va modifier la trajectoire du projet : son passage à l’Eurovision.
« L’idée de le faire en lituanien est venue après mon passage à l’Eurovision.
J’ai traduit ma première chanson en lituanien et j’ai pris beaucoup de plaisir
à l’adapter. Ça m’a donné envie de tout traduire en lituanien.
Et là, ça faisait sens de refaire exactement le même ordre,
juste en ajoutant un titre en plus, une nouvelle chanson qui avait été composée. »
Ce retour au lituanien n’était pourtant pas seulement une décision artistique
ou stratégique. Derrière lui se trouvait quelque chose de plus intime.
« Et au-delà des gens, je pense qu’il y avait un désir très fort,
intérieur, de revenir à ma langue natale. Les mots lituaniens sont beaucoup
plus ancrés dans mon corps parce que ce sont les mots que je prononce depuis l’enfance.
C’est la première langue que j’ai apprise, depuis ma naissance,
et c’est une langue qui me touche au plus profond, beaucoup plus que l’anglais. »
« Je pense qu’il y a plus de force, plus de poids dans ces mots
parce qu’ils ont beaucoup plus de vécu pour moi que l’anglais,
que j’ai commencé à apprendre à l’âge de 8 ans. Ce n’est pas pareil. »
« C’était pour sentir, pour vivre plus intensément et livrer
plus de vécu, plus de parcours, plus d’histoire. »
Adapter l’album signifiait cependant beaucoup plus que traduire des paroles.
« Oui, c’est une vraie réadaptation. La traduction simple ne suffisait pas,
parce que je voulais que ça rime et je voulais que ça fasse sens.
Du coup, j’ai cherché des métaphores lituaniennes,
j’ai cherché quelque chose qui me parle beaucoup. »
« Parfois, j’ai même changé le sens, parfois les histoires,
mais j’ai cherché le même feeling : que ça représente le même feeling,
que ça décrive la même émotion, tout en ayant différentes images.
C’était ça le but. »
« Ce qui comptait pour moi, c’était de privilégier le son et l’émotion
plutôt que la traduction directe. Je voulais que ça sonne d’une certaine manière,
que les mots soient groovy, bouncy, percussifs.
Du coup, j’ai parfois dû pas mal réinterpréter et réadapter pour que ça fonctionne. »
Même certaines références ont été repensées. Là où les paroles anglaises
pouvaient évoquer Debussy, la version lituanienne fait apparaître Čiurlionis.
« C’était aussi une manière de mettre en lumière les compositeurs,
les créateurs, les artistes lituaniens dans mes références. »
Cette transformation passe jusqu’à sa propre voix.
« Je pense que même ma voix, quand je chante, ne sonne pas pareil
en lituanien qu’en anglais. Le timbre de ma voix change un peu, je l’ai observé.
Et le public m’a renvoyé la même sensation, la même impression. »

03
SON & STORYTELLING
Neo-soul, jazz et récits personnels : une identité qui s’affirme
Si le retour au lituanien constitue l’un des piliers de Vasaros Naktys,
l’album marque également une affirmation sonore.
@e2c
« Je dirais que je suis chanteuse neo-soul jazz,
et en même temps j’adore raconter des histoires.
Donc je dirais aussi singer-songwriter, car l’histoire, le poème
et le message de la chanson sont très, très importants pour moi. »
« Pour cet album, je voulais vraiment quelque chose de très produit,
très travaillé, très emballé, vraiment très neo-soul,
et en même temps que ça reste suffisamment acoustique
pour que les chansons puissent aussi sonner en acoustique
quand je les joue avec des musiciens. »
Son identité musicale porte nécessairement la trace de son parcours.
« Je dirais que je suis une voyageuse, que je raconte un parcours
très spécifique de la Lituanienne à Paris,
et que ça se sent dans ma manière de chanter en anglais et aussi en lituanien. »
« Ça se sent dans l’influence parisienne, française,
avec certaines expressions que je traduis.
Et les gens qui comprennent le français et ma langue natale,
ou l’anglais, vont aussi le sentir : j’ai vraiment un background
de quelqu’un qui a passé presque 15 ans à vivre à Paris. »

À ÉCOUTER PENDANT LA LECTURE
Lina Stalytė — Vasaros Naktys
Entrez dans l’univers sonore de l’album pendant la lecture.

L’album se construit également comme un paysage.
« Je veux que la personne se sente à la mer,
qu’elle se sente en train de regarder les vagues,
au moment de l’année ou de la journée qui lui plaît. »
« Chaque chanson correspond à un moment différent de la journée :
le matin, le coucher de soleil, la nuit…
Et on termine, bien sûr, avec Summer Nights,
qui est la chanson du coucher de soleil. »
Pour donner forme à cet univers, Lina est arrivée avec les fondations de ses chansons.
« En fait, moi, je venais vers lui avec des accords,
des chansons, des mélodies, des paroles,
et lui, il m’aidait à créer tout un arrangement autour,
à choisir les instruments, la rythmique, la batterie. »
« Il a aussi trouvé des musiciens qui ont enregistré avec moi.
Et il a vraiment contribué énormément.
On a co-composé cet album ensemble. On a coécrit. »
Mais derrière les arrangements, les rythmiques et la production,
l’histoire personnelle reste le point de départ.
« Toutes les histoires sont très personnelles.
Je me suis vraiment inspirée de mon propre parcours pour écrire cet album. »
« Moi, je pense que quand on est honnête
et qu’on livre quelque chose d’humain, de vécu,
ça touche forcément des gens. Et on ne peut pas choisir.
Parfois ça touche les gens, parfois non. C’est l’auditeur qui choisit. »
« Moi, ce que je peux faire de mon côté
et sur quoi je peux être vraiment sûre,
c’est que je livre le plus vrai de moi-même, le plus honnête.
Et si ça touche et ça parle à l’auditeur, bah tant mieux. »
« Et je laisse à chacun créer sa propre histoire,
son propre imaginaire de ce que la chanson lui représente
et lui fait ressentir. »

04
RETOUR À SOI
Myliu savo kūną, le slow living et la Lina libre
Cette recherche d’honnêteté prend une forme particulièrement directe
dans Myliu savo kūną. À travers le morceau, Lina parle d’amour
et d’acceptation du corps, mais son propos va au-delà de l’apparence.
@e2c
« C’est vraiment une invitation pour moi aussi et pour l’auditeur
de prendre le temps de s’apprécier, de s’aimer, de se donner des compliments,
de prendre soin de soi, de son monde intérieur autant que de son apparence. »
« C’est vraiment ce petit temps qu’on attribue à soi pour revenir à soi.
Et on peut commencer par le corps, parce que le corps,
c’est quelque chose de très tangible. On peut vraiment le toucher, c’est concret. »
« Et je pense que ça, c’est parfois le plus difficile à aimer.
Parce qu’on le voit tout le temps, on se compare.
Et c’est mon invitation à se donner un peu d’amour,
car c’est comme ça qu’on peut se détendre et fleurir. »
« Je pense qu’on est touché par l’intention.
Mon travail en tant que chanteuse, ce n’est pas forcément
de dire les mots, c’est de vivre les mots. »
« Et quand je les vis, j’arrive à vibrer une certaine intention,
une certaine énergie dans le mot. Et c’est cette énergie
qui peut être perçue par celui qui écoute.
En tout cas, c’est mon intention. »
« Et parfois, je me dis que ne pas connaître les mots,
ça ajoute aussi un côté un peu exotique qui permet de voyager par défaut. »
Dans une époque où l’écoute musicale est souvent fragmentée et accélérée,
Lina a également choisi de matérialiser Vasaros Naktys en vinyle.
« Parce que déjà, j’aime les beaux objets,
et aussi, c’est précieux de savoir que quelqu’un écoute un vinyle
en entier, un côté, sans skipper. »
« Et j’apprécie et j’aspire au slow living.
J’espère que ce vinyle peut être non seulement un objet de décoration,
mais aussi une invitation à revenir à un tempo lent. »

CE QUE L’ON DÉCOUVRE DE LINA
Retrouver celle qui « court avec les loups »
À la fin de Vasaros Naktys, quelle Lina reste-t-il lorsque l’on retire
l’image publique de l’artiste ? Sa réponse nous ramène presque exactement
au début de l’histoire : à la nature, aux forêts, à la Lituanie
et à cette partie d’elle-même qu’elle retrouve progressivement.
« Je dirais la facette libre de Lina.
Celle qui lâche prise, qui réunit les gens,
qui célèbre avec les autres, ensemble,
dans une grande forêt, dans la nature. »
« C’est une partie de moi que je n’ai pas vraiment explorée
depuis des années à Paris, et là, je sens qu’elle revient. »
Un morceau en particulier semble cristalliser ce retour : Dream.
« La chanson Dream permet vraiment de l’illustrer.
Elle parle de ce côté sauvage que la nature nous offre,
de la possibilité de se reconnecter à soi-même à travers elle.
Parfois, la nature, avec des éclairs, des tonnerres et d’énormes orages,
peut nous aider à ressentir plus facilement ce qu’on traverse,
nous, en tant qu’humains, et à le canaliser. »
« Dream parle justement de ces grandes forêts lituaniennes,
où on a des rituels, où on célèbre la nature,
où on se réunit et où on est un avec elle.
C’est cette facette-là de moi que j’ai envie de retrouver
et d’offrir davantage. »
Vasaros Naktys apparaît moins comme un simple passage
de l’anglais au lituanien que comme un mouvement beaucoup plus profond :
retrouver une partie de soi sans effacer toutes celles que le voyage a fait naître.

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