Musiques de Géorgie : polyphonies, instruments et nouvelles scènes

NEW KG · FOCUS PAYS

Géorgie.

Des voix plurielles aux scènes actuelles.

Par NEW KG  ·  Édition du 22 octobre 2026

Une voix commence, une autre prend sa place à côté d’elle. Bientôt, l’écoute suit plusieurs lignes à la fois. La musique géorgienne offre cette expérience, puis bien d’autres : le grain d’une corde pincée, l’élan d’un groupe, une improvisation vocale ou une pulsation électronique.

Pour ce Focus Pays, NEW KG traverse des traditions et des scènes plutôt que de chercher un son qui résumerait toute la Géorgie. Entre régions, langues, générations et parcours artistiques, les différences comptent autant que les rencontres.

De Rustavi à Tamada, de Trio Mandili à Bedford Falls, voici cinq portes d’entrée, des vidéos identifiées et une playlist de vingt titres pour poursuivre le voyage.

01 /

Les polyphonies géorgiennes : plusieurs voix, plusieurs traditions

La polyphonie désigne la présence de plusieurs lignes vocales qui se déploient ensemble. Dans les traditions géorgiennes, elle prend des formes différentes selon les régions et les répertoires. Le chant polyphonique géorgien a été proclamé chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel en 2001, puis inscrit sur la Liste représentative de l’UNESCO en 2008. Ces deux dates correspondent à deux étapes distinctes de reconnaissance. [1]

Le Centre international de recherche sur la polyphonie distingue de nombreux dialectes musicaux. Pour commencer, retenez la Svanétie, la Kakhétie et la Gourie : les manières de construire les voix, de les orner et de les faire répondre ne sont pas interchangeables. Certaines traditions privilégient des lignes parallèles ; d’autres organisent un dialogue au-dessus d’un soutien vocal ou la rencontre de parties plus indépendantes. [2]

Une première écoute peut être très simple : suivez la voix la plus grave, puis recommencez en choisissant une partie plus aiguë. Laissez ensuite l’ensemble reprendre sa place. Vous entendrez autrement les moments où les voix se rejoignent ou s’écartent.

Le document de l’UNESCO ci-dessous propose une entrée dans cette diversité. Il s’agit d’un repère patrimonial, pas d’un résumé de toutes les musiques produites dans le pays.

Georgian Polyphonic Singing — UNESCO
Documentaire · UNESCO. Une introduction aux pratiques vocales, à leurs contextes et à la reconnaissance patrimoniale du chant polyphonique géorgien.
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02 /

Panduri, chonguri et doli : écouter les instruments géorgiens

La voix ne raconte pas seule cette histoire. Parmi les instruments traditionnels, le panduri et le chonguri appartiennent aux luths à cordes pincées, avec des constructions et des ancrages régionaux différents. Le doli est un tambour à deux peaux. Leur présence varie selon les régions et les usages ; ces trois noms ne constituent pas l’instrumentarium complet du pays. [3]

Pour les découvrir, partez d’une situation musicale concrète plutôt que d’un catalogue d’objets. Dans la vidéo « Apareka » de Trio Mandili, le panduri accompagne les voix. Écoutez comment l’instrument soutient le mouvement du chant, puis ce qui attire votre attention quand les voix entrent ensemble.

La simplicité apparente du dispositif n’enlève rien au travail de l’interprétation. Elle permet de se concentrer sur les relations entre les parties, la langue et la pulsation. Une vidéo de ce trio ne doit toutefois pas être présentée comme l’illustration de toutes les traditions régionales géorgiennes.

La description officielle de « Apareka » identifie ses auteurs et son éditeur : c’est également un rappel utile. Un morceau aux couleurs folk possède une histoire précise et des crédits ; il ne faut pas le déclarer anonyme par réflexe.

Trio Mandili — Apareka
Publication officielle · Trio Mandili. Pour écouter le panduri aux côtés des voix. Les crédits de la chanson figurent dans la description de la vidéo officielle.
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03 /

De Rustavi à Nino Katamadze : des portes d’entrée vocales

Avec Rustavi, l’écoute peut se concentrer sur le chant d’ensemble et les répertoires traditionnels. Notre playlist propose notamment « Gaprindi Sharo Mertskhalo », « Dida voi Nana » et « Svanuri Mgzavruti Perkhuli », interprétés par Rustavi Folk Choir et crédités avec Anzor Erkomaishvili. Regardez les crédits de chaque enregistrement pour garder les bons repères. [4]

Nino Katamadze ouvre une autre perspective. Son univers associe improvisation jazz, traditions géorgiennes et recherches sur les textures de la voix, avec des passages par le rock et d’autres formes d’expérimentation. Son travail avec Insight fait partie des points d’écoute de notre sélection. [5]

Ces propositions peuvent se côtoyer dans un parcours sans former une histoire linéaire où un style remplacerait l’autre. Le chant d’ensemble, la chanson et l’improvisation continuent d’occuper des espaces différents.

La session « Olei » ci-dessous est publiée sur le compte officiel de Nino Katamadze. Cette version avec son groupe est distincte de l’enregistrement figurant dans la playlist Spotify : profitez de cette différence pour comparer deux situations d’interprétation, sans chercher laquelle serait la seule version valable.

Nino Katamadze & Band — Olei, Lenø Sessions 2020
Session publiée sur la chaîne officielle de Nino Katamadze. Une performance pour prolonger la partie consacrée aux voix. Il ne s’agit pas de la version studio intégrée à la playlist.
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04 /

Mgzavrebi et Bedford Falls : découvrir d’autres scènes

Explorer les musiques de Géorgie demande aussi de quitter les seules catégories patrimoniales. Notre sélection passe par Mgzavrebi, avec « Mtvare », « Tsremlebs Tuchebze » et « Gaigvidza Bunebam », puis par Bedford Falls, avec « KINO », « Macedonia » et « Anara ».

Ces choix proposent une écoute de groupes, de chansons et d’arrangements actuels. Ils ne supposent pas qu’un artiste géorgien devrait nécessairement citer un chant ancien pour être relié à sa scène. Les influences, les parcours et les langues de création peuvent se croiser de nombreuses façons.

Bedford Falls figure notamment dans la programmation du Montreux Jazz Festival, dont la présentation officielle renvoie au clip « KINO ». Ce nom de festival ne suffit pas à classer le groupe dans le jazz : il offre ici un point de repérage et une source pour retrouver la bonne vidéo. [6]

À l’écoute, demandez-vous ce qui vous donne envie de revenir à un morceau : un refrain, une couleur de guitare, une tension ou une façon de faire sonner la langue. Ces détails personnels constituent souvent la meilleure suite du voyage.

Bedford Falls — KINO
Clip officiel · Bedford Falls. Pour ouvrir le Focus aux musiques de groupes et aux créations contemporaines.
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Anushka Chkheidze, kordz et Tamada : d’autres horizons sonores

Anushka Chkheidze et kordz font partie des artistes qui permettent d’explorer des créations électroniques liées à la Géorgie. La compilation « Temples & Pharmacies » de Luna Flowers documente, par ses crédits, plusieurs rencontres et relectures où leurs noms apparaissent. Notre playlist propose d’autres enregistrements de ces artistes, notamment « Olympic » et « Day 2 Remember ». [7]

Tamada offre un autre passage entre écriture vocale, instruments et production électronique. « Dao » figure sur son album « 9 Deadly Sins For Tamada », publié par Alt Orient. La version présentée chez COLORS, intégrée ci-dessous, prolonge cette découverte ; elle est distincte de la version d’album choisie dans notre playlist. [8]

Il serait réducteur de rassembler toutes ces propositions sous une formule unique de « tradition modernisée ». Les artistes disposent de leurs propres langages. Écoutez les textures, le rythme et la place de la voix, puis cherchez les autres œuvres de celui ou celle qui vous intrigue.

Ce Focus reste une invitation à poursuivre. Un pays ne tient ni dans un genre, ni dans une sélection de vingt morceaux : chaque titre peut ouvrir une nouvelle recherche.

Tamada — Dao | A COLORS SHOW
Performance officielle · COLORS. Une autre version de « Dao » pour accompagner cette porte d’entrée vers les créations électroniques.
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La playlist Géorgie NEW KG : 20 titres pour poursuivre

Un parcours des voix de Rustavi et Trio Mandili jusqu’aux propositions de Nino Katamadze, Mgzavrebi, Bedford Falls, Anushka Chkheidze, kordz et Tamada. Écoutez dans l’ordre pour suivre le voyage proposé, puis revenez librement aux artistes qui vous ont retenu.

LA SÉLECTION NEW KG · 20 TITRES

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Voir les 20 titres de la playlist
  1. Gaprindi Sharo Mertskhalo
    Rustavi Folk Choir, Anzor Erkomaishvili
  2. Dida voi Nana
    Rustavi Folk Choir, Anzor Erkomaishvili
  3. Svanuri Mgzavruti Perkhuli
    Rustavi Folk Choir, Anzor Erkomaishvili
  4. Apareka
    Trio Mandili
  5. Kakhuri (Kakhetian)
    Trio Mandili
  6. Svanuri
    Trio Mandili
  7. I Will Come as a Snow
    Nino Katamadze, Insight
  8. Once in the Street
    Nino Katamadze, Insight
  9. Olei
    Nino Katamadze, Insight
  10. Mtvare (Moon)
    Mgzavrebi
  11. Tsremlebs Tuchebze (Tears on Your Lips)
    Mgzavrebi
  12. Gaigvidza Bunebam (Nature Waked)
    Mgzavrebi
  13. KINO
    Bedford Falls
  14. Macedonia
    Bedford Falls
  15. Anara
    Bedford Falls
  16. Day 2 Remember
    kordz
  17. Olympic
    Anushka Chkheidze
  18. Meine Freunde
    Alexandre Kordzaia, kordz, Tamriko Kordzaia
  19. Dao
    Tamada
  20. Tsatsa
    Tamada, Chveneburebi

POUR POURSUIVRE

Quelle Géorgie musicale souhaitez-vous explorer ensuite ?

Polyphonies, instruments, jazz vocal, musiques de groupes ou électronique : choisissez votre prochaine porte d’entrée. Enregistrez la playlist, partagez votre découverte avec NEW KG et laissez un artiste vous conduire vers un autre.

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Grèce : du rebétiko à la pop, une odyssée musicale

NEW KG · FOCUS PAYS · GRÈCE

Racines & horizons

Des cordes du bouzouki aux productions électroniques : écouter un pays à travers ses héritages, ses grandes voix et ses nouvelles scènes.

Repères culturels · Vidéos · 20 titres sur Spotify

Un bouzouki, une terrasse et quelques pas de danse : l’image est familière. Elle raconte pourtant une petite partie des musiques de Grèce. Il faut aussi entendre les voix qui se répondent en Épire, les cordes frottées de Crète, les chansons populaires des villes, les textes devenus refrains collectifs et les productions qui circulent aujourd’hui entre pop, rock et électronique.

Ce Focus NEW KG propose un parcours pour relier ces univers sans les confondre. Du rebétiko à Marina Satti, de Domna Samiou à Σtella et Evita Manji, le fil conducteur est la transformation : ce que les artistes transmettent, ce qu’ils déplacent et ce qu’ils inventent. Notre playlist Spotify de 20 titres accompagne la découverte.

1. Musiques traditionnelles grecques : écouter les territoires

Parler de musique grecque au singulier efface une diversité essentielle. En Crète, la lyra est un instrument à archet : elle ne doit pas être confondue avec la lyre antique. Le laouto, à cordes pincées, appartient à un autre univers de timbres. Le bouzouki et le petit baglamas offrent encore d’autres couleurs. Le catalogue de l’association Domna Samiou permet de découvrir ces instruments dans leurs contextes régionaux.

Les musiques sont aussi des pratiques collectives. Lors des panigyria, fêtes locales souvent liées au calendrier religieux, le chant et la danse prennent place dans la vie des communautés. En Épire, le chant polyphonique donne à entendre plusieurs rôles vocaux complémentaires. Le programme La Caravane polyphonique a été sélectionné en 2020 au Registre des bonnes pratiques de sauvegarde de l’UNESCO : cette reconnaissance concerne le programme de transmission.

Ces héritages continuent de changer de cadre. Originaire d’Ioannina, le groupe Villagers of Ioannina City associe rock psychédélique et références musicales d’Épire. Zvara constitue une porte d’entrée vers ce travail de transformation. Le morceau invite à suivre une tradition lorsqu’elle rencontre une amplification et une énergie de groupe différentes.

À voir : Villagers of Ioannina City — Zvara. Publication du groupe : un prolongement rock des héritages d’Épire.
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2. Le rebétiko : une mémoire urbaine et populaire

Le rebétiko se développe dans les milieux populaires urbains au début du XXe siècle. Son histoire traverse les ports, les déplacements de populations et les circulations musicales entre la Grèce et l’Asie Mineure. Les arrivées de réfugiés dans les années 1920 contribuent à transformer ces scènes. Le Pirée est l’un de leurs lieux majeurs, sans être leur seule origine.

Les chansons abordent l’amour, l’absence, la précarité, l’exil ou les marges de la société. Une histoire seulement pittoresque laisserait de côté cette dimension sociale. Greek News Agenda retrace le passage du rebétiko des marges à une reconnaissance plus large, ainsi que le rôle de figures comme Markos Vamvakaris et Vassilis Tsitsanis.

L’inscription du rebétiko à l’UNESCO, en 2017 reconnaît une pratique vivante associant musique, chant, danse et transmission. Elle n’en fait pas un répertoire figé. Les interprétations et les lieux d’écoute continuent d’en renouveler le sens.

Pour comprendre : Rebetiko, film de présentation publié par l’UNESCO. Des repères sur les pratiques et leur transmission.
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3. Laïkó et éntekhno : quand la chanson rencontre la poésie

Deux termes reviennent souvent pour se repérer dans la chanson grecque. Le laïkó désigne un vaste champ de chanson populaire, dont les évolutions croisent notamment celles du rebétiko. L’éntekhno renvoie à une démarche de chanson composée qui accorde une place importante à la poésie. Ces catégories ont des frontières poreuses : elles servent à comprendre des trajectoires, pas à hiérarchiser les émotions.

Mikis Theodorakis et Manos Hadjidakis sont deux figures essentielles de ce dialogue. Avec Epitafios, enregistré en 1960 sur des poèmes de Yannis Ritsos, Theodorakis rapproche poésie, interprétation populaire et bouzouki. Le parcours du compositeur montre combien cet échange dépasse la seule musique de Zorba le Grec.

De son côté, Hadjidakis défend publiquement le rebétiko dès 1948 et développe une œuvre aux formes multiples. Ces compositeurs permettent d’entendre un lien durable entre écriture, mémoire collective et chanson. Dans notre sélection, Tis Dikeosinis Ilie Noite, interprété par Grigoris Bithikotsis, et Odos Oneiron offrent deux chemins pour poursuivre cette exploration.

À écouter : Tis Dikeosinis Ilie Noite, version du Mikis Theodorakis Orchestra publiée sur le canal officiel du compositeur. Enregistrement de concert, distinct de la version de la playlist.
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4. Grandes voix grecques : l’interprétation comme transmission

Une chanson change avec la personne qui la porte. Pour découvrir les grandes voix grecques, notre parcours rapproche Sotiria Bellou, Haris Alexiou, Eleftheria Arvanitaki et Domna Samiou. Ce sont quatre entrées dans des répertoires et des démarches différents, à découvrir au-delà d’une compilation de noms célèbres.

Dans la playlist, passez de Mi Mou Xanafygeis Pia à Panselinos, puis à la version en concert de Dynata. Prenez le temps de suivre les attaques, les silences et les changements d’intensité. Même sans comprendre le grec, cette attention permet de commencer à entendre le rôle de l’interprétation. Elle ne remplace pas le sens des paroles, qu’une traduction fiable viendra ensuite éclairer.

Le travail de collecte et de transmission associé à Domna Samiou rappelle aussi l’importance des personnes qui documentent les répertoires. Quant à Eleftheria Arvanitaki, sa collaboration avec Eleonora Zouganeli sur Rock Mpalanta, présentée sur son site officiel, prolonge cette idée de circulation entre les voix et les générations.

À voir : Eleftheria Arvanitaki & Eleonora Zouganeli — Rock Mpalanta. Clip officiel publié par Panik Records.
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5. Pop grecque actuelle : des héritages qui changent de forme

Marina Satti : faire circuler les références

Chez Marina Satti, les références grecques et balkaniques dialoguent avec la pop et les productions contemporaines. Cette démarche est décrite par son label Minos EMI et par la Fondation Onassis. Mantissa, paru en 2017, constitue un premier point d’entrée ; ZARI permet d’en ouvrir un autre.

L’intérêt de les rapprocher est de chercher ce qui se transforme : la place de la voix, l’organisation du rythme, la relation entre le collectif et la personne qui chante. Une scène contemporaine peut travailler ses références avec liberté, sans être tenue de présenter à chaque morceau un résumé du patrimoine national.

À voir : Marina Satti — Mantissa. Clip de 2017 publié sur la chaîne officielle de l’artiste.
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Σtella : une autre entrée dans la pop grecque

La scène actuelle passe également par Σtella. Son parcours chez Sub Pop relie une pop indépendante aux couleurs psychédéliques à des recherches personnelles. Up and Away, réalisé avec Redinho, figure dans notre sélection. Il ouvre un espace différent de celui de Marina Satti et rappelle qu’un même pays accueille plusieurs écritures pop.

Nous retenons aussi Belinda, single annoncé le 16 septembre 2026 et coproduit avec Rodaidh McDonald. La découverte peut ainsi faire dialoguer les repères d’un catalogue avec une parution récente, sans opposer systématiquement les anciennes et les nouvelles chansons.

À découvrir : Σtella — Belinda. Visualizer officiel ; single annoncé par Sub Pop le 16 septembre 2026.
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6. NEW KG Discovery : Evita Manji et les horizons électroniques

Pour déplacer encore le point d’écoute, notre sélection se termine avec Evita Manji. L’album Spandrel?, paru en 2023 chez PAN, relie écriture vocale, production électronique et formes expérimentales. Le label décrit notamment un travail sur le corps et l’autonomie, porté par une construction sonore qui traverse plusieurs univers.

Body/Prison est le titre retenu dans la playlist. Pour élargir la découverte, la publication audio de Vixen House est intégrée ci-dessous. L’exercice d’écoute est simple : suivre la manière dont la voix se place dans la production, puis revenir aux morceaux précédents. Ce rapprochement n’établit pas une filiation directe entre toutes ces musiques ; il permet de prendre la mesure de leurs différences.

Pour aller plus loin : Evita Manji — Vixen House, publication audio sur la chaîne Topic de l’artiste. Le titre choisi pour la playlist est Body/Prison.
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7. La playlist Spotify NEW KG : Grèce — Racines & horizons

Retrouvez 20 titres pour prolonger ce Focus sur le Spotify de NEW KG. La sélection va des repères du rebétiko aux grandes voix, puis à la pop, au rock et aux productions électroniques. Elle inclut aussi Vangelis, Monika et Melisses : un parcours de découverte, volontairement ouvert, plutôt qu’un classement définitif des musiques de Grèce.

LA SÉLECTION NEW KG · 20 TITRES

Grèce — Racines & horizons

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Les 20 titres de la sélection

  1. Markos Vamvakaris — Fragosiriani
  2. Vassilis Tsitsanis — Synnefismeni kyriaki
  3. Sotiria Bellou — Mi Mou Xanafygeis Pia – Remastered
  4. Stelios Kazantzidis — Yparxo – Remastered 2011
  5. Grigoris Bithikotsis — Tis Dikeosinis Ilie Noite
  6. Mikis Theodorakis — Zorba’s Dance
  7. Manolis Karantinis, Tania Tsanaklidou — Odos Oneiron
  8. Haris Alexiou — Panselinos
  9. Eleftheria Arvanitaki — Dynata – Live
  10. Domna Samiou — Karotseris
  11. Yannis Markopoulos, Nikos Xilouris — Agrimia Ki Agrimakia Mou
  12. Vangelis — Conquest of Paradise
  13. Monika — Over the Hill
  14. Melisses — To Kyma
  15. Marina Satti — Mantissa
  16. Marina Satti — ZARI
  17. Σtella, Redinho — Up and Away
  18. Σtella — Belinda
  19. Villagers of Ioannina City — Zvara
  20. Evita Manji — Body/Prison

Pour commencer : trois écoutes, trois découvertes

Choisissez d’abord un morceau dont vous connaissez déjà l’artiste. Écoutez ensuite un titre d’un univers différent, puis une découverte totale. Gardez une question pour chaque passage : qu’est-ce qui retient votre attention, qu’aimeriez-vous comprendre et qu’avez-vous envie de réécouter ?

Revenez enfin à un repère de l’article : un lieu, un instrument, une pratique ou un nom. Ce petit détour transforme une playlist en exploration. Vous n’avez pas besoin de tout connaître pour commencer ; prendre le temps de distinguer les contextes enrichit déjà l’écoute.

Sources & repères pour approfondir

Repères documentaires et liens contrôlés le 14 octobre 2026. Les intitulés des morceaux ci-dessus reprennent les versions présentes dans la playlist.

Musique malgache : du valiha au salegy, voyage au cœur des rythmes de Madagascar

NEW KG • FOCUS PAYS

Madagascar : du valiha au salegy, une île aux rythmes pluriels

Entre traditions ancestrales, guitares électriques, chants de transmission et nouvelles scènes urbaines, la musique malgache raconte une île multiple, inventive et profondément vivante.

Située dans l’océan Indien, au large du continent africain, Madagascar possède un patrimoine musical d’une diversité remarquable. Ses sonorités portent les traces de circulations africaines, austronésiennes, arabes, européennes et indo-océaniques, réinterprétées au fil des générations.

Pourtant, parler de « musique malgache » au singulier serait réducteur. Chaque région possède ses propres rythmes, instruments, langues, pratiques sociales et façons de transmettre les histoires.

Du valiha des Hautes Terres au salegy du Nord, du tsapiky du Sud-Ouest aux scènes rock et urbaines d’Antananarivo, l’île compose une véritable cartographie sonore. Pour cette nouvelle étape du NEW KG Music Atlas, nous explorons les artistes, les instruments et les mouvements qui font de Madagascar un territoire musical singulier.

01 — CARTOGRAPHIE SONORE

Une île, plusieurs territoires musicaux

La géographie de Madagascar joue un rôle essentiel dans la diversité de ses musiques. Les Hautes Terres centrales, les côtes du Nord, la région de Toliara au Sud-Ouest et les territoires du Sud possèdent des traditions distinctes.

Les instruments, les rythmes et les fonctions sociales de la musique évoluent ainsi d’une région à l’autre. Dans certaines communautés, elle accompagne les fêtes, les mariages, les funérailles ou les cérémonies consacrées aux ancêtres.

Ailleurs, elle devient chronique sociale, expression politique ou espace de contestation. Elle peut faire danser, transmettre une généalogie, raconter une migration ou interroger la société contemporaine.

« Songs for Madagascar » : un voyage à travers la création et les territoires musicaux malgaches.

02 — INSTRUMENTS

Valiha, marovany et kabosy : les cordes de Madagascar

Souvent considéré comme l’instrument national de Madagascar, le valiha est une cithare tubulaire traditionnellement fabriquée à partir de bambou. Son timbre clair et délicat accompagne aussi bien des répertoires de cour que des musiques populaires et familiales.

Le marovany, autre forme de cithare, possède une caisse rectangulaire et des cordes disposées sur ses deux faces. Le kabosy, petit instrument proche de la guitare, occupe également une place importante dans les musiques rurales et populaires.

Des musiciens comme Justin Vali et Rajery ont contribué à faire voyager le valiha bien au-delà de l’île. Rajery a développé une approche très personnelle de l’instrument, transformant une contrainte physique en technique musicale singulière.

L’accordéon, la guitare acoustique et la sodina, flûte traditionnelle malgache, complètent cette palette instrumentale. Avec Régis Gizavo, l’accordéon malgache a lui aussi trouvé une audience internationale.

Rajery fait entendre la richesse mélodique du valiha sur la scène internationale.


Découvrir le portrait de Rajery

03 — MÉMOIRE COLLECTIVE

Mahaleo : chanter le quotidien et les aspirations d’un peuple

Formé au début des années 1970 dans le contexte des mouvements étudiants, Mahaleo est devenu l’un des groupes les plus emblématiques de Madagascar. Ses chansons acoustiques parlent d’amour, de jeunesse, de liberté, de solidarité et des difficultés du quotidien.

Avec des titres comme « Ianao » ou « Ravorondreo », le groupe a construit un répertoire transmis entre les générations. Ses textes s’appuient souvent sur les images, les proverbes et la poésie orale malgaches pour évoquer les réalités sociales sans imposer une lecture unique.

Cette manière de transformer l’expérience collective en chanson explique la longévité de Mahaleo. À Madagascar comme au sein de la diaspora, son œuvre demeure associée à la mémoire, au partage et à la possibilité de résister ensemble.

Dans un registre plus électrifié, Rossy a également participé à la modernisation des musiques populaires malgaches, en rapprochant rythmes régionaux, accordéon, instruments amplifiés et énergie scénique.

Mahaleo — « Ravorondreo », un classique de la mémoire musicale malgache.

04 — LE NORD EN MOUVEMENT

Le salegy : la pulsation populaire de l’île

Né dans le Nord et le Nord-Ouest de Madagascar, le salegy est aujourd’hui l’un des genres malgaches les plus reconnus. Son rythme rapide, ses guitares électriques, ses lignes de basse, ses claviers et ses chants en réponse créent une musique immédiatement dansante.

Le morceau s’intensifie souvent pendant une séquence appelée folaka. Les voix laissent davantage de place aux instruments, tandis que les battements de mains et la danse renforcent l’énergie collective.

Jaojoby, souvent surnommé le roi du salegy, a joué un rôle majeur dans la transformation et la diffusion internationale du genre. Sa musique a contribué à faire du salegy un langage populaire partagé dans toute l’île.

Ninie Doniah, figure essentielle de la scène de Nosy Be disparue en 2023, a imposé une voix féminine puissante dans un univers longtemps dominé par les hommes. Son héritage reste indissociable de l’histoire moderne du salegy.

Jaojoby — « Malemilemy », l’énergie du salegy portée par l’une de ses figures majeures.

05 — LE SUD-OUEST ÉLECTRIQUE

Le tsapiky : danser avec les vivants et les ancêtres

Dans la région de Toliara, au Sud-Ouest, le tsapiky se reconnaît à ses guitares électriques rapides, ses lignes rythmiques répétitives et son intensité presque hypnotique. Il accompagne notamment des célébrations familiales et certaines cérémonies funéraires pouvant durer plusieurs jours.

Cette musique ne sépare pas clairement le spectacle de la vie communautaire. Les musiciens répondent aux danseurs, la durée de la performance s’adapte à la cérémonie et la répétition produit progressivement une forme de transe collective.

Le guitariste Damily compte parmi les principaux ambassadeurs contemporains du tsapiky. Son album Fihisa, publié en 2025, poursuit cette transmission tout en conservant la force brute et la dimension collective du genre.

En 2025, le tsapiky a été inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette reconnaissance souligne autant sa valeur musicale que son rôle social dans les communautés du Sud-Ouest malgache.

Damily et le Toliara Tsapiky Band — « Zao Lehireo », enregistré à Madagascar.

06 — NOUVELLES SCÈNES

Rock, pop et création numérique : Madagascar au présent

La musique malgache contemporaine ne se limite pas à la conservation de formes anciennes. Une nouvelle génération utilise le rock, la pop, les productions électroniques et les plateformes numériques pour parler de son époque.

Originaire d’Antananarivo, The Dizzy Brains développe un rock frontal porté par des textes consacrés aux inégalités, à la corruption, à la précarité et au manque de perspectives. Leur musique démontre qu’une esthétique internationale peut devenir le véhicule d’une parole profondément locale.

Avec sa basse mise au premier plan, Kristel défend une identité rock puissante, moderne et exportable. Le groupe s’inscrit dans une scène alternative malgache qui refuse les catégories trop étroites.

Des artistes comme LJO, ainsi que les nouvelles voix qui circulent entre Madagascar, l’océan Indien et la diaspora, prolongent cette dynamique. Le streaming et les réseaux sociaux permettent désormais aux créations locales d’atteindre directement de nouveaux publics.

The Dizzy Brains — « Kère », le rock malgache comme espace de contestation.

Kristel — « My Bass », une expression contemporaine de la scène alternative malgache.

LA SÉLECTION NEW KG

Madagascar — Du valiha au salegy

Dix chansons pour parcourir les instruments traditionnels, la mémoire populaire, le salegy et les nouvelles expressions musicales de Madagascar.

Playlist disponible sur le Spotify de NEW KG


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Madagascar, une musique en mouvement

Du son cristallin du valiha à la vitesse du tsapiky, des guitares de Mahaleo à l’énergie du salegy, Madagascar révèle une culture musicale qui refuse de choisir entre héritage et modernité.

Les instruments anciens continuent de dialoguer avec les amplificateurs, les studios et les plateformes numériques. Les artistes ne se contentent pas de préserver une tradition : ils la transforment pour qu’elle puisse continuer à raconter le présent.

Explorer la musique malgache, c’est découvrir une île où chaque région possède sa propre pulsation, mais où la musique conserve une même fonction essentielle : rassembler, transmettre et faire vivre la mémoire.

Quel son malgache vous a le plus surpris ?

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